Nolwenn Korbell (née le à Quimper, dans le Finistère) est une auteure-compositrice-interprète et une actrice française d'expression bretonne et française et, occasionnellement, galloise, anglaise, serbe et russe. Connue pour ses chansons en breton, avec ses musiciens ou en duo avec le guitariste Soïg Sibéril, elle poursuit une carrière d'actrice. Auteure de sept albums studio, elle donne régulièrement des concerts lors des principaux événements du monde celte, joue dans des pièces de théâtre, participe au doublage de films et de séries d'animation.
Biographie Jeunesse et débuts Nolwenn Korbell nait en 1968 à Quimper et passe son enfance à Douarnenez. avec son frère cadet et ses parents, la chanteuse de gwerz Andrea Ar Gouilh et le sonneur Hervé Corbel, également amateur de musique bretonne.
Le breton est sa langue maternelle et Nolwenn apprend le français à l'école.
Elle commence à prendre des cours de théâtre dès l'adolescence à la MJC de Douarnenez.. À seize ans, elle joue dans des sketchs pendant la « Nuit des Raouls », un pastiche de la Nuit des César. Youenn Gwernig, le directeur des émissions en langue bretonne de France 3 Ouest, la remarque à cette occasion. En 1984, France 3 achète les droits d'un dessin animé gallois pour le doubler en breton et il lui confie le rôle du personnage féminin. Elle a tout juste dix-huit ans lors de ses débuts de présentatrice d'émissions en breton sur France 3, afin de payer ses études. Plus tard, elle devient l'une des professionnelles les plus expérimentées de Bretagne, doublant des centaines d'heures d'émissions pour France 3 et TV Breizh.
Après l'obtention de son Bac et une initiation à la guitare, elle entreprend pendant deux ans un cursus de langues vivantes à l'université de Rennes 2, étudiant l'allemand en langue principale ainsi que le breton et le gallois au département d'Études celtiques dans le cadre du DEUG. Plus attirée par une formation de comédienne-interprète, elle entre au conservatoire d'art dramatique de Rennes, où elle passe trois ans, apprenant également le chant lyrique et chantant en tant que soprano dans le groupe Arsis Théâtre Vocal. Avec le soutien d'Alexandre Damnjanovic, directeur de l'Opéra de Rennes, elle prépare le difficile concours d'entrée au conservatoire de l'Opéra de Paris. L'échec est douloureux et brise l'élan qui l'animait depuis quelques années.
Entre 1991 et 1999, elle partage sa vie entre la Bretagne et le Pays de Galles d'où est originaire son compagnon, le poète Twm Morys. Elle est chanteuse dans le groupe de ce dernier, (qui enregistre 2 CD et une dizaine de clips musicaux) ainsi que comédienne pour un feuilleton sur la chaîne en gallois S4C. Elle ressent une frustration en constatant à quel point le gallois bénéficie d'une reconnaissance officielle mais cela lui donne l'envie d'agir dans son pays. Dans cette période, elle joue dans des courts et longs métrages d'Olivier Bourbeillon, Marie Hélia, Simon Hymphries et elle présente et produit des émissions sur France 3 Ouest en langue bretonne..
En 1997, elle participe au Kan ar Bobl, un concours de chant breton qui révèle entre autres Yann-Fañch Kemener. et Denez Prigent..
La naissance de son fils Gwion en 1998 et le sentiment de perdre peu à peu ses liens avec la Bretagne la font finalement revenir définitivement au pays, pour se consacrer au théâtre et au chant.. Plusieurs occasions de monter sur scène vont lui permettre de donner forme à son désir d'expression et de création, comme le spectacle Voix de Bretagne donné au Quartz à Brest en 1999, ou encore grâce à Gérard Delahaye au festival Les Tombées de la nuit à Rennes en 2002. Les deux directeurs de Coop Breizh sont dans la salle et lui proposent d'enregistrer un album.
