Le Capitole de Toulouse est un monument de la ville française, qui abrite aujourd'hui l'hôtel de ville et le théâtre du Capitole. Sa construction a été décidée par les Capitouls en 1190, afin d'y établir le siège du pouvoir municipal. Il est l'emblème de la ville et l'emplacement du pouvoir municipal depuis plus de huit siècles. Le Capitole est entouré par la place du Capitole à l'ouest, la rue de la Pomme et la rue du Poids de l'Huile au sud, le square Charles-de-Gaulle et la rue Ernest-Roschach à l'est et la rue Lafayette au nord.

Histoire Construction de l'ensemble L'histoire de cet édifice commence en 1190 lorsque les consuls de Toulouse recherchent un bâtiment pour héberger la maison commune. Ils ont l'ambition de construire une cité administrative entourée de remparts au . Mais ce n'est qu'au que le palais actuel a été construit par les capitouls. Le nom de cette maison commune est initialement « Capitulum » (Chapitre), « Capítol » en occitan : la maison des capitouls, qui votaient par tête, comme les chapitres ecclésiastiques. En 1522, Pierre Salmon, greffier à l'hôtel de ville, latinise le nom en « Capitolium », en référence au Capitole romainErnest Roschach, « Histoire graphique de l'ancienne province de Languedoc », tome seizième de l'« Histoire générale de Languedoc », Toulouse, Éditions Privat, 1905, ..

L'emplacement n'est pas choisi au hasard. Il est situé loin du château comtal à la limite de la cité et du bourg de Saint-Sernin contre une tour désaffectée de l'ancien rempart gallo-romain« Le Capitole de Toulouse », Éditions Privat, .. Les capitouls font l'acquisition de nombreux bâtiments et terrains autour de la maison commune afin de regrouper les services administratifs, les archives, la prison, les salles de réunion et de réception. Au , la maison commune forme un ensemble fortifié percé de portes correspondant à la superficie de l'actuel Capitole et de l'actuel square Charles-De-Gaulle.

Au , les capitouls veulent construire un palais municipal unique en France. Sa construction va durer près de deux cents ans. La façade du « Capitolium » a été bâtie en 1750 pendant dix ans sur les plans de Guillaume Cammas. En 1771, elle est peinte à la céruse et reste blanche jusqu'en 1883, date à laquelle les assises de briques et de pierres sont mises à nuJules Chalande, « Histoire monumentale de l'hôtel-de-ville de Toulouse », 1919–1922.. En 1974, puis en 1987 et 1994, les façades et les blasons sont rénovés par sablage.

Les huit colonnes de la façade en marbre de Caunes-Minervois symbolisent les huit premiers capitouls. En ce temps, Toulouse était divisée en huit quartiers : les « capitoulats », chacun géré par un capitoul. Cette façade avait pour but de cacher l'ensemble hétéroclite de bâtiments que les magistrats n'arrivaient pas à harmoniser. Elle donne sur la place du Capitole et protège la cour Henri-IV. Ainsi que le rappelle une plaque commémorative, c'est dans cette cour que le Henri II de Montmorency, duc de Montmorency, ennemi d'Armand Jean du Plessis de Richelieu, fut décapité en 1632.

Anciens bâtiments vignette|redresse|Plan du Capitole au : 1. Façade du Capitole 2. Cour Henri- 3. Poids Commun et la Bouille 4. Grand Consistoire 5. Chapelle des Consistoires 6. Salle octogone 7. Logis de l'écu 8. Donjon du Capitole 9. Tour de la Vis 10. Tour Charlemagne 11. Prison des hommes 12. Arsenal 13. Poids de l'huile 14. Petit Versailles

Appelé autrefois la Maison Commune, le Capitole se composait d'un ensemble plus important de bâtiments achetés, construits et modifiés au fil des siècles selon les besoins. Aujourd'hui, des anciens bâtiments seuls subsistent la tour des archives ou donjon datant du , les galeries de la cour Henri-IV du , la façade de l'hôtel de ville du et la porte du Petit Consistoire, sculptée par Nicolas Bachelier en 1546 puis déplacée dans la cour d'Henri IV voisine et surmontée d'un décor sculpté de Geoffroy Jarry (1561). Deux autres portes de Jean Aleman (1576) et de Pierre Monge (1620) ont été déplacées au jardin des plantes de Toulouse et accolées dos à dos.

