thumb|Itinéraires de Lacerda e Almeida (route 4) et de Livingstone (routes 20). vignette|droite|Réception des Portugais par le Mwata du Royaume du Kazembe vers 1800. vignette|droite|Bassin du Zambèze. vignette|droite|Royaume du Kazembe vers 1850. vignette|droite|Projet Carte rose (1887). vignette|droite|Expansion coloniale européenne de 1880 à 1913. vignette|droite|Zambie actuelle. vignette|Afrique australe contemporaine.
L'histoire de la Zambie, de l'ère préhistorique à l'ère médiévale, demeure encore assez mal connue. Si les recherches archéologiques contribuent à en faire l'un des berceaux de l'humanité et ont pu également attester l'existence de royaumes anciens à partir du , les faits avérés et datés ne remontent qu'aux années 1820.
Durant la période coloniale britannique, le territoire était un protectorat connu sous le nom de Rhodésie du Nord. Le pays a accédé à l'indépendance en 1964.
Préhistoire Liste de sites archéologiques en Afrique australe Homo rhodesiensis, Grottes de Mumbwa
Les plus anciens ossements humains retrouvés sur le territoire de la future Zambie furent ceux de celui que l’on appelle Homo rhodesiensis, qui aurait vécu il y a plus de . Des outils vieux de ont également été retrouvés près des chutes Victoria.
Les premiers habitants connus de la région étaient les San, des chasseurs-cueilleurs nomades, qui demeurèrent les seuls habitants de la région jusqu'au , époque de l'arrivée des Bantous venant du nord.
Ère bantoue Les Bantous maîtrisaient une certaine technologie. Ils étaient des agriculteurs, avaient des ustensiles et des armes en fer, en cuivre et faisaient de la poterie. Leur mouvement migratoire a probablement été déclenché par le développement de l'agriculture, entraînant une densification de population ; l'agriculture étant en outre essentiellement itinérante, le déplacement de population en est la conséquence mécanique... La plupart des bushmen ne purent cohabiter avec ces Bantous et beaucoup d'entre eux émigrèrent à leur tour, vers le sud, où ils peuplèrent notamment le Sud-Ouest africain.
L'introduction de l'agriculture favorisa donc la sédentarité et la population augmenta. Vers le , une civilisation émergeait bien que la plupart des villages vivaient en autosuffisance et que les populations ne se mélangeaient guère.
L'exploitation des mines de cuivre contribua à forger des relations entre les tribus et des pièces en cuivre servant au commerce furent alors utilisés dans les échanges. L'ivoire et le coton contribuèrent également à développer les relations commerciales et à solidifier des structures politiques et sociales souvent complexes.
Entre le , des royaumes furent fondés, fragmentant le territoire en plusieurs États. On pouvait en discerner au moins cinq : les Kazembe-Lunda au nord près de la rivière Luapula, royaume du Kazembe (1740c-1899), les Bemba au nord-est, les Chewas dans l'est les Lozi dans l'ouest en amont du fleuve Zambèze. les Tonga au sud près du Zambèze
La région fut longtemps fermée aux étrangers car difficilement accessible. Ni les commerçants arabes ni même les négociants portugais n'avaient pu aller aussi loin dans le continent africain. Au , les Portugais, cherchant à relier leurs territoires d'Angola et du Mozambique, pénétrèrent dans la région par l'intermédiaire des Pombeiros, métis de Portugais et d'Africains.
La traite des Noirs s’était également développée dans la région sous le contrôle des marchands arabes de Zanzibar et des Portugais qui échangeaient des esclaves contre leurs marchandises.
À la fin du , en 1798, l’explorateur portugais Francisco José de Lacerda e Almeida a dirigé ce qui aura été la première expédition scientifique menée par des européens en Afrique. Le but de l'expédition de Lacerda e Almeida était de relier les deux territoires portugais de la région, le Mozambique à l'est et l'Angola à l'ouest. Parcourant plus de 1300 km depuis Tete il est arrivé à Kazembe, alors partie de royaume Lunda, où il a succombé à des fièvres en Octobre de 1798. L'expédition, maintenant sous le commandement du Père Francisco João Pinto, est retournée à Tete sans essayer de poursuivre son but jusqu'en Angola mais le journal d'expédition de l'explorateur a pu être sauvé et rapporté à Tete. Il sera traduit en anglais par Richard Francis Burton et publié dans un ouvrage intitulé The Lands of Cazembe: Lacerda’s journey to Cazembe in 1798Richard Francis Burton, The Lands of Cazembe: Lacerda´s journey to Cazembe in 1798..
150px|thumb|David Livingstone. Ce document reste le seul témoignage européen sur cette région pendant plus de cinquante ans, jusqu'au voyage du grand explorateur écossais David Livingstone en 1851 où il rencontre le chef Sebetwane. Quatre ans plus tard, Livingstone découvre les chutes d'eau qu'il appelle Chutes Victoria. C'est aussi dans cette contrée qu'il meurt en 1873.
Dans les années 1870, l'État le plus important de la région du Haut-Zambèze est le royaume du Barotseland, dirigé par les Lozi, sans doute fondé au . Les Lozi ont subi dans les années 1830 l'invasion d'un clan basotho (Tswanas), les Makololo, qui, sous la direction de Sebetwane, ont fui les régiments de Shaka Zulu (1787-1828). Ce clan est devenu l'aristocratie du Barotseland, et Sebitwane son nouveau "litunga" (roi).