Son premier album, sorti en , s'intitule (« Ce n'est point terminé »). Ce titre est fait pour que chacun l'interprète à sa guise : il peut par exemple se rapporter à une rupture amoureuse qui laisse subsister un espoir, à la langue et la culture bretonnes qui restent en vie, ou encore à une œuvre d'art, tel l'album lui-même, qui n'est jamais finie car il est toujours possible de la réinterpréter.
Toutes les chansons sont en breton, à l'exception de (« Le nouveau monde »), en gallois. Nolwenn Korbell signe toutes les paroles et musiques, sauf celles de (« La fille du lit clos », Bernez Tangi), (Twm Morys) et Deuit ganin-me (« Venez avec moi », traditionnel). Elle cite comme sa principale source d'inspiration les chansons, souvent issues du Barzaz Breiz, que lui chantait sa mère. Pour elle, chanter en breton est , car c'est sa langue maternelle, qu'elle parle aussi avec son fils. Elle écrit avec des mots simples, suivant l'exemple de Bernez Tangi, qui, en plus d'une chanson, signe la dédicace en forme de poème de N'eo ket echu. Sa formation d'actrice la pousse à porter une grande attention à la diction, ce qui participe de son effort à rendre ses chansons accessibles au plus grand nombre. Dès ce premier album, elle affirme une conviction : l'importance du breton et des langues en général. , commente-t-elle.
Elle reprend un autre thème traditionnel dans Son ar plac'h n'he doa netra (« La chanson de la fille qui n'avait rien »), inspirée d'une comptine destinée à apprendre aux enfants les jours de la semaine, le nom des animaux de la ferme et leurs cris : chaque jour, le narrateur va à la foire et achète un animal. Dans la version de Nolwenn Korbell, à partir du mercredi, la narratrice achète une chose que l'on ne peut acheter : un mari, un fils, un cœur, une voix et une vie. D'après l'auteur, .
L'album reçoit le prix du meilleur CD lors des Prizioù de France 3 Ouest en 2003 et le grand prix du disque Produit en Bretagne en 2004. Toujours en 2004, Nolwenn Korbell reçoit le prix Imram, qui récompense chaque année un auteur d'expression bretonne pour l'ensemble de son œuvre.. Un an après sa sortie, CD ont été vendus.
Pour , Nolwenn Korbell s'est entourée de Frédérique Lory au piano, de Tangi Le Doré à la basse et d'Antonin Volson aux percussions. Cette équipe l'accompagne jusqu'en 2010. Produite par Big Bravo Spectacle, société basée à Saint-Quay-PortrieuxLivret de , elle chante dans de nombreux événements, dont le Festival des Vieilles Charrues en 2004, le Festival du bout du monde en 2005, les Nuits Celtiques à Bercy de 2005 et 2006. En 2006, elle participe au festival Celtic Connections à Glasgow et à un concert à l'Olympia avec Gilles Servat. Si elle conquiert le public, bretonnant ou non, de petites scènes en grands festivals, les médias parisiens semblent ne pas prendre la véritable mesure du « phénomène ».
Son deuxième album, (« Chaque jour de lumière »), sort en 2006. Toujours essentiellement écrit en breton, il inclut le traditionnel gallois (« David de la roche blanche ») et le traditionnel français Un petit navire d'Espagne. Les autres paroles et musiques sont de Nolwenn Korbell, à l'exception de celles des traditionnels (« Le pardon de la Trinité ») et , le cri des petits pâtres bretons qui s'interpellaient d'une colline à l'autre.
alt=Tombe de David Owen, en pierre grise, avec une épitaphe en gallois|thumb|right|La tombe de David Owen.
est une mélodie pour harpe composée par le poète et musicien gallois .. Ce compositeur et musicien aveugle était surnommé David de la Roche Blanche, du nom de la ferme dans laquelle il vivait. D'après la tradition, sur son lit de mort, il demanda sa harpe pour composer ce dernier air, dont il souhaitait qu'il soit joué par un harpiste lors de son enterrement. Les paroles furent ajoutées plus tard par le poète gallois John Ceiriog Hughes (1832-1887).. Le chœur d'hommes de Bretagne () accompagne Nolwenn, prolongeant l'expérience commencée pendant l'été 2005..
