Charles Jacque, né le à Paris et mort dans la même ville le ., est un peintre et graveur français de l'École de Barbizon.
Biographie vignette|redresse|Berger faisant entrer ses moutons, dessin au fusain (s.d.), collection Calvé-Cantinotti. Jeunesse et débuts Fils de Charles Laurent Jacque (1791-1867) et de Marie Joséphine Morot (1792-1864)Archives de Paris arrdt., décès année 1894, état civil , vue 24/31., Charles Émile Jacque, placé par ses parents, commence par faire un apprentissage de graveur chez un fabricant de cartes géographiques, en 1830, mais se trouve enrôlé dans l'armée la même année et participe au siège de la ville d'Anvers au cours de la révolution belge. Il termine sa période militaire en 1835 avec le grade de caporal. Il reprend sa formation artistique en autodidacte. Il effectue de nombreux séjours à Épervans où sa famille réside depuis 1830. Il réalise un grand nombre de paysages et de scènes de la vie quotidienne de cette région et commence à travailler pour la maison Aubert & Cie.
Il part en Angleterre en 1836 et séjourne à Londres jusqu'en . Il y conçoit une série de gravures sur bois pour illustrer une série d'œuvres publiées en partenariat avec un éditeur français, Léon Curmer, via un collectif de graveurs franco-anglais Bernard Goorden, Redécouverte de gravures du , Bruxelles, Ides et Autres, 2025 — lire en ligne..
L'aquafortiste et Barbizon
En compagnie de Jean-François Millet, Charles Jacque fréquente la ville de Barbizon dès 1845. Fuyant l'épidémie de choléra qui frappait Paris depuis le Gallica BnF, Rapport sur le choléra morbus de Paris, épidémie de 1849, Lyon, Imp. de Rodanet, 1849 (de mars à septembre 1849 : morts)., Charles Jacque s'installe en à Barbizon avec Jean-François Millet et Théodore Rousseau (1812-1867). Au début des années 1850, le groupe est rejoint entre autres par Jules Héreau. Le jeune Eugène Boudin le rencontre à plusieurs reprises« Eugène Boudin », notice artiste, site du MuMa..
Dès ses premières œuvres, les motifs qu'il affectionne sont d'inspiration rurale ou champêtre avec des représentations pastorales dans la nature ou dans des cours de ferme, des basses-cours picorant sur un tas de fumier, en compagnie de son ami Léon Dupuy qui ne fera pas carrièreLe peintre Eugène Galien-Laloue fit la connaissance en 1874 de cet artiste de cinquante quatre ans son aîné, et reprit son nom comme pseudonyme peut-être pour le faire connaître du monde de l'art, lui donner une deuxième vie (Noé Willer, Eugène Galien-Laloue (1854-1941), catalogue raisonné ; le triomphe de paris, Paris, Noé Willer ; New York, Alexander Kahan Fine Arts, 1999 ).. Il est le témoin objectif et amusé de toutes les scènes de la vie rurale. Il trouve son inspiration dans les paysages de l'Île-de-France, la Bourgogne, le Béarn, la Bretagne, etc.
Charles Jacque est aussi réputé comme aquafortisteHenri Beraldi, Les graveurs du siècle, Paris, Léon Conquet, 1889, tome 8, .. Il participe au renouveau de cette technique au . Il commence sa carrière de graveur en 1836. Après avoir réalisé quelques gravures de reproduction d'après les maîtres hollandais, Jacque s'adonne très tôt à la gravure originale. Charles Baudelaire écrit dans son Salon de 1845 où Jacque expose pour la première foisNotice œuvre exposée S 1845, base salons du musée d'Orsay. : Pierre-Olivier Fanica, Charles Jacque, 1813-1894 : École de Barbizon. Graveur original et peintre animalier, Montigny-sur-Loing, Art Bizon, 1995, 288 pages, ..
Aidé par son ami Auguste Delâtre (1822-1907), il imprime ses premières séries d'eaux-fortes. En 1866, il avait déjà produit plus de 460 gravuresJ.-J. Guifrey, L'Œuvre de Charles Jacque, Paris, 1866 — cité par J. Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, AMG, 1985, ..
Henri Beraldi distingue deux périodes dans son œuvre gravé. La première est celle plus spontanée de petites vignettes intimes d'inspiration hollandaise. La seconde, celle de la notoriété, est celle de la production de planches plus grandes d'où s'estompe « le caractère hollandais de son œuvrePierre-Olivier Fanica, , . ».
