alt=Tram de Nantes, arrêt de Bellevue, 1992|vignette|Tram de Nantes, arrêt de Bellevue, 1992 L'histoire des transports en commun de Nantes présente un intérêt certain dans la mesure où cette ville a à plusieurs reprises, été dans les premières, voire la première (en France), à utiliser : les omnibus en 1826, le tramway à air comprimé en 1876, et à remettre en service le tramway dans les années 1980.
Chronologie générale des transports en commun nantais 1826 : création à Nantes du premier réseau de transports en commun en France et peut-être dans le mondeCf. page Stanislas Baudry, assuré par des omnibus ; début de l'utilisation du mot "omnibus" pour désigner un véhicule et un système de transport, 1876 : premier tramway nantais, à air comprimé, création de la Compagnie des tramways de Nantes (CTN) 1887 : mise en service du Roquio, premier bateau à vapeur assurant le transport de passagers sur la Loire entre le port de Nantes, Chantenay-sur-Loire et Trentemoult, 1889 : abandon des omnibus, 1915 : début de l'électrification du tramway, 1924 : premiers bus, 1958 : abandon du tramway, la CTN devient la Compagnie nantaise de transports en commun (CNTC) 1970 : abandon des Roquios, 1974 : création d'une Autorité organisatrice de transports, le SITPLAN (Syndicat intercommunal des transports de l'agglomération nantaise), qui regroupe 9 communes. 1975 : fin de la concession de la CTN/CNTC 1976 : début de l'exploitation du réseau par la Société des transports de l’agglomération nantaise, puis, le , par la Société d'économie mixte des transports en commun de l'agglomération nantaise (SEMITAN), qui dessert 13 communes. 1981 : début des études pour une nouvelle ligne de tramway moderne, 1985 : mise en service de la première ligne de tramway moderne, 1992 : ouverture de la ligne 2, 2000 : ouverture de la ligne 3 et mise en place de la desserte de la Métropole par TER, 2005 : mise en service du Navibus, navette fluviale entre le quai Ernest-Renaud à Nantes et le port de Trentemoult, 2006 : mise en service de la première ligne du Busway (ligne 4)Claude Kahn : La TAN aujourd'hui, art. cit. en bibliographie, page 28. 2012 : mise en service des quatre premières lignes de Chronobus, nom donné pour des lignes de bus à haut niveau de service et en partie en site propre. 2013 : mise en service de trois lignes de Chronobus supplémentaires. 2018 : mise en service de deux lignes de Chronobus supplémentaires. 2020 : mise en service de la ligne 5 du Busway.
Le début des transports en commun : les omnibus thumb|Omnibus parisien par David W. Bartlett.
D'Etienne Bureau à Stanislas Baudry (1826) Au début du , Étienne Bureau, petit-fils d'armateur10 août 1826 : premiers omnibus à Nantes, imagine un véhicule pour transporter les employés de son entreprise entre les bureaux situés rue Jean-Jacques-Rousseau et les entrepôts des Salorges où se trouvent les services de la Douane.
Ce véhicule aurait reçu le surnom d'omnibus, en relation avec la boutique d'un chapelier « Omnes », située place du port au Vin (devenue place du Commerce), où stationnaient les véhicules ; la boutique affichait l'inscription Omnes OmnibusOrigine donnée traditionnellement, mais qui n'est pas établie catégoriquement : cf. la page Omnibus qui contient des éléments nouveaux provenant de la référence bibliographique Baron de Wismes, 1892..
En 1826, Stanislas Baudry, un ancien médecin-officier de l’Empire, devenu minotier à Nantes, récupère l'eau de condensation de ses machines à vapeur pour chauffer l'eau des bains publics qu'il installe à proximité de son usine, situé dans le faubourg un peu excentré de Richebourg. Il reprend l'idée d'Etienne Bureau pour transporter des clients entre la Place de la Bourse et ces bains, au moyen d'un véhicule hippomobile à deux banquettes. Il semble s'être aperçu rapidement que les gens étaient demandeurs de transport collectif, meilleur marché que les fiacres (qui existaient à Nantes depuis 1771) ; il demande donc à la municipalité de Nantes l’autorisation d’établir un service de voitures publiquesAndré Péron, Nantes et son tramway, op. cit. en bibliographie.
