Henri Lhote ( à Paris - à Saint-Aignan)Relevé des fichiers de l'Insee est un explorateur et préhistorien français connu principalement pour avoir recensé et fait connaitre les peintures et gravures rupestres du Sahara, parmi lesquelles celles du Tassili n'Ajjer, en Algérie.
Jeunesse La mère d'Henri Lhote meurt en couches en le mettant au monde, et il connait une enfance difficile, d'autant que son père meurt alors qu'il n'a que douze ans. Son gout pour la nature, en particulier pour les animaux, le pousse à créer, chez les Ëclaireurs de France, une activité naturaliste au sein de l'association. Il appuie la création par Reysa Bernson d'un groupe éclaireur de jeunes astronomes.
À l'issue de la Première Guerre mondiale, sa passion pour l’aviation le pousse à s’engager dans l’armée de l’air en 1921. Engagement de courte durée : un accident l’oblige à abandonner cette voie en 1924.
Art rupestre du Sahara La vie africaine d'Henri Lhote commence en 1935 quand il part pour une première mission au Sahara, confiée par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Il s’agit de diverses tâches, dont la lutte contre l’invasion des sauterelles et le relevé des figures d’art rupestre.
La présence des militaires français sur place va lui permettre de créer des liens d’amitié et de disposer d’une aide logistique importante qui va durer longtemps et qui lui sera précieuse lors de ses missions. Sa rencontre avec le lieutenant Brenans, découvreur de sites de gravures rupestres, va lui ouvrir la piste de l’art rupestre du Tassili n'Ajjer. Les recherches de terrain sont orientées vers les peintures rupestres de cette partie du désert, mais Lhote aborde aussi la fouille archéologique, qui lui permet de constituer des collections lithiques, voire ostéologiques. Ses carences de formation en archéologie, en anthropologie et en méthodes de recherche diminuent la valeur scientifique de nombreux échantillons, dont les fiches ne portent pas de date, de lieu précis et de coordonnées du fouilleur.
Grâce au guide touareg Jebrine Ag Mohamed Machar, dit Jbrine, et d'une équipe de peintres (dont Jack Chambrin et Georges Le Poitevin) et de photographes, il relève pendant quinze mois, en 1956 et 1957, des peintures du Tassili à l'aide de calques rapportés sur papier puis peints à la gouache. Ces calques sont présentés en 1957 et 1958 au Musée des Arts décoratifs (Paris) (, estime André Malraux).
Henri Lhote améliore ultérieurement sa formation, effectuera par la suite d'autres expéditions et deviendra maitre de recherches au CNRS et chargé du département d'art préhistorique au Musée de l'Homme de Paris.
Controverses vignette|redresse=1.2|Henri Lhote auprès de gravures rupestres dans le désert du Sahara (Mauritanie)
Les travaux d'Henri Lhote dans le Tassili n'Ajjer et le Hoggar avec l'aide de l'armée française au début des années 1970 feront l'objet de contestations et de critiques rétroactives. L'Algérie estimera plus tard que les collections constituées par Henri Lhote et ses relevés appartiennent à son propre patrimoine culturel, et considérera leur transport en France comme du « pillage ». Le fait que pour en raviver les nuances avant photographie, l'équipe de Lhote ait mouillé des peintures, dégradant leurs couleurs, lui sera aussi reproché. Une biographie d'Henri Lhote publiée en 2010 revient sur ses activités au Sahara algérien.
Les accords militaires spécifiques inclus dans les accords d'Évian avaient fixé un délai de dix ans pour le retrait de l'armée française, donc jusqu'en 1972. Le livre évoque souvent les difficultés du terrain, la chaleur, les tempêtes de sable, le manque d’eau, les chemins difficiles, les équipiers surchargés de travail, la nourriture médiocre. Sur d’autres aspects, notamment sur celui de la déontologie, on apprend par exemple (p. 255) que des dalles gravées ont été prélevées en entier et transportées (« évacuées ») en avion vers Paris. L’une d’elles notamment, de 2 mètres de long par 1,50 mètre de large et d’un poids d’environ , avec des gravures rupestres, fut transportée en France par avion militaire sans aucune autorisation.
Henri Lhote explique : . Il a ajouté que ces objets étaient récoltés dans différentes missions.
En 1976, ces critiques n'avaient pas encore été formulées et un haut fonctionnaire du ministère algérien de la Culture a même conseillé au ministre Ahmed Taleb Ibrahim de faire appel à Henri Lhote pour préparer les textes de création du parc national du Tassili n'Ajjer. Rachida Zadem, conseillère au ministère de la Culture et représentante de l'Algérie à l'UNESCO, raconte lors d'un débat organisé à la faveur du troisième Festival International des Arts du Hoggar en 2012 : .
Rachida Zadem y commentait un documentaire de l'ex-RTA, réalisé à la fin des années 1970, suivant un voyage d'Henri Lhote dans le sud algérien, accompagné de Rédha Malek, alors ministre de la Culture et de l'Information, pour une mission scientifique dont le but était de mettre en place le parc du Tassili n'Ajjer : .
Une autre critique concerne les méthodes de relevé d'Henri Lhote. En 1956, il organise une mission de six mois dans le Tassili n'Ajjer. Les artistes qui l'ont accompagné ont pris des photos des gravures, provoquant leur dégradation rapide à cause du mouillage qui précède la prise. Lui-même l'a écrit : . Un copiste dira que les gravures rupestres ont été plus dégradées par l'équipe d'Henri Lhote que pendant les millénaires précédents. Le rôle néfaste de ces anciennes méthodes de relevé se confirme, d'autant que l'eau utilisée ayant pollué les liants, rend de futures datations aléatoires.
Publications Aux prises avec le Sahara, Les œuvres françaises, Paris, 1936. Le Sahara, désert mystérieux, Éditions Bourrelier, Paris, 1937; 1949. Les Touaregs du Hoggar, Payot, Paris, 1944; 1955; A. Colon, Paris, 1984. Le Niger en kayak, Éditions J. Susse, Paris, 1946. Dans les campements touaregs, Les œuvres françaises, Paris, 1947. La chasse chez les Touaregs, Amiot-Dumont, Paris, 1951. À la découverte des fresques du Tassili, Arthaud, Paris, 1958, 1973, 1992, 2006. L'épopée du Ténéré, Gallimard, Paris, 1961. Les gravures rupestres du Sud-oranais, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1970. Les gravures rupestres de l'Oued Djerat, SNED, Alger, 1976. Vers d'autres Tassilis, Arthaud, Paris, 1976, prix Jean-Walter de l'Académie française. Chameau et dromadaire en Afrique du Nord et au Sahara. Recherche sur leurs origines, ONAPSA, Alger, 1987. Le Sahara d'Henri Lhote, Grandvaux, 2003.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Monique Vérité, Henri Lhote. Une aventure scientifique au Sahara, avec une postface de Jean-Loïc Le Quellec, Ibis Press éditeur 2010 et Artelittera 2011, Compte-rendu par Manuel Gutierrez, 2011 Julien Bondaz, Les randonnées d’Henri Lhote. Ethnologie, exploration et tourisme saharien (années 1920-1950), 2020
Articles connexes Art rupestre du Sahara Tassili n'Ajjer Hoggar Séfar Liste des croix touarègues du Niger
Liens externes L'art rupestre du Sahara Henri Lhote, L'extraordinaire aventure des Peuls (1959)
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