La province de Mendoza est une province de l'Argentine située à l'ouest du pays. Elle est limitrophe de la province de San Juan au nord, de San Luis à l'est, de La Pampa et Neuquén au sud et du Chili à l'ouest. Elle est typiquement une province andine. Avec les provinces de San Juan et de San Luis, la province de Mendoza fait partie de la région de Cuyo.

La superficie de la province est de , sa population était estimée à en décembre 2010.

Le chef-lieu de la province s'appelle également Mendoza et se trouve au nord de la province. Les villes principales sont : San Rafael, San Martin, Godoy Cruz et Luján de Cuyo.

Histoire

Époque précolombienne vignette|upright=1.2|left|Canoë Huarpe Huanacache - Museo de Ciencias Naturales y Antropológicas Cornelio Moyano, à Mendoza.

Les premiers habitants de la région sont arrivés durant l'Holocène. On a cependant peu de renseignements sur ces premières populations, si bien que l'on ne peut déterminer en profondeur leurs coutumes et activités (voir Cultura de Ansilta). Les premiers peuples sur lesquels nous avons des renseignements sérieux sont ceux qui habitèrent la vallée du río Atuel vers 12 000 av. J.-C. Ils étaient chasseurs et commençaient à cultiver le maïs, les concombres, le quinoa, les pois, etc. Dans cette vallée se développa la Culture d'Agrelo, que l'on considère comme précédant celle des Huarpes. Cette dernière se développa dans le nord de la province, fortement influencée par l'Empire inca durant le . La tradition orale des amérindiens locaux note l'arrivée de l'inca Túpac Yupanqui à Coquimbo au Chili vers 1470.

Entre les ríos Barrancas et Diamante, au sud de la province, vivaient les puelches, chasseurs-cueilleurs, apparentés aux pehuenches. Ceux-ci étaient en fait ethniquement des huarpes en voie de mapuchisation. Quant aux puelche (gens de l'est en mapudungun), peuples ainsi nommés par les mapuches, ils étaient un groupe d'ethnies de diverses origines, habitant le sud et le sud-est de la province actuelle de Mendoza (principalement des huarpes du sud, des guenakens ou Tehuelches ou patagons du nord, des hets ou anciens indiens Pampas). Toutes ces ethnies furent mapuchisés dès la fin du .

Époque coloniale Les premiers Espagnols qui pénétrèrent dans le territoire de Mendoza, le firent sous les ordres de Francisco de Villagra, qui venait du Pérou par la route du Tucumán, avec pour objectif de rejoindre Pedro de Valdivia au Chili. Comme il ne pouvait franchir les cols andins bloqués par la neige, Villagra campa à Huentota en 1551 avec et 500 chevaux. Là, il établit des relations avec les Huarpes et explora la zone jusqu'au río Diamante.

Le premier établissement espagnol fut fondé le 2 mars 1561. C'est le capitaine Pedro del Castillo qui fonda la ville de Mendoza del Nuevo Valle de La Rioja, transformée plus tard en capitale provinciale. La ville fut ainsi nommée en hommage au gouverneur du Chili, García Hurtado de Mendoza.

Mendoza intégra ce qui fut appelé corregimiento de Cuyo avec pour chef-lieu la ville de Mendoza. Cette vaste zone faisait partie de la capitainerie générale du Chili, elle-même dépendante de la vice-royauté du Pérou.

thumb|upright=1.5|La ville de Mendoza à l'époque coloniale. thumb|Plan de la ville de Mendoza peu après sa fondation, 1562.

La conquête espagnole se traduisit immédiatement par la désintégration du monde indigène. La vaste vallée centrale de l'actuel territoire de Mendoza était alors occupée par divers groupes d'agriculteurs, auparavant dominés par les incas, que les Espagnols appelèrent globalement Huarpes. Plus au sud, aux abords de la Patagonie, circulaient des groupes nomades de chasseurs-cueilleurs appelés puelches. Les natifs des lieux furent dépouillés de leurs terres, déportés vers des zones marginales et répartis en encomiendas. Bien que la couronne espagnole ait interdit le travail forcé des indigènes, ces lois restèrent lettre-morte dans cette zone marginale du grand Empire, car la main d'œuvre indigène constituait la principale richesse de la région. Les évêques et membres du clergé essayèrent sans grand succès de contenir la terrible exploitation de ces malheureux et leur déportation au Chili.

