thumb|Blason d'Arles
Arles, ville de , est située à l'entrée du delta du Rhône. Colonie romaine au Ier siècle avant J.C., Arles est devenue résidence impériale au IVe siècle. Au début du Moyen Âge, la cité devient capitale de l'éphémère royaume d'Arles. Aujourd'hui, elle est une sous-préfecture des Bouches-du-Rhône.
Proto-ville celto-ligure (Arelate, la ville des marais), temporairement emporion et cité grecque au (Théliné, la nourricière), la cité passe ensuite sous domination indigène puis Marseillaise.
En 46 av. J.-C., elle acquiert le statut de colonie romaine (COLONIA JVLIA PATERNA ARELATE SEXTANORVM) puis se transforme en résidence impériale sous l’empereur Constantin avec le surnom de Constantina. En 407, elle accueille jusqu’à la chute de l’Empire, la préfecture des Gaules transférée de Trèves et demeure ensuite un refuge de la romanité sous les Wisigoths, Burgondes, Ostrogoths et Francs qui tour à tour en prennent possession. Les , s, avec les invasions, sont difficiles pour la cité qui est prise et mise au pas en 739 par les Carolingiens.
Au Moyen Âge, la cité devient capitale du royaume d'Arles puis résidence des premières dynasties des comtes de Provence. Après une période de conflits, au cours de laquelle Arles essaye de s'émanciper, la ville passe sous la domination des dynasties Angevines et perd peu à peu son importance politique, commerciale et ecclésiastique. En 1483, elle est finalement rattachée avec la Provence au royaume de France.
Sous l’Ancien Régime, Arles s'embellit d'hôtels particuliers, et à partir des années 1850 se transforme profondément de gros bourg agricole et portuaire en une ville ouvrière avec l'arrivée du chemin de fer. Il faut finalement attendre la fin du pour voir la cité s'agrandir au-delà de son enceinte médiévale et s'orienter vers des activités plus touristiques en relation avec son patrimoine historique et ses manifestations.
Avec ce passé toujours présent, Arles est classée ville d'Art et d'Histoire. Les monuments romains et romans de la ville sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981.
Avant les Romains
Avant le Occupé dès le par les Ligures, puis après la première migration celte par les Celto-Ligures, le site d’Arles est fréquenté par des commerçants méditerranéens, Phéniciens et Étrusques notamment.
Avec la fondation de Marseille (600 av. J.-C.), la ville s'organise vers la fin du d'abord en emporion grec puis en colonie appelée ThélinéLa nourricière.
Lors de la poussée celte du début du , la cité revient sous domination autochtone et reprend son nom dArelateLa ville des marais : le lieu situé près (are) de l'étang (late) et entretient des relations mouvementées avec sa voisine Marseille. À la fin de l’été 218 av. J.-C., Hannibal franchit le Rhône à proximité d’ArlesLe lieu de son passage devait tenir compte à la fois de l'urgence, car les romains étaient annoncés, ainsi que des alliances ou non des villes avec Marseille, l'alliée de Rome en Provence.. Peu après vers 200 av. J.-C., Arles participe à la fédération des Salyens fondée par une aristocratie locale qui s'oppose à la cité État marseillaise.
Création de la Narbonnaise thumb|250px|La province romaine de Narbonnaise créée en 118 av. J.-C.
Au cours du , Marseille luttant contre les Salyens, Arles subit d'importants dégâts de manière quasi-concomitante avec une importante crue du fleuveVers 175 av. J.-C.. Les quartiers périphériques méridionaux au sud de l’enceinte primitive sont alors abandonnés. Après l'écrasement de la confédération en 122 av. J.-C., les Romains s'installent en Provence. Arles se trouve probablement rattachée à la Gaule narbonnaise fondée en 118 av. J.-C., bien que certains historiens incluent dès cette époque la cité arlésienne dans la zone d'influence de Marseille.
