Le streaming, prononcé en français (anglicisme issu de ), la lecture en continu, la lecture en transit, la diffusion en continuSuggestions de l'Office québécois de la langue française destinées à remplacer le mot anglais « streaming ». Voir et . L'OQLF propose également la locution adverbiale « en continu » pour qualifier les procédés de lecture en continu. Voir . ou la diffusion en mode continu est un procédé de diffusion d'un flux audio ou vidéo en ligne, en direct ou en différé.

Très utilisé sur Internet et sur les réseaux de téléphonie mobile, le streaming permet la lecture d'un flux audio ou vidéo à mesure qu'il est diffusé. Il diffère ainsi de la diffusion par téléchargement de fichiers qui nécessite de récupérer l'ensemble des données d'un morceau ou d'un extrait vidéo avant de pouvoir l'écouter ou le regarder.

Les flux audio et le flux vidéo se distinguent de la radiodiffusion et de la télédiffusion par leurs caractéristiques techniques : stricto sensu, la lecture en continu reste un téléchargement car il y a un échange de données brutes entre un client et un serveur, mais le stockage est provisoire et n'apparaît pas directement sous forme de fichier sur le disque dur du destinataire. Les données sont téléchargées en continu dans la mémoire vive, sont analysées à la volée par l'ordinateur ou le smartphone et rapidement transférées vers un écran ou un lecteur multimédia (pour affichage), puis remplacées par de nouvelles données. Les flux audio ou vidéo de streaming sont généralement fournis par des plateformes qui proposent des films, séries (vidéos à la demande) ou morceaux musicaux.

Histoire Dans les années 1920, le scientifique George O. Squier dépose un brevet pour un système de transmission et de diffusion de signaux sur des lignes électriques qui se nommera plus tard Muzak. sans l'usage de la radio.. Les décennies qui suivent ne voient que très peu de progrès se réaliser en la matière, la technologie étant très coûteuse et donc difficile à développer.

Dans les années 1990, du fait de l'élargissement de la bande passante et l'amélioration de l'accès aux réseaux, ainsi que la généralisation de l'utilisation de protocoles tels que le http et le html et la commercialisation d'Internet, les tentatives de sont nombreuses. Le , le groupe est le premier groupe à se produire en direct sur Internet depuis le Xerox PARC...... La bande est diffusée en direct en Australie notamment. En parallèle, Microsoft développe l'application Microsoft TV, testée avec Connectix QuickCam. En 1995, RealNetworks diffuse un match de baseball entre les Yankees de New York et les Mariners de Seattle sur Internet. Le de cette même année, le cinéma Paramount à Seattle accueille le premier concert symphonique diffusé sur Internet. En 2000, la première projection publique de cinéma numérique d'Europe, par Philippe Binant, en FranceN. Lacaze, Le Cours de Culture Générale en Prépa, Ellipse, 2017, p. 217..

Développement commercial En 1995, Microsoft développe un lecteur multimédia connu sous le nom ActiveMovie, première version de ce qui sera plus tard la plateforme de diffusion de streaming Windows Media Player 6.4, elle-même lancée en 1999. En , Apple se lance dans le streaming avec l'application QuickTime 4. Le streaming est ensuite généralisé sur Internet avec des formats tels que RealPlayer et Windows media, faisant ensuite place à des sites spécialisés tels que YouTube et Dailymotion dans les années 2000..

Apparition du La demande croissante des consommateurs de streaming conduit l'industrie à développer un certain nombre de technologies, dont le streaming en direct, aussi appelé live streaming. En 2008, YouTube annonce l'arrivée de vidéo en live streaming sur son site Internet : . En 2014, une étude de l'AISP dénonce les dérives du live streaming, apparemment cible privilégiée des hackers qui profiteraient des sites illégaux pour voler les données bancaires et personnelles des internautes..

Selon l'OCDE, fin 2014, le streaming vidéo devait représenter bientôt 90 % du trafic Internet mondial.

Utilisation du Une étude. a été publiée en par Hadopi à partir de questionnaires en ligne sur la consommation journalière des participants en biens culturels dématérialisés : musique, films, séries, jeux vidéo, livres électroniques. Les résultats de cette étude montrent que le streaming est devenu la principale source de consommation des biens culturels.

Le streaming est devenu une méthode de piratage très répandue. Une grande partie du développement des logiciels nécessaires et de sites Internet a lieu en Europe, où les frontières nationales entre les pays permettent aux utilisateurs de capter les signaux de télévision de pays voisins sans pouvoir se rendre dans le site officiel des chaînes TV en raison des restrictions contractuelles des diffuseurs. Notamment en raison des droits télé d'événements sportifs comme la coupe du monde de football. Il peut aussi être utilisé pour regarder des films gratuitement.

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Pour la musique, 92 % des internautes interrogés pour cette étude effectuée par Hadopi déclarent être allés sur un site licite ou/et labellisé (YouTube, Deezer, Spotify, Dailymotion). Pour visionner les séries, les internautes interrogés ont aussi cité des plateformes françaises légales comme M6replay (13 %) et Pluzz/France TV replay (13 %). Pour les films en streaming, YouTube (18 %) tient une nouvelle fois la corde, suivi par Canal+ (7 %).

En cinq ans, la croissance des plateformes d’écoute musicale (gratuites ou non, sans téléchargement requis pour l’accès à la musique) telles que Spotify ou Deezer, a explosé, passant de 8 millions d’abonnés en 2010 à 68 millions en 2015 (selon l'IFPI et Le Monde.) et ce nombre ne cesse de se multiplier. Cette évolution entraîne la création de nombreuses nouvelles plateformes.

