Piotr Lavrovitch Lavrov (ou Pierre Lavroff, aussi orthographié Pierre Lavrov, en ) ( dans l'Empire russe - à Paris) est un écrivain russe, mathématicien, philosophe et sociologue, colonel qui fut destitué en raison de ses affinités avec les socialistes révolutionnaires de narodniki et fut contraint de s'exiler en France en 1870.

Biographie thumb|right|Piotr Lavrovitch Lavrov Né le à Melekhovo, région de Pskov, il devient professeur de mathématiques à Saint-Pétersbourg à l'âge de vingt et un ans. Il collabore au Dictionnaire encyclopédique russe (1864).

Influencé par Nicolaï Tchernychevski, il adhère au mouvement Zemlia i Volia (Terre et Liberté). Professeur à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg, il fut destitué et condamné à la relégation pour ses écrits révolutionnaires, les Lettres historiques. — 15 février 1900, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Série. Tome 1, 1900. pp. 99-104.Jules Huret, Enquête sur la question sociale en Europe (1897), p.260 Texte en ligne sur Gallica. Il est arrêté à la suite d'un attentat en 1866 . Déporté , il envoie à la revue Nedelja (La Semaine) ses Lettres historiques (1869) sous le nom de Mirtov.

Pour échapper à la relégation, il s'exila en France en 1870, juste avant la Commune de Paris, et s'affilie à la Première Internationale. Il prend part à la Commune. dont il est un des délégués à Bruxelles et à Londres. Il se réfugie à Genève où il crée la revue Vpered (En avant).

En 1877, de retour à Paris, il devint membre de la Société d'anthropologie de Paris, laquelle lui rendit hommage à sa mort. Il fonde Le Messager de la volonté du peuple, revue dans laquelle il prône l'abandon du « terrorisme » . En 1882 il est expulsé de France (en vertu de la loi du 3 décembre 1849) pour avoir créé une société de secours aux prisonniers politiques et déportés russes. Il rejoint alors Londres, où il crée une société similaire avec Véra Zassoulitch, sans être inquiété par les autorités en raison de la plus grande tolérance anglaiseJournal officiel de la République française. Débats parlementaires, 12 mai 1882, p.570 . Il collabore à Matériaux pour l'histoire du mouvement socialiste (1892-1896). À sa mort, il travaillait à une œuvre philosophique, Essai sur l'histoire de la pensée dans les temps modernes.

Il meurt le , en son domicile au 328 rue Saint-Jacques, à Paris .

Les lettres à Jules Huret (1897) Lavroff fut interviewé notamment par le journaliste Jules Huret, du Figaro, qui le présentait en 1897 comme le .

Au cours de cette lettre, datée du , Lavroff prit soin de distinguer les « partisans du terrorisme révolutionnaire en Russie » de la « propagande par le fait », inscrivant les attentats commis par les socialistes-révolutionnaires contre le régime tsariste dans la lignée des tyrannicides, soutenus par le peuple et comme n'étant pas des Jules Huret, Enquête sur la question sociale en Europe, Paris, 1897, , cité par Henry Laurens, « Le terrorisme, personnage historique », in Terrorismes : Histoire et droit, dir. Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty, CNRS éditions, 2010. Il pensait possible un soulèvement moujik, Lettre publiée par Jules Huret, , 262. L'entretien traite aussi du nihilisme, qualifié de faite , , 266.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Lavroff, Pierre (2001), Lettres historiques, traduit du russe par Marie Goldsmith, Adamant Media Corporation, 366 p., Lavroff, Pierre, Matériaux pour l'histoire du mouvement socialiste Lavroff, Pierre, Essai sur l'histoire de la pensée dans les temps modernes Lavroff, Pierre (1881 sous pseudonyme en Russie), « Le Progrès : Théorie et pratique », in Le Devenir social, année- & 4 (1895) Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. - Pierre Lavroff. - Paris : Humanité nouvelle, 1900. - 15 p. (voir ) Rappoport, Charles (1901), La Philosophie sociale de Pierre Lavroff Tcheskis, L.-A. (1912), « La philosophie sociale de Pierre Lavroff ; ses rapports avec le matérialisme historique (Étude critique), I et II » in Revue de synthèse historique, tome XXV Tcheskis, L.-A. (1913), « La philosophie sociale de Pierre Lavroff ; ses rapports avec le matérialisme historique (Étude critique), III » in Revue de synthèse historique, tome XXVI Brasseur, Roland (2012), « Pierre Lavroff » sur Les mathématiciens du cimetière du Montparnasse Kimball, Alan (1971), "The Russian Past and the Socialist Future in the Thought of Peter Lavrov", Slavic Review, Vol. 30, No. 1 (Mar., 1971), pp. 28-44 (lire en-ligne sur Jstor) Pomper, Philip (1972), Peter Lavrov and the Russian Revolutionary Movement. Chicago, University of Chicago Press, 1972.

Articles connexes Marie Goldsmith Étrangers dans la Commune de Paris

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