Le mémorial du Mont-Valérien est un monument d'hommage aux Français combattants, résistants déportés et exécutés par l'occupant allemand. Situé à Suresnes (Hauts-de-Seine), il comprend le mémorial de la France combattante, sur les flancs du , au pied de la forteresse du même nom, ainsi que le sentier mémoriel qui poursuit dans l'enceinte militaire, vers la clairière qui fut le lieu d'exécution.

Chaque , la chancellerie de l'ordre de la Libération y organise une cérémonie de commémoration de l'appel du général de Gaulle.

Histoire du mémorial vignette|La croix de Lorraine au mémorial du mont Valérien. Durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande, la forteresse du Mont-Valérien fut le lieu de plus d'un millier d'exécutions de résistants et otages., parmi lesquels Honoré d'Estienne d'Orves et les vingt-deux membres du groupe Manouchian.

Le nombre de gravé près du site d'exécution n'a pas été corrigé.

Dès le , le général de Gaulle rend à cet endroit un hommage aux Site de l'ordre de la Libération.. Chaque , la chancellerie de l'ordre de la Libération y organise une cérémonie de commémoration de l'appel du général de Gaulle, ce qui est prescrit depuis 2006 par le décret du instituant le de chaque année une « Journée nationale commémorative de l'appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi »« Un lieu de mémoire de l'appel du – Le mémorial de la France combattante au », france-libre.net, consulté le ..

Le , sous la direction d'Henri Frenay, alors ministre des Prisonniers, déportés et réfugiés du Gouvernement provisoire, quinze corps de combattants originaires de France et des colonies, dont deux femmes (Berty Albrecht et Renée Lévy), sont inhumés dans une crypte provisoire.

Frenay s'est inspiré du symbole du Soldat inconnu de la Grande Guerre, et l’a adapté aux spécificités de la Seconde Guerre mondiale. Les différentes catégories de combattants (combattants de 1940, FFL, résistants, déportés, prisonniers, hommes de la France d’Outre-Mer) sont représentées par la dépouille de l’un des leurs.

En 1952, on y place également le corps d'Edmond Grethen, un Français résistant d'Indochine fusillé par les Japonais« Rencontre avec la fille du combattant Edmond Grethen, inhumé dans la crypte du Mont-Valérien », mont-valerien.fr, ..

En 1958, le général de Gaulle, revenu au pouvoir, charge l'architecte des bâtiments civils et palais nationaux Félix Brunau d'édifier un véritable monument, inauguré le .

Le , le monument est vandalisé par des manifestants anti-pass sanitaire. Un texte « Anti-pass » est écrit sur une des faces, avec deux « S » imitant le symbole de la Schutzstaffel (SS). Plusieurs personnalités politiques, dont le président de la République française en exercice, Emmanuel Macron, ont fait part de leur indignation..

Description du monument L'esplanade du monument fait plus de . Un mur de de long, en grès rose des Vosges, est accolé au rempart en meulière de la forteresse. Au milieu de ce mur, une grande croix de Lorraine de de haut marque l'entrée de la crypte où reposent dix-sept combattants, dont le dernier compagnon de la Libération Hubert Germain, inhumé le .. Les 17 caveaux y sont disposés en arc de cercle, avec au centre une urne contenant des cendres recueillies dans des camps de concentration, ornée d'une sculpture en métal représentant une flamme« Le mémorial du – Site du ; lieu des martyrs de la Résistance et mémorial de la France combattante », sur le site de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), Service départemental des Yvelines – Mémoires 78, consulté le ..

Sur le pied de la croix est gravée l'inscription extraite de l'appel du 18 Juin :

Devant la croix de Lorraine, une flamme jaillit en permanence d'un brûloir en bronze. Le long du mur, seize sculptures différentes, équivalentes des métopes grecques, en bronze, symbolisent les différentes formes des combats pour la Libération.

Construit à partir de 2008, performance-publique.gouv.fr, consulté le ., un centre d'information et d'accueil est ouvert depuis 2009 (au fond de l'allée à gauche du monument). Il propose notamment des visites du parcours mémoriel au sein de la forteresse.