Arles, lieu stratégique thumb|right|250px|Les Fosses Mariennes sur la table de Peutinger
La Provence est rapidement aux prises avec des peuples du Nord de l'Europe (Cimbres, Teutons et Tigurins) qui battent les armées romaines à la bataille d'Arausio (Orange) en 105 av. J.-C. Pour leur interdire l'accès de l'Italie, le consul Marius intervient dans la région d'Arles où fait établir le cantonnement de 5 légions ( hommes). Pour des raisons logistiques, il y fait creuser un canal à l'embouchure du Rhône, large fossé appelé Fosses Mariennes. Plutarque dit que 3 ans plus tard Teutons Il écrase finalement les Teutons en 102 av. J.-C., puis les Cimbres en Gaule cisalpine en 101 av. J.-C.. et Ambrons passent devant le camp de Marius sans arriver à le défaire pour se diriger vers l'Italie. Ils sont suivis par les troupes de Marius qui les écrase à Pourrière, lors de la bataille d'Aix. Après ces victoires, Marius abandonne l'usage de la nouvelle voie d'eau aux Marseillais qui étendent ainsi leur influence sur Arles, désormais port à la fois fluvial et maritime.
Époque romaine
: fondation de la colonie Après un début de siècle marqué par les dernières révoltes salyennesQuelques éléments archéologiques laissent supposer un nouveau repliement de l'habitat à la suite de plusieurs révoltes salyennes matées par Marseille., la chance d'Arles survient en 49 av. J.-C. quand la cité soutient Jules César contre Marseille. En récompense de cette aide, la cité devient une colonie romaine (46 av. J.-C.)Michel Christol. Article Colonie romaine in , et César y établit les vétérans de la sixième légionLa titulature officielle de la colonie, formulée sous le règne d'Auguste, exprime cette filiation : COLONIA JVLIA PATERNA ARELATE SEXTANORVM..
À cette date, un plan d'urbanisme monumental est lancé portant sur la création d'une enceinte fortifiée, l'aménagement de vastes espaces publics et la construction des trois édifices majeurs : le forum, l'arc du Rhône et le théâtre. La fortune initiale de la ville date de cette époque.
, : Arles gallo-romaine : les extensions flaviennesDès le début du , Strabon signale le rôle commercial de la citéCf. Geographie, Livre IV. La ville bénéficie d'un nouveau plan d’aménagement urbain à la fin du en raison de l'expansion de la cité liée au développement économique et commercial. Ce nouveau projet nécessite la modification du tracé nord de la première enceinte romaine pour permettre la construction des arènes.
200px|thumb|right|Les nautes arlésiens transportant du vin sur la Durance.Au siècle suivant, la ville s'agrandit à nouveau avec notamment la construction du cirque romain. Arles est le siège de l'importante corporation des nautes et le centre d'une région agricole céréalière qui exporte ses blés à Rome. : les premières invasions et début de l'église arlésienneSi la tradition chrétienne situe vers 220-240 la présence de saint Trophime le premier évêque d'Arles, l'existence de l'Église arlésienne est toutefois avérée dès 254. La tradition historique rapporte que les faubourgs de la ville auraient été pillés par le AlamansEn 257, entre 268 et 278, puis entre 289 et 292., ce que semble confirmer l'archéologieL'expansion des quartiers suburbains est en effet arrêtée par des incendies et destructions durant les années 250-270.. Peut-être que des travaux de fortification, à l'instar de ceux entrepris dans de nombreuses cités sont alors réalisés.
: Arles, ville impériale 150px|thumb|right|Arles - Les Thermes de Constantin ,
Le développement urbain ne reprend qu'au début du , sous l'empereur Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative. La cité devient une résidence appréciée de l'empereur qui y séjourne à plusieurs reprisesDès 313, il y transfère par exemple l'atelier de frappe d'Ostie et Arles est alors appelé Constantina jusqu'en 340..
Ayant reconnu la religion catholiqueCf. Édit de Milan en 313, Constantin organise un concile dans la citéCf. conciles d'Arles), le août 314 pour y faire condamner le donatisme. Un autre suit en 353, à l'instigation de son fils Constance II, qui consacre le triomphe temporaire de l'arianisme. C'est de cette époque que datent les premiers sarcophages paléo-chrétiens arlésiensCf. Les Alyscamps, nécropole romaine et chrétienne arlésienne et les sarcophages d'Arles..
