Le Meu est une rivière française de Bretagne non navigable qui coule dans les départements d'Ille-et-Vilaine et des Côtes-d'Armor, et un affluent droit du fleuve la Vilaine.
Géographie
Long de Meu, c'est un affluent de la Vilaine en rive droite. Sa dénivellation s'élève à environ entre sa source à Saint-Vran située à d'altitude et plus loin à Mordelles à , puis l'altitude baisse à quand la rivière se jette dans la Vilaine près du château de Blossac.
Parcours
A la fin du , la connaissance de l'emplacement de la source était encore floue, comme le montre cette description de J.M. Mahias qui se désigne non pas comme géographe, mais comme homme de lettres : « Le Mein est une petite rivière qui se perd dans la Rance, et qui arrose Montfort et Bréal ».
Il prend sa source à Saint-Vran dans les Côtes-d'Armor, coule vers l'est, et se jette dans la Vilaine au niveau du château de Blossac, au tripoint entre Chavagne (au nord), Goven (au sud) et Bruz (à l’est). Le PDPG (plan départemental pour la protection des milieux aquatiques et la gestion des ressources piscicoles) d'Ille-et-Vilaine distingue deux tronçons de cette rivière. Le Meu amont part de la source à la confluence avec son affluent le Comper à Saint Gonlay, de cet endroit jusqu'à la Vilaine, on parle du Meu aval.
Près de sa source au lieu-dit le Breil Pignard, plus haut sur la colline et à plus au nord-ouest, naît l'Yvel au lieu-dit la Sourtoire, puis plus au nord-ouest au Bois Rillet (Barillet), le Ninian. Ces trois rivières se situent au versant sud de la ligne de partage des eaux qui les sépare de la Rance à au nord du Meu prés de la commune de Saint-Launeuc.
De nombreux moulins à eau sont encore visibles sur les bords de cette rivière entre Goven et Saint-Launeuc faisant partie de deux-cent-onze moulins hydrauliques repérés et étudiés dans le département d'Ille-et-Vilaine (voir section ci-dessous « Moulins à eau »).
Vingt-et-une commune sont traversées, dont les principales en termes du nombre d'habitants sont Montfort-sur-Meu et Mordelles. Il forme successivement et sans discontinuité la frontière entre : Bréteil et Talensac ; Mordelles et Talensac ; Mordelles et Le Verger ; Mordelles et Bréal-sous-Monfort ; Mordelles et Goven ; Chavagne et Goven.
Départements (ou autres divisions administratives), communes et cantons traversés Le Meu traverse les départements des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine. La majeure partie de la superficie de son bassin, environ 85 %, s'étend en Ille-et-Vilaine, environ 15 % sont dans les Côtes-d'Armor et une petite partie dans le Morbihan. Les collectivités territoriales qui participent au bassin du Meu sont la costarmoricaine Loudéac Communauté - Bretagne Centre, ainsi que les bretilliennes Saint-Méen Montauban, Brocéliande Communauté, Vallons de Haute Bretagne, Montfort Communauté et Rennes Métropole.
Bassin versant Le bassin du Meu avec ses affluents couvre un territoire de entre Saint-Vran (Côtes-d'Armor) au nord-ouest, et les communes bretilliennes Miniac-sous-Bécherel au nord-est, Chavagne au sud-est et Plélan-le-Grand au sud. Sur l'ensemble du bassin, le substrat rocheux est constitué de schistesEau & Rivières de Bretagne, Le bassin versant du Meu. Fiche Pédagogique, mise à jour en 2017, 6 p. (lire en ligne), . Dans le bassin versant de la Vilaine, celui du Meu se place entre la bassin de l'Oust et la Vilaine. Cet ensemble est délimité par les lignes de partage des eaux qui le sépare du Blavet à l'Ouest, de la Rance et du Couesnon au Nord, de la Mayenne et ses affluents à l'est et de l'Erdre au sudEau & Rivières de Bretagne, La Vilaine de la source à l’Atlantique, Livret réalisé par Michel Riou. Avec le soutien de la Dreal, de la Région Bretagne, de l'Agence de l'eau Loire Bretagne et du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, 6 p. (lire en ligne), .