Parmi les bâtiments détruits du Capitole figuraient principalement Studio Différemment, « Le Capitole au temps des Capitouls » sur « studiodifferemment.com ». :

Le Grand Consistoire Construite en 1552, cette grande salle servait aux cérémonies. Elle comportait une immense charpente, une cheminée monumentale, des verrières, des fresques portant les armoiries de centaines de capitouls. Plusieurs grands tableaux y étaient exposés parmi lesquels « L'Entrée de Louis XIV à Toulouse en 1659 », la « Vierge aux prisonniers » de Jean Chalette (actuellement au musée des Augustins)http://www.augustins.org/fr/oeuvre/-/oeuvre/35833 « Vierge aux prisonniers » de Jean Chalette et l'allégorie de « La Naissance de Madame Royale » (1778) de François Cammas, professeur de l'Académie Royale de peinture de Toulouse (détruite durant la Révolution)Allégorie relative à la Naissance de Madame Royale sur « gallica.bnf.fr ».. La salle du Grand Consistoire a été détruite en 1808 à l'occasion de la venue de .

La porte du Grand Consistoire, œuvre de Guiraud Mellot en 1553, est ornée des blasons des huit capitouls de l'année. Elle a été remontée à Paris au musée du Louvre ; les vantaux et le tympan en bois sculpté du qui l'accompagnaient sont conservés au musée Paul-Dupuy de Toulouse.

Le Petit Consistoire La construction de la salle du Petit Consistoire fut achevée en 1526. Elle se trouvait au rez-de-chaussée du donjon, à l'emplacement de l'actuel accueil de l'office de tourisme.

L'Arsenal L'« ostal de l'artilhariá » (maison d'artillerie, en occitan) a été construit à la fin des années 1550 à l'est de la tour Charlemagne et agrandi au début du . Il comportait une riche façade à tourelles.

Bâtiments La tour du donjon, les façades de la cour Henri IV et la façade donnant sur la place du Capitole ont été portées sur la liste de 1840 des monuments historiques, la première protection de ce type en France, et par arrêté du . La salle des Illustres, la salle des pas perdus, la salle du conseil municipal, la salle des mariages et le grand escalier d'honneur sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Les façades et toitures de l'ensemble du Capitole (hôtel de ville et théâtre) , l'enfilade des pièces situées au rez-de-chaussée de l'aile ouest (antichambre, salon rouge, trois bureaux du cabinet du maire, couloir) sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du .

Façade vignette|redresse|La façade du Capitole.

