Le fort du Larmont supérieur, appelé fort Catinat, est un fort militaire construit au . Il fait partie du système Séré de Rivières . Érigé sur la commune de Pontarlier (département du Doubs, région Bourgogne-Franche-Comté), il se situe en surplomb de la ville à d'altitude. Il avait pour mission de contrôler les voies d'accès venant de Suisse et de protéger le fort de Joux .

Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militairesNote le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.. Pour le fort du Larmont supérieur, son « nom Boulanger » est en référence au maréchal de France Nicolas de Catinat. Le nouveau nom est gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décretLettre bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.. Le fort reprend officiellement son nom précédent, tout en gardant le nom Boulanger à son fronton.

Description de l'édifice Il fait partie d'un ensemble défensif comprenant également : le fort du Larmont inférieur (dit fort Malher), le fort de Joux (dit château de Joux), le fort Saint-Antoine (dit fort Lucotte). Sa construction par l'entreprise Adrien Hallier date de 1880-1883. La particularité de ce fort est que, d'origine, il n'est entouré d'un fossé que sur trois côtés, ce qui le rend vulnérable.

D'une forme intermédiaire entre un pentagone et un parallélogramme, il pouvait accueillir 290 hommes et 17 pièces. Il disposait de 2 postes optiques : un communiquant avec le fort de Saint-Antoine et l'autre avec le fort de Montfaucon à Besançon. En 1891, 2 abris sous roc sont creusés, chacun composé de 2 chambrées pour 60 hommes. Deux magasins à poudre et deux ateliers de chargement sont également creusés. Une batterie annexe datant de 1886, pour 4 canons de 120 mm, se trouve au sud-ouest. Un projet de construction d'une seconde batterie, 700 m au nord-est, sur la crête de la Roche Sarrazine n'a pas abouti.

En 1914, le fort était armé de 7 canons de 155, 4 de 120, 4 de 95 et 2 de 90. La ligne de front durant la Première Guerre mondiale ne se déplaça pas jusque-là.

Rôle du fort pendant la Seconde Guerre mondiale Le fort déjà ancien a disposé d'une petite garnison et de quatre mitrailleuses, d'un stock limité de munitions et de grenades.

Le , les Allemands sont signalés. À , un flot de troupes en retraite traverse Pontarlier se dirigeant vers Morez par la route Pontarlier-Oye-et-Pallet. La composée de troupes variées et sous les ordres du chef de bataillon Davouze reçoit l'ordre de s'opposer à la progression ennemie et de retarder son avance. La nuit se passe à organiser les défenses.

Le 17 au matin, à , quatre automitrailleuses allemandes dont une équipée de TSF, sont repérées à la sortie Est de Pontarlier. Le lieutenant Pavelet est chargé de les identifier et part avec quatre hommes dans une voiture, retrouve les véhicules et prend contact. Les cinq hommes réussissent à fuir et rejoignent le fort où se trouve l'état-major de la . La garnison du fort est renforcée par des douaniers et par divers éléments de troupes à armements variés. De nombreuses femmes et des enfants sont également venus se réfugier dans les abris. Tous les défenseurs sont maintenant à leur poste de combat. À , l'attaque se déclenche par un violent bombardement de pièces de 105 et 210. L'artillerie française en position dans la région de Grange-Dessus est anéantie par l'aviation. Le fort ne peut donc se défendre que par lui-même. Pendant six heures, les obus tombent et à toutes les communications sont coupées. L'infanterie allemande attaque alors le fort sur trois côtés, mais elle est tenue en respect. Les défenseurs effectuent un feu continu, mais deux mitrailleuses sur quatre sont détruites. Vers , l'infanterie allemande arrive au contact du fort. À , un premier assaut est lancé, les Allemands descendent dans les fossés à l'aide de cordes mais sont repoussés. Par six fois les attaques allemandes sont rejetées. À , il ne reste plus qu'une seule mitrailleuse et très peu de munitions. Les Allemands tentent d'enfoncer la porte mais sont repoussés une fois encore. La situation est désespérée, mais le but de retarder l'ennemi est atteint. Le général allemand propose aux défenseurs la reddition du fort. À , la garnison composée de et sort du fort en présence des troupes allemandes qui lui présentent les armes. Les officiers pourront garder leurs armes, bagages et chevaux, et seront logés dans un hôtel de Pontarlier.

Galerie

Liens externes Photographies de 1980 Forts de Pontarlier Notes et références

Catinat Catinat Catégorie:Pontarlier Catégorie:Fortification de montagne