est le treizième album studio du groupe rock britannique Genesis, sorti le chez Atlantic Records aux États-Unis et le chez Charisma/Virgin Records au Royaume-Uni. Après avoir fait une pause en 1984 pour que chaque membre puisse poursuivre sa carrière solo, le groupe se réunit à nouveau en pour écrire et enregistrer cet album avec l'ingénieur et producteur Hugh Padgham. Comme pour leur album précédent, il est entièrement écrit à travers des improvisations du groupe et aucun matériel développé avant l'enregistrement n'est utilisé.

est un succès mondial et atteint la première place du UK Albums Chart et la troisième du Billboard 200 américain. Il reste l'album le plus vendu du groupe après avoir été certifié multi-platine pour plus de 1,2 million d'exemplaires vendus au Royaume-Uni et 6 millions vendus aux États-Unis. Genesis devient le premier groupe britannique à avoir cinq singles d'un album parmi les cinq premiers du Billboard Hot 100 américain, étant leur première et unique chanson à atteindre la première place des classements. L'album reçoit des critiques mitigées à sa sortie et rétrospectivement, avec son approche plus pop et ses similitudes perçues avec le travail solo de Phil Collins. En 2007, l'album est réédité avec de nouveaux mixages de son stéréo et surround 5.1.

De cet album sont extraits la chanson éponyme, ainsi que , , et In Too Deep. La chanson Anything She Does fait l'objet d'une vidéo avec Benny Hill mais ne sort pas en single.

Contexte En , le groupe termine sa tournée 1983-1984, organisée pour promouvoir leur précédent album Genesis, qui devient leur plus gros succès commercial à sa sortie et contient le tube Mama, classé dans le top 5 britannique. Le groupe connaît ensuite une période d’inactivité, permettant à chaque membre de poursuivre sa carrière solo : Mike Rutherford forme son groupe Mike + The Mechanics et connaît le succès avec leur premier album, Tony Banks se consacre à la composition de musiques de films et sortSoundtracks en 1986, quant à Phil Collins, il sort son troisième album solo, No Jacket Required, en 1985, qui remporte un immense succès commercial à l’échelle mondiale. À l'été 1985, vers la fin de sa tournée solo, Phil Collins confirme que Genesis a accepté de commencer à travailler sur un nouvel album en octobre de la même année.. Cette annonce met fin à une fausse information diffusée sur BBC Radio 1, qui laissait entendre que les trois membres s’étaient séparés. Mike Rutherford considère que cette pause a influencé le style musical du groupe : ..

Écriture et enregistrement est enregistré entre et à , le studio d'enregistrement privé du groupe à Chiddingfold, dans le Surrey.. Ils sont rejoints par l'ingénieur et producteur Hugh Padgham, qui travaille avec le groupe depuis l'album Abacab, sorti en 1981, et qui produit l'album avec le groupe, avec Paul Gommersall en tant qu'ingénieur assistant.. Plus tôt en 1985, le studio a fait l'objet de travaux de modernisation supervisés par Masami « Sam » Toyishima..

Le groupe aborde les sessions d’écriture de l'album avec davantage d’assurance, puisqu’il est désormais devenu un groupe incontournable sur scène aux États-Unis et qu’il a atteint un nouveau niveau de succès commercial à l’échelle mondiale. Comme pour Genesis, ils entrent en studio sans idées préconçues et développent leurs morceaux à partir d’enregistrements de jams et d’improvisations, un processus que Collins compare à . Le groupe considère que ses meilleures chansons sont celles arrangées de cette manière, il répète donc cette approche pour . Collins déclare : . Au cours d’une session typique, le trio travaille de 11 h jusqu’à parfois 2 h du matin le lendemain, en commençant par Collins qui programme un rythme sur la boîte à rythmes afin que Banks et Rutherford puissent improviser des idées. Collins chante ensuite des lignes vocales, ce qui crée une ambiance et jette les bases d’une chanson. Collins se souvient de son attitude impulsive pendant les sessions d’écriture et de sa volonté d’assembler des fragments de chansons le plus tôt possible, mais Banks et Rutherford étaient réticents à le faire. Bon nombre des chansons de l’album voient le jour lorsque Banks utilise la fonction d’enregistrement de son E-mu Emulator pour capturer des sons en studio, puis les réécoute à la recherche de sons et de rythmes susceptibles d’être utilisés dans une chanson. Le clavier ne permettait d’enregistrer que 17 secondes.