À Sebetwane a ensuite succédé sa fille Mamochisane qui abdique peu de temps après en faveur de son demi-frère, Sekeletu. C'est sous le règne de celui-ci que l'empire des Makololo commence à s'effondrer et après sa mort en 1863, l'aristocratie Makololo est renversée par les lozi. Fuyant une mort certaine, les survivants Makololo ont enfin émigré vers l'est pour s'établir au Nyassaland.
Colonisation de la Rhodésie du Nord (1880) Rhodésie du Nord Ère de la British South Africa Company (1890-1924)
vignette|Cecil Rhodes.
La British South Africa Company (BSAC, 1889-1965) fondée par Cecil Rhodes (1853-1902) pour développer et exploiter les territoires au nord du fleuve Limpopo est dotée d'une charte royale en 1889 l'autorisant à étendre les territoires en sa possession (Matabeleland et Mashonaland) et à augmenter ses ressources.
En 1890, au nord du fleuve Zambèze, par crainte d'une attaque des Matabeles, le roi des Barotse, Lewanika, demande lui-même la protection britannique. Rhodes qui vient de faire, peu de temps auparavant, annexer le Nyassaland, dépêche ses émissaires Alfred Sharpe, Joseph Thomson et Frank Elliott Lochner auprès du roi Lewanika. Ce dernier signe alors un traité plaçant son territoire sous l'administration de la BSAC.
Les frontières du nouveau territoire ne sont pas fixées et ne se distinguent guère du territoire congolais du Katanga dont les mines ont été découvertes par des sujets britanniques. Rhodes espère annexer le Katanga à la Zambézie du Nord mais cela fut un échec. Néanmoins, la ceinture de cuivre toute proche se révèle prometteuse. 200px|thumb|Armoiries de la BSAC. 200px|thumb|L'Afrique du Cap au Caire selon Cecil Rhodes. En 1891, cette nouvelle conquête territoriale de la BSAC, alors communément appelée Zambézie du Nord, est en fait divisée administrativement en deux entités distinctes qui vont s'appeler à partir de 1895, Rhodésie du nord-ouest et Rhodésie du nord-est, en hommage à Cecil Rhodes. Ce dernier rêve alors de construire une transcontinentale allant du Cap au Caire en passant par les territoires rhodésiens.
En 1896, la révolte des Bembas est matée dans le sang.
En 1905, la capitale du territoire de Rhodésie du nord est fixée à Livingstone à la place de Victoria Falls toute proche mais située en Rhodésie du Sud. Livingstone est alors vite reliée par un chemin de fer au Congo belge. Cependant, la BSAC minore l'exploitation des mines, préférant utiliser la main-d’œuvre indigène pour le développement de la Rhodésie du Sud.
En 1911, la Rhodésie du Nord est administrativement unifiée et ses frontières définitivement délimitées.
Durant cette période, des missionnaires anglicans s'installent dans les diverses régions du territoire y ouvrant des églises, des hôpitaux et des écoles, évangélisant les populations locales en employant dans l'enseignement les langues locales. Contrairement aux Européens et aux Asiatiques les Bantous n'ont pas d'école, le savoir se transmettant de père en fils. Et ceux-ci associent d'abord les écoles et l'écriture à la sorcellerie.
En 1916, la British South Africa Company tente d'unifier administrativement les deux territoires Rhodésiens. Elle doit renoncer face à l'opposition des colons de Rhodésie du Sud, nettement plus nombreux qu'en Rhodésie du Nord. Ces colons craignent notamment que la pratique autorisant l'emploi d'africains dans l'administration publique, autorisé en Rhodésie du Nord, ne soit ensuite étendue à la Rhodésie du Sud où ces emplois sont jusque-là réservés aux seuls Blancs.
Protectorat de Rhodésie du Nord (1924-1964) 180px|thumb|left|Drapeau de Rhodésie du Nord. Le , la Rhodésie du nord devient un protectorat au sein de l'Empire britannique. Son système institutionnel se différencie ainsi de celui décentralisé de la Rhodésie du Sud où un gouvernement colonial local est instauré.
Un conseil législatif fut institué en Rhodésie du nord sous la présidence d'un gouverneur britannique. Les premiers membres de ce conseil législatif sont tous nommés, et aucun système électoral n'est, à l'origine, prévu pour les désigner. Ils ne se divisent pas moins entre ceux exerçant des fonctions exécutives (les officiels) et ceux qui n'en ont pas (les non officiels).
Les britanniques pratiquent en fait le système de l’"administration indirecte" en s’appuyant sur les chefs autochtones.
En 1926, un système électoral est instauré pour désigner 5 membres du conseil législatif qui siégeraient auprès des neuf membres non officiels désignés. Le système électoral mis en place est censitaire mais sans masquer le système ségrégationniste ainsi mis en place. Le citoyen doit être sujet de sa majesté (sujet britannique), une qualité jusque-là quasiment exclusive des personnes de race blanche. Ainsi, en Rhodésie du Nord, aucun Africain n'est sujet britannique mais sujet sous protectorat britannique. Le citoyen doit par ailleurs maîtriser parfaitement l'anglais et avoir des revenus ou un patrimoine fixé à un montant minimum.
Les colons, peu nombreux, sont principalement des industriels et des techniciens. S’ils ne sont pas autorisés à acheter des terres, les colons peuvent bénéficier de baux de 999 ans sur les terres de la Couronne, alors que les terres des réserves indigènes sont inaliénables. Celles-ci sont d'ailleurs situées dans des régions sauvages et insalubres.
En 1928, quatre langues principales locales (cibemba, cinyanja, citonga et silozi) sont choisies pour être employées dans les écoles publiques en tant que langues d'enseignement durant les quatre premières années du primaire. En 1930, les cours d'anglais sont offerts dans les écoles zambiennes, à titre de langue de communication nationale.