Tout cela se traduisit par la diminution de la population indigène, d'autant plus que celle-ci fut victime des maladies introduites par les européens. La haute mortalité « justifia » l'introduction d'esclaves africains pour pallier le manque croissant de main-d'œuvre. Cela conduisit rapidement à une société ethniquement plurale et rigidement hiérarchisée.

+Recens.1780/RaceEspagnols blancs Amérindiens Noirs Métis 786

Avec la création de la vice-royauté du Río de la Plata en 1776, l'ancien Corregimiento de Cuyo fut séparé de la vice-royauté du Pérou et de la tutelle du l'administration du Chili, pour être incorporé dans la nouvelle entité dont la capitale était Buenos Aires. La cordillère des Andes devint dès lors une frontière politique.

La Real Ordenanza de Intendentes du 28 janvier 1782 divisa la vice-royauté du Río de la Plata en 8 gouvernorats-intendances. Ainsi se forma l'Intendencia de Cuyo. Mais cette strucure fut modifiée par l'Ordre Royal du 29 juillet 1782 et la cédule du 5 août 1785, supprimant les intendances de Cuyo et de Santa Cruz de la Sierra, et divisant celle de Tucumán en deux. Le Cuyo fit dès lors partie du nouveau gouvernorat de l'Intendencia de Córdoba del Tucumán, avec Córdoba comme capitale.

L'Indépendance La Révolution de mai de 1810 fut rapidement connue et acclamée à Mendoza et la province se rangea dans le camp des indépendantistes.

Le 29 novembre 1813 fut créée la Gobernación de Cuyo, séparée de celle de Córdoba del Tucumán, qui réunit les provinces actuelles de San Luis, Mendoza et San Juan. Peu après le poste de gouverneur fut attribué à José de San Martín.

En 1814 José de San Martín décida de former une armée à Mendoza afin de traverser les Andes, conquérir le Chili, puis attaquer Lima par mer avec les navires chiliens. Ce plan fut appelé Plan Continental. Le leader révolutionnaire chilien Bernardo O'Higgins, réfugié à Mendoza adhéra à ce plan.

Géographie

vignette|Rochers à Potrerillos

Relief

La province de Mendoza présente trois structures géographiques différenciées : les hautes montagnes andines à l'ouest, les plaines à l'est, et les plateaux, sierras et volcans au sud. La Cordillère des Andes conditionne quasi toute la géographie de la province, dont le territoire est pratiquement en totalité situé à plus de d'altitude.

La zone montagneuse andine occupe la moitié ouest de la province, et c'est ici que la Cordillère des Andes présente ses sommets les plus élevés. Cette vaste zone se divise en trois sous-régions séparées entre elles par des vallées longitudinales et transversales : la cordillère Principale forme la ligne de partage des eaux entre les bassins atlantique et pacifique et matérialise la frontière avec le Chili. Sa largeur diminue progressivement du nord au sud, ainsi que la hauteur de ses sommets, des cols de montagne et des neiges éternelles, les glaciers diminuent ainsi d'altitude. Ici se dresse l'Aconcagua, haut de , le pic le plus élevé d'Amérique et de l'hémisphère sud. Parmi les autres sommets importants, il faut citer le Juncal (de ), le Pollera (), et le Tupungato, qui atteint les à la frontière chilienne ; la cordillère Frontale court du nord au sud à l'est de la Principale depuis la limite avec la province de San Juan jusqu'au río Diamante. C'est un ancien massif rajeuni lors de l'orogenèse andine, constitué de plusieurs blocs d'entre et d'altitude : le Cordón del Tigre, le Cordón del Plata, le Cordón del Portillo, le Cordón de Santa Clara, le Cordón de las Llaretas et le Cordón del Carrizalito ; la Précordillère, enfin, est séparée de la cordillère Frontale par le Valle de Uspallata et s'étend sans interruption depuis la limite avec San Juan jusqu'au río Mendoza. Au sud de ce dernier, il forme des blocs isolés. Sa hauteur maximale se trouve au niveau du cerro Pelado avec ses .

vignette|300px|Volcan San Jose vu depuis Baños Morales (à l'est).