vignette|Une batterie électronique Simmons similaire à celle que Phil Collins utilise sur l'album. Sur cet album, Collins joue sur une batterie électronique Simmons. Afin de mieux capturer le son de cette batterie plutôt que de l'envoyer directement à la table de mixage, Padgham fait également passer les pistes par un mixeur puis par un système de sonorisation avant de les diffuser dans le studio. Padgham déclare plus tard que le son de la Simmons était .. Collins utilise également un Roland Pad-8, un pad électronique qui déclenche des sons de percussion provenant des instruments MIDI utilisés sur l’album, notamment une boîte à rythmes Roland TR-707 avec des échantillons d’inspiration latine et son propre E-mu Emulator..

Après avoir enregistré plusieurs improvisations sur bande, le groupe les réécoute et sélectionne les moments les plus marquants dans le but de les assembler pour former une chanson.. Une boîte à rythmes est utilisée pour créer un rythme de base, puis les parties de guitare et de clavier sont entièrement arrangées et réenregistrées, avant que Collins ne remplace enfin la boîte à rythmes par sa propre batterie.. Le groupe discute de la durée potentielle d’une chanson et s’il faut écrire des paroles ou la conserver en version instrumentale. Les paroles d’un morceau sont écrites après l’enregistrement de la musique et sont rédigées par un seul membre, le groupe estimant que cette personne a une vision suffisamment forte pour transmettre le message de la chanson.. Collins écrit les paroles de , et In Too Deep ; Rutherford celles de et , Banks celles de Domino et Anything She Does.

Le groupe compose un plus grand nombre de chansons pour que par le passé, ce qui nécessite plus de temps pour sélectionner les titres à inclure sur l’album. Cette situation ne s’était pas présentée avec Genesis, où les idées suffisamment solides étaient plus rares, Banks expliquant que : .. Rutherford note que Genesis dégageait une atmosphère sombre, tandis qu’ dégage une énergie plus intense. Au cours des sessions d’écriture, Collins réalise que le groupe est en train de créer un répertoire original et unique, ce qu’il n’avait pas fait auparavant, , et il considère ces morceaux comme plus forts que ceux de Genesis. Banks partage cet avis, estimant que les morceaux plus courts d’ sont plus percutants que ceux de l’album précédent.

Chansons Face A est née pendant que le groupe travaille sur , la deuxième partie de . Au cours de la session, Rutherford se met à jouer un riff de guitare improvisé avec un effet d’écho, auquel Collins répond par ces paroles improvisées : . Collins écrit alors les paroles de la chanson, son improvisation devenant le refrain. Les paroles évoquent une relation obsessionnelle mais toxique et s'inspirent principalement de la première femme de Phil Collins, Andrea Bertorelli, avec qui il a été marié de 1975 à 1980.. Le groupe souhaite conserver une structure simple pour la chanson, mais estime qu’un pont de huit mesures avec un changement de tonalité et une partie de clavier séquencée complète bien l’arrangement. Banks produit huit versions différentes en rythmique binaire, , dont certaines idées lui étaient venues à l’avance tandis que d’autres étaient le fruit de l'improvisation. La version retenue est la plus « aléatoire ».. En tournée, le groupe interprète le titre dans une tonalité plus basse, et Banks doit alors composer une nouvelle section séquencée, ce qui fut « une vraie corvée » car, il ne parvient pas à en créer une aussi percutante que celle de l'album. Rutherford exprime le souhait que le groupe explore différents thèmes musicaux pour la chanson, mais finit par se rendre compte que les paroles lui ont toujours semblé « très naturelles » et ne voit aucune raison de les modifier. Collins apprécie beaucoup le morceau et le considère comme sa chanson préférée de Genesis. Il ajoute : , et compare également son jeu de batterie sur ce titre à celui de la chanteuse américaine Sheila E., dont il est fan.