La chanson (« Gitane ») est inspirée d'une citation de Max Jacob : . Elle évoque la présence de la religion chrétienne en Bretagne, accompagnée de ce que l'auteur décrit comme . Cette chanson est dédiée à Max Jacob et Emir Kusturica.
La plupart des arrangements sont de la pianiste Frédérique Lory. Du point de vue musical, la principale différence par rapport à est l'arrivée de Didier Dréo, du groupe Kern, avec sa guitare « trafiquée » qui peut prendre un son de sitar. Nolwenn Korbell explique qu'elle ne cherche pas à se donner un style, rejetant la mode des instruments traditionnels celtiques. Au contraire, elle choisit les instruments qui lui plaisent ; c'est ainsi que l'on entend sur cet album des instruments inhabituels dans la musique bretonne tels que le marimba, le glockenspiel ou le vibraphone, ainsi que quelques sons électroniques.
reçoit le Coup de Cœur du Télégramme en 2006. Pendant l'été 2006, elle participe à Celtica, au festival des Folklores du Monde de Saint-Malo, au festival Kann Al Loar de Landerneau, aux fêtes maritimes de Ploumanac'h et Douarnenez, au Congrès International Celtique, au festival de la Saint-Loup à Guingamp et aux fêtes bretonnes de La BauleDossier de presse de Nolwenn Korbell, Big Bravo Spectacles.
alt=Nolwenn Korbell, debout, devant un micro et Soïg Sibéril, assis sur une chaise, tenant une guitare|vignette|gauche|Nolwenn Korbell et Soïg Sibéril en concert à Celtic Connections 2007.
Le troisième album de Nolwenn Korbell, intitulé (« Cours », au sens du cours de la vieLe mot Red a plusieurs sens en breton, celui-ci est confirmé par Nolwenn Korbell dans son entretien télévisé de novembre 2007 disponible sur An Tour Tan. Par ailleurs, la couleur rouge ( en anglais) est largement utilisée sur la pochette et le livret de l'album.), enregistré en duo avec le guitariste Soïg Sibéril, virtuose de l'accord ouvert] avec qui elle avait déjà donné des concerts en 2004, sort en 2007.
L'album est accompagné d'un DVD bonus qui comprend deux titres enregistrés en concert, (« Petit Jean et Marie ») et (« Pluie »), et un documentaire intitulé (« Le Cours de la vie »), qui montre l'enregistrement de l'album et quelques séquences de concerts. Pour la première fois, Nolwenn reprend une chanson de folk américaine, , de Pete Seeger, dont les paroles sont adaptées du passage du livre de l'Ecclésiaste (). Elle a découvert cette chanson en lisant une biographe de Bob Dylan, qu'elle cite comme l'une de ses principales influences, avec Pete Seeger, Woody Guthrie, Leonard Cohen et Joan Baez.
marque un tournant dans l'écriture de Nolwenn Korbell, avec ses premières chansons marquant un engagement politique, et Anna. évoque le naufrage du Bugaled Breizh, le , au large du cap Lizard, entraînant la mort des cinq marins bretons qui étaient à son bord lors de la percussion par un sous-marin nucléaire d'attaque et à qui l'État n'a jamais voulu rendre justice. Nolwenn Korbell établit un parallèle entre le naufrage du (« Enfants de Bretagne ») et le sort que la politique française d'impérialisme linguistique fait subir aux Bretons au cours du .. Le , elle participe à un concert de solidarité avec les familles de victimes à Plozévet (Finistère).. L'autre chanson politiquement engagée est Anna, dédiée à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée le à Moscou. Le refrain est un proverbe breton : (La traduction littérale est , ou ; est la traduction de Nolwenn, qui tient compte du contexte de la chanson.).. En 2008, Nolwenn Korbell remporte à nouveau l'un des Prizioù de France 3 Ouest, cette fois celui de la « meilleure expression bretonne ».