Le mandat du gouvernement de Félix-Gabriel Marchand s'étend du au , date de la mort de Marchand. Il devient premier ministre du Québec à la suite de la victoire du Parti libéral aux élections générales du et inaugure une longue période de domination libérale qui durera près de quarante ans.
Caractéristiques Le gouvernement de Félix-Gabriel Marchand entame le début d'un règne libéral qui durera près de quarante ans. Sa grande victoire de 1897 est en grande partie due à la personnalité de Wilfrid Laurier, premier premier ministre francophone du Canada et emblème de fierté pour les Canadiens français de l'époque. Laurier tient d'ailleurs à ce que le nouveau gouvernement provincial ne s'attire pas l'hostilité du clergé québécois, plus enclin à favoriser les conservateurs.
À la suite de l'accrochage dû à la présentation du projet de loi sur l'éducation, le gouvernement Marchand adopte un style plus pragmatique. Grâce à la vente de terres de la Couronne aux industries de pâtes et papiers, il réussit à déclarer des surplus budgétaires. Les futurs gouvernement Parent et gouvernement Gouin adopteront la même politique.
La réforme de l'éducation vignette|gauche| Paul Bruchési, archevêque de Montréal, principal opposant ecclésiastique au projet de réforme scolaire.
Le , le gouvernement Marchand communique son projet de réforme de l'éducation au Comité catholique de l'Instruction publique. Le projet prévoit la création d'un ministère de l'Éducation qui vise à substituer un ministre au surintendant de l'Instruction publique, à nommer un inspecteur général des écoles, à uniformiser les livres scolaires et à enseigner l'agriculture à l'école. Le nouvel archevêque de Montréal, Paul Bruchési, en désaccord avec le projet de réforme, profite de sa visite à Rome en pour inciter le Vatican à faire pression sur Québec pour qu'il le retire.
Le projet de loi est adopté par l'Assemblée législative le par 44 voix contre 19, mais rejeté cinq jours plus tard par le Conseil législatif à majorité conservatrice par 13 voix contre 9. Une nouvelle loi sur l'Instruction publique, moins réformiste, est présentée en 1899 : elle vise la création de deux bureaux d'examinateurs (catholique et protestant), la distribution gratuite de livres scolaires, la nomination d'inspecteurs provinciaux par le gouvernement et l'enseignement obligatoire de l'agriculture et du dessin. Elle est adoptée par les deux chambres du Parlement du Québec.
L'industrie de la pulpe et les surplus budgétaires Le gouvernement adopte une politique de vente de terres forestières aux compagnies de pâtes et papiers afin de générer des revenus. Au printemps 1900, le ministre Simon-Napoléon Parent vend pour de terres forestières à l'industrie de la pulpe, dégageant un excédent budgétaire. Cette politique, poursuivie sous Parent et Gouin, deviendra une caractéristique durable de la politique économique libérale du début du .
Le référendum sur la prohibition Le , un référendum pancanadien est tenu sur la prohibition. À la question , le Canada se prononce pour à 51 % alors que le Québec vote contre à 81 %. Wilfrid Laurier décide de maintenir le statu quo.
La guerre des Boers vignette|Cérémonie de départ d'un contingent canadien pour la seconde guerre des Boers, rue Saint-Jean à Québec en 1899.
Le , un premier contingent canadien quitte Québec pour le Transvaal où se déroule la seconde guerre des Boers. Plusieurs Québécois s'y enrôlent, mais la majorité d'entre eux est contre une participation du Canada à une guerre de l'Empire britannique, à l'instar du député libéral fédéral Henri Bourassa. La troisième session de la , ouverte le , débute néanmoins par une déclaration de fidélité à l'Empire britannique et par le souhait d'une victoire de la Grande-Bretagne dans la guerre.
La mort en fonction Le , Marchand meurt dans la demeure d'un de ses gendres sur la rue Sainte-Ursule à Québec. C'est la première fois qu'un premier ministre du Québec meurt en fonction et il reçoit, à ce titre, les premières funérailles d'État de la province. Simon-Napoléon Parent lui succède.
Chronologie : assermentation du cabinet Marchand devant le lieutenant-gouverneur Joseph-Adolphe Chapleau. : le gouvernement Marchand communique son projet de réforme de l'éducation au Comité catholique de l'Instruction publique. : référendum pancanadien sur la prohibition. Le Canada se prononce pour à 51 %, le Québec contre à 81 %. : le nouvel archevêque de Montréal, Paul Bruchési, profite de sa visite à Rome pour inciter le Vatican à faire pression sur Québec pour qu'il retire son projet de réforme de l'éducation. : première session de la . Le discours du Trône annonce officiellement la nouvelle loi sur l'Instruction publique. : l'Assemblée législative adopte le projet de loi par 44 voix contre 19. Les évêques du Québec renouvellent leur demande de le retirer. : le Conseil législatif, à majorité conservatrice, rejette le projet de loi par 13 voix contre 9. au : congrès de colonisation à Montréal. Le gouvernement annonce le prolongement de trois chemins de fer : celui de la rive nord du fleuve vers Charlevoix, celui du lac Saint-Jean et celui de la baie des Chaleurs. : deuxième session de la . Présentation d'une nouvelle loi sur l'Instruction publique, moins réformiste que la première. Elle est adoptée par les deux chambres du Parlement. : départ, à Québec, d'un premier contingent canadien pour le Transvaal où se déroule la seconde guerre des Boers. : la troisième session de la s'ouvre par une déclaration de fidélité à l'Empire britannique et par le souhait d'une victoire de la Grande-Bretagne dans la guerre des Boers. : Marchand annonce une subvention de pour la construction du pont de Québec. : le ministre Simon-Napoléon Parent vend pour de terres forestières à l'industrie de la pulpe, fournissant ainsi un excédent au budget. : Félix-Gabriel Marchand meurt dans la demeure d'un de ses gendres sur la rue Sainte-Ursule à Québec. C'est la première fois qu'un premier ministre du Québec meurt en fonction; il reçoit les premières funérailles d'État de la province.
Composition Cabinet Marchand (24 mai 1897) Assermentation le : Premier ministre et secrétaire de la province : Félix-Gabriel Marchand
Cabinet Marchand (26 mai 1897 à 1900) Assermentation des autres ministres le .
Premier ministre et trésorier : Félix-Gabriel Marchand Procureur général : Horace ArchambeaultHorace Archambeault devient président du Conseil législatif le . Secrétaire de la province : Joseph-Émery Robidoux Commissaire de l'Agriculture : François-Gilbert Miville Dechêne Commissaire de la Colonisation et des Mines : Adélard Turgeon Commissaire des Travaux publics : Commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries : Simon-Napoléon Parent Ministre sans portefeuille : George Washington Stephens Ministre sans portefeuille : James John Guerin Ministre sans portefeuille : Joseph ShehynJoseph Shehyn quitte le cabinet le pour devenir sénateur.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . . .
Marchand Catégorie:1897 au Québec Catégorie:1898 au Québec Catégorie:1899 au Québec Catégorie:1900 au Québec