Hamida Djandoubi (), né le à Tunis et mort guillotiné le à Marseille dans la prison des Baumettes., est un Tunisien condamné à mort en France pour crimes. Responsable du viol, de la torture puis du meurtre de son ancienne compagne âgée de 21 ans, Djandoubi est le dernier condamné à mort exécuté sur le sol français ainsi que le dernier exécuté en Europe au moyen d'une guillotine..
Histoire Contexte Hamida Djandoubi immigre en France en 1968.. En , employé chez un pépiniériste, il est victime d'un grave accident du travail : une de ses jambes est happée par un motoculteur et doit subir une amputation sur place. Lors de son hospitalisation, il fait la connaissance d'Élisabeth Bousquet, âgée de 18 ans, dont le père partage la chambre d'Hamida Djandoubi. Elle devient sa compagne.
Assassinat Un soir de , Djandoubi contraint Élisabeth à avoir des relations sexuelles tarifées avec huit autres hommes. La jeune femme porte plainte pour proxénétisme en . Après avoir été convoqué au commissariat de police, il est poursuivi et condamné à plusieurs mois de prison. La même année, il fréquente deux adolescentes, Annie et Amaria, auxquelles il impose la prostitution. Commence alors une relation à trois, dans laquelle progressivement la violence vient s'immiscer.
Djandoubi, qui avait juré de se venger, retrouve Élisabeth presque par hasard. Sous un prétexte fallacieux, il la convainc de le suivre à son domicile, le . Élisabeth y subit une longue séance de torture en présence d'Annie et Amaria ; elle est frappée à coups de bâton et de ceinture, violée et brûlée sur certaines parties du corps.. Elle est ensuite transportée, nue et inconsciente, dans la campagne, à Lançon-Provence près de Salon-de-Provence, à une quarantaine de kilomètres de Marseille. Djandoubi l'entraîne dans un cabanon de pierres, où il l'achève en l'étranglant. Le cabanon étant utilisé ponctuellement par des prostituées pour leur activité, le corps non identifiable y est retrouvé quelques jours plus tard.. Le , Djandoubi recueille une adolescente en fugue âgée de quinze ans, Houria, la séquestre et la viole.
Arrestation et instruction Le , alors qu'Annie s'est absentée, Houria convainc Amaria de fuir et de porter plainte au commissariat du VI arrondissement de Marseille pour viol aggravé sur une adolescente de quinze ans, séquestration, coups et blessures et menaces de mort. Deux jours plus tard, Djandoubi est arrêté. Il reconnaît les faits et accepte de collaborer avec les autorités, notamment lors d'une reconstitution le , espérant ainsi obtenir la clémence. Lors de son discours de 1981, Robert Badinter voit en Hamida Djandoubi un . Le procureur général Chauvy parle à l'époque d', les experts psychiatres considérant qu'il avait .
Condamnation Ses avocats, Émile Pollak et Jean Goudareau, ne peuvent lui éviter d'être condamné à mort, le , par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour . L'affaire commence alors à être médiatisée sur le plan national : des articles lui sont consacrés dans des quotidiens comme Le Figaro ou Libération. Le pourvoi en cassation est rejeté le de la même annéeCass. crim., pourvoi 77-91008, 9 juin 1977, sur Légifrance.. Le , la grâce lui est refusée par le président de la République de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing.
Exécution Le , le procureur de la République de Marseille adresse aux avocats de Djandoubi une notification pour les informer que la grâce a été rejetée et que la date de l'exécution est fixée le lendemain à , afin qu'ils puissent . Le , à ., Djandoubi est guillotiné dans la cour de la prison des Baumettes par l'exécuteur Marcel Chevalier, à douze jours de son anniversaire..
Après l’exécution de Djandoubi, dix-huit criminels sont encore condamnés à mort en France, mais aucun n'est exécuté : quatre – tous défendus par Robert Badinter – bénéficient des circonstances atténuantes au terme d'un second procès après cassation, entre 1978 et 1980 ; deux voient leurs condamnations annulées en puis sont rejugés après l'abolition de la peine capitale ; un, Philippe Maurice, bénéficie de la grâce présidentielle en peu après l'entrée en fonction de François Mitterrand ; un autre, Paul Laplace, est mort en prison le ; enfin, les dix derniers condamnés à mort – dont quatre jugés par contumace – voient leur sentence commuée en réclusion criminelle à perpétuité en vertu de l'article 9 de la loi du portant abolition de la peine de mort. Hamida Djandoubi est donc le dernier exécuté de France et d'Europe de l'Ouest....
Témoignages Le quotidien Le Monde publie en 2013 la transcription d'un témoignage de Monique Mabelly, à l'époque doyenne des juges d'instruction à Marseille. Dans ce document., l'intéressée relate sa désignation d'office par le président du tribunal, le , comme témoin de l'exécution, puis fait brièvement état de ses réticences et, enfin, rend compte du déroulement des faits, tôt le lendemain, à la prison des Baumettes.
Son récit, transmis au cours de l'été 2013 par son fils à Robert Badinter, avocat puis ministre de la Justice de François Mitterrand, qui avait porté à l'automne 1981 la loi abolissant la peine de mort en France, est ensuite communiqué au Monde., avec l'accord de la famille Mabelly. Le quotidien y voit un et Badinter considère que .
L'ancien garde des Sceaux a remis le ce document historique à l'École nationale de la magistrature à l'occasion du de l'abolition de la peine de mort..
En , pour la première fois, Houria, la jeune fille de quinze ans qui s'est échappée de chez Hamida Djandoubi 46 ans auparavant, en , raconte son calvaire au micro de Dominique Rizet.. La victime du dernier guillotiné de France y relate comment elle s'est enfuie, ainsi que son parcours difficile (avant et après son enlèvement), et sa reconstruction, ce qui permet de mieux comprendre le contexte de cette époque..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Filmographie Cédric Condom (réalisateur) et Jean-Yves Le Naour (scénariste), Le Dernier guillotiné (documentaire), Kilahom et Planète+Justice, 2011, 56 min Peter Dourountzis, Le Dernier raccourci, Année Zéro, 2015, 18 min
Émissions radiophoniques Jacques Pradel, « Le dernier guillotiné », L'Heure du crime, RTL, Christophe Hondelatte, Hondelatte raconte, Europe 1,
Articles connexes Peine de mort en France Liste d'affaires criminelles françaises depuis 1900 Exécutions en France (1944-1977)
Liens externes
. Nombreuses photos et articles de journaux de l'époque concernant l'affaire Djandoubi sur .
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