La façade du Capitole est construite de 1750 à 1760 en pierre calcairePierres issues essentiellement de la carrière de calcaire éocène de Belbèze, mais aussi de Carcassonne, de Pezens et de Roquefort-sur-Soulzon. et en briques, tandis que la base des murs est en grès de couleur grise à gris beige, issu de la molasse de Carcassonne (pierre d'appareil très employée dans le Languedoc, connue sous le nom de pierre de Carcassonne)Ces grès montrent des stratifications soulignées par des lits conglomératiques plus grossiers, traces du transport des gains de sable provenant de l'érosion des massifs granitiques des Pyrénées. Cf. .. En 1771, les briques sont cachées par de la peinture blanche selon la coutume du moment, contrairement à ce qu'avait prévu Guillaume Cammas, dont la composition mariait habilement les couleurs blanche et rouge. Ce n'est qu'en 1883 qu'on juge bon de respecter les vœux de l'architecte en peignant les briques en rouge et la pierre en blanc. Enfin, il faut attendre le ravalement de 1988 pour retrouver la beauté naturelle des matériauxDominique Baudis, « Le Capitole de Toulouse », Éditions Daniel Briand, , .. Le bâtiment est constitué de deux étages, de trois avant-corps couronnés de frontons et d'un entablement supportant un attique. Sur l'avant-corps central ont été placées huit colonnes en marbre pour symboliser les huit capitoulatsBaron Deszars de Montgailhard, « La façade actuelle de l'hôtel de ville de Toulouse ».. La façade est percée de 41 fenêtres ornées de balcons en fer forgé. Chaque balcon est décoré d'écussons : deux (les et balcons) possèdent les écussons colorés des armes de la ville, les autres représentent les armes des capitouls en exercice à l'époque de la construction. Ces blasons ont été forgés par Bernard Ortet. Mais en 1760, lors de la pose des écussons, les capitouls n'étaient plus les mêmes et refusèrent de poser les armes de leurs prédécesseurs. Les blasons furent placés dans les combles du Capitole et remplacés par ceux des capitouls en place. Pendant plusieurs années, à chaque changement de capitouls, les blasons connaissaient le même sort jusqu'en 1770. En 1793, les révolutionnaires arrachèrent les blasons en place mais oublièrent ceux cachés dans les combles. Retrouvés en 1827, ils furent remis en place sur les balcons. En 1988, les blasons sont remplacés par des copies à cause de leur état de dégradation.

Le Capitole par Eugène Trutat

Balcons du Capitole

Mascarons du Capitole La façade est ornée de nombreux mascarons anonymes représentant entre autres des figures de la mythologie grecque.

Outre les colonnes, l'édifice est percé d'un porche surmonté d'un fronton triangulaire. Il a été modifié au gré des régimes en place dans le pays. Il porte aujourd'hui et depuis 1871, le sceau de la République française, sur fond or. Mais au début, il portait l'effigie de Louis XV, puis celle de la déesse de la Liberté, l'effigie de , puis celle de Louis XVIII en marbre, puis la devise .

Le fronton Le fronton est surmonté de plusieurs statues qui sont des copies des œuvres du sculpteur Louis Parant. Elles représentent au centre une allégorie de la Justice et de la Force avec deux anges soutenant un écusson aux armes du roi de France. Au-dessus de la mairie à gauche, se trouve une représentation de Clémence Isaure et de Pallas, tandis qu'à droite au-dessus du théâtre se trouve une représentation de la Tragédie et de la Comédie. Les sculptures originelles ont été remplacées en 1988 et mises à l'abri.

Enfin, une plaque de marbre portant les inscriptions sous le fronton date de 1759 et a remplacé l'ancienne inscription .

La cour Henri-IV On accède à la cour Henri-IV par le portail de l'hôtel de ville qui perce la façade principale. Elle est entourée de deux galeries construites entre 1602 et 1607 sur les plans de Pierre Souffron. Elles ont remplacé deux tours et un poste de garde trop encombrants pour les conserver lors de la construction de la façade. Après la porte de Bachelier du , les galeries sont les parties les plus anciennes du Capitole.

Blasons de la cour Henri-IV Au début du , les capitouls souhaitent construire une galerie leur permettant de montrer leurs blasons et portraits afin d'accroître leur prestige. Les parlementaires ne voient pas cela d'un bon œil et, chargés d'autoriser et superviser les dépenses publiques faites dans le ressort du Parlement de Toulouse, ils refusent d'avaliser les travaux. Les capitouls demandent alors l'autorisation au roi Henri IV, qui accepte de la donner en échange de l'installation d'une statue à son effigie, la seule réalisée de son vivant..

La statue d'Henri IV en marbre polychrome de Thomas Hurtamat datant de 1607 est installée au-dessus du portail de Nicolas Bachelier. Mais elle est remplacée entre 1799 et 1800 par une Liberté puis retrouve sa place en 1815Description du portail sur site de la mairie de Toulouse.. Elle est constituée d'un corps en armure noire et une tête blanche couronnée de lauriers verts placée dans une niche entre deux oculi et des blasons des capitouls. Sous la statue, une inscription datant de la Révolution française demeure :