Sainte-Anne-d'Auray est une commune bretonne, située dans le département du Morbihan en région Bretagne. Elle est célèbre pour son pèlerinage catholique en l'honneur de sainte Anne.
Géographie Situation
Sainte-Anne-d'Auray est située dans le Morbihan, en Bretagne, et dépend du canton d'Auray, commune voisine d'où elle tire son nom. Sainte-Anne-d'Auray fait partie du parc naturel régional du Golfe du Morbihan.
Description vignette|gauche|Le bourg de Sainte-Anne-d'Auray vu depuis le clocher de la basilique en 1922 (carte postale Villard).
De petite superficie et de création récente, Sainte-Anne-d'Auray a un relief plat compris entre pour le point le plus élevé (près de Kervenduc, à l'est du territoire communal) et d'altitude (dans la vallée du ruisseau de Léran (un affluent de la rive droite du Sal qui a sa source dans la commune), à l'endroit où celui-ci quitte le finage communal. Le bourg est vers d'altitude.
La ville est caractérisée par une urbanisation éclatée entre plusieurs noyaux (le Bourg, les alentours de la Basilique, le Parc, Kerdeliau, la Croix Nicolazic, Toul Douar, le Petit Quéven) séparés par des parties restées souvent boisées, l'ensemble, en position centrale dans la commune, couvrant environ la moitié du territoire communal, dont les périphéries seules ont conservé un aspect rural à l'exception du hameau de Kervenduc, à l'extrémité orientale de la commune, qui connaît la rurbanisation.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le ruisseau de Léran et divers autres petits cours d'eau..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Auray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Transports
vignette|gauche|La gare Sainte-Anne (Morbihan). vignette|La vallée de Tréauray : pont sur le Loc'h entre Sainte-Anne-d'Auray et Auray (actuelle D 120) vers 1900.
Sainte-Anne-d'Auray est desservie par la Départementale 17 qui va vers Pluneret au Sud et vers Plumergat en direction de l'Est ; la D 19 vers l'Ouest va en direction de Brech et la D 102 vers le Nord se dirige vers Pluvigner ; en direction du Sud-Ouest, cette même route relie Sainte-Anne-d'Auray à Auray, où se trouve désormais la gare la plus proche desservie par des TGV Atlantique, celle de Sainte-Anne, située en fait en Pluneret et distante de 3 km, étant desservie uniquement par des TER.
La route expresse RN 165, qui passe au sud d'Auray, relie, grâce aux divers échangeurs desservant cette ville, commodément Sainte-Anne-d'Auray aux grands pôles urbains de l'Ouest de la France.
Urbanisme Typologie Au , Sainte-Anne-d'Auray est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle appartient à l'unité urbaine de Sainte-Anne-d'AurayUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vannes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|centre|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (36,1 %), terres arables (31,8 %), zones agricoles hétérogènes (24,5 %), prairies (5,7 %), forêts (1,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820–1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Toponymie vignette|gauche|Drame breton écrit par l'abbé Le Bayon : Nicolazic raconte au recteur de Pluneret les apparitions de sainte Anne.
Le nom en breton de la commune est Santez Anna Wenedgeobreizh http://www.geobreizh.bzh/geobreizh/fra/villes-fiche.asp?insee_ville=56263.. Il s'agit d'un ancien hameau d'une quarantaine d'habitations situé dans la paroisse de Pluneret qui portait le nom de Ker Anna, et qui en breton signifie village d'Anne. Une tradition orale, diffusée par les fidèles chrétiens de cette région, voulait que Ker Anna fût appelé ainsi en référence à sainte Anne mais cette toponymie résulte d'un syncrétisme entre le vieux fond païen de la déesse Dana et le culte des saints chrétiens.. Le culte d'Anne, grand-mère de Jésus, s'est développé en ces lieux à la suite de l'apparition de celle-ci à Yvon Nicolazic, laboureur local.
Héraldique Le blason évoque la main de sainte Anne tenant un cierge allumé lors de son apparition à Yvon Nicolazic. La petite montagne à trois bosses rappelle que ce cierge s'éleva et s'abaissa trois fois avant de disparaître dans le sol à l'emplacement où fut découvert une vieille statue de bois de sainte Anne. Les armoiries de Sainte-Anne-d'Auray sont « d'azur à un dextrochère de femme en carnation, tenant à la main en abîme un cierge d'argent à la flamme de gueules auréolée d'une gloire d'or, soutenu d'un mont à trois copeaux de sable liseré d'or, issant de la pointe ; au chef à cinq mouchetures d'hermine rangées en fasce. ».
