Jean Baptiste Prosper Blanchemain, né le à Rouen et mort le à Oulches, est un bibliophile, critique littéraire, éditeur et poète français.
vignette|Prosper Blanchemain avec sa femme et son fils Paul. vignette|Château de Longefont (Indre), propriété de Prosper Blanchemain. vignette|8, rue Henri-Barbusse (ayant pour autre adresse le 113, boulevard Saint-Michel), demeure parisienne de Prosper Blanchemain puis de son fils Paul. Leurs initiales ornent le haut de la porte cochère.
Biographie Fils de Jean Baptiste Joseph Blanchemain (1789-1859), chevalier de la Légion d'honneur et administrateur du Bureau de bienfaisance de l'ancien arrondissement de ParisBase Léonore, et d'Adélaïde Blanche Babois (1790-1852) Prosper Blanchemain quitte Rouen, ses parents le rejoignent plus tard, pour faire ses études à Paris au lycée Henri-IV, où il a eu pour condisciples les princes d'Orléans, dont la bienveillance, celle surtout du duc d’Aumale, lui restera acquise à jamais. Élève externe, il demeure chez une grand-tante, la poétesse Victoire BaboisBulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1880.
À la fin de ses études à la faculté de droit, il est reçu licencié en 1838Régis Delbœuf, Étude biographique et littéraire sur Prosper Blanchemain, Châteauroux, A. Nuret et Fils imprimeurs libraires, 1880. Après une brève période où il plaida, il entre comme rédacteur au ministère de l’Intérieur. Il épouse en 1842 Marie Claudine Désirée Boissel (1823-1886), fille du député Jean Marie Hercule Boissel. En 1843, il est nommé bibliothécaire du ministère de l'Intérieur. Au début des années 1850, il visite la vallée de la Creuse dont il tombe sous les charmes et il acquiert en 1853 le prieuré Notre-Dame de Longefont à Oulches et son manoir prieural qu'il transforme en petit château doté de tourelles et rehausse aussi d'un demi-étage. Son fils Paul Blanchemain, hérite du domaine paternel qu'il réunit à sa propriété de Castel-Biray.
En tant que poète, il obtient, en 1837 et en 1843, des mentions aux concours de l’Académie française, il publie en 1845 un premier recueil de poésies, qui connait un certain succès. Il devient, en 1853, maître ès Jeux floraux et reçoit en 1878 le prix Montyon de l’Académie française. Outre des poésies détachées publiées dans divers recueils, on lui doit : Poèmes et poésies (, in-18 et ), plusieurs fois réédités ; Foi, Espérance et Charité (, in-12), poésies religieuses et morales ; l’Idéal (in-18), recueil de poésies ; Recherches sur les noms véritables des dames chantées par les poètes français du (, ) ; Jacques Du Lorens et le Tartuffe (, ) ; Notice sur le président François de Maynard (); le Vicomte de Beauchesne (, ).
Comme bibliophile et éditeur, il a rédigé des études présentées dans la presse spécialisée ( d’) et soucieux de sortir de l’ombre un grand nombre des minores, dont il collectionna les éditions anciennes, il publia un assez grand nombre d’éditions de poètes et d’écrivains appartenant pour la plupart à l’époque de la Renaissance et du . On lui doit notamment des éditions, avec notes et préfaces, des Œuvres poétiques de Vauquelin des Yveteaux, des Bouquets poétiques d’Angot de l’Éperonnière, des Œuvres poétiques de Sonnet de Courval, des Élégies de Jean Doublet, des Satires de du Lorens, des Épigrammes inédites de Gombauld, des Œuvres de Louise Labé, des Rondeaux et vers d’amour de Jehan Marion, de Philandre, poème de Maynard ; des Œuvres complètes de Mellin de Saint-Gelais, des Mignardises amoureuses et des Poésies de Jacques Tahureau, des Foresteries de Vauquelin de la Fresnaye, L’odieux et sanglant meurtre commis par le maudit Cain, (1580) tragédie de Thomas Le Coq
Prosper Blanchemain est également l’une des figures fondatrices de la bibliographie et de l’édition ronsardiennes. S’attachant à réunir les éditions anciennes séparées et collectives des livres de Ronsard, il parvint à constituer avant le tournant du une collection exceptionnelle (une cinquantaine de titres présentés par Seymour de Ricci en 1927Catalogue of a Unique Collection of Early Editions of Ronsard by Seymour de Ricci, Londres, Maggs Bros, 1927, le reliquat d’une trentaine présentée par les frères Maggs en 1935La Bibliothèque d’un humaniste d’après les livres choisis principalement dans les bibliothèques de Prosper Blanchemain et de M. Alfred Pereire, Paris, Maggs Bros, 1935.) dont les exemplaires ont rejoint les institutions publiques ou les collections privées. À partir de sa collection personnelle, il tenta de reconstituer la genèse des Œuvres dont il choisit l’édition princeps (1560) pour en proposer ce qui demeure la première édition critique des Œuvres complètes de Ronsard en huit volumes (1857-1867).
Il a également écrit sous le pseudonyme d’« Épiphane Sidredoulx ».
Publications partielles Casimir Delavigne, 1844. La crèche, stances, 1846. La fille de Jaïre, 1848. Les enfans des faubourgs, vers lus le 9 mai 1849, à la séance littéraire et musicale donnée au bénéfice de l’Oeuvre des faubourgs, 1849. Hymne pendant ['Avent, 1851. Le rosaire, légende des côtes de la Normandie, 1851. Stances pour le mariage de Melle Berthe Rivière avec Mr Georges Gamard, 1864. Jacques Du Lorens et le Tartuffe, notice sur un précurseur de Despréaux, 1583-1658, 1867. Notice sur le Président François de Maynard, poète toulousain, 1867. Melin de Saint-Gelais. 3 novembre 1487-Octobre 1558, 1873. Julien Boilly, à propos de la vente de ses livres, tableaux, dessins et autographes, en décembre 1874, 1875. Fleurette, scène anecdotique, 1877. Poëtes et amoureuses, portraits littéraires du XVIe siècle, 1877. Les mimes, enseignements et proverbes, 1576 Jean-Antoine de Baïf, 1877.
Activités membre de l’Athénée des arts, sciences et belles-lettres, de Paris, 1838. membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, 1846. maître ès jeux de l'Académie des Jeux floraux, 1853. membre de la Société philotechnique, 1856. membre de la Société des bibliophiles françois, 1856. membre de la Société des bibliophiles normands, 1863. membre de la Société archéologique du Vendômois, 1867. membre de la Société des bibliophiles de Guyenne, 1867. membre de la Société rouennaise de Bibliophiles, 1870. membre de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-FranceComité des travaux historiques et scientifiques, 1874.
Distinctions Récompenses mentions aux concours de l’Académie française pour le poème l'Arc-de Triomphe, 1837. mention honorable aux concours de l’Académie française pour le poème le Monument de Molière, 1843. médaille de vermeil de la ville de Rouen pour le poème Casimir Delavigne, à la Normandie, 1844. Prix Montyon de l’Académie française pour Poèmes et poésies, 1878Académie française.
Décorations d'Espagne, 1871.
Notes et références
Bibliographie Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1865, où l'on fait l'éloge de son activité comme éditeur de Ronsard. Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1880, où paraît un article nécrologique avec biographie.
Hugo P. Thieme Guide bibliographique de la littérature française de 1800 à 1906, H. Welter, éditeur, 1907
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