Maria Bethânia, de son vrai nom Maria Bethânia Teles Veloso (née le à Santo Amaro, dans l'État de Bahia), est une chanteuse brésilienne, deuxième artiste en matière de ventes de disques au Brésil, la première dans le style MPB, avec 26 millions d'exemplaires. Elle a pour surnom « Abelha-rainha » (Reine des abeilles) à cause du premier vers de la chanson qui donne le nom au LP (en français : « Miel ») sorti en 1979.

Elle est considérée par beaucoup de brésiliens comme l'une des plus grandes chanteuses de l'histoire du Brésil. Elle est la sœur du chanteur-compositeur Caetano Veloso et de l'écrivain-poète Mabel Veloso.

Biographie Jeunesse et débuts vignette|gauche|redresse|Maria en 1972.

Née à Santo Amaro, dans l'État de Bahia, elle est la sixième fille de José Teles Veloso (), fonctionnaire de la poste brésilienne, et de Claudionor Viana. Elle est la sœur de Mabel Velloso et de Caetano Veloso, et tante de la chanteuse Belô Velloso et de Jota Velloso. C'est son frère Caetano qui choisit son nom inspiré d'une chanson célèbre à cette époque, la valse , du compositeur Capiba, un succès du chanteur Nélson Gonçalves....

Maria Bethânia est devenue l'une des principales interprètes de la musique brésilienne, tout comme Caetano, un des plus grands chanteurs et compositeurs brésiliens contemporains, connu mondialement. Bethânia est née dans la ville de Santo Amaro da Purificação (désormais Santo Amaro) et, du fait d'avoir vécu avec la religion catholique avec des influences du Candomblé, elle est adepte de plusieurs saints..

Désormais considérée comme la plus grande interprète de sa génération, avec Elis Regina, Maria Bethânia rêvait pendant son enfance d'être actrice, mais son don pour la musique était plus grand. Elle participa dans sa jeunesse à des spectacles semi-amateurs en compagnie de Tom Zé, Gal Costa, Caetano Veloso et Gilberto Gil. En 1960, elle part à Salvador où elle a l'intention de terminer ses études et où elle fréquente alors le milieu artistique, accompagnant son frère Caetano. En 1963, elle est prise comme chanteuse dans la pièce de Nelson Rodrigues. L'année suivante, elle participe à plusieurs spectacles comme , et , aux côtés de son frère et de Gilberto Gil, alors compositeurs et chanteurs débutants, et également Gal Costa.

C'est le que démarre véritablement la carrière de Maria Bethânia, quand elle remplace la chanteuse Nara Leão dans le spectacle , car celle-ci avait des problèmes de santé. Cette même année, elle rejoint la maison de disques RCA (devenue BMG puis Sony BMG) et enregistre son premier album qui sera lancé en juin de cette année. Son premier succès auprès du public et de la critique est une chanson militante, . Parmi les autres musiques du disque on peut citer , , et , la dernière étant un duo avec Gal Costa (qui utilisait encore à l'époque le nom de scène ). Elle sort ensuite un triple album, qui contient les chansons , , , , et , de Noel Rosa, accompagnées uniquement par la guitare de Carlos Castilho. En 1966, après un retour à Bahia pour une courte période, elle participe aux spectacles et , tous deux dirigés par Augusto Boal, tout en participant à des festivals. à São Paulo et à Rio de Janeiro elle se produit dans des théâtres et des salles de spectacles nocturnes, devenant alors nationalement connue.

Sa carrière se relance lorsqu'elle remplace en 1970 la chanteuse Maria Creuza dans le trio dirigé par Vinicius de Moraes avec le guitariste Toquinho. Elle enregistre avec eux un album mythique, prolongement d'un concert donné à La Fusa (Mar del Plata) en juillet de cette même année (). Elle y interprète des compositions de Vinicius (repris ensuite par Claude Nougaro), , ainsi que , composé par son frère Caetano. Sur la pochette du vinyle, Vinicius décrit sa voix comme « chaude et qui craque comme des brindilles dans un feu de bois ».