Histoire
Antiquité La voie romaine de Vannes à Quimper traverse le territoire de la commune en direction du château de Tréulan. Dans le bourg de Sainte-Anne-d’Auray, des substructions comportant des restes de mosaïque, ainsi que des statuettes de Vénus et de déesses-mères, ont été mises au jour.
Moyen Âge Une chapelle fut édifiée en un lieu qui fut nommé « Keranna » lors de l'immigration bretonne en Armorique ; elle fut détruite par les Normands au ou au . Au fil des siècles les paysans de l'endroit, aidés en cela par la toponymie du lieu-dit, auraient gardé le souvenir de la dévotion de leurs ancêtres à cet endroit, ce que confirmèrent les dépositions faites par Yvon Nicolazic en 1625.
Temps modernes Les apparitions
vignette|Carte de Cassini de la région de Sainte-Anne-d'Auray et, à l'ouest du hameau, des marais avoisinants (datant de 1789).
Au , comme aux siècles antérieurs, Keranna (Ker-Anna, le village de Sainte Anne en breton) est un simple hameau de la paroisse de Pluneret. « Le Ker-Anna du , c'est un hameau de six fermes, sept feux, trente ou quarante âmes ; des bâtiments de granit, coiffés de chaume, une fontaine, des champs d'avoine et de blé noir, un marécage. Il faut aller chercher la messe à trois quarts de lieue, sur le chemin d'Auray, au bourg de Pluneret. Parmi les champs de Ker-Anna, il y en a un qu'on appelle le « Bocenno » où quelques pierres enfouies, émergeant par endroits et gênant le travail du soc, accréditent la tradition qu'il y avait eu là, dans les temps anciens, une chapelle dédiée à sainte Anne ».. Sainte Anne est traditionnellement très vénérée en Bretagne car selon une vieille légende, venant de Palestine, elle aurait abordé dans les dunes du fond de la Baie de Douarnenez, à Sainte-Anne-la-Palud, raison pour laquelle elle est devenue par la suite la sainte patronne des Bretons..
Les premières apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic, paysan qui ne savait ni lire ni écrire, dateraient de l'été 1623, mais l'apparition principale serait celle de la nuit du 25 au où sainte Anne lui aurait déclaré : ..
Dans la nuit du 7 au , accompagné de son beau-frère et de voisins, Yvon Nicolazic se rend à nouveau dans le champ du Bocenno, où avaient lieu les apparitions (et qui était le site de l'ancienne chapelle disparue) et y déterre une vieille statue à moitié pourrie en bois d'olivier (une hypothèse prétend que la statue soit celle de la déesse romaine Bona Dea allaitant deux enfants discrètement re-sculptée et repeinte par les moines capucins d'Auray pour en faire l'image de sainte Anne trinitaire tenant sur ses genoux la Vierge et l'Enfant Jésus. ; ceci reste invérifiable, la statue ayant disparu pendant la Révolution française.
La nouvelle de cette découverte devint publique. « La populace, dévote et curieuse, vint y faire ses prières et y répandre ses offrandes (...). On vit des pèlerins y accourir en (...) grand nombre »..
Le recteur de Pluneret, jusque-là réticent et méfiant., finit par se laisser convaincre, de même que l'évêque de Vannes, Sébastien de Rosmadec, qui interrogea Yvon Nicolazic en .
La première chapelle est bénie le .
Les débuts du pèlerinage vignette|Le sanctuaire et la basilique. vignette|Des pèlerins montant à genoux les marches de la Scala Santa vers 1930.
Depuis, l'histoire de Sainte-Anne d'Auray est très liée à la religion catholique. À la mort d'Yvon Nicolazic en 1645, le pèlerinage, organisé par des religieux Carmes installés dans le village depuis 1633 à la demande de Sébastien de Rosmadec est déjà très fréquenté.
Selon Ogée, « la maison des religieux est très grande et très commode, mais sans magnificence. L'enclos et les jardins très vastes, parfaitement entretenus, offrent les promenades les plus agréables et les plus diversifiées. Les environs, remplis de marais et trop couverts de bois, ont rendu longtemps le séjour malsain, et il y a apparence que l'on ne connaissait pas le principe [la cause] du mal, puisqu'on y apportait point de remède. Enfin les esprits se sont éclairés, et l'on s'est empressé de détruire cette source de maladie. On a desséché les marais, on a coupé et élagué les bois, et cette double opération a rendu l'air salubre et le séjour agréable ».