vignette|upright|Un feu destiné aux piétons en Italie. Un feu de circulation routière, aussi appelé feu tricolore est un dispositif permettant la régulation du trafic routier entre les usagers de la route, les véhicules et les piétons. Pour les professionnels de la voirie, c'est une SLT (Signalisation lumineuse tricolore).

Les feux destinés aux véhicules à moteurs sont généralement de type tricolores choisis pour leur conspicuité – leur remarquabilité – auxquels peuvent s'ajouter des flèches directionnelles. Ceux destinés aux piétons sont bicolores et se distinguent souvent par la reproduction d'une silhouette de piéton. Les feux tricolores pour cyclistes se distinguent par la reproduction d'une bicyclette.

En Europe, la convention européenne sur la signalisation routière (convention de Vienne sur la signalisation routière) de 1968, à laquelle se sont depuis ralliés de nombreux États, contient des dispositions qui fixent les catégories, formes et couleurs des signaux routiers, dont les signaux lumineux.

Un carrefour à feux tricolores est commandé par un contrôleur de feux, appareil électronique de contrôle/commande. vignette|upright|Un feu tricolore dans le centre-ville de Kenitra, Maroc. Les feux sont généralement déclinés à partir de deux couleurs de base : le rouge pour fermer, le vert (ou encore le bleu plus rarement) pour ouvrir. Le jaune orangé est également utilisé et sert à signaler le passage du feu vert au feu rouge (et aussi, dans certains pays, du feu rouge au feu vert). Ces couleurs ont l'avantage d'être très différentes, sauf pour la plupart des daltoniens ; mais, pour eux, la position du feu (en haut, au milieu, en bas ; ou parfois à gauche, au milieu, à droite) prend toute sa signification.

Historique Le principe d'utiliser des disques rouges pour arrêter les trains est ancien et existait déjà en 1868..

Bien qu'il existe très peu de sources historiques sur les signaux routiers, il semblerait que ce soit à Londres, au coin de Bridge Street et de Palace Yard, le , qu'un feu de signalisation pour les trains, mis au point par l'ingénieur spécialiste de la signalisation ferroviaire , ait été utilisé pour la première fois, sous la forme d'une lanterne à gaz pivotante aux couleurs complémentaires rouge et vert. Un agent de police était chargé de le manœuvrer (celui-ci est grièvement blessé le )..

Aux États-Unis, les premiers feux électriques, bicolores, sont installés à Cleveland à l'intersection de la rue et de l'avenue Euclide, le ., au début de la Première Guerre mondiale.

Ce n'est que bien plus tard, en 1920, à Détroit au Michigan, que les feux, après leur généralisation, sont devenus tricolores par l'adjonction d'une phase intermédiaire marquée par la couleur jaune orangé.. Le choix de ces couleurs, loin d'être de simples convenances arbitraires, repose sur la connaissance du pouvoir suggestif que la couleur exerce sur l'émotivité et l'attention (rouge-orange pour les signaux de danger et d'interdiction, vert pour la couleur complémentaire).

En France, l'inventeur du feu de circulation est Léon Foenquinos, lequel le décrit ainsi dès 1920 : . Léon Foenquinos diffusa ses idées et céda toutes ses inventions à la France par amour de son pays.

En France, le , au croisement des boulevards Saint-Denis et de Sébastopol, à Paris, est mis en service un feu de signalisation équipé d'une sonnerie : c'est le premier feu à être installé en France. L'historien Gérard Noiriel, dans une chronique. sur France Culture soulignant l'intérêt de toujours remonter aux sources, mentionne un article du journal Le Petit Parisien, pour lequel ce feu était un « gros phare automobile où, sur un verre dépoli, se détache le mot Halte! en lettres rouges », ce qui implique que le lien entre la couleur rouge et l'obligation d'arrêt n'était pas encore intériorisée par la population..

En 1926, le nombre de carrefours parisiens équipés de « signaux de carrefour » passe de six à neuf. Ces installations comportent (qui sert à prévenir conducteurs et piétons que le feu va passer au rouge). L'inscription « halte » a déjà disparu dans les appareils en cours de fabricationConseil municipal de Paris, Rapports et Documents, 1926 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6496235d/f156.item.r=.

En 1933, des systèmes à disque bicolores (vert/rouge) continuent à être installés..

Les feux tricolores apparurent après la ratification (par la loi du ) de la convention internationale de Genève concernant l'unification des signaux (signée le ). Un article du Quotidien de précise que la transformation des feux Le Quotidien (Paris), 23 janvier 1935 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3451905d/f2.image.r=.

À partir des années 2000, on peut voir des feux tricolores dont les ampoules sont remplacées par des diodes électroluminescentes et qui affichent le décompte des secondes restant avant le prochain changement d'état.

Objectifs et domaine d'emploi L'emploi des feux de circulation a pour but d'assurer la sécurité de tous les usagers de la voirie, piétons et conducteurs, et de faciliter l'écoulement des flux de circulation denses. On peut citer comme exemples d'emploiArrêté du 21 juin 1991 relatif à l'approbation de modifications de l'instruction interministérielle sur la signalisation routière - (Journal officiel du août 1991), sur equipement.gouv.fr, consulté le 30 septembre 2016. : la gestion de la circulation aux intersections ; la traversée des piétons, autour des intersections gérées par des feux et les moments où la circulation est plus intense ou lorsque le sentiment d'insécurité des piétons est important ; l'exploitation par sens uniques alternés d'une section où le croisement est impossible ou dangereux (ouvrage d'art étroit, emprise de travaux) ; l'affectation de certaines voies d'une chaussée à un sens de circulation en fonction des besoins, ou leur condamnation momentanée ; le contrôle d'accès à certaines voies rapides ; la gestion d'un point de contrôle des personnes ou des véhicules nécessitant leur arrêt (péage) ; la protection d'obstacles intermittents (passages à niveau, traversées de voies de tramways, ponts mobiles, passages d'avions, avalanches).