Organisme gestionnaire Le , le Syndicat mixte du Bassin Versant du Meu a été créé, se composant de 37 communes sur un territoire de . Son but était la protection des eaux et des milieux aquatiques. Ce syndicat a été dissous le Eau & Rivières de Bretagne, La Vilaine de la source à l’Atlantique, Livret réalisé par Michel Riou. Avec le soutien de la Dreal, de la Région Bretagne, de l'Agence de l'eau Loire Bretagne et du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, 6 p. (lire en ligne), . Son territoire correspond désormais à l'Aire d'alimentation de captage du Meu au sein de la collectivité Eau du bassin rennais ; ses compétences ont été transférées à Eaux et Vilaine. Une prise d'eau dont l'aire d'alimentation s'étend sur le bassin du Meu se situe à la Ville Chevron à Mordelles. Elle est classée captage prioritaire vis-à-vis des pesticides depuis 2011, un arrêté préfectoral y « interdit l’utilisation de produits phytosanitaires contenant de l’acétochlore, de la diméthénamide-P, du S-métolachore, de l’isoproturon, du mécoprop et du mécoprop-P », à partir du .
Affluents Le Meu compte 46 affluents, dont 29 mesurent entre 1 à , neuf ont une longueur entre 4 et . Seulement 23 de ces ruisseaux sont désignés par un nom, les autres par un code. Le Meu a comme principaux affluents : vignette|220x220px|Le Meu de la source à l'embouchure Nom de l'affluentRiveConfluence avec le MeuLongueur (km)La VaunoisegaucheMordelles33Le GarungaucheMontfort-sur-Meu30La ChèzedroiteEntre Le Verger et Bréal-sous-Montfort24Le SereindroiteTalensac20Le ComperdroiteSaint-Gonlay17Le Bois HamongaucheMuel12Le GrénédandroiteGaël12Le BoutaventdroiteIffendic12
Qualité de l'eau Le suivi de la qualité physico-chimique du Meu se fait grâce à des points de prélèvement sur les communes de Loscouët-sur-Meu, d'Iffendic, de Mordelles et de Chavagne (d'amont en aval), qui donnent les résultats suivants :
+ Relevés à Loscouët-sur-MeuNitrates2010201120122013Concentration du paramètre (percentile 90)24262029Classe SEQ-Eau
+ Relevés à IffendicNitrates2010201120122013Concentration du paramètre (percentile 90)37382639Classe SEQ-Eau
+ Relevés à MordellesNitrates2010201120122013Concentration du paramètre (percentile 90)39,534,825,837,9Classe SEQ-Eau
+ Relevés à ChavagneNitrates2010201120122013Concentration du paramètre (percentile 90)33352637Classe SEQ-Eau
Histoire
Le Meu comme frontière Sur sa portion de Montfort-sur-Meu, puis de Talensac jusqu'à son embouchure dans la Vilaine à Goven, le Meu marquait une frontière politique, religieuse et linguistique dans le passé.
Une frontière politique D'après Louis Pape, il est certain que les Romains ont doté la gaule de frontières administratives précises pour des raisons fiscales. (22–23). En se basant sur la notion de la continuité dans le temps (p. ex. les limites des futures diocèses) et des données toponymiques, la frontière orientale des Coriosolites a pu être localisée avec une certaine précision près des vallées des cours d'eau Biez Jean, Linon, Rance, rejoignant ensuite le Garun, puis le Meu jusqu'à la Vilaine et suivant celle-ci jusqu'à son confluence avec l'Oust à Redon, valable jusqu'au , et pour le secteur du Meu encore au Bas-Empire.
