Louis Marie Anne Couperus, né le à La Haye et mort le à De Steeg, dans la province de Gueldre, est un romancier et poète néerlandais. Il est considéré comme une des figures éminentes de la littérature néerlandaise, étant l'un des premiers représentants néerlandais du naturalisme littéraire.

L'œuvre de Couperus embrasse une grande variété de genres littéraires. Il débuta par la poésie, mais se tourna rapidement vers le roman psychologique, genre qui lui valut sa plus grande renommée. Il écrivit également des contes, des nouvelles, des romans historiques, ainsi que de nombreux récits de voyage et chroniques.

Biographie Ancêtres Louis Couperus appartient à la famille patricienne néerlandaise des Couperus. À l'origine une famille frisonne de tonneliers, son nom est latinisé par la suite. Abraham Couperus (1752-1813), l'arrière-grand-père de Louis Couperus, s'établit aux Indes orientales néerlandaises, où il exerce d'abord la profession de marchand, puis devient gouverneur de Malacca. Le père de Louis, John Ricus Couperus (1816-1902), est membre du Conseil de justice à Padang en 1844 et à Batavia en 1846. Il est ensuite conseiller à la Cour suprême en 1850. Son épouse, la mère de Louis Couperus, est Catharina Geertruida Reynst (1829-1893), fille de Jan Cornelis Reijnst (1798-1871), gouverneur général par intérim des Indes néerlandaises.

Jeunesse Louis Couperus naît le à La Haye, au 11 Mauritskade, benjamin d'une fratrie de onze enfants. Trois ans auparavant, la famille est arrivée à La Haye en provenance des Indes néerlandaises. Les trois prénoms de Louis sont ceux de trois sœurs mortes avant sa naissance. En raison d'une confusion à ce sujet, Louis Couperus est enregistré comme une fille au registre de la population de La Haye jusqu'à sa majorité. Il est baptisé le à l'église wallonne de La Haye. La famille Couperus repart pour les Indes néerlandaises le afin d'aider les frères de Couperus dans leurs carrières, la famille étant propriétaire du domaine de Tjicoppo, près de Bogor. Ils y arrivent le et s'installent à Koningsplein, à Batavia, en 1873. Durant son enfance, Louis n'a de contact régulier qu'avec son frère Frans, de six ans son aîné, et sa plus jeune sœur Trudy, de sept ans son aînée. L'écart d'âge avec ses autres frères et sœurs est trop important.

vignette|Louis Couperus en 1874.

En 1874, Couperus commence ses études secondaires au Gymnasium Willem III de Batavia. C'est là que s'éveille son intérêt pour l'Antiquité classique. À cette époque, il est déjà en contact avec sa future épouse, Elisabeth Baud (1867-1960), qui est également sa cousine germaine. Louis Couperus l'a rencontrée à l'âge de neuf ans.

En 1878, Louis Couperus rentre aux Pays-Bas avec ses parents ; ses frères aînés, en dehors de Frans déjà rentré en Europe, et ses deux sœurs aînées restent aux Indes néerlandaises. Ils vont alors vivre avec Frans sur le Nassaukade, à La Haye. Durant cette période, Couperus lit les romans d'Émile Zola et d'Ouida. En 1881, Couperus quitte la HBS, où il est en échec scolaire, et poursuit ses études pour obtenir un certificat d'enseignement du néerlandais. En 1883, la famille déménage à Nassauplein. La même année, Elisabeth Baud retourne également aux Pays-Bas et s'installe chez ses grands-parents, Guillaume Louis Baud et Wilhelmina Jacobina Theodora Couperus. En mai de la même année, John Ricus Couperus vend le domaine de Tjicoppo aux Indes néerlandaises. Louis Couperus commence sa carrière littéraire en juillet de la même année avec le poème Erinnering, paru dans la revue Nederland. De 18 à 23 ans, Louis Couperus reçoit des leçons particulières d'études littéraires de . Son propre père lui enseigne l'anglais, langue qui n'est pas enseignée à l'école secondaire.

Premiers romans vignette|Statue du personnage d'Eline Vere à La Haye.

