Le prix Eugène Dabit - Le peuple et le style, prix littéraire français, a succédé en 2025 au prix Eugène Dabit du roman populiste, lui-même héritier du prix populiste créé en 1931 par Antonine Coullet-Tessier. (1892-1983) pour récompenser une œuvre romanesque qui .
Le populisme en littérature Le populisme est né en Russie dans les années 1870 de la volonté de jeunes étudiants qui choisissaient d'abandonner leurs universités pour aller partager leurs connaissances avec les paysans et les artisans. En France, ce mouvement qui avait déjà gagné la Hongrie et la Roumanie, fut impulsé par Léon Lemonnier et André Thérive, par un manifeste paru dans L'Œuvre du .
Il était fort éloigné de la dérive sémantique dont est l'objet depuis le terme « populiste ». Ce manifeste fut écrit en réaction contre une littérature bourgeoise prenant pour cadre unique les sphères les plus fortunées de la société française, privilégiant l'analyse psychologique et les élans nombrilistes au détriment de la subtile relation des faits les plus quotidiens, les plus concrets, ceux d'une vie réelle, drue et vigoureuse. , une formule tout aussi lapidaire qu'essentielle et qui a su réunir au travers du prix du roman populiste des auteurs aussi prestigieux que Jules Romains (1932), Henri Troyat (1935), Jean-Paul Sartre (1940), Louis Guilloux (1942), René Fallet (1950), Herbert Le Porrier (1952), et, plus près de nous, Jean-Pierre Chabrol, Bernard Clavel, Clément Lépidis, Raymond Jean, Leïla Sebbar, Louis Nucéra ou encore Olivier Adam, Dominique Fabre, Joseph Ponthus, Gilles Marchand ou Sorj Chalandon.
Histoire du prix Décerné pour la première fois en 1931 à Eugène Dabit pour son célèbre L'Hôtel du Nord, le prix du roman populiste s'est inspiré du manifeste de Lemonnier et Thérive.
Le prix n'est pas décerné de 1937 à 1939, en 1946 et 1947, ni de 1978 à 1983.
L'édition 2020 est annulée au profit d'une édition 2020-2021..
En , le prix du roman populiste prenait le nom de « prix Eugène-Dabit du roman populiste », en hommage et pour faire référence à son premier lauréat. Cette évolution entendait réaffirmer sa fidélité à une longue histoire et à des valeurs de progrès tout en revendiquant sa filiation à un genre littéraire qui place le peuple, sa vie, ses espoirs et ses combats au cœur de son écriture. Elle a également permis à ce prix de se démarquer des manipulations sémantiques qui ont détourné le sens du mot « populisme » pour déconsidérer le plus souvent des adversaires politiques ainsi accusés d'exploiter la supposée stupidité du peuple.
En , le prix s’est transformé en « Prix Eugène Dabit - Le peuple et le style », renonçant explicitement à la référence populiste mais sans renier l’héritage dont il est porteur depuis l’origine. Deux principales motivations ont poussé son jury à engager cette évolution : l’inexistence dans la création littéraire contemporaine d’un courant se réclamant du populisme et le brouillage de sens qu’entraîne cette référence pour définir le rôle que joue véritablement ce prix connu et reconnu dans le paysage littéraire contemporain.
Le « prix Eugène Dabit – Le peuple et le style » s’attache à récompenser des romans francophones reflétant la pluralité des vécus populaires, portant la dignité des voix invisibilisées, privilégiant la créativité stylistique et décortiquant les structures d’inégalités.
Jury Édition 2024.
Lauréats
Il existe une idée reçue, largement relayée par la critique, selon laquelle La Rue sans nom de Marcel Aymé aurait reçu le prix en 1930, ce qui est fauxCyril Piroux, « Marcel Aymé, romancier populiste par défaut », dans François Ouellet (dir.) et Véronique Trottier (dir.), Études littéraires, 44, 2 « Populisme pas mort : autour du Manifeste du roman populiste (1930) de Léon Lemonnier », été 2013 , 101-114 ()...
Notes et références
Voir aussi
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