Étienne Aubry, né le à Versailles et mort dans la même ville le , est un peintre français.

Biographie

D’une famille peu aisée, Étienne Aubry montra tôt des dispositions pour le dessin.. Il commença sa formation artistique avec Jacques Augustin de Silvestre, « maitre à dessiner des enfants de France », avant d’entrer dans l’atelier du peintre néoclassique Joseph-Marie Vien, futur directeur de l'Académie de France à Rome et Premier peintre du roi.

Dans les premières années de sa carrière, Aubry travailla presque exclusivement comme portraitiste, et c’est en tant que tel qu’il fut agréé à l’Académie royale en 1771. Il fit ses débuts au Salon de la même année, exposant quatre portraits. Il connait ses premiers succès dans ce genre, portraiturant certains de ses plus célèbres contemporains : Christoph Willibald Gluck, Étienne Jeaurat (vers 1771), Madame Victoire jouant de la harpe (1773), etc. Le , il est reçu à l’Académie royale comme portraitiste avec les portraits de Noël Hallé et de Louis-Claude Vassé comme morceaux de réception. À partir de ce moment, voulant donner plus d’essor à son talent, il se mit à peindre, à la façon de Jean-Baptiste Greuze, dans le genre plus considéré dans la hiérarchie des genres, des scènes de genre pathétiques et morales, tirées de la vie domestique. En fait, après n’avoir exposé que des portraits aux Salons de 1771 et 1773, n’avoir présenté qu’un seul portrait, avec un certain nombre de scènes de genre, en 1775, comme l’Amour paternel, il n’exposa aucun portrait en 1777, où sa présentation du Mariage rompu au salon de 1777 eut un grand succès. vignette|Portrait de Christoph Willibald Gluck peint en 1777. Bien décidé à devenir peintre du « grand genre » d’histoire, il se rendit, avec la protection du surintendant des bâtiments de France, comte d'Angiviller, son mécène le plus important, à Rome, à l’automne 1777, afin de se former à la peinture d’histoire. Ses images d’histoire ne rencontrèrent cependant pas le succès escompté, il peignit très peu et, en 1780, il retourna, malade de fièvres, en France où il mourut l’année suivante. Il avait néanmoins pu réaliser Les Adieux de Coriolan à sa femme (1781), sa dernière tentative dans la grande manière, exposé à titre posthume au Salon à l’automne 1781, qui remporta un grand succès. Selon Bachaumont, . Pour la Gazette des beaux-arts, il .

Aubry était très apprécié de ses contemporains. Diderot a écrit à son sujet : Son œuvre a été gravé par Delaunay, Saint-Aubin, ou encore Le Vasseur. Frère cadet de Philippe-Charles Aubry, à qui l’on doit la première traduction française des Passions du jeune Werther, il avait épousé la fille de son collègue Louis-René Boquet, Marie-Madeleine Boquet, dont il eut un fils, Marie-Augustin, né à Paris vers 1774, entré dans l’atelier de Vincent à l’école de l’Académie de et il était encore en 1791.

Son œuvre vignette|Les Adieux de la nourrice, gravure de Nicolas de Launay d'après Aubry. Dans ses œuvres, Aubry s’est attaché à retranscrire des questions sur l’éducation., des débats virulents au , comme confier son enfant à des nourrices. (L’Adieu à la gouvernante, 1777), l’évolution de la vie de la femme, le rapport à la maternité, etc. Il va donc se servir de la scène de genre pour dénoncer ou répondre à ces questions.

Ses tableaux Les Adieux de Coriolan, au moment où il part pour se rendre chez les VolsquesConservé au musée d'art et d'histoire de Cholet. et Les Adieux d'un villageois et de sa femme au nourrisson que le père et la mère leur retirent figuraient dans la collection de son professeur Jacques Augustin de SilvestreFrançois-Léandre Regnault-Delalande, Catalogue raisonné d'objets d'art du cabinet de feu de Silvestre, ci-devant chevalier de l'ordre de Saint-Michel et maître à dessiner des enfants de France, 1810, 1 et 2. L'auteur de ce catalogue indique que Nicolas de Launay a gravé ce second sujet sous le titre La Première leçon d'amitié fraternelle et ajoute que ..

Œuvres dans les collections publiques

Aux États-Unis Détroit, Detroit Institute of Arts : La Bergère des Alpes, 1775. Williamstown, Clark Art Institute : L’Adieu à la gouvernante, 1777.

En France

Sorbonne ;le Portrait en pied de Louis François Armand Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, en habit de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit par Etienne Aubry (1745-1781) ; Chancellerie de la Sorbonne;

Châlons-en-Champagne, musée des beaux-arts et d'archéologie : Visite à la nourrice, huile sur toile. Cholet, musée d’art et d’histoire : Les Adieux de Coriolan à sa famille, au moment où il part pour se rendre chez les Volsques, Salon de 1781, huile sur toile. Paris, musée du Louvre : Christoph Willibald Gluck, vers 1771, huile sur toile ; Le Verre de vin, huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon : Portrait de Louis-Claude Vassé, 1771, huile sur toile, morceau de réception à l’Académie ; Madame Victoire jouant de la harpe, 1773, huile sur toile ; Portrait de Noël Hallé, 1775, huile sur toile, morceau de réception à l’Académie.

Au Royaume-Uni Birmingham, Barber Institute of Fine Arts : L’Amour paternel, 1775, huile sur toile.

Œuvres gravées d’après Étienne Aubry

Notes et références

Sources Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres en France, depuis jusqu’à nos jours, , Londres, John Adamson, 1782, 344, . Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, , Bruxelles, H. Ode, 1847, . Adolphe Siret, Dictionnaire historique et raisonné des peintres de toutes les écoles depuis l'origine de la peinture jusqu'à nos jours, , Bruxelles, Les Principaux Libraires, 1883, 2 vol., -570 ill., pl., portraits, fac-simil. ; gr. in-8°, .

Bibliographie Florence Ingersoll-Smouse, « Quelques tableaux de genre inédits par Étienne Aubry (1745-1781) », Gazette des beaux-arts, , .

Liens externes

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