Bitola (en , prononcé ) est une commune et une ville du sud-ouest de la Macédoine du Nord. La commune comptait en 2021 et couvre . La ville en elle-même comptait alors , le reste de la population étant réparti dans les villages alentour. Elle est la troisième ville la plus peuplée de Macédoine du Nord, derrière Skopje et Kumanovo.

Bitola est un important centre administratif, culturel, industriel, commercial et d'enseignement. Elle possède notamment une université. Elle se trouve dans la plaine de Pélagonie, à de la frontière grecque, sur la route qui relie la mer Égée au sud de la mer Adriatique et à l'Europe centrale.

Bitola est connue depuis le comme la « ville des consuls » car de nombreux pays européens y entretenaient des consulats. Elle possède également un riche héritage architectural, notamment ottoman, et son centre-ville est réputé pour son architecture typique de l'Europe centrale, datant de la seconde moitié du .

Géographie

Généralités vignette|gauche|La commune vue depuis le mont Baba, au fond, la plaine pélagonienne. Bitola est située dans la vaste plaine de Pélagonie, une des rares étendues non-montagneuses de la Macédoine du Nord. Cette plaine, située dans le sud-ouest du pays et ouverte sur la Grèce, est limitée par le mont Baba, qui culmine à d'altitude au pic Pelister Site officiel de la commune - Infrastructures-Localisation., situé à l'ouest de la ville Premier, Hôtel & Restaurant - Informations utiles..

Bitola, située entre et d'altitude, est encadrée par les communes macédoniennes de Demir Hisar au nord, Mogila au nord-est, Resen à l'ouest et Krivogaštani au sud-ouest. Elle est frontalière de la Grèce par sa limite sud. La ville de Bitola se trouve par ailleurs à seulement de la frontière, et à de Skopje, de Thessalonique.

La ville, qui regroupait en 2002 des que comptait alors la commune, fait environ de diamètre et couvre carrés, soit 9,7 % de la superficie totale de la commune. Le reste de la population réside dans des villages, disséminés sur le territoire de la commune.

Géologie et hydrographie La commune, bien qu'étalée sur la plaine pélagonienne, est ponctuée de plusieurs collines, dont les quatre Baïr qui encadrent la ville de Bitola. La plus haute, appelée Kale, culmine à . Ces collines sont les contreforts de systèmes plus importants, le léger massif d'Oblakovo-Snegovo et les monts Baba, très différents l'un de l'autre au point de vue du relief.

La commune est traversée par la rivière Dragor, qui prend sa source dans le mont Baba puis rejoint la Tsrna à l'est de la ville. La Tsrna se jette à son tour dans le Vardar, le plus grand fleuve de la Macédoine du Nord, tributaire de la mer Égée.

vignette|center|upright=3|Vue panoramique, depuis la colline de Krkadaš.

Localités de la commune de Bitola En plus de la ville de Bitola, la commune de Bitola compte soixante-cinq localités :

Barechani Bistritsa Bratin Dol Brousnik Boukovo Velouchina Gabalavtsi Gopech Gorno Egri Gorno Orizari Graechnitsa Dihovo Dolentsi Dolno Egri Dolno Orizari Dragarino Dragojani Dragoch Drevenik Ǵavato Jabeni Zlokouḱani Kajani Kanino Karamani Kichava Kravari Krklino Kremenitsa Krstoar Koukouretchani Lavtsi Lajets Lera Lisolay Logovardi Lopatitsa Magarevo Malovichté Metimir Medjitliya Nijépolé Novo Zmirnovo Oblakovo Oleveni Optitchari Orehovo Ostrets Poechevo Porodin Ramna Rachtani Rotino, Svinichté Sekirani Snegovo Sredno Egri Srptsi Staro Zmirnovo Strejevo Trn Trnovo Tsapari Tsrnobouki Tsrnovets

Climat vignette|Le parc de Bitola sous la neige en hiver. La commune de Bitola, bien que située à seulement de la mer Adriatique et à de la mer Égée, ne connaît pas le climat méditerranéen. En effet, l'altitude et les hautes montagnes qui encadrent la Pélagonie garantissent plutôt un climat continental ou un climat montagnard Site officiel de la commune - Climat..