En 1884, la famille déménage au 20, Surinamestraat. En 1885, le premier ouvrage de Couperus publié sous forme de livre, le recueil de poèmes Een lent van vaerzen, paraît aux éditions J.L. Beijers. Louis Couperus est élu membre de la Société de littérature néerlandaise de Leyde en , et obtient son certificat d'aptitude à l'enseignement du néerlandais le . Il n'aspire cependant pas à devenir enseignant. En 1887, il renoue avec Elisabeth Baud. En décembre de la même année, il commence son premier roman, Eline Vere, œuvre naturaliste marquée par l'influence de Zola et Flaubert, dont le récit paraît en feuilleton dans Het Vaderland l'année suivante et connaît un vif succès. Le , il est publié pour la première fois en volume. À vingt-cinq ans, Louis Couperus s'est ainsi définitivement fait un nom dans le monde littéraire. Le livre connaît un succès immédiat et neuf éditions sont publiées jusqu'à la mort de Couperus.

En , Couperus se rend en Scandinavie avec son beau-frère Benjamin Vlielander Hein. En , il termine son deuxième roman, Noodlot. Il entreprend un voyage à Carlsbad, puis reçoit le prix Thieme le pour Eline Vere. Le , Couperus se radie du registre de La Haye, avec l'intention de s'installer à Paris pour une longue période. Sur place, il rend visite à l'écrivain franco-polonais Théodore de Wyzewa et assiste à une conférence de Francisque Sarcey, journaliste et critique de théâtre renommé. Cependant, une lettre à sa sœur Trudy révèle que, dans l'ensemble, son séjour parisien est une grande déception. Couperus retourne à La Haye en suite à la mort de G.L. Baud, le grand-père d'Elisabeth. Le , il l'épouse ; leur lune de miel a lieu en Flandre. Toutefois, Couperus était très probablement homosexuel et son mariage avec Elisabeth Baud demeura sans enfant. Ce mariage, reposant sur une amitié sincère, a donc été interprété comme un alibi social.. Le , le couple emménage à la Villa Minta, située au 15, Roeltjesweg, à Hilversum, rue connue sous le nom de Couperusweg depuis 1935. En décembre de la même année, Lambertus Jacobus Veen, des éditions L.J. Veen, contacte Couperus pour lui proposer de publier L'Extase (Extaze), son troisième roman. Noodlot est traduit en anglais en 1891, Couperus recevant par la suite une lettre de félicitations d'Oscar Wilde pour ce roman. Le Portrait de Dorian Gray est traduit par son épouse Elisabeth en néerlandais et publié en 1893 aux Pays-Bas.

vignette|Dessin représentant Couperus en 1892.

En , Couperus entreprend un voyage en Italie et arrive à Florence. Le , deux semaines seulement après son départ des Pays-Bas, sa mère meurt, l'obligeant à rentrer chez lui. Le roman Majesté (Majesteit) est publié en feuilleton à partir de . En septembre, il retourne en Italie, où il rédige ses premières impressions de voyage. En décembre, il poursuit son voyage jusqu'à Rome. Il conclut ce périple par une visite à Athènes, où il ne séjourna que brièvement en raison des conditions de vie précaires.

Alternance de succès et d'échecs En , Couperus devient rédacteur en chef du magazine mensuel De Gids. En , il se rend de nouveau en Italie et rend visite à Florence à Ouida, une romancière qu'il admire beaucoup. En , il emménage au 123, Jacob van der Doesstraat à La Haye. Son ami Gerrit Jäger se suicide le mois suivant. Couperus commence alors à travailler sur son roman suivant, Paix universelle (Wereldvrede), paru en épisodes entre août et . Couperus démissionne de son poste de rédacteur en chef à De Gids le . Il repart pour l'Italie en octobre, où il reçoit de mauvaises critiques de Paix universelle et rencontre le sculpteur Pier Pander à Rome.

