La Corée du Nord a établi des relations diplomatiques avec plus de 150 États. De plus, elle est membre de l'ONU qu'elle a rejoint le , en même temps que la Corée du Sud, mais c'est le seul État (reconnu par l'ONU) qui n'est pas membre d'une organisation régionale.

Après son retrait du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la Corée du Nord est devenue la neuvième puissance nucléaire à la suite de son essai du 9 octobre 2006 condamné par la communauté internationale. 450px|vignette|droite|Carte des relations diplomatiques. Rapports avec la Corée du Sud

Les relations avec les deux Corées, régimes concurrents revendiquant l'un et l'autre une légitimité à représenter l'ensemble de la péninsule ont été très tendues jusqu'à la fin de la guerre froide, des accrochages militaires ayant encore lieu sporadiquement de nos jours.

Toutefois, après l'éclatement de l'URSS, les deux Corée sont entrées conjointement à l'ONU et ont été l'une et l'autre reconnues par la quasi-totalité des États.

La Corée du Sud a développé depuis les années 1990 une politique du « rayon de soleil » (« sunshine policy»), à l'initiative de l'ancien président Kim Dae-jung. La politique d'ouverture progressive entre les gouvernements du Nord et du Sud se fonde sur la déclaration conjointe du Texte intégral de la déclaration Nord-Sud du 15 juin 2000 sur le site officiel nord-coréen "Naenara". : échanges de familles séparées, intensification des relations commerciales, réouverture de la ligne de chemin de fer reliant Séoul à Pyongyang après le passage de deux convois de part et d'autre de la zone démilitarisée le (voir aussi l'article consacré à la réunification de la Corée). Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, a eu lieu à Pyongyang du 28 au ..

Contrairement aux États-Unis, la Corée du Sud mise sur le dialogue et les échanges avec son voisin du Nord pour parvenir à une réunification pacifique et indépendante, objectif partagé de la déclaration conjointe. En 2005, la Corée du Sud s'est ainsi abstenue lors du vote sur une résolution des Nations unies condamnant le manque de respect des Droits de l'homme en Corée du Nord.

Le resserrement des relations économiques entre la république populaire de Chine et la république populaire démocratique de Corée inquiète les Sud-Coréens partisans de la réunification de la péninsule. En début d'année 2006, l'ancien président Kim Dae-jung a ainsi déclaré que Jean-Jacques Mevel, « L'essor du commerce entre Pékin et Pyongyang inquiète Séoul », dans Le Figaro, 7 avril 2006.

Sous les gouvernements conservateurs de Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017), la Corée du Sud refuse toute négociation, soutenue dans ce choix par les États-Unis. Pourtant, l’ancien ministre de l’Unification sud-coréen Jeong Se-hyun reconnaitra que « ce n’était pas une politique. On ne pouvait pas s’attendre à ce que la Corée du Nord abandonne volontairement l’arme atomique sans aucune compensation. Ironiquement, cela lui a donné le temps d’affiner sa technologie nucléaire. » Élu en 2017, Moon Jae-in relance le dialogue et rencontre Kim Jong-Un en ..

Mais, depuis , la Corée du Nord à coupée toutes les avancées dans les relations diplomatiques avec le Sud, en rompant la promesse de paix que les deux pays s'étaient fait en 2018, en évoquant "l'escalade de violence" envers la Corée du Nord par le Sud. Cela s'aggrave en 2024 où Kim Jong-Un définit la Corée du Sud comme "1e pays hostile envers la nation" et ordonne la suppression de tout signe de réconciliation au Nord.

Rapports avec la Chine

Diplomatiquement, le principal allié de la république populaire démocratique de Corée est la république populaire de Chine qui l'a soutenu militairement lors de la guerre de Corée et qui abrite une minorité coréenne de 2 millions de personnes.

La Corée du Nord serait par ailleurs l'un des principaux récipiendaires de l'aide économique et humanitaire chinoise.

La coopération politique

L'alliance politique avec Pyongyang se fonde sur le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle signé entre les deux pays en 1961Voir Samuel S. Kim, "Sino - North Korean Relations in the Post-Cold War World, in Young Whan-kihl et Hong Nack-nim (sous la direction de), "North Korea. The Politics of Regime Survival", East Gate Book, New York, 2006, pp. 183-202..

Une partie des militaires chinois sont plus particulièrement favorables au régime nord-coréen. En effet, Pékin rejette un scénario de réunification de la Corée qui, en maintenant la présence des troupes américaines au sud de la péninsule coréenne, signifierait une implantation militaire américaine directe à sa frontière nord-est, le long d'une des régions le plus industrialisée du pays, la Mandchourie. Autant dire que la pérennisation d'un régime communiste à Pyongyang relève d'une grande importance stratégique pour Pékin.

Sur le dossier nucléaire nord-coréen auquel elle participe activement au sein des pourparlers à six (les deux Corée, la Chine, les États-Unis, la Russie et le Japon), Pékin souhaite la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne. Le dialogue a été poussé au sommet des deux États avec des rencontres bilatérales entre Kim Jong-un et Xi Jinping.

Les échanges économiques

La Chine encourage la libéralisation économique de la Corée du Nord, où ses entreprises s'implantent en nombre croissant : les investissements chinois en Corée du Nord ont atteint 14,37 millions d'euros en 2005Lee Jong-Heon, correspondant de l'United Press International, "China Taps North Korea Resources", 4 mai 2007. La verrerie de Taean, inaugurée le , symbolise la coopération économique entre les deux pays« Cérémonie d’inauguration de la Verrerie d’amitié de Taean », dans La Corée, novembre 2005 (sur le site « Korea is One »)..

