thumb|right|Église de Notre-Dame de Douch thumb|right|Le hameau de Douch

Douch est un hameau de la commune de Rosis, Hérault dans lequel s'est déroulé le un des premiers combats de la résistance française.

Toponymie Attestée sous les formes : alodes quae vocant Ductos cum ecclesiam S. Maria (966), ecclesia de Ductos quae vocant S. Maria, cum ipsa parrochia (978), parrochia ecclesie S. Marie de Dotz (1209), rector de Dotz (1323), Douts (1643)...

Le nom vient de l'occitan dotz, adotz = source.

Histoire Le combat de Douch (1943) Récit du combat Sur le plateau de Douch, dans le presbytère de l'église, était installé, depuis le , un groupe d'environ 50 maquisards entraînés par un maréchal des logis qui avait servi dans une unité de cavalerie : Christian de Roquemaurel. Avec son frère, Marcel, ils avaient décidé de consacrer tous leurs soins à la constitution d'un maquis qu'ils appelèrent Maquis Bir-Hakeim, en hommage à la bataille victorieuse que venait de remporter les forces françaises libres en Afrique du Nord.

Le groupe est composé à l'origine de seize étudiants toulousains renforcés par des combattants républicains espagnols réfugiés (consulté le 11 mars 2018). Initialement implanté à Villefranche-de-Rouergue, le groupe est transféré dans un endroit plus reculé, le plateau de Douch, dans le Sud du Massif Central, dans le massif de l'Espinouse (Hérault), qui semblait un meilleur abri pour effectuer un entraînement militaire intensif sous les ordres de professionnels.

Malheureusement, dénoncés ou prévenus d'une activité intense, les troupes allemandes sont rapidement informés d'une présence inhabituelle au presbytère du hameau, pourtant isolé. À 6h35 du matin, ce Compte rendu du 12 septembre 1943 : Attaques d'un camp de réfractaires par les troupes allemandes, publié sur le site des Archives départementales de l'Hérault (consulté le 11 mars 2018), une colonne de 200 soldats de la Wehrmacht, commandée par un capitaine, venue par la route de Lamalou-les-Bains, cerne le camp sans éveiller l'attention des guetteurs : un épais brouillard recouvrait le plateau ce matin-là. Un combat intense s'engage ; les troupes allemands sont soutenus par un armement de mortiers et de canons légers Rapport de la gendarmerie de Lodève, du 11 septembre 1943, sur l’attaque d’une bande armée de jeunes gens réfugiés près de Douch, page 15/60, publié le 15 janvier 2014 sur le site des Archives départementales de l'Hérault (consulté le 11 mars 2018). Au bout d'une heure, Roquemaurel constate que l'encerclement du camp est incomplet et que la face Nord du camp est libre. La décision de se replier est prise après avoir constitué un groupe de sept tireurs volontaires pour les couvrir avec notamment, le chef Hubert Arnaud (Henri Arlet de son vrai nom) et Jacques Sauvegrain… Deux hommes sont tués : Jean-Marie Allex, étudiant, brigadier d'artillerie et Alphonse Landrieux, employé des postes. Jacques Sauvegrain est blessé. Henri Arlet refuse de l'abandonner et le traîne avec lui sur une distance de deux kilomètres. Ils sont finalement faits prisonniers et vont rejoindre Edmond Guyaux et André Vasseur, déjà prisonniers eux aussi.

Mais le décrochage s'était effectué, le camp était sauvéJean Cassou : La leçon des enfants in revue Chateaubriant parue en novembre 1945.. Sur les 47 combattants, deux ont été tués et quatre sont faits prisonniers. La petite troupe se replie et atteint le village à demi-ruiné de Saint-Pierre-des-Cats (Mélagues dans l'Aveyron), où elle réussit à se restaurer et à trouver, non sans difficultés, des vêtements nécessaires, car ils avaient été surpris au petit matin.

Les suites du combat Au cours de ce combat, les troupes allemandes subirent de fortes pertes : huit tués dont un officier et douze blessés. Cet engagement, l'un des premiers aussi important dans la France occupée entre deux forces militaires encadrées par des officiers de carrière, est rapporté par le Général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre.

Les quatre prisonniers seront emmenés à Toulouse. La rapidité avec laquelle la radio de la BBC révèle cet héroïque combat a peut-être accéléré la répression pour les blessés restés aux mains des troupes allemandes. Les Quatre sont fusillés le à la prison Saint-Michel de Toulouse et leurs corps jetés dans une fosse commune à Bordelongue : Henri Arlet, étudiant de Toulouse, Edmond Guyaux, originaire de Vireux-Wallerand (Ardennes), évacué avec ses parents à Toulouse et devenu étudiant en classe préparatoire dans cette ville, Jacques Sauvegrain, élève de l'école polytechnique, André VasseurRésistants 1939-1945 : André Vasseur, publié sur le site Geneawiki (consulté le 11 mars 2018), originaire de Drucat (Somme)Fiche : André Vasseur, né le 24 janvier 1922 à Drucat (Somme), publié sur le site du Ministère de la Culture (consulté le 11 mars 2018), employé à Toulouse.

Hommages Plusieurs monuments commémorent le combat : vignette|Stèle à Douch. vignette Stèle du maquis Bir-Hakeim de Douch ; Monument de Mourèze aux 105 morts du maquis Bir-Hakeim ; Monument du charnier de Bordelongue (Toulouse) ; Cour Guyaux-Sauvegrain du lycée Pierre-de-Fermat de Toulouse ;

De même, plusieurs odonymes rendent hommage aux combattants : Chemin des Martyrs-de-Bordelongue, place Jacques-Sauvegrain, rue André-Vasseur, rue Edmond-Guyaux ; Boulevard Henri-Arlet à Sarlat ; Rue Edmond-Guyaux à Vireux-Wallerand.

Bibliographie

Journal Combat 57 . Charles de Gaulle : Mémoires de guerre (tome 2, 277 Plon). Jean-Louis Cremieux-Brilhac : Les voix de la Liberté ; Ici Londres 1940-1944 Ed. La Documentation Française 1976. René Maruéjol et Aimé Vielzeuf : Le maquis Bir-Hakeim C. Lacour Ed. Nimes 1947, réédition 1990.

Références

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