Paul Pauly, de son vrai nom Claude-Gilbert Pauly, né le à Aubusson (Creuse) et décédé le à Champagne-sur-Oise (Val-d'Oise), est un homme politique français, membre du Parti socialiste (SFIO puis PS).
Biographie
Profession et action syndicale Après des études à l'école nationale professionnelle de Vierzon, Paul Pauly entre comme commis à la recette des finances de Guéret, avant de devenir percepteur, à Ahun puis Felletin, sous l'Occupation et à la Libération. Il participe au mouvement mutualiste creusois, dans le cadre de ce qui deviendra la Mutuelle du Trésor, et il est secrétaire départemental de la fédération CGT des fonctionnaires de 1926 à 1936. Il fonde également La Creuse syndicaliste, journal dont il assure la gestion et la rédaction avec son ami Roger Cerclier.. En 1930, ses activités vont être un temps suspendues, à la suite d'un grave accident de la route dont il est victime au volant de sa De Dion-BoutonVoir Le Mémorial de la Creuse..
Paul Pauly rédige régulièrement des articles dans Le Mémorial de la CreuseCe journal était la propriété de l'imprimeur Léo Moluçon, notable d'Aubusson, franc-maçon, socialiste et membre de la famille maternelle de Paul Pauly. Moluçon, candidat malheureux contre Sourioux à la législative partielle de 1939, était un ami personnel de Camille Benassy., occasionnellement dans Le Populaire du Centre et, plus rarement, dans La Montagne. Enfin, en 1936, il est médiateur dans divers conflits entre les salariés et les employeurs de plusieurs entreprises aubussonnaises.
Carrière politique Jusqu'en 1973, Paul Pauly mènera en Creuse une carrière politique particulièrement longue, sans échec électoral, entamée dès 1944. Après avoir participé à la Résistance, il est membre du Comité local de libération (CLL). Il est élu le au conseil municipal d'Aubusson et premier adjoint au maire le . Il est également élu au Conseil général de la Creuse (soutenu par la SFIO et le PCF) le . Il préside le conseil général de la Creuse dès 1946. Élu le au Conseil de la République (qui redeviendra le Sénat sous la République), il siège essentiellement à la commission des FinancesDans le cadre de la commission des Finances, Paul Pauly a été l'auteur de nombreux rapports. Il siégeait aussi, ponctuellement, aux commissions de la Production industrielle, du Suffrage universel, du Travail, des Affaires économiques, de la Reconstruction et de la Justice..
Devenu député en 1950, à la mort de Roger Cerclier, Paul Pauly démissionne rapidementC'est le député paysan, Anselme Florand, qui remplace Paul Pauly. pour rester à la Chambre haute où il est reconnu pour sa compétence en matière financière. Il ne cesse d'y plaider pour une fiscalité qui concilie incitation au développement économique et juste répartition des richesses. Membre de la commission des Affaires culturelles, de 1959 à 1968, il fustige régulièrement, comme rapporteur, le manque chronique de moyens dont souffre l'Éducation nationale. Enfin, il marque à la tribune sa franche hostilité à la réforme de 1972 portant sur les régions.
Homme de gauche, fidèle de Guy MolletPaul Pauly et André Chandernagor étaient les deux principaux molletistes creusois., admirateur de Jaurès et Blum, Paul Pauly refuse cependant toute forme de sectarisme, pratiquant le dialogue républicain avec ceux dont il ne partage pas les idées, comme le philosophe d'origine creusoise Jean Guitton, le président du Sénat Alain Poher ou même Jacques Chirac, alors jeune député de la Corrèze.
L'élu local Fils de tapissier, issu de plusieurs dynasties de tapissiers d'Aubusson (Barraband, Blanchet, de Chanet, Corneille, Deyrolle, Jaudoin, de Landriesve, Moluçon, du Plantadis, de Saint-Rapt, Vallenet...), Paul consacre une partie de son activité politique à la défense et à la promotion de la tapisserie d'Aubusson. thumb|left|Tapisserie d'Aubusson représentant la libération de Guéret, en 1944 Le sénateur de la Creuse contribue, en particulier, à l'acquisition par l'État de tapisseries de prestige destinées à diverses résidences de la République française, dont l'Élysée.