Les étés sont chauds et secs et les hivers, pluvieux, sont entrecoupés de périodes chaudes et froides. Les précipitations sont plus abondantes en automne et au printemps. La ville de Bitola connaît, à cause de la pollution liée à la présence d'usines, des brouillards assez fréquents ainsi qu'une évacuation de la chaleur plus lente qu'à l'extérieur.

Les écarts de températures selon les saisons peuvent être très importants, les records de température sont le 6 juillet 1988 et -30,4 le 7 janvier 1993. La commune connaît en moyenne 84 jours par an pendant lesquels la température descend en dessous de , et de 45 à 50 jours où celle-ci dépasse les Site officiel de la commune - Climat, Glace.. Le mois de juillet est souvent le plus chaud de l'année, avec une température moyenne de , le plus froid est janvier, avec . Le printemps et l'automne connaissent des températures plutôt froides, respectivement et en moyenne.

La moyenne des précipitations se situe à d'eau par an. Elle peut être très variable selon les années, en 1953, il est tombé seulement alors qu'en 1981, il y a eu . Les mois les plus pluvieux sont novembre (), décembre (69,3), octobre () et mai (). Juillet () et août () sont les mois les plus secs Site officiel de la commune - Climat, Précipitations..

Histoire Étymologie Le nom Bitola remonte au vieux slave Obitel « monastère, domicile », parce que la ville était autrefois célèbre pour son monastère. Lorsque la signification du nom n'a plus été comprise, elle a perdu son préfixe o-.. Le nom de Bitola est mentionné dans l'. La première mention écrite de Bitola date de 1014 ; elle figure sur un traité de l'empereur Samuel de Bulgarie GoMacedonia - Histoire de Bitola.. Les variantes slaves modernes incluent le macédonien Bitola (Битола), le serbe Bitolj (Битољ), et le bulgare Bitolya (Битоля). Les Byzantins ont hellénisé le nom en Voutélion (Βουτέλιον) ou Vitólia (Βιτώλια). Le nom aroumain Bituli est également dérivé du nom slave. Bituli, Bitola ou Obitel ces noms sont tous la traduction slave du nom grec Monastiri (Μοναστήρι), car la ville fut fondée initialement par Philippe II de Macédoine au milieu du A cette époque la ville s'appelait Heraclea Lyncestis. Néanmoins, avant l'arrivée des Macédoniens, la région et l'ancienne ville qui se trouve à 2 km de la ville actuelle, fut habitée par les Lyncestins. Les Lyncestins furent des Illyriens.

Le nom grec de la ville est (), le nom albanais Manastir ou Manastiri, le nom turc Manastir (turc ottoman : مناستر).vignette|Au musée archéologique de Bitola

Antiquité Pendant la Préhistoire, une communauté, appelée Lyncestis, s'installe dans la région. La ville fut reprise plus tard par les Macédoniens. Au , sous l'impulsion du roi Philippe II de Macédoine, une ville, Heraclea Lyncestis, est construite sur une petite colline se trouvant au sud-est de la ville actuelle BitolaBabamBitola - Histoire, Heraklea.. Cette nouvelle cité est bâtie au carrefour de deux voies, l'une reliant la côte adriatique à la Thrace, l'autre, née dans le nord-est de la Pélagonie, rejoignant Stobi (actuelle Gradsko), située dans la vallée du Vardar.

Au , la Macédoine est envahie par les Romains. Ceux-ci réorganisent l'ancien royaume en province et font de la route qui reliait la mer Adriatique à la Thrace une voie très importante, baptisée Via Egnatia. Un siècle plus tard, la ville sert de dépôt de ravitaillement pour l'armée de Jules César lors de la guerre civile de César, qui se déroula de à Son nom apparaît ensuite dans divers écrits, autant officiels que privés.

La ville est évangélisée très tôt, dès le , et devient un évêché. Ses évêques des , et sont connus grâce à des textes de l'époque. Heraclea Lyncestis est alors une ville importante, elle possède notamment des fortifications, deux basiliques et un théâtre. À partir du , la ville connaît néanmoins des attaques barbares et est dévastée à plusieurs reprises. Le roi ostrogoth Théodoric est le premier à lancer une attaque sur Heraclea Lyncestis, en 472. Il recommence en 479 et en 518 la ville est à nouveau ravagée par un séisme Site de l'office du tourisme de Macédoine - Bitola.. Elle est restaurée à la fin du et au début du , peu de temps avant l'invasion des Slaves, qui anéantissent définitivement la ville.