L'illustrateur Pour subvenir aux besoins de sa famille, Jacque fournit de nombreuses illustrationsGravées sur bois. pour les livres. En 1843, il réalise des gravures sur acier pour les Contes du temps passé de Charles Perrault, paru chez Léon Curmer. Citons, parmi ces autres nombreux livres, Le Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith, La Chaumière indienne, une nouvelle publiée avec Paul et Virginie, La Grèce pittoresque de Christopher Wordsworth, Versailles ancien et moderne d'Alexandre de Laborde. Il livre aussi quelques dessins pour le journal L'Illustration (en 1851) et Le Magasin pittoresque.
Il est aussi très tôt un excellent caricaturiste et publie de nombreuses lithographies humoristiques pour Le Musée Philipon et Le Charivari.
Un peintre animalier éleveur Ses représentations animalières s'adressent particulièrement aux amateurs de beaux animaux que la zootechnie naissante propose aux éleveurs avertis. Ses moutons de prédilection sont des mérinos, race en vogue à cette époque. Ses volailles correspondent aux belles races dont les amateurs s'entichent alors. Il écrit une des premières monographies sur l'élevage de la volaille, Le Poulailler, publié par Bixio à la Librairie agricole de la maison rustiqueMaison fondée en 1836 à Paris par Jacques Alexandre Bixio — Notice, catalogue général de la BnF. en 1857 et réédité une dizaine de fois. Dès 1849, à Barbizon, il s'était lancé dans l'élevage expérimental et la vente par correspondance d'œufs de poules sélectionnées, ayant racheté à Eugène Cicéri un terrain Philippe Brochard, « Eugène Ciceri (1813-1890) : Peindre, lithographier et enseigner le paysage au », Besançon, Université Bourgogne Franche-Comté, 2020, — sur HAL Open Science..
Vie familiale et dernières années En 1871, il achète la maison Guillaume André au Croisic et la restaure. Il y reçoit un certain nombre d'artistes connusLe croisic, ville historique, panneau de présentation de la maison Guillaume André, consulté sur site en octobre 2015..
Marié à Marie Élisabeth Mathis, Charles Jacque eut quatre enfants. Deux fils furent peintres paysagistes et animaliers, ainsi que graveurs et illustrateurs : Émile Jacque (1848-1912), et Frédéric Jacque (1859-1931)Ce dernier étant né à Montrouge et mort à Barbizon.. Le fils de ce dernier, Marcel Jacque (1906-1981), fut également peintre, responsable du musée Rousseau à BarbizonNé au domicile de son père, rue Lepic à Montmartre, il repose au cimetière de Barbizon. (Roger Karampournis, Barbizon d’hier et d’aujourdh’hui, Héricy, Éditions du puits fleuri, 2002, p. 150 ; André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions André Roussard, 1999, )).. Pendant la Commune, Charles Jacque éprouva un grand malheur, dont il ne s’est jamais consolé. Le troisième de ses fils, lui aussi artiste de talent, qui était garde national, fut rencontré par les troupes régulières, place Clichy, et fusillé. Jacque demanda qu’on ne lui en parlât plus, et en parla toujours. Il avait également une fille, mariée au peintre Camille Dufour, souvent récompensé..
Léon Jacque (1833-1871) est son frère et son élève. Il est membre comme lui de la Société des aquafortistes en 1865 et participe aux Salons de 1864 à 1866.
Charles Jaque avait son atelier au du boulevard de Clichy à Paris et une maison atelier au de la Grande Rue à BarbizonPlaque commémorative sur la façade..
Il meurt à Paris le . et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Voir ..
Décoration ()
Œuvre Le catalogue raisonné de l'œuvre de Charles Jacque n'existe pas à ce jour. Jules Guiffrey entreprit en 1866 l'inventaire gravé.
Œuvres dans les collections publiques
vignette|redresse|La Vieille Forêt, entre 1860 et 1870, New York, Brooklyn Museum.
Canada Québec, musée national des beaux-arts du Québec : La Bergerie, entre 1855 et 1890, huile sur toile..