Longtemps ouvert uniquement pour les commémorations, le site est visité en 2023 par , pour moitié dans le cadre de visites scolaires.

Les caveaux de la crypte du mémorial vignette|Entrée de la crypte. La crypte contient dix-sept caveaux accueillant les corps de douze militaires (dont deux tirailleurs d'Afrique du Nord, deux tirailleurs d'Afrique noire et quatre membres des Forces françaises libres), et cinq résistants intérieurs (dont un FFI du Vercors et un de la résistance indochinoise): Diasso Kal Boutie (1919-1940), soldat au de tirailleurs sénégalais, tué à l'ennemi le à Fouilloy (Somme) ; Edmond Grethen (1898-1945), inspecteur en chef de la garde indochinoise, fusillé par les Japonais le à Thakhek, Laos ; Raymond Anne (1922-1944), sergent FFI, « Filochard » dans la Résistance, tué à l'ennemi le à Vassieux-en-Vercors, Drôme ; Maboulkede (1921-1944), soldat au de marche (BM 24) de la française libre (), tué à l'ennemi le à La Garde (Var) ; Berty Albrecht (1893-1943), résistante, torturée, s'est suicidée à la prison de Fresnes en ; Maurice Debout (1914-1944), prisonnier de guerre, fusillé le à Oberornau (Bavière) pour refus d'obéissance ; Pierre-Paul Ulmer (1916-1940), militaire au de dragons portés, tué à l'ennemi le pendant la campagne de France à la ferme de Berthonval (Pas-de-Calais) ; Georges Brière (1922-1944), matelot au de fusiliers marins, tué à l'ennemi le à Giromagny (Territoire de Belfort) ; Hubert Germain (1920-2021), dernier compagnon de la Libération, mort le ; Alfred Touny (1886-1944), résistant, fusillé en à Arras (Pas-de-Calais) ; Jean Charrier (1920-1944), soldat au d’infanterie, tué à l'ennemi le à Courtelevant (Territoire de Belfort) ; Allal Ould M'Hamed Ben Semers (1920-1944), soldat au de tirailleurs marocains, tué à l'ennemi le à Briançon (Hautes-Alpes) ; Mohamed Amar Hedhili Ben Salem Ben Hadj (1913-1940), soldat au de tirailleurs tunisiens, tué à l'ennemi le à Aunay-sous-Auneau (Eure-et-Loir) ; Henri Arnaud (1907-1944), commandant la de chasse, tué à l'ennemi le à Roppe (Territoire de Belfort) ; Maurice (Marius) Duport (1919-1944), sous-lieutenant au de marche nord-africain () (), tué à l'ennemi pendant la campagne d’Italie, le à San Clemente, Italie ; Antonin Mourgues (1919-1942), caporal-chef au bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP), tué à l'ennemi le à El Mreir (Égypte), au cours de la seconde bataille d'El Alamein ; Renée Lévy (1906-1943), résistante, décapitée le à la prison de Cologne (Allemagne).

Le quatrième caveau était d'abord destiné à un certain Robert B., dont il fut découvert par un journaliste peu avant l’inauguration officielle le par Charles de Gaulle qu'il avait dénoncé des résistants. L'emplacement est d'abord resté vide avant que le caporal Maboulkede ne soit choisi peu après.

Avant son entrée au Panthéon le , le corps de Missak Manouchian repose la veille dans la crypte du Mont-Valérien.