Paul Pauly préside le conseil général de la Creuse pendant presque trois décennies. C'est sous sa présidence, en 1962, que l'hôtel des Moneyroux, à Guéret, devient le siège du Conseil général. Début 1966, après avoir eu connaissance des résultats du dernier recensement, il adresse au plus haut niveau de l'État (Charles de Gaulle compris) un véritable cri d'alarme. L'exode rural frappe en effet de plein fouet le département. C'est à cette époque que s'accélère, sous l'impulsion de Michel Debré, député de La Réunion, l'arrivée en métropole des enfants que l'on nomme parfois Les Réunionnais de la Creuse. Cet épisode, complexe et douloureux, est régulièrement l'objet de controversesVoir : William Luret : Ti' Paille en queue - Enquête sur les enfants déportés de la Réunion, Éditions Anne Carrière, 2004 ; Marc Pivois : Enfants créoles perdus dans la Creuse, Libération, 2001.. Enfin, dans la seconde moitié des années 1960, conscients de la nécessité de promouvoir le tourisme en Creuse, Paul Pauly et le docteur Ferrand favorisent le développement des équipements d'accueil des rives creusoises du lac de Vassivière.
À Aubusson, parmi les diverses actions entreprises par Paul Pauly en tant que maire, on peut évoquer le développement du logement social, la transformation du château Saint-Jean en maison de retraite, l'implantation d'un terrain de camping ainsi que des travaux visant à limiter le risque d'inondation par la rivière Creuse. Le jumelage d'Aubusson avec d'autres villes, françaises ou étrangères, fera également partie des préoccupations du sénateur de la CreuseJumelage avec Eguisheim, en Alsace, et avec Assen, dans les Pays-Bas.. Enfin, il lance le projet de contournement du centre-ville par la RN 141 (qui allait de Saintes à Clermont-Ferrand) ainsi que celui de la future zone industrielle dite "du Mont".
Peu avant sa mortVoir : Robert Petit : Des fleurs et des épines - Vingt cinq années de vie aubussonnaise, 2011., Paul Pauly, pour raisons de santé, renonce à briguer un nouveau mandat de maire d'Aubusson. C'est un médecin d'origine russe, le socialiste Victor Pakomoff, qui devient le premier magistrat de la ville. Paul Pauly exerce néanmoins ses autres fonctions quand survient son décès en 1973. André ChandernagorVoir les pages consacrées à Paul Pauly dans l'ouvrage d'André Chandernagor La liberté en héritage, Pygmalion, 2004. lui succède à la tête de l'Assemblée départementale. Michel Moreigne, son suppléantAvant Michel Moreigne, Paul Pauly avait pour suppléant Alcide Sarre, maire de Chénérailles, conseiller général et père de l'homme politique Georges Sarre., le remplace au Sénat.
Concernant la durée particulièrement longue des responsabilités politiques exercées par Paul Pauly en Creuse, Nathalie Dumas nous livre, dans un ouvrage de 2022 consacré à André ChandernagorMemoring Éditions., l'opinion critique de l'ancien ministre :
Mandats Parlementaire 1946-1973 : Sénateur de la Creuse
Mandats locaux 1965-1973 : Maire d'Aubusson 1946-1973 : Président du Conseil général de la Creuse 1945-1973 : Membre du Conseil général de la Creuse (Canton d'Aubusson) 1945-1965 : au maire d'Aubusson 1945-1973 : Conseiller municipal d'Aubusson
Autres fonctions Membre de la CODER (Commission de développement économique régionale) du Limousin Vice-président des maires de la Creuse
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Histoire de la Creuse Politique dans la Creuse Conseil général de la Creuse Liste de résistants en France Liste des sénateurs de la Creuse Liste des députés de la de la Quatrième République Liste des maires d'Aubusson
Documentation Éléments biographiques sur Paul Pauly : Who's Who 1973 ; La Montagne, 27/09/1971, 02/04/2015 ; Le Monde, 29/06/1973 ; Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (Le Maitron en ligne, https://maitron.fr/spip.php?article125178) ; Dictionnaire historique des noms de famille, Nouveau Monde Éditions, 2005 Éléments généraux sur la vie politique dans la Creuse à la fin des années 1950 : Jean-Claude Pasty : Évolution de l'opinion publique dans le département de la Creuse, thèse dactyl. IEP Paris 1958
Liens externes
Catégorie:Personnalité de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Sénateur membre du Parti socialiste (France) Catégorie:Sénateur de la Creuse Catégorie:Membre d'un comité local de libération Catégorie:Membre du Conseil de la République représentant la Creuse Catégorie:Membre de la Ire législature du Conseil de la République Catégorie:Membre de la IIe législature du Conseil de la République Catégorie:Membre de la IIIe législature du Conseil de la République Catégorie:Membre de la IVe législature du Conseil de la République Catégorie:Résistant lié à la Creuse Catégorie:Conseiller général de la Creuse Catégorie:Président du conseil général de la Creuse Catégorie:Maire de la Creuse Catégorie:Creuse au XXe siècle Catégorie:Syndicaliste de la CGT Catégorie:Naissance en juillet 1901 Catégorie:Naissance à Aubusson (Creuse) Catégorie:Décès en juin 1973 Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Décès dans le Val-d'Oise Catégorie:Personnalité liée à la tapisserie d'Aubusson