vignette|Signature. Jean-Baptiste Debret, né le à Paris où il est mort le , est un peintre d'histoire et lithographe français.
Il était le frère de l'architecte François Debret et le cousin de Jacques-Louis David dont il devint l'élève. Sous l’Empire il réalisa nombre de peintures officielles pour le régime. Après la chute de l'Empire, il accepta une proposition du roi du Portugal Jean VI en exil au Brésil, et fit partie d'une mission d'artistes venus rejoindre la cour. Il est l'auteur de l'album Voyage pittoresque et historique au Brésil où il fait part de ses observations sur les coutumes du pays.
Jeunesse et début de carrière Fils de Jacques Debret, greffier à la peau au Parlement de ParisActe de Baptême, paroisse Saint-Eustache, Archives de Paris, et frère de François Debret (1777-1850), architecte, membre de l'Institut de France, Jean-Baptiste Debret était apparenté à François Boucher et cousin de Jacques Louis David (1748-1825), chef de l'école néoclassique française. Il fit ses études au collège de Clermont (futur lycée Louis-le-Grand). Âgé de seize ans, il accompagna à Rome pendant un an Jacques Louis David qui y séjournait avec son élève Germain Drouais qui venait de gagner le prix.. En 1791 il obtint le second prix de Rome, avec le tableau Regulus revenant à Carthage.
On ne trouve aucune trace de l'activité de Debret pendant la période révolutionnaire. En , âgé de 25 ans et quatre mois, il échappa à la levée en masse ; mais l'époque n'était pas favorable à la peinture. Les deux grands-pères de Debret étaient des entrepreneurs maçons. Il rejoignit la tradition familiale en , en entrant comme surnuméraire à l'École des ponts et chaussées"État des talents des Élèves des Ponts et Chaussées" (cote MS.1911, An III (1794) Fol.). En , il fut engagé comme dessinateur de à l'École centrale des Travaux publics (future École polytechnique) qui venait de commencer son activité« Supplément à l'état des appointements du mois de Pluviôse, an 3 de la République, des agens employés à l'École centrale polytechnique des Travaux, qu'on a omis de porter au dit État, Archives Nationales, F/17/1392. ; en décembre, il remplaça un autre élève de David, François Gérard, comme instructeur de dessin« État de traitement du personnel à l'École Polytechnique (1 quinzaine de nivôse an 4) » Archives nationales F/17/1392.. En , son poste étant supprimé, il quitta l'École polytechnique« État des traitements düs pour la première Quinzaine de Germinal aux Employés de l'École polytechnique non compris dans la nouvelle organisation et dont le traitement doit cesser au 1 Floréal an 4 » [dont Lemire aîné, Gounod, Debret, Durand, instructeurs particuliers pour le dessin]. Archives nationales F/17/1392..
Jean-Baptiste Debret s'est marié le avec Élisabeth Sophie Desmaisons (1775-1848), fille de Nicolas Jacques Desmaisons et de Marguerite Julie Buron appartenant à une famille de maîtres maçons parisiens et sœur de Geneviève Buron qui la mère du peintre David, petite-fille de Jacques François Desmaisons (ca 1725-1789), architecte, lui-même frère de Pierre Desmaisons, architecte, membre de l'Académie royale d'architecture de la seconde classe en 1762 et de la première classe en 1776.
Au Salon de 1799 il exposa son tableau du concours de Rome et Aristomène délivré par une jeune fille. Il travaillait simultanément à la décoration intérieure de bâtiments construits par les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine. Au Salon de 1804 il exposa le tableau Le Médecin Érasistrate découvrant la cause de la maladie du jeune Antiochus. Pendant le règne de Napoléon Bonaparte il produisit des tableaux exaltant l'Empereur.
thumb|Première distribution des croix de la Légion d'honneur, par Debret (1810).