Au cours des trois années suivantes, Couperus voyage beaucoup en Europe, se rendant plus fréquemment en France, en Allemagne et en Angleterre. En 1897, il démissionne de la Société de littérature néerlandaise car il projette de quitter le pays. Le , jour du dix-septième anniversaire de la reine Wilhelmine, il est nommé officier de l'Ordre d'Orange-Nassau. Le ministre de l'Intérieur, Hendrik Goeman Borgesius, propose la candidature de Couperus comme douzième et dernier candidat à la nomination comme chevalier de l'Ordre du Lion néerlandais. Selon la proposition du Conseil des ministres, la poétesse Hélène Swarth doit également être nommée chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau lors de la même cérémonie annuelle. Cependant, la reine régente Emma juge excessif de décorer deux personnalités littéraires simultanément. Le choix se porte donc sur Couperus, mais pour l'écrivain, âgé de seulement 31 ans, une nomination à l'Ordre du Lion néerlandais est considérée comme trop prestigieuse pour le moment.

vignette|Couverture du conte Psyche (1898).

En 1898, Couperus se rend à Londres. En novembre, il renoue avec le succès avec la parution du conte merveilleux Psyche. L'année suivante, en février, il fait un voyage aux Indes néerlandaises, où il séjourne quelque temps en juin à Tegal chez sa sœur Trudy et son beau-frère, Gérard de la Valette. Après la nomination de ce dernier à Pasuruan, Couperus et son épouse y résident également. C'est là que Couperus commence son roman le plus connu, La Force des ténèbres (De stille kracht), dans lequel la demeure de Valette sert de modèle pour celle de l'un des personnages principaux, le résident (gouverneur) Otto van Oudijck. L'action du roman se déroule à Java et décrit la lente déchéance d'Otto van Oudijck dont la maison est frappée de phénomènes mystérieux à la suite d'une malédiction proférée à son encontre par une aristocrate de Madura dont il a destitué le fils regent (préfet).

En , Couperus et son épouse se rendent à Nice, où ils s'installent dans un hôtel de la rue Rossini. De là, ils partent pour Gênes. Le mois suivant, ils retournent aux Indes néerlandaises. Un an plus tard, en , Couperus revient aux Pays-Bas. Durant cette période, il termine La Force des ténèbres, qui est publié en . En août de la même année, Couperus et son épouse se rendent en Allemagne et en Suisse, visitant notamment Wiesbaden, Baden-Baden et Lausanne pour rendre visite à leur famille. En octobre, il retourne à Nice avec son épouse, où, le , ils s'installent à la « Villa Jules », située dans une rue adjacente à l'actuelle avenue Borriglione. Au cours des dix années suivantes, ils résident principalement en France et en Italie.

Entre février et , il écrit les deux premiers des quatre volumes de Boeken der Kleine Zielen, le dernier volume de cette saga étant publié en 1903. En 1902, il rencontre à Genève Willem Gerard van Nouhuys, avec lequel il commence à collaborer. En juillet de la même année, son ami et ancien mentor Jan ten Brink meurt. Le , le père de Couperus, John Ricus, meurt également à l'âge de 86 ans.

En , Couperus fonde la revue littéraire Groot Nederland avec Cyriel Buysse et Van Nouhuys. Un an plus tard, son œuvre suivante, le roman familial Vieilles gens et choses qui passent (Van oude menschen, de dingen, die voorbij gaan...), où les Indes néerlandaises jouent un rôle important, paraît en feuilleton dans cette revue. Durant cette période, il se remet à la poésie et écrit une série de sonnets dédiés aux sculptures de son ami Piet Pander, qu'il revoit à cette époque. Cette période marque le début de celle où Couperus s'intéresse davantage à l'Antiquité classique dans son œuvre. Couperus commande également à Pander un portrait en marbre d'Élisabeth. En 1905, il publie le roman historique De berg van licht, sur Héliogabale, qui suscite la controverse pour son traitement de l'homosexualité.

Journalisme et nouvelles Entre 1906 et 1910, Couperus écrit relativement peu. Ses livres se vendant mal durant ces années, il décide de ne plus écrire de romans. Il quitte la Villa Jules pour Venise en et séjourne à Bagni di Lucca en juin. Il rend également une nouvelle visite à Ouida à Camaiore. Dans le même temps, il disparaît progressivement de la vie littéraire. À Florence, jusqu'en 1915, Couperus dispose de grandes chambres dans une pension suisse au troisième étage du Palazzo Niccolini.

vignette|Couverture de Schimmen van schoonheid (1912).