Les seize sculptures Les hauts-reliefs, réalisés par seize sculpteurs différents, sont disposées en deux groupes de huit de part et d'autre de la croix de Lorraine, soit vues de gauche à droite« Les haut-reliefs du Mont-Valérien », cheminsdememoire.gouv.fr, consulté le . : Alsace (sculpteur : Joseph Rivière) : pour la libération de l'Alsace (de à ). Deux mains entourent les armes de Colmar dont la masse d'armes d'or est réinterprétée comme « étoile d'espérance ». Casabianca (sculpteur : Georges Saupique) : le , le sous-marin Casabianca parvient à s'échapper du port de Toulon investi par les Allemands et rejoint les Forces françaises d'Afrique du Nord. La lutte dans l'élément marin est figurée par un combat contre une pieuvre. Paris (sculpteur : Marcel Damboise) : Paris est libéré, le , grâce à l'action de la Résistance, de la blindée du général Leclerc et des Alliés. La main de la résistance brise la chaîne et fait lâcher prise à celle de l'occupant. Maquis (sculpteur : Raymond Corbin) : en hommage à l'action des résistants maquisards. La sculpture représente les groupes armés dans les forêts, attentifs, prêts à jaillir. Alençon (sculpteur : René Leleu) : débarquée en Normandie, la blindée du général Leclerc est la première grande unité française engagée sur le sol national, elle libère Alençon le . La sculpture représente le phénix renaissant de ses cendres. Saumur (sculpteur : Pierre Duroux) : rappelle le combat de Saumur, du au , lors de la Bataille de France. Le sacrifice des combattants est représenté par un soldat percé d'une épée. Déportation (sculpteur : Henri Lagriffoul) : à la mémoire de tous les déportés (résistants, Juifs, Tsiganes), qui sont envoyés dans les camps de concentration et d'extermination où de nombreux meurent. Des mains tentent de libérer un cœur torturé par des fils barbelés. Forces aériennes françaises libres (sculpteur : Claude Grange) : les Forces aériennes françaises libres sont engagées sur tous les fronts. Un opérateur radio coiffé d'écouteurs affronte des rapaces représentant les forces ennemies. Action (sculpteur : Alfred Janniot) : l'Appel du 18 Juin du général de Gaulle, refusant l'armistice de 1940, donne naissance aux Forces françaises libres et à la Résistance française. Allégorie de la France résistante tenant d'un bras une épée, et de l'autre un combattant tué dont elle poursuit la lutte. Fezzan (sculpteur : Aimé Bizette-Lindet) : avec ses troupes, le général Leclerc s'empare de l'oasis de Koufra, le , puis conquiert le Fezzan. Un lion affronte un serpent devant un palmier. Fusillés (sculpteur : Maurice Calka) : entre 1940 et 1944, de nombreux Français et étrangers, résistants ou otages, sont fusillés. La composition complexe de la sculpture laisse entrevoir les corps transpercés par les balles. Cassino (sculpteur : Ulysse Gémignani) : l'action des troupes du général Juin permet aux Alliés de s'emparer en du monte Cassino, point de résistance des Allemands en Italie. Aigle étranglé par une main gantée. Bir Hakeim (sculpteur : Raymond Martin) : la française libre du général Koenig défend la position de Bir Hakeim en Libye, contre les Allemands et les Italiens, du au . Barrage de fer et de feu brisé par le glaive. Narvik (sculpteur : Robert Juvin) : le corps expéditionnaire français s'empare de Narvik, le , puis regagne la France menacée d'invasion. Une partie des forces rejoint les Forces françaises libres du général de Gaulle. La sculpture représente un drakkar sous une pluie de flèches. Sienne (sculpteur : René Andrei) : le corps expéditionnaire français, commandé par le général Juin puis par de Lattre, achève glorieusement sa campagne en Italie après la libération de Sienne, le . La sculpture du cheval est une évocation du Palio de Sienne. Rhin (sculpteur : Louis Dideron) : l'armée française de la Libération repousse l'offensive allemande sur Strasbourg puis franchit le Rhin le . La sculpture se compose d'un buste habitant le V de la victoire, surmontant les eaux du Rhin et une chaîne brisée.

Philatélie Le , la poste française émet un timbre postal représentant le mémorial de la France combattante, avec oblitération « premier jour » le à Suresnes.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . .

Articles connexes Fusillés du Mont-Valérien Compagnon de la Libération Ordre de la Libération Mont Valérien Forteresse du Mont-Valérien L'abbé Franz Stock, qui fut aumônier des prisonniers fusillés Histoire de Suresnes

Liens externes

Le mont Valérien, sur le site de l'ordre de la Libération. Mémorial de la France combattante, www.cheminsdememoire.gouv.fr.

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