La ville connaît alors une période de prospérité, notamment grâce à son commerce, comme le souligne le poète et homme politique Ausone.
Début du : Arles, capitale des Gaules Probablement en 407PALANQUE (J.R.) dans un article : La date du transfert de la Préfecture des Gaules de Trèves à Arles estime que la date est plus ancienne : 395 (voir sur Gallica, page 359), l'administration impériale déplace la préfecture du prétoire des Gaules située jusqu'alors à Trèves, désormais trop exposée, sur ArlesPetrone (Petronius) devient alors le premier préfet du Prétoire des Gaules (402-408) résidant à Arles. La cité provençale connaît en conséquence une véritable renaissance politique un siècle exactement après Constantin . Toutefois, ce nouveau rôle n’exclut pas les menaces d’invasions. Ce double aspect militaire et politique marque le arlésien.
Arles est successivement la résidence de l'usurpateur Constantin III de 407 à 411, puis du patrice ConstanceConstance s'empare de Constantin III après un siège de trois mois; la ville se rend au cours de l’été 411 et Constantin malgré une reddition négociée, est livré à l’empereur légitime Honorius et exécuté. Constance réside dans la cité jusqu'en 414, en relation avec la présence des Wisigoths. L'importance de la cité est renforcée en 418 par l'empereur HonoriusCf. Édit d'Honorius et Théodose qui proclame Arles lieu d'assemblée annuelle des sept-provinces. Auparavant, le 22 mars 417, le pape Zosime avait élevé l'Église d'Arles au rang de primatiale des Gaules en faveur de son évêque PatrocleToutefois ce privilège est de courte durée : il est annulé dès 418 par Boniface , le successeur de Zosime..
La ville se transforme à la fois par la construction de nouveaux édifices chrétiensLe groupe épiscopal du est transféré du sud-est de la ville, vers le centre où la communauté chrétienne arlésienne commence la construction de la cathédrale Saint-Étienne qui deviendra plus tard Saint-Trophime et par l'apparition des habitations parasitairesIl s'agit pour l'essentiel d'habitations modestes, dans certains bâtiments et espaces publics en liaison avec l'accroissement de population due au transfert de la Préfecture et à la recherche d’une protection auprès des remparts de la ville.
Fin du : Arles à la fin de l'Empire 250px|thumb|right|Carte de l'Europe en 476 avec la Provence wisigothique
La présence des Wisigoths installés en Aquitaine depuis 418Date à laquelle ils obtiennent le statut de Fédérés est une menace permanente pour la citéAyant déjà subi des assauts en 425, quand le général romain Aetius oblige les Wisigoths à la retraite devant la cité, puis en 430, Arles est à nouveau menacée en 453 par les Wisigoths qu'elle réussit à repousser grâce à la résistance et à la diplomatie de Tonance Ferréol, préfet du prétoire des Gaules qui invite le roi Wisigoth Torismond à un festin et achète son départ avec une lourde coupe ornée de joyaux.. Au printemps 451, Aetius s’attarde dans la ville pour obtenir des renforts avant d'affronter AttilaAetius vaincra les Huns en juin devant Orléans, puis en septembre lors de la bataille des champs Catalauniques, près de Troyes..
Après la mort de Valentinien III (455), les rois barbares fédérés cherchent à agrandir leurs territoires. La ville d'Arles est ainsi mêlée à de nombreux événements marquant la fin de l'Empire, comme la proclamation d'Avitus, empereurLe 9 juillet 455 à Arles (ou à Beaucaire, d’après d’autres sources), Avitus est proclamé empereur d’occident avec l'appui du roi wisigoth Théodoric II. ou l'intervention puis et la présence de l'empereur MajorienEn 457-458, Arles est ensuite assiégée sans succès par Théodoric II et ne doit son salut qu'à l'intervention de l'empereur Majorien qui s'y installe dès 458. Il y réside jusqu'au printemps 461. dans la cité.