Doces Bárbaros Elle est l'instigatrice du groupe Doces Bárbaros auquel elle prend part comme chanteuse et qui lance un disque homonyme enregistré en public aux côtés de Caetano Veloso, Gilberto Gil et Gal Costa. Le disque est considéré comme une grande œuvre, cependant, à sa sortie en 1976 il est durement critiqué. était un groupe hippie typique des années 1970 et au fil des années leur musique a été utilisée comme thème du film dirigé par Jom Tob Azulay en 1976, comme chanson annuelle de l'École de samba en 1994 avec la chanson , dans le Trio elétrico du carnaval de Salvaldor, dans des spectacles sur la plage de Copacabana et lors d'une représentation pour la Reine d'Angleterre. À propos de cette rencontre, Caetano Veloso a écrit : .

À l'origine, le disque avait été enregistré en studio, mais à la suite d'une suggestion de Gal et de Bethânia, ce fut le concert qui a été enregistré en disque. Cependant quatre des chansons ont été enregistrées peu de temps avant en studio pour l'album : , , et . Les copies de ces enregistrements sont rares.

De Mel à (1979–1989) Depuis les années 1960, où apparaissent les émissions spéciales de Festival de musique populaire brésilienne (sur TV Record) jusqu'aux années 1980, la télévision brésilienne fut marquée par le succès des concerts retransmis, qui présentaient les nouveaux talents, enregistrant des records d'audience.

Maria Bethânia participe à l'émission (sur Rede Globo), un de ces moments marquants de la télévision. Le programme contenait une série d'interviews et de chansons dont le thème était la femme et la discussion du rôle féminin dans la société d'alors, abordant cette thématique dans le contexte de la musique nationale avec une majorité de voix féminines, telles que Elis Regina, Fafá de Belém, Marina Lima, Simone Bittencourt de Oliveira, Rita Lee, Joanna, Zezé Motta, Gal Costa, Maria Bethânia et la participation spéciale des actrices Regina Duarte et Narjara Turetta, qui jouaient dans la série .

Faisant également partie du mouvement engagé de la post-dictature et du féminisme elle chanta, bien qu'avec une participation individuelle limitée, dans le cœur de la version brésilienne de , le succès américain qui rassembla des voix et leva des fonds pour l'Afrique ou l'USA for Africa. Le projet de 1985 embrasse la cause de la sècheresse nordestine, unissant 155 voix dans un disque, de création collective, avec les chansons et . Reconnu pour les bonnes interprétations individuelles, il fut cependant critiqué pour le manque d'harmonie des voix et pour le fait que chacune d'elles était accompagné par le chœur.

Elle est la première chanteuse brésilienne à vendre plus d'un million d'exemplaires d'un même disque : , sorti en 1978, avec la participation de la musicienne de samba Alcione et de Gal Costa dans les chansons et . Le succès se répète avec ses deux albums suivants, et (1980) qui atteignirent également un nombre important de ventes (le dernier, comptant la participation de Caetano Veloso et Gilberto Gil sur la chanson , monta à vendues en deux semaines). Commence alors une innovation dans le genre acoustique avec les deux albums suivants, (1983) et (1984), contrastant totalement avec la sonorité de l'époque, les productions commerciales, avec les arrangements et le jeu au clavier de Lincoln Olivetti, et n'ayant plus l'appellation populaire. Pour le premier, considéré par l'artiste comme le meilleur de toute sa carrière, les erreurs de diffusion ont compromis son succès. en a été l'unique chanson connue ; elle fut utilisée dans la bande son de la telenovela de Lauro César Muniz. Le disque, qui reçoit les éloges de la critique spécialisée et une réaction mitigée par le grand public, présentait un répertoire de onze chansons dont neuf étaient inédites, les deux autres étant des ré-enregistrements ( et ).

Dans le LP , provenant du spectacle dont le titre est celui du livre de Clarice Lispector, le répertoire mélange des chansons inédites et ré-enregistrées (, , , et – cette dernière étant enregistrée pour la troisième fois, après les albums et et l'étant trois ans plus tard encore dans ). Il n'est pas non plus beaucoup distribué. Il est publié par PolyGram (devenu plus tard Universal Music), avec qui elle signa un contrat dès 1971 avec l'album , un succès public et critique.