Au Salon de 1805 il exposa Napoléon rend hommage au courage malheureux, qui reçut une mention honorable de l'Institut de France, en 1808 Napoléon décore à Tilsitt le grenadier Lazareff de la croix de la Légion d'honneur, en 1810, Napoléon s'adressant aux troupes et en 1812 Première distribution des croix de la Légion d'honneur dans l'église des Invalides (1812). Il travaillait aussi pour la gravure. En 1808-1809 il voyagea à Rome; il publia à son retour un médiocre recueil de dessins gravés par L. F. Petit, Costumes italiens, et de 1812 à 1813 des cahiers d'exercices de dessin.
À la fin de l'Empire, il exposa au Salon de 1814 son dernier tableau sur un thème antique, Andromède délivrée par Persée.
La mission artistique au Brésil thumb|Portrait de dom João VI par Debret. La défaite de Napoléon en 1815 fut un rude coup pour les artistes néoclassiques, qui perdaient le principal pilier financier et idéologique de leur art. La perte de son fils unique âgé de dix-neuf ans, fut un autre choc pour Debret. À la même époque, lui et l'architecte Grandjean de Montigny furent invités à participer à une mission d'artistes français qui devait partir pour la Russie à la demande du tsar Alexandre . En même temps le marquis de Marialva, ambassadeur du Portugal à Paris préparait une mission vers le Brésil. Joachim Lebreton, futur directeur de cette mission, les sollicita. Ils choisirent le Brésil et s'embarquèrent au Havre le sur le Calpe, voilier nord-américain, avec les 40 artistes qui composaient la mission, dont le plus notable était le peintre Nicolas Antoine Taunay. Il accosta à Rio de Janeiro le .
La mission instituée, à l'instigation de António de Araújo e Azevedo, comte da Barca, par Jean VI de Portugal, avait entre autres objectifs, celui de concevoir et d'organiser la création d'une Académie des beaux-arts à Rio de Janeiro. Les artistes français ne pouvaient être populaires auprès des artistes portugais déjà installés à Rio depuis l'invasion de leur pays par les troupes de Napoléon, et moins encore auprès des artistes nés au Brésil ; d'autant plus que les nouveaux arrivants prétendaient à la supériorité professionnelle sur les autres. De plus, les artistes français rivalisaient pour un très petit nombre de commandes publiques, tandis que les commandes privées ne répondaient pas aux espérances. En 1817 le comte da Barca, mourut ; en 1819, ce fut Lebreton. À l'issue de la période d'engagement des artistes français, en 1820, l'Académie des beaux-arts n'avait pas été ouverte. Selon le très caustique Jacques Arago ; son voyage date de 1817.. Taunay rentra en France. Debret avait repris, auprès du roi Jean VI, ses activités de peintre officiel, et il resta. Il avait obtenu la charge de peindre les rideaux et fonds de scène au théâtre São João.
Debret habitait à cette époque une maison à Catumbi, alors situé à la lisière de la ville. En 1821 s'ouvrit une période de troubles qui déboucha en 1822 sur l'indépendance du Brésil et le couronnement de Pierre du Brésil comme empereur. Pierre admirait Napoléon. Debret avait été peintre officiel du régime impérial. Pierre le consulta pour le dessin du premier drapeau vert et jaune de l'empire du Brésil, et obtint par la suite plus de commandes. Il ne voyagea guère en dehors de Rio de Janeiro, sauf pour une excursion dans l'intérieur de la Province, à Nova Friburgo, et un voyage plus important dans le Sud du Brésil en 1827.
En , la situation de Debret s'améliora considérablement. Il devient, à son ouverture, titulaire de la chaire de peinture d'histoire de l'Académie des beaux-arts tout en restant premier peintre de l'Empereur. Cependant à partir de 1828, la situation politique devint à nouveau instable. Debret avait hérité de ses parents en 1824 ; il avait obtenu en 1828 d'être nommé correspondant de l'Institut de France, Académie des beaux-arts, dont son frère faisait déjà partie. En 1830, il organisa une première exposition des œuvres de ses élèves brésiliens ; en 1831, après la seconde, il obtint un congé de trois ans pour retourner en France.
