vignette|Tombe de Jean Bassompierre au cimetière d'Auteuil (Paris XVIe) Jean Bassompierre, né le à Honfleur (Calvados) et mort le au fort de Montrouge à Arcueil (Seine), est un militaire et militant d'extrême droite français.

Pour son rôle dans la collaboration armée avec le Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été fusillé le .

Biographie Jean Gabriel Paul Bassompierre Sewrin est le fils de Charles Joseph Bassompierre Sewrin, architecte, et de Marie Renée Tabariès de Grandsaignes..

Étudiant à la Faculté de droit de Paris, il est un « phalangeard », membre des Phalanges universitaires, le groupement des étudiants des Jeunesses patriotes (JP). Il s'illustre en lors de l'affaire Jèze, du nom du professeur Gaston Jèze, en butte à l'hostilité des étudiants nationalistes parisiensOlivier Dard, « Jeunesse, élite et Action française », dans Christine Bouneau, Caroline Le Mao (dir.), Jeunesse(s) et élites: Des rapports paradoxaux en Europe de l'Ancien Régime à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009 (Lire en ligne)Le Matin, 11 février 1936, L'Ami du peuple, 11 février 1936, Le Jour, 3 mars 1936. Il est membre de la Cagoule et militant du Parti populaire français (PPF). À l’issue de son service militaire, il s'engage comme sous-lieutenant.

Lieutenant au d’alpins de forteresse au début de la Seconde Guerre mondiale, il commande l’avant-poste de Conchetas (ou du Conquet) du Secteur fortifié des Alpes-Maritimes (SFAM), situé à d’altitude, au-dessus du village de Saint-Martin-Vésubie. Le , son poste intervient pour appuyer par le tir d’une de ses mitrailleuses le groupe de combat de La Balme-de-la-Frema qui menaçait d’être pris par les Italiens. Comme il constate que la mitrailleuse est gênée dans son angle de tir par la forme du créneau, il ordonne, malgré le bombardement, de la mettre en position en dehors de la casemate ; cette action lui vaut une citation à l'ordre du régiment.

présume que c’est à lui aussi que l’ doit l'explosion de l’avant-poste qui a sauté avec tous les explosifs et les de mitrailleuses, avant de se replier avec ses hommes sur Digne devant l’avance des troupes italiennes.

Bassompierre est à l’origine du Service d'ordre légionnaire (SOL) dont il a, avec Noël de Tissot et Jean Durandy, codifié le programme. Il est l’un des piliers du mouvement avec Joseph Darnand, Pierre Gallet et Marcel Gombert. L’amitié qui lie Bassompierre et Darnand a pour origine l’incarcération de ce dernier en 1938 et la visite du capitaine Bassompierre à la prison de la Santé.

À la dissolution du SOL, Jean Bassompierre rejoint la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Capitaine, il commande une compagnie du (temporairement tout le ). Décoré par la Wehrmacht de la croix de fer de deuxième classe, il est nommé en chef d’état major d'Edgar Puaud. En , il est rappelé par Darnand pour réorganiser la Milice française dans la zone nord, en tant qu’inspecteur général en compagnie de François Gaucher.

Le , il réduit la mutinerie de la prison de la Santé. Un mois plus tard, le , c’est avec la cohorte parisienne qu’il quitte le territoire français. Le , Bassompierre préside la dernière manifestation officielle de la Milice, en organisant une prise d’armes dans un stade et en paradant avec les miliciens dans la ville d’Ulm en Allemagne. Comme la majorité des franc-gardes (), il intègre la division SS Charlemagne en tant que (équivalent de capitaine).

Au cours de sa retraite poméranienne, le général Gustav Krukenberg réorganise la Charlemagne () en un régiment de réserve et deux régiments de marche. Le commandement du second régiment de marche échoit à Jean Bassompierre. Chargée de défendre la ville de Körlin aujourd’hui en Pologne, cette unité (II/RM) tente, le , le décrochage dans l'espoir de rejoindre Kolberg. Le bataillon (dont fait partie Christian de La Mazière) se désintègre progressivement du fait du pilonnage incessant des mortiers soviétiques et du nombre de soldats en face, en moyenne dix fois supérieurs à ceux de la division Charlemagne, ce qui oblige Jean Bassompierre à se replier dans la plaine de Belgard. Le , Jean Bassompierre, à bout de forces, se rend aux cavaliers polonais qui encerclent la ferme lui servant de refuge. Il est interné au camp de Choszczno (anciennement Arnswalde).

Il fait ensuite partie des Français regroupés en vue de leur rapatriement en France par Henry Fournier-Foch. Afin de se soustraire à la justice, il s'évade avec la complicité tacite de ce dernier durant le trajet en train et rejoint Naples. Pensant atteindre l'Amérique du Sud, il est arrêté le et incarcéré à la prison de la Santé pour y être inculpé, devant la cour de justice de la Seine. Il s'échappe en compagnie de Jean de Vaugelas qui a été chargé des opérations de maintien sur Limoges, mais est ensuite repris contrairement à celui-ci.. À aucun moment, Bassompierre ne tente d'atténuer ses responsabilités. Son rôle dans la répression de la mutinerie de la prison de la Santé. lui vaut une condamnation à mort prononcée le .. Il est fusillé le à du matin...

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Robert Forbes, Pour l'Europe, les volontaires français de la Waffen-SS, L'Æncre, 2005 Les archives Keystone sur la LVF, Jacques Grancher, 2005 Pierre Giolitto, Histoire de la Milice, Tempus, 2002 Jean Mabire, La division Charlemagne – Sur le front de l'Est 1944-1945, Jacques Grancher, 2005, Jacques Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice, 1918-1945, Fayard, Paris, 1969 ; rééd. 1994, Sacrifice de Bassompierre, 1948 (http://www.ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr/recherche/detail_ouv.php?id_ouvrage=575, plus récemment aussi sur https://editions-hommelibre.fr/achat/produit_details.php?id=111), ouvrage plutôt favorable mais néanmoins parlant aussi de sa vie controversée.

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