Moyen Âge Au , les Slaves Dragovites et Berzites s'installent durablement dans la région. Ils abandonnent Heraclea Lyncestis et s'installent à l'emplacement de la ville actuelle, qui fait partie de l'Empire byzantin.

Pendant les siècles suivants, la ville, éclipsée par Ohrid, ne joue pas de grand rôle dans l'Empire. Vers l'An Mil, cependant, elle redevient un carrefour commercial et de nombreux monastères et couvents sont construits. Ce sont ces établissements qui donnent son nom à la ville, Bitola, qui vient d'un mot slave signifiant « monastère ». Donc, le même que le nom attribué dans l'antiquité, mais en slave.

Au , Bitola est conquise par les souverains serbes et intégrée dans l'empire serbe Centre macédonien de culture et l'information - Histoire de Bitola.

Époque ottomane De 1382 à 1799 vignette|La mosquée Ishak Çelebi, construite par les Ottomans. gauche|vignette|Rosace islamique, mosquée Aydar kadi À la fin du , les Turcs commencent à envahir les Balkans et prennent Bitola en 1382 qu'ils conserveront définitivement après la bataille de Kosovo Polje (1389). Ils la rebaptisent Monastir et en font le chef-lieu d'un sandjak (district). Monastir devient un grand centre commercial, qui commerce surtout avec l'Albanie et la Grèce.

La ville accueille un très grand nombre de Turcs et devient la troisième plus grande ville de l'Empire ottoman. Au , Monastir accueille également une importante communauté juive, originaire d'Espagne et du Portugal, pays alors soumis à l'Inquisition (voir ci-dessous). Alors que les Turcs et les Juifs s'installent dans la ville, les Slaves occupent surtout les villages alentour.

Un marchand vénitien décrit en 1591 la ville comme un centre de négoce développé, qui possédait un Bezisten (bazar couvert) et un caravansérail. Selon lui, Monastir comptait 200 maisons habitées par des Juifs et vivait principalement du commerce de la laine et du cuir.

Le voyageur ottoman du Hadji Khalifa décrit quant à lui la ville comme un important marché de coton et son contemporain Evliya Çelebi recense , plus de 900 magasins, 40 maisons de thé et de café, un bezisten fermé par des portes en fer et d'autres nombreux monuments publics. À cette époque, Monastir est également un grand centre religieux musulman. La ville compte en effet beaucoup de médersas, quelques écoles de droit religieux et près de 70 mosquées.

vignette|120px|École turque.

Vers la fin du , Monastir remplace Sofia comme capitale du pachalik de Roumélie, une des plus vastes provinces de l'Empire.

Après la Deuxième guerre austro-turque, qui se déroule de 1683 à 1699 et qui s'achève par la défaite ottomane, Monastir, comme les autres villes macédoniennes, décline, et sa population tombe à . Le est une période de stagnation pour la ville. À la fin de ce siècleUne présence aroumaine dans la ville uniquement à partir du reste à débattre. Les sources historiques byzantines (Jean Skylitzès, Kékauménos, etc.) attestent la présence constante, à partir du , des Valaques dans les environs de la ville. Selon Kékauménos, ils s'y seraient réfugiés quelques siècles plus tôt, de la région de Sirmium, près du Danube, devant les invasions des Avars et des Slaves. Selon d'autres théories, moins acceptées (Capidan, Schramm), les Valaques de la région seraient même les continuateurs de la population urbaine romaine qui habitait les villes situées le long de la Via Egnatia., elle accueille toutefois une nouvelle communauté ethnique, des Valaques, peuple qui parle une langue proche du roumain et qui mène une vie pastorale transhumante Université Laval - Les Aroumains..

De 1800 à 1912 vignette|gauche|Architecture à l'occidentale du . vignette|École grecque à Bitola, fin du . vignette|gauche|Manifestation du VMRO après la révolution jeune-turque en 1908.