Les premiers réseaux de transport public : Nantes, puis Paris (1828-1830) Le , il lance son entreprise qui commence à opérer le avec deux voitures suspendues pouvant recevoir chacune 16 personnes : l'une relie la rue de Richebourg aux Salorges où se trouve l’entrepôt des Douanes ; l'autre relie le pont de la Poissonnerie à la tour de Pirmil
Il s'inspire du succès de l’opéra-comique de Boëldieu, « La Dame Blanche », pour baptiser ses attelages et l'entreprise elle-même, mais le surnom d'omnibus est présent très rapidement comme le montre un "reportage" du Petit Breton le Cité par Baron de Wismes, 1892, cf. citation sur la page Omnibus.
En , Stanislas Baudry met en service les deux premières lignes d'omnibus de Paris avec l'Entreprise générale d'omnibus (EGO), première utilisation officielle du mot "omnibus" ; par ailleurs, l'EGO constituée avec des associés parisiens, rachète le capital de la compagnie nantaiseBaron de Wismes, 1892, p. 115. Cet article indique un profit très élevé pour la période octobre 1826-janvier 1828, soit 15 mois : 8 200 francs pour un apport de capital de 23 500.. Après une phase de succès, l'EGO connaît des difficultés durant l'hiver 1830, très rigoureux ; l'entreprise est menacée de faillite et Stanislas Baudry se suicide le . En réalité, cette crise va être surmontée et un rôle important revient alors à Edme FouquetLe rôle d'Edme Fouquet n'est pas clair : il semble avoir créé une "Compagnie des Dames blanches" à Paris, reprenant le nom de la compagnie nantaise de Baudry ; était-il réellement concurrent de l'EGO ? .
Les omnibus nantais après 1830 L'apparition de nouvelles entreprises d'omnibus à Nantes entraîne une concurrence excessive et la faillite de plusieurs d'entre ellesCette phrase n'est pas claire : il faudrait donner plus de détails ; s'agit-il de la période 1830 et année suivantes ou des années 1840, traitées ensuite ?. De retour à Nantes, Edme Fouquet élimine tous ses rivaux et obtient la création de nouvelles lignes.
Dès 1840, trois nouvelles compagnies s’attaquent à son monopole, les Nantaises, les Favorites (également appelées les Chantenaisines), et les Bretonnes. En 1845, W. Derrien devient patron des Bretonnes. En 1852 est créée une quatrième société, les Hirondelles. Au total une trentaine d’omnibus circulent alors à travers les rues de Nantes.
En 1857, la municipalité tente de réglementer l’usage des voies publiques par arrêtés municipaux et favorise la fusion des entreprises : ainsi naît, le , la "Compagnie générale des omnibus" (Nantes) par la fusion de l'entreprise de MM. Fouquet et Boets, qui desservait la ligne des Ponts, et celle de MM. Duchesne et Rappin, qui desservait le Quai de la Fosse et Pont-Rousseau. Seule la compagnie "les Bretonnes" ne fusionne pas avec les autres. Les écuries de la CGO sont situées au 18 rue des Olivettes, Cour de la Poule NoireAujourd'hui toujours visibles, mais transformées en garages..
Une innovation technique majeure intervient en 1838, avec l'invention de nouvelles voitures à six roues et à train articulé, qui permet des véhicules de plus grande capacité.
La naissance des titres de transport
Dans la nuit du 16 au , un violent incendie ravage les écuries louées par Edmet Fouquet, propriétaire de la nouvelle Compagnie des Dames Blanches, Cour Douard et Cour de la Poule Noire (près de la rue des Olivettes). Le foin et l’avoine sont perdus, mais les animaux sont sauvés. Fouquet est au bord de la faillite : pour relancer son entreprise, Fouquet doit s’associer au négociant nantais Boëts.
