Laurent Delvaux, né à Gand, le et mort à Nivelles le , est un sculpteur baroque originaire des Pays-Bas autrichiens.
Biographie Laurent Delvaux, né le dans la citadelle de GandLe sculpteur a fait l'objet d'une étude complète par Alain Jacobs, Laurent Delvaux (Gand 1696 - Nivelles 1778), Paris, Arthena 1999; du même auteur, Addenda au catalogue raisonné de Laurent Delvaux, Annales Société royale d'Archéologie d'Histoire et de Folklore de Nivelles, XXXIII, 2016, pp. 17-59. Archives de la famille Delvaux, Asse, Laurent Delvaux, Lettre Patente, n° DEL 5178-5179 (cité dans : et dans )., est le fils de Godefroid Delvaux (ca. 1650-1743Décédé à Nivelles et enterré dans l'église Notre-Dame ().), lieutenant-cornette au régiment de Westerloo, et de Françoise Chasselat. Laurent Delvaux a épousé Marie-Agnès Colas qui lui donne trois enfants dont un premier fils qui meurt en bas âge, un fils prénommé Jean-Godefroid (1737) et une fille prénommée Anne-Françoise (1740) .
Son petit-fils Ferdinand-Marie Delvaux fut peintre, tout comme son arrière-petit-fils Édouard Delvaux (1806-1862), neveu du précédent, qui fut un peintre de paysage talentueux, élève du paysagiste Henri Van Assche (1774-1841).
Il reçoit probablement sa formation initiale, dans sa ville natale, auprès du sculpteur local Jean-Baptiste Van Helderberghe Jean-Baptiste Van Helderberghe, né à Anvers en 1651, mort à Gand en 1734.. À l'âge de 18 ans, il apprend la sculpture auprès du sculpteur anversois Pierre-Denis Plumier reçu à Bruxelles en 1713 Laurent Delvaux sur le site du Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie dans le corps de métier des Quatre-Couronnés Messager des sciences historiques, des arts et de la bibliographie de Belgique, Gand, année 1854 : Archives des Arts, des Sciences et des lettres, sculpteurs et sculptures, Noms des sculpteurs qui ont fait partie du métier des Quatre-Couronnés à Bruxelles, depuis 1621 à 1716, pages 36 à 40.. Quand il quitte Bruxelles pour Londres, son art a assimilé l'œuvre des sculpteurs Duquesnoy et de son maître Plumier.
Londres En 1717, muni d'une lettre de recommandation de son maître Plumier, il rejoint à Londres un compatriote anversois, Pieter Scheemackers le jeune qui y travaille aux monuments funéraires que l'on élève alors, dans l'abbaye de Westminster, aux grands hommes d'Angleterre, dont le mausolée du duc de Buckingham et Normanby et celui du médecin Hughe Chamberlayne .
En 1721, ils sont tous deux rejoints par Plumier, qui décède six mois après son arrivée à Londres Marie-Thérèse Pauwels, veuve de Plumier, retourne à Anvers où Laurent Delvaux l'épousera en l'église Saint-Jacques le , soit cinq ans plus tard. Mais elle décédera peu après, laissant de son premier mariage deux enfants, dont il s'occupera toujours (Réf.Willame|1914).. Delvaux et Scheemakers sculptent alors avec Francis Bird le monument en marbre de John Holles, duc de Newcastle, dressé aussi dans l'abbaye de Westminster subscriber/article/grove/art/T022073 Helena Bussers. "Delvaux, Laurent." Grove Art Online. Oxford Art Online. Oxford University Press. Web. 29 Apr. 2014. En 1723, Scheemakers et Delvaux entament alors un partenariat officiel et montent dans le quartier de Millbank, cité de Westminster un atelier-comptoir. De leur atelier sortent beaucoup d'austères monuments classiques et de statues selon la mode antique, destinées aux jardins d'agrément. En 1726, les deux associés vendent leur stock[http:// www.oxfordartonline.com/subscriber/article/grove/art/ T076438pg2 Helena Bussers and Ingrid Roscoe. "Scheemakers."] Grove Art Online. Oxford Art Online. Oxford University Press. Web. 27 mars 2014.
