Au cours de l'histoire, l'Iran a été façonnée par de nombreuses religions et sectes, qu'elles soient locales ou non. Sous les régimes des empires Achéménide, Parthe et Sassanide, le Zoroastrianisme était la religion la plus pratiquée. Au , et avec la conquête musulmane de la Perse par le califat des Rachidoune, le Zoroastrisme a peu à peu décliné et a majoritairement été remplacé, de gré ou de force par l'Islam.
Selon le régime, la plupart des Iraniens sont chiites duodécimains. L'islam chiite est la religion officielle d'Iran à laquelle 89 % de la population appartient officieusement. Outre le sunnisme, qui représenterait encore 10 % de la population, les autres confessions religieuses du pays (zoroastrisme, christianisme, judaïsme, etc.) représenteraient 1 % de la population..
L'article 13 de la constitution de 1979 reconnaît trois minorités religieuses : les chrétiens, juifs et zoroastriens, qui disposent de sièges réservés au parlement. Leur reconnaissance est notamment fondée sur le fait qu'elles précèdent l'islam (et, pour le cas du judéo-christianisme, que ce sont des religions du Livre, partageant des prophètes communs). Les Sunnites, qui représenteraient 10 % de la population, et toute forme de culte musulman ne répondant pas au jafarisme, l'école juridique officielle de l'Iran, sont reconnus et protégés en tant que minorité par l'art. 12.
Les autres minorités religieuses (ou l'athéisme) n'ont aucune existence juridique : la minorité sabéenne avec quelques centaines de fidèles, ou les plus de adeptes de la foi bahá'íe, durement persécutés depuis leur création au .
Une étude menée en mai 2019 par le Pew Research Center a révélé que 87 % des Iraniens prient quotidiennement, ce qui est le deuxième pourcentage le plus élevé d'Asie-Pacifique, après l'Afghanistan (96 %) et devant l'Indonésie (84 %)..
En 2022 et 2024, 4 enquêtes concernant la religion des Iraniens ont été menées par les instituts de sondage GAMAAN et World Value Survey.
Groupes religieux minoritaires Athéisme Musulmans Sunnites, chiisme Christianisme en Iran Arméniens d'Iran Assyriens en Iran Zoroastriens en Iran Histoire des Juifs en Iran Foi bahá'íe Babis Mandéisme Yârsânisme (Ahl-e Haqq) Hindouisme Minorités religieuses tribales
Données sur les minorités religieuses Dans le International Religious Freedom Report 2003 du gouvernement des États-Unis, il est écrit que US State Department : International Religious Freedom Report 2003 : On dénombre environ 68 millions d'habitants, musulmans à 99 % (89 % chiites et 10 % sunnites), baha'is, chrétiens, zoroastriens, mandéens et juifs constituant moins de 1 % de la population. Les 10 % de sunnites d'Iran forment une minorité de 7 millions d'Iraniens, courant reconnu par le gouvernement et on dénombre 7 mosquées sunnites à Téhéran",liste des mosquées sunnite en Iran. La plus importante communauté religieuse non-musulmane est la communauté baha'ie, estimée entre et membres à travers le pays. Ils sont persécutés, et considérés comme apostats à la religion musulmane. Ils ne sont donc pas considérés comme des musulmans. Nombre d'entre eux sont exécutés durant la révolution iranienne.. D'un point de vue officiel, la république Islamique d'Iran nie la présence de baha'ie sur son sol, et elle refuse de donner toute statistique. C'est l'ONU qui cite entre 300 000 et 350 000 membres. Les chiffres de la CIA sont identiques à ceux de l'ONU. En Iran, la communauté baha'ie estime ses membres à au moins , et ses membres cachent cette pratique religieuse, car ils risquent la mort ou la torture des pasdarans, ou de la police religieuse. . L'estimation de la communauté juive varie entre et membres, ce qui représente une réduction substantielle des à juifs résidant en Iran avant la révolution islamique de 1979 . Il y a environ chrétiens dans le pays selon l'ONU, dont la majorité sont