Maurice Boitel est un artiste peintre, lithographe et céramiste français né le à Tillières-sur-Avre (Eure) et mort le à Audresselles (Pas-de-Calais).

Il appartient au mouvement artistique de la Jeune Peinture rattaché à la nouvelle École de ParisAvec des peintres comme Bernard Buffet, Jansem, Yves Brayer, Louis Vuillermoz, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Jean Joyet, Gaston Sébire, Paul Collomb, Jean Monneret, Jean-Pierre Alaux et Gaëtan de Rosnay. Cf. Guy Vignoht La Jeune Peinture 1941-1961, 1985, et Éric Mercier La Jeune Peinture année 50, 2010. dont il est l'un des principaux représentantsAndré Warnod, dans Le Figaro en 1955..

Biographie Juste après sa naissance en Normandie, de père picard (les racines paternelles se situent à Buicourt & Maignelay-Montigny, villages de l'Oise. Ce dernier fait partie de son œuvre peinteSociété historique de Maignelay-Montigny et des environs, Quelques personnalités marquantes) et de mère bourguignonne, Maurice Boitel réside jusqu'en 1931 à Gevrey-Chambertin (Bourgogne), son père y ayant acheté une étude d'huissier. C'est dans cette province qu'il a puisé son amour profond de la nature, et aussi peut-être cette sensation du bonheur de vivre exprimée dans ses œuvres, à certaines périodes. Dès 1924, il veut être peintre et passe son temps à dessiner.

Avant d'être admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne, dont il devient le massier en 1945, juste après avoir participé à la Seconde Guerre mondiale dans une unité combattante (le 27e bataillon de chasseurs alpins, sous les ordres du Commandant Jean Vallette d'Osia qui lui accorde de faire porter son matériel de peintre par les mulets avec la mitrailleuse)« Ambazac : Maurice Boitel, un peintre attaché à la ville », Le Populaire du Centre, 18 août 2017, Boitel est successivement élève des écoles des beaux-arts de Boulogne-sur-Mer, d'AmiensVilles où il réside quelques années.), puis de Dijon dans l'atelier d'André Claudot, lorsque sa famille revient en Bourgogne à Nuits-Saint-Georges.

Parmi ses amis peintres les plus proches, on compte notamment Daniel du Janerand, Pierre-Henry, Michel Henry, Jean-Pierre Alaux, Antoni Pitxot, Jean Joyet, Maurice Faustino-Lafetat, Andrée Bordeaux-Le Pecq, Jean Carzou, Jean Jansem, André Hambourg, Emili Grau i Sala, Jean Monneret, Rodolphe Caillaux, Pierre Gaillardot, Michel Jouenne, René Margotton, Paul Collomb, ou d'anciens condisciples de l'École des beaux-arts comme Bernard Buffet, Louis Vuillermoz, Jean-Pierre Pophillat ou Monique Journod. Il est également proche du compositeur Henri Dutilleux (1916-2013) et de l'écrivain Robert Beauvais (1911-1982).

Maurice Boitel repose au cimetière d'Audresselles où il est mort en Philippe Landru, « Le cimetière d'Audresselles », Cimetières de France et d'ailleurs.

Hommages thumb|Panneau de la promenade Maurice-Boitel du lac Daumesnil à Paris. thumb|Emplacement de l'atelier de Maurice Boitel au 4 Avenue Courteline à Paris. En 2007, avant le décès de Maurice Boitel, la Société nationale des beaux-arts crée le titre de membre d'honneur dont il est le premier titulaire. Les conseils municipaux de plusieurs communes ont donné le nom de Maurice Boitel à des espaces publics. L’allée de ceinturant le lac Daumesnil à Paris, dans le bois de Vincennes, est appelée « promenade Maurice-Boitel (1919-2007) peintre »Mairie de Paris, Attribution de la dénomination « Promenade Maurice-Boitel » à la promenade ceinturant le lac Daumesnil dans le bois de Vincennes, projet de délibération, novembre 2013Blog consulté le 6 mars 2014.. La rue Belvédère longeant le littoral à Audresselles (Pas-de-Calais) est appelée « allée Maurice-Boitel ». La mairie de Paris a fait apposer une plaque au 4, avenue Courteline, immeuble où, à partir de 1952, son atelier était situé à ParisDécision du Conseil de Paris 2013 DEVE 165 a et b.. La municipalité de Conches-sur-Gondoire, au centre de Marne-la-Vallée a attribué le nom du peintre à l'« espace familial Maurice-Boitel » le ; La municipalité d'Ambazac, Haute-Vienne, a attribué le nom de Maurice Boitel à la place de l'hôtel de ville de la commune. L'inauguration a eu lieu le . À cette occasion, la municipalité a fait reproduire sur toile dix tableaux du peintre destinés à orner les bâtiments communaux. Ils sont exposés dans les parties accessibles au public de la mairie depuis le .

