vignette|Un barbell. Un piercing génital féminin est un bijou, généralement métallique, perçant la chair du sexe féminin. Le piercing génital, et plus généralement sexuel (langue, seins) est plus fréquent chez la femme que chez l’homme, les femmes accordant au piercing comme au tatouage une valeur érotique plus marquéeBruno Rouers, « Les marques de l’être et du paraître. Piercings, tatouages, des actes individuels et volontaires », Enfances et PSY, 2006/3, , ..

Il existe différents emplacements, et différents bijoux. Historiquement, il existe peu de preuves directes d'une réelle pratique du piercing génital avant la période contemporaine, en dehors de témoignages anecdotiques concernant l'utilisation de dispositifs de piercings, comme cadenas en lieu et place de ceintures de chasteté. Dans la pratique actuelle, ces piercings remplissent souvent un rôle surtout esthétique plutôt que purement sexuel, ce qui rapproche leur usage de celui des tatouages.

. Il existe toujours un risque de lésions nerveuses associées à l'intervention et à la présence de l'objet, et l'une des craintes est de provoquer, lorsque la stimulation est réelle et constante, des difficultés ou une incapacité à atteindre l'orgasme pendant les rapports sexuels.

Histoire

Selon la psychologue Paola Desfourneaux, le piercing génital, masculin comme féminin, était pratiqué dans la Rome antique afin d'interdire aux esclaves d’avoir des rapports sexuelsPaola Desfourneaux, « Corps postmodernes et corps toxicomanes : quels rapports à l’enveloppe charnelle ? », La Clinique lacanienne, 2002/8, , ..

Typologie des piercings génitaux féminins

Piercing du capuchon du clitoris

Le piercing du capuchon passe dans le repli cutané entourant le clitoris, au-dessus du clitoris. Il existe deux types principaux de piercing du capuchon, en fonction de son emplacement, de la configuration et de son orientation. . Le piercing de type horizontal est essentiellement décoratif, bien qu'il puisse augmenter les sensations dans une moindre mesure que le piercing vertical.

Piercing du clitoris

Le piercing du clitoris le traverse soit verticalement soit horizontalement, en fonction de l'anatomie de la femme, et il exige que la candidate au piercing ait un clitoris suffisamment gros pour que le piercing soit viable. De plus, il existe toujours un risque de lésions nerveuses associées à ce type de bijou.. Une des raisons pour lesquelles ce type de piercing est très rarement pratiquée est la crainte souvent avancée par les professionnels de provoquer une désensibilisation du clitoris, des difficultés ou même une incapacité à atteindre l’orgasme pendant les rapports sexuels. Cette éventualité est tout à fait exceptionnelle et réversible après retrait du piercing..

Les bijoux de style anneau en or ou métal chirurgical captif à billes et barbell peuvent tous les deux être portés dans ce piercing, à la fois pendant la phase initiale et à long terme.

Il peut être vertical ou horizontal en fonction de l’anatomie. Ce piercing, comme les piercing génitaux masculins qui transpercent le gland, ; quelques femmes ont ainsi rapporté avoir eu, après un piercing du clitoris, pour la première fois un orgasme lors d'un rapport sexuel vaginalFerguson H., «Body Piercing», dans BMJ, vol. 7225, no 319, année 1999, à 1629.. Ce piercing est d'origine contemporaineJim Ward interviewé par Andrea Juno déclarait, lors de la publication de son livre en 1989 : Réf : Les Modern Primitives, Re/Search Publications ..

Piercing Christina

Le piercing Christina est situé à l'endroit où les grandes lèvres se rencontrent, au-dessous du mont de Vénus. À moins que la bénéficiaire ait une anatomie particulièrement plantureuse, les Christinas sont généralement considérés comme des piercings de surface et présentent un fort taux de rejet. En raison de variations anatomiques, il n'est pas possible de le réaliser sur toutes les femmes.

Le piercing guérit généralement en trois à quatre mois. Comme il s'agit d'un piercing de surface, il peut entraîner des complications au cours de la phase de cicatrisation. Des difficultés ultérieures sont possibles en raison de la longueur relativement importante du canal de piercing, de mouvements constants et de frottements. En plus du risque d’infection, le piercing Christina est également enclin au rejet. Dès qu'il est complètement cicatrisé, les bijoux doivent être enlevés avant le rasage intime des régions de la vulve ou du mont de Vénus.

Pour le Christina on utilise généralement un barbell circulaire ou un barbell de surface, pour réduire le risque de rejet. Si l'anatomie de la bénéficiaire le permet, un anneau captif à billes peut être porté soit comme bijou initial, soit inséré après la guérison complète du piercing.

Ce piercing n'est pas réputé pour apporter une stimulation supplémentaire au cours des rapports sexuels et peut même être source d'inconfort quand une pression est exercée sur lui, par exemple lors du port de pantalons trop serrés. Le premier piercing Christina a été réalisé par Tom Brazda des Studios Stainless dans les années 1990. Selon une pratique courante chez les professionnels du piercing, il a reçu le nom de la première personne à en bénéficier, une femme du nom de Christina. Il est aussi parfois désigné par le terme moins couramment utilisé de Vénus, en référence à son emplacement. Il est recommandé d'utiliser des barres flexibles pour les bijoux.

Piercing du triangle

Le piercing du triangle transperce la vulve, en passant à travers la chair à la base du capuchon du clitoris, à l'endroit où les deux petites lèvres se réunissent sous le clitoris. Ce terme provient de la forme de la zone où les petites lèvres rejoignent le capuchon du clitoris qui ressemble à un triangle. Il est indispensable que l'arrière du capuchon du clitoris soit un peu saillant : la plupart des femmes ne possèdent pas les caractéristiques anatomiques nécessaires pour ce piercing.