C’est à la suite de l’association de ces deux hommes que vont apparaître les titres de transport prépayés. Jusqu'à cette époque, lorsqu’un passager monte dans un omnibus, il paye directement sa place au contrôleur, ce qui générait des transactions qui se répercutaient sur le temps de transport.
Pour gagner du temps sur les concurrents, que Fouquet et Boëts ont l’idée d’inventer les titres de transport modernes. Il s'agit de jetons de cuivre appelés « tickets métalliques », qu’il suffit de remettre au contrôleur avant de prendre place. Ce n’est qu’à la fin du que l’on utilisera des tickets de papier par mesure d’économie. Ces tickets métalliques permettaient en outre de fidéliser la clientèle, car pour dix achetés, le onzième était gratuit.
Les plus anciens spécimens sont en laiton, de forme octogonale et portent les légendes suivantes : A l’avers, ENTREPRISE DES DAMES BLANCHES . NANTES. Au centre, FOUQUET & BOETS en trois lignes. Au revers, FETES ET DIMANCHES EXCEPTES. Au centre, BON POUR UNE PLACE en trois lignes. Ils pèsent environ 4 g et mesurent 23 mm de diamètre.
Le premier réseau nantais de tramway (1876-1958)
thumb|Tramway historique préservé à l'AMTUIR.
En 1875, la municipalité opte pour le tramway dont la réalisation est confiée à la Société des Moteurs à Air Comprimé. Le , la ville autorise Louis Mékarski à exploiter une ligne de tramway reliant Doulon à la gare maritime, via la place du Commerce. Le premier tramway à air comprimé fut inauguré le . Nantes devient ainsi la première ville à exploiter ce nouveau genre de locomotion pour les transports en communL’Histoire des transports à Nantes pages 1, 17 et 20. Louis Mékarski assiste à l’inauguration de la première locomobile à air comprimé à Nantes et présente à Paris, devant le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, ce nouveau mode de locomotion. Les Nantais adoptent d’emblée le tramway Mékarski et la municipalité programme en 1887 une seconde ligne nord-sud traversant les ponts de la Loire, puis 3 autres lignes à partir de 1897Annales Ponts et Chaussées – Tramway de Nantes p631. En 1898, les omnibus à chevaux disparaissent de Nantes. Vichy, Nogent, Paris, Versailles ou Berne suivent l’exemple nantais en remplaçant leurs omnibus ou leurs tramways hippomobiles par des tramways Mékarski. En 1911, ce sont 39 kilomètres de lignes qui desservent la ville, transportant déjà douze millions de voyageurs par an www.tramwayinfo.com – Nantes 39km de routes en 1910. Le , le maire, Paul Bellamy, annonce l’électrification du réseau. La guerre est déclarée alors que les travaux viennent de commencer. En 1915, 8 lignes sont en service, mais les travaux ne s’achevèrent qu’en à cause de la guerre. Le , les premiers bus font leur apparition, ils sont d'abord huit puis 12 à sillonner la ville sur des lignes à faible trafic complétant celles du tramway. En 1932, Nantes dispose d’un réseau de 20 lignes desservant 14 itinéraires. Le pôle d’échange est situé place du Commerce (qui est aujourd’hui toujours le plus grand pôle d’échange de l'agglomération). À Nantes, comme dans la plupart des villes de France, le bus remplace progressivement le tramway, devenu vétuste, bruyant et inconfortable. Les dernières rames qui parcouraient la ville cessent leur activité le .
Les autobus à Nantes (de 1924 à nos jours)
Dans les années 1950 et 1960, le transport par bus est assurée par la CNTC (Compagnie nantaise des transports en commun), entreprise de statut privé, mais subventionnée par la municipalité.
Nombre de communes de banlieue (comme Saint-Sébastien-sur-Loire) sont alors desservies, comme les communes rurales, par les cars Drouin qui ont alors leur gare centrale au allée Duquesne (cours des 50-Otages)Allée Duquesne. L'ancienne gare Drouin est occupée un temps par l'hôtel du Tourisme, avant d'être détruite pour faire place à un nouveau bâtiment. La famille Drouin est une famille ancienne qui était présente dans le négoce maritime au ..