Le dirigeant Kim Jong-il a effectué plusieurs voyages en Chine, le plus récent datant de , pour apprécier les évolutions économiques avec son voisin.

Les échanges culturels

L'accord d'échange culturel entre Pékin et Pyongyang a été renouvelé le pour la période 2006-2008Agence de presse Xinhua (Chine nouvelle), 10 avril 2006 (sur le site « Korea is One »)..

Rapports avec la Russie

Concernant la Russie, les relations s'étaient distendues avant la disparition de l'URSS parallèlement à l'intensification des échanges entre l'URSS et la Corée du Sud, alors que la diplomatie nord-coréenne avait poursuivi une politique d'équilibre et d'indépendance vis-à-vis de l'URSS et de la république populaire de Chine. En 1988, l'aide financière de l'URSS à la Corée du Nord a été divisée par quatre et les conditions préférentielles de livraison de pétrole soviétique ont cessé dès le début des années 1990.

La Russie a, ensuite, opéré, à la faveur de l'éviction des pro-occidentaux à Moscou et l'avènement de Vladimir Poutine, un certain rapprochement avec la Corée du Nord dans le cadre d'une diplomatie de diversification de ses échanges extérieurs correspondant à la vision de Moscou d'un monde multipolaire. Vladimir Poutine a ainsi effectué une visite à Pyongyang le , avant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il se rende à son tour en Russie.

Un protocole de coopération bilatérale dans le domaine ferroviaire a été signé à Pyongyang le Source : le site officiel nord-coréen "Naenara"..

La nomination de Pak Ui-chun comme ministre nord-coréen des Affaires étrangères, le , a été interprétée comme un signe d'ouverture en direction de la Russie, après que M. Pak eut servi pendant huit ans comme diplomate à Moscou, jusqu'en ..

Rapports avec le Japon

Le contexte historique de l'héritage de la colonisation japonaise L'occupation japonaise de la Corée entre 1905 et 1945 a laissé des séquelles durables dans les relations entre Coréens et Japonais, alors que plus de Coréens résident sur l'archipel nippon, regroupés au sein de deux associations proches, respectivement, du Nord et du Sud, la Chongryon et la Mindan.

À l'instar de ce qu'a obtenu la Corée du Sud dès les années 1960, la Corée du Nord demande une réparation économique au titre des dommages subis pendant l'occupation japonaise. Elle exige également des excuses officielles de Tokyo après la prostitution forcée de Coréennes par les soldats japonais (« les femmes de réconfort ») pendant la Seconde Guerre mondiale"Les esclaves sexuelles se souviennent", sur le site de "Korea is one" citant la chaîne chinoise CCTV..

La question des enlèvements

De son côté, le Japon dénonce les enlèvements de treize de ses ressortissants par Pyongyang au cours des années 1970 et 1980 par les services secrets nord-coréens.

La Corée du Nord a reconnu les faits, qu'elle a longtemps niés, le , lors d'une rencontre à Pyongyang entre le Premier ministre japonais Jun'ichirō Koizumi et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il.

Lors de ce sommet, la république populaire démocratique de Corée a apporté des informations sur trois autres ressortissants japonais enlevés dont les noms ne figuraient pas dans la liste fournie par Tokyo. Le dirigeant Kim Jong-il a fait savoir que de tels actes ne se reproduiraient plus, en précisant que les autorités nord-coréennes avaient déjà puni ceux de ses agents responsables des enlèvements opérés dans les années 1970 et 1980Source : Hong Nack-nim, "Japanese - North Korean Relation Under the Koizumi Government", in Young Whan-kihl et Hong Nack-nim (sous la direction de), Nortk Korea. The Politics of Regime Survival, East Gates Book, New York, 2006, pp. 164-165..

Cinq Japonais enlevés sont retournés dans l'archipel nippon le , pour une visite prévue normalement pour une durée de deux semaines. Leur non-retour en Corée du Nord, comme prévu, à l'issue de ce délai a vivement irrité PyongyangHong Nack-nim, op. cit., p. 166 sq.. En outre, le sort de leurs autres compatriotes reste l'objet d'un lourd contentieux entre les deux pays qui n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques : Pyongyang affirme qu'ils sont morts et a restitué des corps, dont Tokyo a déclaré qu'ils ne sont pas ceux de ses ressortissants Documents de l'ambassade du Japon en France sur l'enlèvement de citoyens japonais par la Corée du Nord..

La Corée du Nord a utilisé ces personnes pour former ses espions à la langue et à la culture japonaise et l'un des objectifs de ces enlèvements, était, selon Megumi Yao, l'une des ravisseuses, de préparer un groupe de Japonais à la diffusion des idées du Juche dans l'archipel nipponÉditorial du Mainichi, 15 mars 2002.

A contrario, des Japonais ayant rejoint la Corée du Nord (lorsque près de Coréens du Japon ont gagné la RPDC entre 1959 et 1962), comme An Pil Hwa qui avait alors suivi son mari coréen en Corée du Nord, se sont plaints d'avoir été rapatriés au Japon contre leur gréTémoignage de An Pil Hwa au quotidien des Nord-Coréens du Japon "The People's Korea".. Le Japon a, toutefois, autorisé d'autres Nord-Coréens à retourner vivre en Corée du Nord, telle que Chu Ji : après avoir quitté le Japon pour la Corée en 2003, elle est revenue en république populaire démocratique de Corée en ..

Par ailleurs, plusieurs membres de l'Armée rouge japonaise vivent en Corée du Nord depuis 1970 et la justice japonaise réclame leur extradition.

Le processus de normalisation des relations diplomatiques