Principe Aux intersections, un feu tricolore de couleur rouge indique que tous les usagers de cet axe doivent s'arrêter à proximité immédiate du feu, en général sur une ligne, tracée au sol et à défaut à l'aplombNon-respect de l'arrêt au feu rouge, sur le site permisapoints.fr. du feu de signalisation pour les automobilistes et les cyclistes ou matérialisée par un trottoir pour les piétons. Ceci laisse le temps à différents usagers de passer en évitant de bloquer certaines voies de circulation.

Séquences de feux Il existe trois principales séquences de feux.

Feux de signalisation à trois états vignette|redresse|Feux de signalisation à trois états Séquence utilisée en France, en Espagne, au Portugal, en Corée du Sud, en Albanie, en Italie, au Japon, à Singapour, en Viêt Nam, en Grèce, aux États-Unis, au Canada, en Amérique latine (excepté la Colombie et l'Argentine), en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Roumanie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Irlande, au Luxembourg, et dans ceratins pays d'Afrique comme le Sénégal et le Maroc.

Rouge « Tout conducteur doit marquer l'arrêt absolu devant un feu de signalisation rouge, fixe ou clignotant. »

Vert « Les feux de signalisation verts autorisent le passage des véhicules […]. », sous certaines conditions (priorité aux piétonsPiéton qui traverse au rouge ? Est-il dans son droit ?, sur legipermis.com, consulté le 30 septembre 2016., passage dégagé, autres véhicules)

Orange « Tout conducteur doit marquer l'arrêt devant un feu de signalisation jaune fixe, sauf dans le cas où, lors de l'allumage dudit feu, le conducteur ne peut plus arrêter son véhicule dans des conditions de sécurité suffisantes. » Mais en Corée du Sud, lorsque le feu orange est allumé, les véhicules ne peuvent pas franchir la ligne d'arrêt ni entrer dans l'intersection, même s'ils ne peuvent pas s'arrêter en toute sécurité lorsque le feu s'allume. Cela a été réaffirmé par l'arrêt de la Cour suprême de Corée en . De nombreuses critiques ont été formulées en Corée du Sud, affirmant que cela serait irréaliste et déraisonnable. De plus, cela peut provoquer de multiples collisions dues à un freinage brusque...

Même séquence en ajoutant le vert clignotant Aux Emirats, en Chine et en Malaisie, le feu rouge passe directement au vert. Le feu vert est clignotant quelques secondes avant le passage au feu orange.

Feux de signalisation à quatre états vignette|redresse|Feu de signalisation à quatre états Séquence utilisée en Norvège, en Suède, au Danemark, en Islande, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Pologne, en Finlande, en Suisse, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Slovénie, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie, en Turquie, en Israël, en Chine et au Canada. Elle est également utilisée en Colombie et en Argentine.

Le deuxième état, jaune bref sans extinction du rouge, permet aux conducteurs de se préparer à démarrer mais n'autorise pas le passage.

En Italie le jaune clignote avec le vert pour prévenir du passage au rouge.

Au Canada une flèche verte peut être présente en plus des trois feux de couleur, indiquant la priorité pour un virage (généralement à gauche). La priorité de virage à gauche est souvent indiquée simplement par le clignotement du feu vert, d'une durée limitée, lors du passage du feu rouge au feu vert (la circulation à contre-sens est alors maintenue au feu rouge).

Au Royaume-Uni comme au Canada, une flèche verte peut être présente en plus des trois feux de couleur, indiquant la priorité pour un virage (généralement à gauche). Aussi, à quelques passages pour piétons, au lieu du deuxième état, le jaune clignote seul (sans le rouge) indiquant la priorité pour piétons déjà sur le passage.

Feux de signalisation à cinq états Séquence utilisée en URSS et dans les pays qui en sont issus (sauf en Lettonie), en Autriche, en Serbie, en Bosnie-Herzégovine, en Macédoine du Nord. Elle est également utilisée en Slovaquie même si certains feux sont encore à quatre états.

L'état supplémentaire, vert clignotant entre les états du vert et du jaune, prévient la fin de l'état vert.

Feux spécialisés Des feux spécialisés peuvent être utilisés pour réguler soit une catégorie précise d'usagers, soit une partie précise du trafic. Cyclistes Figure 1 Piétons Figure 2 Transports en commun (tramway, bus…) Figure 3 Véhicules allant dans une direction précise Figure 4

Il existe également des feux permettant de passer dans une direction donnée ; ou encore de laisser passer certains véhicules avant les autres. Figure 5

Le feu rond est généralement remplacé par un symbole lumineux tel que des flèches directionnelles, la silhouette d'un piéton, d'une bicyclette, etc. Pour un tramway, il est remplacé par des barres verticales (correspondant au vert), obliques (même signification mais indique en outre un changement de direction) ou horizontales (correspondant au rouge). Figure 6

Ces feux peuvent être simplifiés (séquence à deux états) voire codés différemment (transports en commun).

Ils peuvent aussi être utilisés pour indiquer l'état d'un aiguillage au chauffeur d'un tramway, exemple Figure 7 : Losange : indique au chauffeur que son véhicule en approche a bien été détecté et que celui-ci disposera d'une priorité en temps et en heure comme prévu (assurée par le contrôleur). Point d'exclamation : prévient d'un changement d'état à venir de la ligne (passages d'ouverture à fermeture, ainsi que de fermeture à ouverture).

Actuellement, en France, ces signaux ne sont pas normalisés au niveau des couleurs, de la présence de clignotements, des durées

Feux à décompte vignette vignette|gauche|Chine. Feu à décompte.