Rome En 1726, Delvaux quitte Londres pour Rome, où il restera jusqu'en 1732. Il est porteur d'une lettre de recommandation destinée au cardinal Corsini, qui sera élu au pontificat sous le nom de Clément XII en http://www.nivellescapital.com/Laurent-Delvaux-Un-Sculpteur-de-genie_a146.html consulté le 20 septembre 2015. Il étudie les œuvres de ses compatriotes Jean Bologne et François Duquesnoy, des sculpteurs italiens contemporains et du et s'imprègne e.a. des œuvres du Bernin (David, Biblis et Caunus, Nymphe à la coquille, Vénus anadyomène, Hermaphrodite Borghèse, Flore Farnèse, Apollon, etc) et des sculptures antiques- récemment découvertes - dont il fait de belles copies. John Russell, duc de Belford, lui en commande un grand nombre inspirées de l'exemple antique . Il sculpte aussi le buste des papes Benoit XIII et Clément XII On ignore où sont conservées ces œuvres.et honore une commande du roi du Portugal Un père Récollet chargea Delvaux d'exécuter pour le roi deux statues qui valurent à l'artiste une gratification supplémentaire de deux cents écus et une médaille en or.. Quand il quitte Rome pour les Pays-Bas, il a en poche un bref apostolique de Clément XII adressé au nonce à Bruxelles et chargeant celui-ci de le présenter à l'archiduchesse Marie-Élisabeth. vignette|droite|Jésus et la Samaritaine, Collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles, 1772.
Pays-Bas autrichiens vignette|Saint-Ambroise, cathédrale Saint-Aubain de Namur. Comme d'autres artistes tels qu'Antoine Cardon ou Antoine Brice, il est protégé par la Cour de Bruxelles : le , l'archiduchesse Marie-Élisabeth le nomme sculpteur de la Cour, charge que son successeur Charles de Lorraine reconduira en 1741 et qu'il conservera jusqu'à sa mort. Au printemps 1733, il fait à Londres un voyage d'affaires, y revoit son ami Scheemaeckers, livre des commandes exécutées, en reçoit de nouvelles, notamment du duc de Bedford, et revient à Bruxelles le . Peu de temps après, il s'installe à Nivelles Il semble que l’artiste ait eu deux ateliers à Nivelles. Un qu’il louait à la rue Marlet ; le second, installé plus tard, aurait fait partie d’une maison qu’il avait fait construire à la rue de Mons en vue de la mettre en location. Une clause peu commune fut ajoutée au contrat de location : la mise à disposition d’un local servant d’atelier à son propriétaire., dans la région brabançonne d'origine de ses parents, et se remarie Le , il épouse Marie-Agnès Colas, une fille de la bourgeoisie nivelloise. Elle décédera le à l'âge de 66 ans.. Son installation à Nivelles dut coïncider avec son remariage, dont l'acte l'indique comme appartenant encore à la paroisse de Sainte-Gudule à Bruxelles : car dès le suivant, le magistrat de Nivelles accueille la requête de Laurent Delvaux "ayant épousé une fille bourgeoise", cette requête "tendant à fin de bourgeoisie".
Œuvre Son œuvre est très abondante, car il a maîtrisé son art durant plus de cinquante ans. Son biographe, Georges Willame, le décrit comme suit :.
Il a travaillé pour la cour de Bruxelles (résidences de Charles de Lorraine à Bruxelles, Tervuren et Mariemont) et des cours européennes comme celle du Portugal, pour les abbayes (d'Affligem, Floreffe et Villers-la-Ville), des églises (Nivelles, Gand, Namur, Bruxelles, etc), des couvents, des particuliers .
Le portrait tient une place restreinte dans sa production, pourtant il le réussit avec sincérité et esprit : médaillons de sa seconde femme, de Charles de Lorraine, du maréchal Maurice de Saxe, de François Ier d'Autriche, de Louis XV...