États-Unis Cleveland, Cleveland Museum of Art : Bergère et moutons, vers 1876, huile sur boisBergère et moutons, notice sur le site du Cleveland Museum of art.. Norfolk, Chrysler Museum of Art : Le Grand Troupeau, huile sur toileRoger Karampournis, Barbizon d'hier et d'aujourd'hui, Éditions du Puits Fleuri, 2002, .. Memphis, Dixon Gallery and Gardens : L'Alchimiste, vers 1850, huile sur toile,
France Bourg-en-Bresse, musée de Brou : Deux poussins, dessin.. Brest, musée des Beaux-Arts : Paysage d'hiver au cheval, huile sur bois, Renaissance du musée de Brest. Acquisitions récentes, musée du Louvre, pavillon de Flore, département des peintures, -.. Chalon-sur-Saône, musée Vivant Denon : Les bœufs à l'abreuvoir, 1853, huile sur toile. Dijon : musée des Beaux-Arts : Marine, huile sur toile, . ; Paysage avec un berger et son troupeau, après 1849, dessin à la plume, encre de Chine sur papier, .. musée Magnin : Moutons à l'approche de l'orage, huile sur toile.. Abbaye de Flaran : Bergère gardant son troupeau, huile sur panneau, , Collection Simonow. Grenoble, musée de Grenoble : ensemble de dessins et d'estampes L'Isle-Adam, musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq : Repas de paysans dans une grange, eau-forte. ; Repos des paysans, eau-forte. ; Lavandières dans une cour de ferme, 1849, eau-forte.. Nemours, Château-Musée : Le Laboureur, 1845, eau-forte, photo.rmn.fr.. Bord d'une rivière, 1846, eau-forte, photo.rmn.fr.. Deux cochons, 1848, eau-forte, photo.rmn.fr.. Porcher surveillant son troupeau, effet du soir, 1850, eau-forte, photo.rmn.fr.. La Truffière, , eau-forte, photo.rmn.fr.. Paris : musée du Louvre : Bergère debout appuyée sur un tronc, gardant un troupeau de moutons, dessin. ; Chien de berger surveillant un troupeau de moutons, dessin. ; Hommes et chevaux à l'abreuvoir dans une cour de ferme, dessin. ; Paysage avec un troupeau de porcs, 1852, sanguine.. musée d'Orsay : Moutons au pâturage, 1871, huile sur toile. ; La Grande bergerie, 1881, huile sur toile. ; Troupeau de moutons dans un paysage ou Berger conduisant un troupeau de moutons en plaine, huile sur toile.. Bœufs à l'abreuvoir, 1849, huile sur toile, . Reims, musée des Beaux-Arts : Moutons à l'abreuvoir, vers 1850-1855, huile sur bois, . Moutons, vers 1865, huile sur bois, ., Moutons aux pâturage, 1873, huile sur toile, . Le Pont, huile sur toile, . Canards dans une basse-cour, huile sur bois, . Rouen, musée des Beaux-Arts : Nature morte, huile sur toile marouflée sur bois..
Royaume-Uni Londres, British Museum : plus de 500 estampes Charles Jacque: related objects, catalogue général du BM..
Russie Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage : Troupeau dans un paysage, 1872, huile sur cartonTroupeau dans un paysage, notice sur le site du musée de l'Ermitage..
Récits et ouvrages illustrés Histoire de La Ramée, histoire d'un ex-fusilier, raconté par Charles-Émile Jacque, ex-caporal, gravures sur bois, Paris, Aubert & Cie, 1835. Oliver Goldsmith, Le Vicaire de Wakefield, une partie des bois gravés, Paris, Bourgueleret, 1838. [collectif] H. Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, avec , Paris, Léon Curmer, 1838. Frédéric Soulié, La Lanterne magique : histoire de Napoléon racontée par deux soldats, 50 vignettes avec des annotations par Émile de La Bédollière, Paris, A. Henriot, 1838. [collectif] William Shakespeare, Complete Works, gravures sur bois reprises par , Londres, William S. Orr & Co., 1838-1843. [collectif] Les Français peints par eux-mêmes, vers 1840. [collectif] Christopher Wordsworth, Greece. Pictorial, Descriptive And Historical, Londres, William S. Orr & Co., 1839 ; trad. en français par M. E. Régnault, Paris, Léon Curmer, 1841. [collectif] Pierre Bernard et Louis Couailhac (dir.), Le Jardin des plantes, Paris, Léon Curmer, 1841-1842. Sterne, Voyage sentimental, préface de Jules Janin, ill. avec Tony Johannot, Paris, Bourdin, v. 1841.