Ce fort développement du streaming musical génère des recettes désormais prises en compte par certaines maisons de disques et labels indépendants. Ces derniers portent un intérêt plus grand aux plateformes et s’adaptent à ces nouvelles formes de distribution musicale innovantes en évaluant l’impact et les perspectives qu’elles peuvent offrir. En effet, fin des années 2010, le streaming musical est perçu comme un des facteurs potentiels pour relancer l'industrie musicale face au déclin des ventes de disques. Cependant, en 2019, selon une étude de l', 90 % des artistes diffusant leurs œuvres musicales sur les plates-formes de streaming perçoivent une rémunération annuelle d'un montant inférieur à mille euros. Selon une étude américaine publiée la même année, parmi d'artistes dont la production musicale est proposée en téléchargement, 0,1 % accumule près de 90 % des écoutes..

Dans le cadre du streaming de livres, Amazon reste un acteur majeur avec l'Amazon Kindle. et son offre d'abonnement illimité.

L’explosion de l’utilisation des plateformes offrant du streaming entraîne une augmentation sensible du trafic sur les réseaux des opérateurs et pourrait amener des risques de saturation pour les réseaux mobiles à haut débit.

Concernant le marché français, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, confie, en , une mission de médiation à Marc Schwartz, dont l'objectif est de trouver un terrain d'entente entre les plates-formes de streaming musical (Spotify, Deezer, Apple Music, Tidal, Fnac Jukebox, Qobuz, Napster, etc.) et l'industrie de la création, sur le partage de la valeur.. Mais dans les faits, les plateformes de streaming commencent déjà à apporter des revenus plus importants à ce marché. D'après des chiffres diffusés en 2017 par le Syndicat national de l'édition phonographique (le SNEP), la consommation de streaming payant se développe de plus en plus. Vingt-huit milliards de titres sont diffusés en flux continu en 2016 contre dix-huit milliards un an plus tôt, et un tiers des Français consomment désormais de la musique sous cette forme au moins une fois par mois..

Possibilités de fraude Début 2017, le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) détecte des anomalies dans le nombre de lectures pour certains artistes de rap, soit un gonflement artificiel du nombre de streams.. Un logiciel relativement simple permet de générer par semaine. Le groupe de funk californien Vulfpeck appelle ses fans à faire jouer leurs morceaux en boucle depuis leur compte Spotify pour augmenter artificiellement le nombre d'écoutes et financer une tournée.

Poids dans le trafic mondial Selon le rapport The Global Internet Phenomena, publié par la société américaine Sandvine en 2018, le streaming pèse 58 % de la bande passante mondiale..

Logiciels et formats de la lecture en flux Les principaux formats utilisés actuellement sont : , conçu pour le logiciel ; Adobe Flash, conçu pour Adobe Flash Player ; Pour des raisons de sécurité, et de popularité de plus en plus exécrable au fil du temps., en grande partie due à sa grande facilité de propagation de menaces et virus de toutes sortes, le protocole Flash est déjà rendu obsolète par Adobe, qui ne le maintient plus que par des mises à jour de sécurité jusqu'en 2020. Son successeur, le HTML5, ne s'est pas encore imposé sur la toile - les habitudes de programmation, les descripteurs multimédia et d'accessibilité n'étant pas encore optimisés début 2012 - s'ajoute à cela une controverse concernant les verrous numériques DRM au sein même du code. Cela explique que Flash soit toujours en sursis, surtout du fait de sa grande popularité passée auprès des développeurs de sites Internet ; RealMedia, conçu pour le logiciel Real Player ; QuickTime, de transport de données conçu pour QuickTime Player et lu par plusieurs logiciels ; SHOUTcast, protocole créé initialement pour Winamp.

Les nouveaux formats émergent utilisant la technologie de streaming adaptatif sont : HTTP Live Streaming, conçu pour le lecteur Quicktime (à partir de la version X) et le iPhone OS (à partir de la version 3) ; MPEG-DASH, un format standardisé en 2012 par la norme ISO/IEC 23009. Microsoft Smooth Streaming, conçu pour le plugin Silverlight ; Adobe Dynamic Streaming, conçu pour Adobe Flash Player (à partir de la version 10) ;

D'autres solutions de lecture de flux en continu existent sur la base de plugins. Streamplug permet la lecture en continu audio, éventuellement par chiffrage et un modèle de sécurité basé sur .

Aspects juridiques En France Statut juridique du flux continu

Le flux continu fait aujourd’hui l’objet de débats quant à son statut juridique et à sa légalité, malgré le développement considérable qu’il connaît depuis quelques années ainsi que la progression de la consommation de musique en ligne sans téléchargement qu’il a engendrée.

En effet, le silence législatif concernant le sujet a mené à certaines tentatives jurisprudentielles pour clarifier le régime juridique applicable au flux continu, mais celui-ci pose toujours des problèmes relatifs au respect du droit d’auteur, notamment à travers le droit de représentation d’un auteur.

D’après l’article L.122-2 du code de la propriété intellectuelle, .

Or, le flux continu peut être défini comme un procédé de représentation d’une œuvre via une télédiffusion par support numérique. Ainsi, pour être légal, il nécessite un accord préalable de l’auteur de l’œuvre pour sa diffusion, à travers le droit de représentation qui lui appartient.

D’après ce dernier,

Sanctions de l’absence d’autorisation de l’auteur de l’œuvre diffusée sur le site source

Par conséquent, lorsque l’auteur ou ses ayants droit n’a pas donné l’autorisation de mettre en ligne son œuvre sur un site source, celui qui la diffuse, et qui donc l’héberge sur le site, se rend coupable de contrefaçon, punissable pénalement par l’article L.335-3 du Code de Propriété Intellectuelle. En effet, ce dernier dispose qu’.