Collections publiques Le Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris possède une trentaine de ses œuvres. L'État français en a également acquis.

Ses œuvres sont visibles au musée des Beaux-Arts de Dijon (Pastèques, huile sur toile, 1948)Musée des beaux-arts de Dijon, Quand l'art se met à table, au musée de la région Île-de-France de Sceaux (quatre œuvres), aux musées de Saint-Maur-des-Fossés, de Valence, d'Alger (L'Entrée de la Villa Abd El Tif), de Constantine (La Villa des arcades), au musée de Bordj Moussa de Béjaïa (plusieurs peintures de 1948 dont Intérieur)Rafik Talantikit, « La riche histoire de Bordj Moussa », L'Expression, 29 juillet 2003, à la mairie de Paris (Neige à Saint-Mandé)Nathalie Herzberg, « Tableau pas déclaré volé, mais tableau retrouvé », Le Monde, 3 février 2012 et dans quelques ambassades de France (Bogota et Kinshasa notamment).

Les panneaux de céramique qu'il a entièrement réalisés lui-même sont conservés depuis 1953 et 1955 dans les groupes scolaires Voltaire à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où il a peint également des fresques muralesCulture.gouv, Le groupe scolaire Voltaire de Montreuil-sous-Bois, et Jean-Charles Gatinot à Montgeron (Essonne), aux groupes scolaires du Centre et Fernand Buisson à Montgeron en 1957. En , la municipalité de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) a acheté un tableau de Maurice Boitel représentant la place de l'ancien village de la commune un . Ce tableau est désormais exposé à la mairie de Bussy-Saint-Georges.

Œuvre L'évolution du peintre se poursuit insensiblement durant toute sa vie : jusqu'à 1946, année de son mariage, une peinture expressive, terrienne, puis de 1946 à 1952, une peinture colorée surtout en Algérie. De 1952 à 1965, il réalise des tableaux personnels : dans ses paysages charpentés, les objets sont définis par des contours noirs avec quelques aplats au couteau. Au cours de cette période, il peint beaucoup à Paris et à Saint-Mandé, près de son domicile, et se rend souvent près du cap Gris-Nez, où il réalise des tableaux sobres et sombres de tempêtes, de barques sur la plage, de ruines de la guerre. Il peint aussi des figures : clowns, éleveurs de volailles, marins, ou des portraits. Puis de 1958 à 1965, il peint chaque été à Cadaqués (Espagne). Il est toujours dans le même style, solidement charpenté, mais où passent la lumière et les couleurs vives de la Méditerranée (paysages, marines, portraits, foules sur la plage).

À partir de 1965, son œuvre reste structurée mais il fait disparaître les contours : il utilise aussi davantage l'aquarelle notamment à Nice, en Italie (Venise, Florence, Rome) et dans le Sancerrois. Chaque année, il continue à se rendre près du cap Gris-Nez, à Audresselles, ou dans le Limousin, à Ambazac. La région parisienne, où il réside habituellement, lui a fourni aussi de nombreux sujets (Montmartre, le bois de Vincennes, les îles de la Seine, de la Marne, Bussy-Saint-Georges, Guermantes et Conches-sur-Gondoire). En 1970, invité par la marine Nationale à bord du porte-avions Clemenceau, il peint les ports d'Oslo et de Rotterdam. Il se rend également à plusieurs reprises à Volendam où il réalise plusieurs œuvres (Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France conserve un exemplaire de chacune de ses deux lithographies, Quai à Volendam de 1966 et Volendam de 1967). Après 1980, il tend à évoquer une réalité idéalisée.