Le premier est attribué à Lou Duff de Gauntlet, et il a été réalisé en 1991 par Elayne Angel.

En plus de son aspect esthétique, il augmente l'intensité de la stimulation sexuelle, en particulier au cours des rapports sexuels. C'est le seul piercing génital qui puisse stimuler le clitoris par l'arrière et il tend à devenir de plus en plus populaire en raison de l'excitation qu'il procure à la femme qui le porte..

Piercing des lèvres

Le piercing des lèvres vaginales est l'un des piercings génitaux féminins les plus simples et les plus communs. Il est réalisé soit sur les petites lèvres, soit sur les grandes lèvres ; dans les deux cas, elles sont souvent percées de façon symétrique, pour des raisons esthétiques. Le piercing des grandes lèvres cicatrise plus lentement que celui des petites lèvres, avec des variations en fonction des différences anatomiques individuelles. Il a aussi tendance à être plus douloureux car les tissus à transpercer sont plus épais et résistants. Un allongement des petites lèvres peut être la conséquence du piercing lui-même, mais il serait plus souvent dû à des étirements manuels. L’élargissement des orifices percés dans la chair est souvent provoqué par l’utilisation de plus gros bijoux de type tunnel ou plug.

Presque tous les types de bijoux peuvent être utilisés pour le piercing des lèvres vaginales, bien que les anneaux soient les bijoux les plus couramment utilisés, aussi bien pendant la phase de cicatrisation qu'à long terme. Les grandes lèvres ainsi que les petites lèvres peuvent, les unes comme les autres, être étirées pour permettre l'insertion de bijoux volumineux. Le port de bijoux suffisamment lourds permet à ces piercings de produire un certain degré de stimulation sexuelle, permanente ou temporaire.

À l'origine, on utilise des bijoux pour les piercings des lèvres vaginales, essentiellement pour des motivations fétichistes, parfois teintées d'un peu de sadomasochisme.. Les anneaux ou d'autres types de bijoux spécialement conçus à cette intention, peuvent être portés pour interdire tout accès au vagin et donc tout rapport sexuel, ce qui correspond à une forme d'infibulation non chirurgicale à court ou à long terme. Certains dispositifs permettent d'obtenir le même résultat que les ceintures de chasteté notamment les piercings comportant un système de fermeture formant cadenas.

Piercing de la fourchette

Le piercing de la fourchette est réalisé à l'arrière du vagin dans la région où se réunissent les petites lèvres ou nymphes (la fourchette vulvaire).

Piercing Néfertiti

Le piercing Néfertiti est une combinaison d'un piercing vertical du capuchon du clitoris et d'un piercing Christina, avec des barres flexibles pour les bijoux en raison de pressions qui pourraient s'exercer sur le piercing, de par son passage à travers une si grande épaisseur de chair. Cette épaisseur des tissus traversés par les bijoux rend en outre la cicatrisation plus lente. Comme le Christina, ce piercing n’est pas réputé pour apporter une stimulation supplémentaire au cours des rapports sexuels et peut même être source d’inconfort quand une pression est exercée sur lui, par exemple lors du port de pantalons serrés.

Bijoux

Il existe une grande variété de bijoux qui peuvent être utilisés pour les piercings génitaux féminins. Les barbells, J-bars et autres types de bijoux de style barre sont fréquents dans le piercing vertical, et les deux types, anneau captif avec perles et barbells sont courants dans le piercing horizontal. Il n'est pas rare qu’un barbell comporte des perles à titre décoratif, comme cela est courant dans le piercing au nombril. À l'origine, on utilise des bijoux, essentiellement pour des motivations de fétichisme sexuel, parfois teintées d'un peu de sadomasochismeBuhrich N., «The association of erotic piercing with homosexuality, sadomasochism, bondage, festishes and tattoos.», dans Arch Sexual Behavior, no 12, année 1983, pages 161 à 171..

Aspects médicaux

Cicatrisation

Le piercing guérit généralement en 3 à 18 mois, mais il peut entraîner des complications au cours de la phase de cicatrisation. Des difficultés ultérieures sont possibles en raison de la longueur relativement importante du canal de piercing, de mouvements constants et de frottements. Toutefois, au cours de la période de cicatrisation, le piercing constitue une plaie et peut augmenter le risque de maladies sexuellement transmissibles. En plus du risque d'infection, le piercing est également enclin au rejet. Dès qu'il est complètement cicatrisé, les bijoux doivent être enlevés avant le rasage des poils pubiens.

Risques

Les risques infectieux sont bien connus. Il est recommandé de s'adresser à un professionnel compétent et exerçant dans des conditions d'hygiènes irréprochables.

Psychologiquement le piercing n’est pas toujours anodin, s’il peut avoir une vertu thérapeutique pour aider à surmonter un événement personnel traumatique, le souhait d’avoir toujours davantage de piercings représente avec une très grande probabilité une recherche d’identité avortée et peut être considéré comme symptôme d’un conflit psychique qui doit alerter l’entourage s’il survient chez une personnalité fragile.

Motivations

Les motivations au piercing génital peuvent être nombreuses : outre les aspects qui peuvent selon les individus être esthétiques et érotiquesBruno Rouers, « Les marques de l’être et du paraître. Piercings, tatouages, des actes individuels et volontaires », Enfances et PSY, 2006/3, no 32, , l’une d’entre elles est de posséder un secret et de choisir les personnes avec qui le partager, de se savoir différente des autres mais de le cacherBruno Rouers, , .

Le piercing peut être aussi voulu par la femme pour l'amélioration de son couple, la décision est alors prise en accord avec le compagnon et elle a essentiellement pour objectif l'amélioration des relations sexuelles et la recherche d’un plaisir plus intense (preuve d’amour pour le partenaire, promesse de jeux érotiques inédits).