Cette frontière jouait encore un rôle pendant l'immigration bretonne, alors que les Francs sous Clovis autorisaient les Bretons venant de l'île de Bretagne de s'installer dans les anciennes cités des Osismes, partiellement dans celle des Venètes et, plus à l'est, dans celle des Coriosolites. Le Meu devenait donc sur sa partie entre Talensac et l'embouchure une frontière entre la principauté bretonne de la Domnonée et le comté franc de Rennes. Cependant, la large bande frontalière entre ces deux entités politiques, n'était pas, d'après les connaissances actuelles, définie administrativement par des pagi comme le reste de la Domnonée selon les cartes présentées par René Couffon et Bernard TanguyBernard Tanguy, "Principautés et pagi. Domnonée, Cornouaille et Broërc". In : Bernard Tanguy, Michel Lagrée (dir.), Atlas d’histoire de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2002, , . Le linguiste Léon Fleuriot fait mention du pagus Orcheus cité dans un manuscrit à propos de saint Maelmon et situé « à l’ouest immédiat de Rennes ». Au et encore du vivant de l'auteur au , des ouvrages en terre témoigneraient de la situation frontalière de cette région. D'après un autre auteur, Talensac aurait été « érigé sur le territoire du canton d'Ork » (Orcheus pourrait être issu de orc- « fossé, sillon, retranchement de terre »). Pour Henri Quilgars, la frontière orientale de la Domnonée se confond avec la limite orientale de l'expansion de la langue bretonne et atteint donc le Meu. Le roi de la Domnonée au , Judicaël, a possédé un château à Talensac dont témoignerait une butte de terre artificielle au lieu-dit le Châtellier, au le roi de Bretagne Erispoë y résidait, assassiné en 857, sur l'autel de son église selon un auteur.
Une frontière de l'organisation ecclésiastique À partir de la fin de l'Antiquité, les neuf évêchés bretons se sont progressivement installés dans les cinq cités gallo-romaines armoricaines. La limite entre les diocèses d'Alet (Saint-Malo à.p. du ) et de Rennes épouse en partie celle de la frontière orientale de la cité des Coriosolites à savoir entre la limite avec le diocèse de Vannes à Guipry et celle avec le diocèse de Dol à Saint-Léger-des-Prés. Cette limite est jalonnée par des églises dédiées à saint Malo d'abord sur la Vilaine à Saint-Malo-de-Phily, puis sur le Meu à Bréal-sous-Montfort, celle de Talensac dédiée à saint Méen, avant de quitter la rivière en tournant vers Breteil dont le patron était encore saint Malo. Ces églises comme d'autres servaient au bornage du territoire diocésain dont les confins étaient encore disputés au . Au , l'évêque d'Alet, Jean de Châtillon confisqua l'église de Goven.
Une limite linguistique vignette|440x440px|Différentes hypothèses sur la « frontière » linguistique entre le breton et le roman au Sur cette portion, le Meu ou ses communes riveraines, selon les auteurs Aurélien de Courson, Joseph Loth ou Henri Quilgars, deviennent dans ce contexte historique un morceau de la frontière linguistique entre les parlers breton et roman, la présence bretonne ayant été seulement ponctuelle plus à l'est. Du côté ouest de cette frontière, des locuteurs bretons romans et peut-être gaulois se côtoyaient possiblement, mais le recul du breton vers l'ouest était entamé dès le . Une zone mixte s'établissait alors où deux langues, le breton et le roman, ce dernier évoluant vers le gallo, étaient pratiquées à des degrés différents.
En 1863, Aurélien de Courson décrit « l'ancienne limite séparative entre le pays gallo et le pays bretonnant » du par une ligne qui relie un certain nombre de communes, dont Langan, Mordelles, Bréal-sous-Montfort et Goven. Ce choix est critiqué par Joseph Loth, qui en 1907 s’appuie sur les toponymes dotés anciennement du suffixe -acum évolué en -ac (p. ex. Chauvignac à Guichen) sous l'influence bretonne, et en -e et -ay (p. ex. Chauvigné, Parthenay) dans la zone romane. Il place sa « ligne de démarcation » à l'ouest d'une série de communes aux noms romans comme « Pontréan, Bruz, Moigné, le Rheu, l'Hermitage ». Bernard Tanguy, à la suite d'une critique de cette hypothèse, réinterprète les toponymes en -ac comme des survivances du gaulois matérialisant la limite de l'expansion du roman vers l'ouest. Finalement, Henri Quilgars, en 1927, affirme que « les limites de la toponomastique bretonne » se confondent depuis Redon avec la Vilaine, puis avec le cours du Meu jusqu'à Talensac où elle le quitte dans la direction du nord-est vers Breteil, puis vers le Couesnon.