Les vastes plaines de l'est, appelées Travesías Cuyanas, sont des étendues arides, de végétation xérophile, et comportant des zones de dunes. Les ríos Mendoza, Tunuyán, Diamante y Atuel, coulent sur leur surface fournissant l'eau nécessaire à l'irrigation de fertiles oasis. La région présente une pente légère vers le río Desaguadero qui coule parallèlement aux Andes du nord vers le sud et recueille ainsi les eaux venues des montagnes. À l'extrémité nord-ouest de cette vaste région se trouvent les Cerrilladas Pedemontanas, qui séparent la plaine des vallées telles le Valle de Uco. Ces cerrilladas étant très érodées ont des formes arrondies. À l'extrémité sud-ouest se dressent différentes hauteurs isolées, qui annoncent la Sierra del Nevado.

Au sud de la province, le relief est plus complexe, et présente déjà les caractéristiques morphologiques propres à la Patagonie. La plaine de l'est de la province décrite ci-dessus se prolonge par la dépression de Llancanelo, bassin lacustre occupé en son centre par les marais et salines de la Lagunilla Llancanelo. Cette dépression est entourée par la cordillère à l'ouest, par des sierras isolées au nord (comme le bloque de San Rafael coupé en deux par le Cañón del Atuel), par la Sierra del Nevado à l'est, et par le haut plateau de la réserve La Payunia au sud. La Payunia est une table basaltique, steppique et couverte de matériaux volcaniques, et comportant quelque 800 volcans, dont l'imposant Payún Matrú de de hauteur.

Voies d'accès Accès par voie routière

La province est traversée au centre-ouest par la route nationale 40 qui suit un trajet sud-nord, au pied des Andes, entre la région de Malargüe au sud et la province de San Juan au nord. Au nord-ouest de la province, également du sud vers le nord, la route nationale 149 relie la route nationale 7 dans la ville d'Uspallata et la route nationale 150, au niveau de la localité de Las Flores, en province de San Juan.

D'est en ouest, la province de Mendoza est traversée par la route nationale 7 qui relie Buenos Aires à Mendoza (puis Valparaiso au Chili). Plus au nord, la route nationale 20 qui va de Córdoba à San Juan, suit un parcours plus ou moins parallèle. Quoique ne faisant que longer la frontière nord de la province, la RN 20 bifurque vers Mendoza, via la route nationale 142 et met ainsi la capitale provinciale en liaison avec Córdoba, puis l'est du pays et le sud du Brésil.

Presque parallèlement à la RN 20, la route nationale 188, partie de la rive du Paraná au sud-ouest de Rosario se termine à General Alvear.

Plus au sud, du nord-ouest au sud-est, au niveau de la localité de Pareditas, se situe l'intersection de la route nationale 40 avec la route nationale 143. Celle-ci dessert l'importante cité de San Rafael, puis pénètre dans la province de La Pampa. Là elle se prolonge par la Route nationale 152 puis par la route nationale 35 pour aboutir à Bahía Blanca, port important sur l'Atlantique en province de Buenos Aires.

Enfin, du nord-est au sud-ouest, la route nationale 144 relie San Rafael à la RN 40, mais en direction du sud au niveau d'El Sosneado, vers Malargüe et la Patagonie (province de Neuquén).

Au total, par voie routière, la ville de Mendoza est à 14 h de Buenos Aires et à 6 h de Santiago du Chili. La ville de San Rafael est à 12 h de Buenos Aires et à 8 h de Santiago du Chili.

Voie aérienne vignette|260px|Le Métro léger de Mendoza (Metrotranvia de Mendoza) circule depuis 2012. Pour les longues distances, la ville de Mendoza est à 14 h de Buenos Aires et à 6 h de Santiago du Chili. La ville de San Rafael est à 12 h de Buenos Aires et à 8 h de Santiago du Chili. Mendoza dispose d'un aéroport : l'aéroport international de Mendoza Francisco Gabrielli ou aéroport El Plumerillo.

La ville de San Rafael en a un également. Avec un avion de cabotage, il faut 1 h 30 pour arriver à Buenos Aires et à peine une heure pour Santiago du Chili.