Pour réaliser les décorations des groupes scolaires Jean-Charles Gatinot et Ferdinand Buisson à Montgeron, il a réalisé et cuit lui-même les carreaux de céramique dans un four qu'il a fait construire à cet effet dans son atelier.

Expositions, salons et prix vignette|150px|Villa Abd-el-Tif, Alger. vignette|200px|Le porte-avions Clemenceau. Maurice Boitel participe au Salon d'hiver (musée des beaux-arts de la ville de Paris) en 1946Salon d'hiver, catalogue, 1946, n°415 . La même année, il est lauréat du prix Abd-el-Tif, ce qui lui permet de séjourner deux ans à la villa Abd-el-Tif d'Alger avec sa famille.

Après son retour en métropole, il expose à Paris au Salon des indépendants, au Salon d'automne dont il est sociétaire en 1948, au Salon de la Jeune Peinture en 1952 et de 1954 à 1959Lydia Harambourg L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993, ., au Salon d'automne, et plus tard, au Salon des artistes français, au Salon du dessin et de la peinture à l'eau, au Salon Terres latines ainsi qu'au Salon de la Société nationale des beaux-arts et au Salon ComparaisonsCf. catalogues des Salons Comparaisons de 1955 à 2006 imprimés par l'imprimerie Saint-Paul, Bar-le-Duc, et ouvrage du Salon de la Société nationale des beaux-arts intitulé Société nationale des beaux-arts 1890-1990 année du centenaire éditions Arcam Paris .. Il expose au Salon d'hiver en 1946Archives de l'École des beaux-arts de Paris, registre d'inscription des élèves 1945-1957, AJ 52* 1353. Maurice Boitel y figure à la date du 16 mai 1945 sous le (voir Éric Mercier, La Jeune Peinture année 50). Sa carte d'étudiant indique qu'il a été inscrit à l'école des beaux-arts en étant exonéré de droits à payer le (alors qu'il était en Algérie) et le .. Il est membre des comités de ces deux derniers salons.

En 1949, il présente une exposition particulière de ses peintures d'Algérie à la Galerie de l'Élysée, faubourg Saint-Honoré à Paris ; en 1951, nouvelle exposition particulière en cette même galerie.

Il participe également à une exposition de groupe à la galerie Suillerot et à des expositions à thèmes, présidées par Jacques Hébertot, dans le cadre de l’Association des amateurs de peinture. En 1958, il présente une exposition particulière à la galerie René Drouet, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, où il présenta par la suite d’autres expositions particulières.

En 1954, il remporte le prix Maurice-Pierre de la Jeune Peinture.

En 1956, le grand prix de peinture de la ville de Saint-Affrique lui est décerné à la galerie Durand-Ruel.

En 1958, il remporte le prix Antral, décerné par la ville de Paris. En 1959, c’est le prix Winsor et Newton (Paris-Londres) qui lui est attribué.

En 1963, le prix Puvis-de-Chavannes, décerné par la Société nationale des beaux-arts, lui permet de présenter un ensemble de ses œuvres au musée national d'Art moderne de Paris.

En 1966, il remporte le prix Francis-Smith qui lui offre un séjour au Portugal.

En 1968, il reçoit la médaille d’or des Artistes français et l’Académie des beaux-arts lui décerne le prix Bastien-Lepage.

En 1970, il est invité par la Marine nationale à séjourner sur le porte-avions Clemenceau. Il réalise à cette occasion plusieurs peintures de paysages des pays du Nord.

En 1974, il reçoit le grand prix du conseil général de Seine-et-Marne.

En 1980, c’est l’Institut de France qui lui attribue le prix Dumas-Millier.

En 1984, la fondation Taylor lui attribue le prix d’aquarelle Roger Deverin.

Des expositions particulières, dans les musées de Boulogne-sur-Mer en juin-, de Saint-Maur-des-Fossés en 1977, de Montbard en 1982, de Montreuil-sur-Mer en 1993, lui ont permis de présenter dans plusieurs salles, des rétrospectives avec de grands tableaux où figurent des compositions ainsi que des paysages de France, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, de Hollande, etc. thumb|200px|École polytechnique, Palaiseau