Il ne séjourna plus au Brésil. Il devint dès sa fondation en 1833 membre de l'Institut historique de Joseph-François Michaud, dont le bulletin publia des textes postérieurement annexés au Voyage. Il entreprit, à partir des dessins aquarellés qu'il avait réalisés depuis 1820 environ, la publication de son Voyage Pittoresque et Historique au Brésil, vendu en livraisons en 1834-1835. Son ouvrage heurta les Brésiliens de l'Institut Historique et Géographique du Brésil, dont le patriotisme était offensé par les critiques qu'il faisait aux mœurs des Brésiliens (blancs) et la place qu'il accordait aux mulâtres et aux NoirsRevista trimensal do Institut Historico Geographico Brésileiro, 1841..
On lit dans un livre français :
Debret mourut à Paris en 1848 sans avoir exposé de nouvelles peintures.
Voyage pittoresque et historique au Brésil Dans , Debret révèle la profondeur de la relation personnelle et émotionnelle qu'il a acquise avec ce pays où il a vécu pendant 15 ans. En 1831 le peintre revint en France en avançant des raisons de santé.
Néanmoins, et contrairement à ses allégations, il y a deux autres hypothèses pour expliquer son retour : il souhaitait peut-être retrouver sa famille, et en outre mettre en forme le premier volume de son Voyage pittoresque et historique au Brésil. On peut penser aussi qu'en 1831 il avait 63 ans et qu'il croyait que cet ouvrage pouvait lui assurer une sorte de rente pour la retraite, étant donné que ce genre de publications (almanachs de voyageurs - livres avec images accompagnées de textes) rencontrait un grand succès au début du – époque où Debret était parti pour le Brésil. De toute façon ce ne fut pas le cas : quand il revint en France, ce genre de publication n'avait plus le même succès et l'œuvre fit peu de bruit en France.
Debret essayait de montrer aux lecteurs — européens en particulier — un panorama qui dépassât la simple vision d'un pays exotique, intéressant seulement au point de vue de l'histoire naturelle. C'est une œuvre historique qu'il voulait créer ; il voulait montrer en détail et avec un soin minutieux la formation — spécialement au sens culturel — du peuple et de la nation brésilienne ; il cherchait à enregistrer certaines particularités du pays et du peuple, dans une tentative pour représenter et préserver son passé, sans se limiter aux seules questions politiques, mais en s'étendant aussi à la religion, la culture et les mœurs des hommes au Brésil.
Pour ces raisons, l'œuvre de Debret est considérée comme une contribution importante pour le Brésil, et souvent elle est analysée par des historiens comme une représentation (assez réaliste, même si elle n'est pas parfaite) du quotidien et de la société brésilienne — en particulier, de la vie à Rio de Janeiro – dans le premier tiers du .
Publiée à Paris, entre 1834 et 1839, sous le titre Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil, depuis 1816 jusqu'en 1831 inclusivement, époques de l'avènement et de l'abdication de S.M.D. Pedro , fondateur de l'empire brésilien, l'œuvre se compose de 153 planches, accompagnées de textes qui expliquent chaque illustration.
Présenter ainsi une œuvre (des textes descriptifs pour accompagner les images) n'était pas très fréquent chez les artistes qui venaient au Brésil pour faire des représentations du pays, ce qui augmente encore davantage le caractère particulier et l'importance de Debret : l'importance de l'œuvre ne vient pas seulement de son côté artistique, mais bien de tous les intérêts qui se combinent dans cette représentation du quotidien, à quoi s'ajoutent les textes qui expliquent les lithographies. Préoccupé par le sens des textes, Debret les lie étroitement aux illustrations contenues dans ses travaux, et l'aspect historiographique est ainsi placé au premier plan en relation avec l'aspect proprement artistique.