arméniens ou syro-chaldéens. Il y a aussi des protestants. Selon le représentant spécial de l'ONU, les chrétiens émigrent au rythme de à par an. Les mandéens, une communauté gnostique pré-chrétienne, compte approximativement à membres, principalement au Khouzistan. Le gouvernement estime qu'il y a zoroastriens, bien qu'eux-mêmes se revendiquent 60 000. Ils sont en majorité persans et sont concentrés dans les villes de Téhéran, Kerman et Yazd. Il y a aussi quelques dizaines de milliers de disciples de Subh-i Azal, qui s'appellent eux-mêmes « le peuple du Bayán » et sont nommés bábí / bayání / azalí, mais il est impossible de donner de chiffre exact, car ils continuent de pratiquer la dissimulation (taqīya) et ils vivent sans se différencier des musulmans qui les entourentArticle en anglais de l’Encyclopaedia of the Orient.. Il y a quelque en Iran, où ils sont présents au moins depuis -500 av. J.-C.. Ils sont d'ethnies persane et baloutches et n'ont pas de députés au parlement ; ils sont cependant représentés au niveau local mais restent très discrets. En 1978, ils étaient encore en Iran mais, même s'ils ne sont pas victimes de violences, leur nombre est en baisse depuis 1978. Ils suivent le même modèle alimentaire que la majorité de la population (sauf pendant le ramadan), et ils ne sont pas végétariens.
Au novembre 1976 information de recensement démographiqueAnnuaire démographique des Nations unies 1983, département des affaires économiques et sociales internationales, New York, 1985 Religion 1976 2008 Chrétiens 168 593 250 000 Arméniens + 40 000 Chaldéens Juifs 62 258 30 000 Zoroastriens 21 400 50 000 Musulmans 33 396 908 Inconnus 59 585 nc Total 33 708 744
Statut actuel L'islam chiite duodécimain est la religion officielle de la république islamique d'Iran. Les autres écoles musulmanes sont reconnues et trois religions « révélées » autres que l'islam sont considérées comme officiellement reconnues par la Constitution et disposent de leurs représentants au parlement (Majles) : les chrétiens (Arméniens, Assyriens), les juifs et les zoroastriens. La minorité sabéenne qui ne compte que quelques centaines de fidèles, et les plus de bahaïs, durement persécutés sous tous les régimes iraniens qui les ont considérés comme secte panislamique déviante, n’ont jamais été reconnus officiellement comme minorité religieuse bien que constituant le groupe non musulman le plus nombreux. Les musulmans sunnites, minoritaires en Iran, ne disposent pas non plus de sièges réservés.
On peut lire dans la constitution iranienne Constitution iranienne, principes généraux 12 et 13 ces douzième et treizièmes principes :
Selon l’article 14 de la Constitution et conformément au verset du CoranSourate LX ; 8 , le gouvernement se doit donc de respecter les droits humains des non-musulmans, tant qu’ils ne conspirent pas contre l’islam ou la république islamique d’Iran Principe 19 de la loi fondamentale de l’Iran, Juripolis.com L’aménagement linguistique dans le monde, Jacques Leclerc, CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique), Université Laval (consulté le 21 août 2006). Les représentants des minorités religieuses officiellement reconnues ont confirmé que l'enseignement de leur religion était assuré et respecté tant dans les écoles publiques que dans les écoles propres aux minorités. Cependant, peu après la révolution iranienne, le gouvernement a créé un Bureau des minorités (religieuses) afin de les surveiller (et de les contrôler). En 1993, le Majles (parlement) adopte une loi rendant obligatoire la mention de la religion sur les cartes d’identité, ce qui permet au gouvernement de contrôler plus facilement les minorités. Une des conséquences est l’éviction des chrétiens des services publics, des écoles, de l’armée et d’autres institutions de l’État. D'après le rapport de Abdelfattah Amor, .