Elle ne revient à PolyGram que cinq ans plus tard avec . Pendant cet intervalle de temps elle fait un bref passage chez l'éditeur RCA avec lequel elle signa un contrat pour l'enregistrement de trois disques, mais seulement deux sont enregistrés : et , lancés respectivement en 1986 et en 1988. L'interprétation d'anthologie de surprend Milton Nascimento et l'inspire pour écrire, avec Fernando Brant, la chanson enregistrée pour l'album dans lequel il chante également. Les chansons , et de cet album eurent également du succès.

L'album , provenant du spectacle homonyme dirigé par Fauzi Arap l'année précédente, est fait avec la participation de Gal Costa (dans , accompagnée seulement par le synthétiseur de Benoit Corboz qui a fait l'arrangement de la chanson) et deux participants internationaux : le groupe sud africain Ladysmith Black Mambazo (sur la première piste, ) et l'actrice Jeanne Moreau (dans où elle déclame une version en français du poème de Vinícius de Moraes). S'il n'y avait pas eu l'utilisation des ballades et dans les bandes son des telenovelas et respectivement, l'album aurait été l'un des plus « anti-commerciaux » de sa carrière jusque-là, car il était totalement acoustique, à l'époque de l'ascension de la musique populaire sertaneja et de l'avènement de la lambada.

De 25 Anos à Âmbar e A Força que Nunca Seca (1990–1999) En 1990, Bethânia fête ses 25 ans de carrière avec le LP , dont le répertoire, essentiellement brésilien, évoque diverses cultures de ce pays, avec des chansons célèbres ou peu connues, des ré-enregistrements ou des inédites. Le disque compte avec la participation spéciale de beaucoup de chanteurs et musiciens, parmi lesquels Gal Costa, Alcione, João Gilberto, Egberto Gismonti, Nina Simone, et l'orchestre de cordes et de batterie de l'école de samba dirigé par qui participe deux fois au disque, sur la première piste sur un texte de Mário de Andrade avec la musique puis sur la dernière piste, qui à la fin fait une citation musicale de la célèbre chanson de Chico Buarque .

Deux pistes du disque eurent du succès, les chansons régionalistes et , qui sont utilisées dans les telenovelas rurales et , respectivement, sur la chaîne aujourd'hui disparue .

Le fait d'enregistrer des disques en acoustique se répétant dans l'album suivant, , sorti en 1992, qui n'eut pas une grande répercussion à cause du manque de diffusion de la part de l'éditeur. Seule la chanson régionaliste fut rendue célèbre en étant utilisée dans la bande son de la telenovela de Benedito Ruy Barbosa sortie l'année suivantes. L'album se distingue aussi par sa religiosité (, , , et ), s'ouvrant et se fermant sur un extrait de la musique de Zé do Norte.

Le succès en matière de ventes revient en 1993 avec l'album , composé de chansons toutes écrites par Roberto Carlos et Erasmo Carlos, qui eut plus d'un million d'exemplaires vendus et dont une partie (sept des onze chansons) fut traduite pour une version espagnole (). , un des succès de l'album, est devenu le thème d'ouverture de la telenovela du même nom. a elle été utilisée dans la telenovela de Gilberto Braga dont le titre se réfère au célèbre poème de Vinícius de Moraes. Ce disque fut utilisé dans un LP promotionnel pour Coca-Cola.

D'un spectacle, calqué sur ce disque, dirigé par Gabriel Vilela dans la maison à Rio de Janeiro, sortira le dernier album de Maria Bethânia chez Universal Music : (1995), dernier à avoir une version vinyle, bien qu'elle souffre du manque d'espace physique avec quatre titres en moins : , , (les deux dernières apparaissant déjà dans l'album écrit par Roberto Carlos) et (enregistré par Bethânia dans l'album ), sont incluses seulement dans le CD. Cet album contient des ré-enregistrements d'anciens succès, mais également donc des chansons de l'album studio précédent écrit par Roberto Carlos.