Élèves vignette|La Source, marbre, Hôtel de Groesbeeck-de Croix, Namur Son atelier groupe des élèves qui seront parmi les représentants les plus marquants du mouvement néo-classique et ont aussi de l'originalité et du talent, entre autres : Adrien-Joseph Anrion (1730-1773), de Nivelles qui a sculpté e.a. La Religion, terre cuite, 1765, musées royaux des beaux-arts de Belgique Pierre-François Le Roy (1739-1812), de Namur Gilles-Lambert Godecharle (1750-1835), de Bruxelles. Il a sculpté dans le marbre le buste de son maître Laurent Delvaux, conservé aux musées royaux des beaux-arts de Belgique
Collections publiques Belgique Le musée communal de Nivelles abrite une collection remarquable de sculptures, ébauches et projets en terre cuite dus à Laurent Delvaux. Autres lieux :
statue en marbre de Saint-Joseph et l'enfant Jésus, placée aujourd'hui dans l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg de Bruxelles statues en marbre de Saint Benoit et Saint Martin, adossés à des piliers derrière le maître autel de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, 1753. statues des quatre Pères de l'Église latine, à la croisée du transept de la cathédrale Saint-Aubain de Namur "Les vertus théologales" (1767), groupe en marbre, musées royaux des beaux-arts de Belgique "Hercule", marbre, 1770, palais de Charles de Lorraine, Bruxelles "Hercule au repos", statuette en marbre, musées royaux des beaux-arts de Belgique "Mater dolorosa", bas-relief en marbre, musées royaux des beaux-arts de Belgique "Portrait de Charles de Lorraine", médaillon en marbre, musées royaux des beaux-arts de Belgique chaire de Vérité, 1741-1746, cathédrale Saint-Bavon de Gand statue de Saint-Lievin, marbre, église Saint-Michel de Gand maître-autel de la chapelle du Saint-Sang du prieuré de Bois-Seigneur-Isaac, 1752, marbre, or et bois chaire de vérité (1772), en marbre et bois, avec Jésus et la Samaritaine conversant au puits de Jacob, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles ; la chaire est ornée de rampes d'escalier de style Louis XV sculptées par l'ornemaniste Philippe Lelièvre retable de la conversion de Paul sur le chemin de Damas, 1735, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles statue en chêne (vers 1750) de la bienheureuse Itte d'Aquitaine, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles statue en chêne du bienheureux Pépin de Landen, vers 1750, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles quatre statues en chêne : Saint Pierre, Saint Paul, Saint André et Saint Jacques le Majeur, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles chaire de vérité en chêne, figure d'Élie au désert nourri par l'ange, vers 1740-1745, collégiale Sainte-Gertrude de NivellesSculptée pour le couvent des Carmes, où on entrait dans la chaire par le fond, sans escalier apparent. Transférée ultérieurement dans la collégiale.. agneau de l'Apocalypse allongé sur le livre aux sept sceaux, bois peint en blanc, vers 1760, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles sculptures en chêne de deux allégories figurant la Force et la Prudence, 1739, collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles
Pays-Bas "Pallas", statue de marbre, partie sauvée du cénotaphe de la famille van der Noot placé en 1746-1747 à l'église des Carmes de Bruxelles, Rijksmuseum, Amsterdam
France vignette|Samson Buste du Maréchal Maurice de Saxe, terre cuite, Musée de la Vie Romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris Bénitier au putto, Musée municipal de la tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux. La Conversion de Saint-Paul, Musée municipal de la tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux. Caïn et Abel, Musée municipal de la tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux. La justice et la bonne gouvernance, esquisses en terre cuite, Palais des beaux-arts de Lille. Samson déchirant la gueule du lion, marbre, musée du Louvre, Paris
Royaume-Uni quatre statues de marbre figurant les quatre saisons : Le Printemps non signé, L'Été non signé, L'Automne signé et L'Hiver signé, West Wycombe Park, Buckinghamshire Vertumne et Pomone, marbre, Victoria and Albert Museum, Londres
Portugal statues de Saint-Raphaël et de l'ange tutélaire du royaume de Portugal, marbre, Basilique de Mafra, chapelle de Saint-Pierre d'Alcantara
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Alain Jacobs, Addenda au catalogue raisonné de Laurent Delvaux, Annales Société royale d'Archéologie d'Histoire et de Folklore de Nivelles, XXXIII, 2016, pp. 17-59. .
Articles connexes Ferdinand-Marie Delvaux, peintre, son petit-fils. Édouard Delvaux, peintre, son arrière petit-fils Liste de sculpteurs belges
Liens externes
Site du magazine Nivelles Capital Musée communal de Nivelles
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