D’après le rapport intérimaire du représentant spécial soumis à l’assemblée générale de l’ONU le 10 août 2001, (A/56/278) : Rapport annuel, Human rights Internet, 2001
Le Code pénal iranien ne contient aucune disposition spécifique se rapportant à l'apostasie, mais lorsque les juges doivent se prononcer sur des cas ne faisant l'objet d'aucun article du Code pénal, ils sont tenus d'appliquer leur connaissance de la loi islamique et, selon la tradition islamique, l'apostasie d'un musulman peut être punie de mort Article d'Amnesty International sur deux chrétiens persécutés. Certains musulmans s’étant convertis à d’autres religions sont donc eux aussi soumis à des pressions et des atteintes à leur vie.
Musulmans sunnites L'État iranien, officiellement chiite, exerce un favoritisme à l’égard de la grande majorité chiite de sa population, et a donc tendance à défavoriser les sunnites, qui en représentent environ 10 %.
Les sunnites en Iran se trouvent généralement parmi les populations baloutches et kurdes. Le Centre international pour le développement des politiques de migration (ICMPD), dans son rapport de 2005, cite par exemple le cas de leaders politiques ou religieux ayant été assassinés. Ces assassinats impliqueraient la participation de l’État ou au moins de membres d’organisation paramilitaires comme les bassijdis Evaluation report on april 2005 home office report on Iran, ICMPD, août 2005 (consulté le 15/10/2006). L’emprisonnement des personnalités sunnites demandant l’égalité est également un des moyens de pression utilisé par le gouvernement.
Foi bahá’íe
La communauté bahá’íe compte plus de membres en Iran « Update on the Situation of the Bahá’ís in Iran and Egypt », The Bahai World, Bahai.org, . Contrairement aux minorités religieuses des « gens du Livre », les baha'is ne sont pas reconnus par la constitution iranienne et ne disposent pas de sièges réservés au parlement. L’État iranien a confisqué des propriétés appartenant à des baha'is et certains membres de la communauté sont l’objet d’attaques de la part d’assaillants non identifiés. Les cimetières et sites sacrés de la communauté sont régulièrement vandalisés et détruits, comme le montre l’exemple de la destruction de la tombe de Mollah Mohammad-Ali Barfurushi avec l’approbation des autorités iraniennes. Il arrive aussi que des baha'is soient emprisonnés à cause de leur foi. Zabihullah Mahrami, par exemple, a été condamné à la prison à perpétuité sur la base de sa seule foi.
Selon un rapport de Human Rights Watch publié en avril 2024, les autorités iraniennes poursuivent une politique répressive systématique à l’encontre des bahá’ís, constituant un crime contre l’humanité au regard du droit international. Cette répression se manifeste par des arrestations arbitraires, des confiscations de biens, des restrictions dans l’accès à l’éducation et à l’emploi, ainsi que la privation de sépultures dignes pour les membres de la communauté. Human Rights Watch souligne que ces mesures, inscrites dans la législation et la politique officielles de l’État iranien, visent exclusivement l’appartenance religieuse des bahá’ís.
L'existence d'un mémorandum secret, appelé « Mémorandum Golpaygani » Mémorandum Golpaygani sur la "question baha'ie" photocopie et traduction en anglais, a été rendu public par le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme, Reynaldo Galindo Pohl, en 1993 UN Doc. E/CN.4/1993/41, Commission on Human Rights, 49th session, 28 January 1993, Final report on the situation of human rights in the Islamic Republic of Iran by the Special Representative of the Commission on Human Rights, Reynaldo Galindo Pohl, paragraph 310.. Dans ce rapport confidentiel sur la « question baha'ie », élaboré par le Conseil suprême de la révolution culturelle islamique, signé par le Guide suprême de la révolution islamique Ali Khamenei et daté du , sont énumérées des mesures à appliquer pour « étouffer » la communauté baha'ie.
Au début de l’année 2003, le gouvernement a fait passer une loi étendant le paiement des Qissas et Diya aux minorités religieuses. Les baha'is ont cependant été exclus de cette mesure car ils ne sont pas une minorité reconnue par le gouvernement.