L'idée de base de nait d'une improvisation de Banks, qui explore différents sons de clavier sur un rythme joué par Collins et Rutherford. Comme pour , Collins improvise en prononçant et explore vocalement le mot, donnant ainsi au titre le nom provisoire de . Les paroles sont ensuite écrites autour de ce mot. Rutherford trouve que le morceau rappelle le style « old school » de Genesis, car il couvre un spectre musical plus large avec une section instrumentale « assez complexe » au milieu. Banks partage l'avis de Rutherford sur la chanson, soulignant sa complexité.

Les paroles de sont écrites par Rutherford et sont les dernières écrites pour l'album. Rutherford prend du retard dans la rédaction des paroles de la chanson, mais il estime que « le moment est venu » pour lui d’écrire une chanson engagée. Grippé au moment où Collins doit enregistrer les parties vocales de la chanson. Il se souvient que Collins .

Les paroles de sont écrites par Collins après avoir été sollicité pour composer une chanson destinée à la bande originale du film policier britannique Mona Lisa, sorti en 1986. Il écrit le refrain pendant un moment de détente dans un hôtel de Sydney, en Australie, mais il ne parvient à composer les couplets que lorsque le groupe enregistre la chanson en studio. Le groupe ayant du mal à trouver un refrain, Collins suggère la partie qu’il a écrite.

Face B Banks trouve l'inspiration pour dans des photos de femmes légèrement vêtues que les membres du groupe découpaient pour les accrocher au mur de leur studio d'enregistrement. Le morceau contient un son de cuivres que Banks sample à partir d'une une cassette qu'il possède.. Il précise que ces cuivres ne proviennent pas des Phenix Horns, la section de cuivres d’Earth, Wind and Fire qui avait été utilisée auparavant sur l’album '. est un morceau divisé en deux parties : et . Banks écrit les paroles en partant du constat que les politiciens négligent souvent de réfléchir à fond à leurs idées et aux conséquences de leurs actes. Rutherford considère comme que le groupe ait réalisé. Il est conscient qu'avec la popularité de MTV et de la pression croissante pour produire des tubes, le public a tendance à oublier leurs morceaux plus longs comme au profit de titres plus courts et plus commerciaux. nait d'un riff de guitare de Rutherford, qui en a également écrit les paroles. Collins le décrit comme une sorte de . Dans sa version originale, c'est un morceau aux sonorités de guitare puissantes, avec Collins à la batterie « dans le style de John Bonham ». Au fur et à mesure que le refrain se développe, l'atmosphère s'adoucit, . est un morceau instrumental construit autour d'un sample que Banks a enregistré sur son E-mu Emulator et qui est joué tout au long du morceau. Il obtient cet effet en collant un couteau sur le clavier. Il réalise qu’il aurait pu le faire électroniquement, mais que le couteau . Collins se souvient que le morceau est composé alors que le groupe « s'amuse » en studio et qu'il expérimente des sons pouvant être programmés sur sa batterie Simmons.

Titres supplémentaires Trois titres supplémentaires, , et , sont enregistrés lors des sessions de l'album, mais ne sont pas retenus pour la sélection finale. Ils sont ensuite publiés en face B des cinq singles tirés de l'album. Ces titres figurent dans le coffret Genesis 1983–1998, sorti en 2007, ainsi que dans le coffret Genesis Archive 2 : 1976–1992 sorti en 2000.

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