Paul Grenier, né le à Sarrelouis et mort le D'après . dans l'actuelle commune de Dammartin-Marpain, est un général de la Révolution française et de l’Empire.

Entré dans l'armée en 1784, il s'élève rapidement dans la hiérarchie militaire pendant les guerres de la Révolution française et est promu général de division en 1794. Il mène une division lors de la campagne de 1796 à 1797 en Allemagne et sert trois ans plus tard en Bavière.

Au cours des guerres napoléoniennes, Napoléon confie à Grenier des commandements importants sur le théâtre d'Italie. Tacticien remarquable, le général se signale en 1809 sur le Piave et à Sankt Michael, où il écrase une division autrichienne, et lors de la bataille du Mincio en 1814.

Membre du gouvernement provisoire lors des Cent-Jours, il se consacre par la suite à la politique. Son nom est inscrit sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Biographie Carrière sous l'Ancien Régime et les guerres de la Révolution vignette|gauche|alt=Un général, sabre haut sur son cheval cabré, au milieu de ses troupes sur un champ de bataille.|Le général Jourdan à la bataille de Fleurus, . Peinture de Jean-Baptiste Mauzaisse, château de Versailles.

Paul Grenier naît le à Sarrelouis, dans la Sarre, d'un père huissier au bailliage de la ville.. Il est le premier enfant d'une fratrie comptant dix frères et sœurs. Entré comme simple soldat au régiment de Nassau le , il est successivement promu caporal le , sergent le , fourrier le , sergent-major le et adjudant-major sous-officier le . Affecté à l'armée du Centre au début des guerres de la Révolution française, il obtient ses épaulettes de lieutenant le puis d'adjudant-major le de la même année. C'est en cette qualité qu'il participe aux batailles de Valmy le et de Jemappes le , avant de passer à l'armée du Nord et d'être nommé capitaine le suivant ; il est choisi, le , pour remplir les fonctions d'aide de camp auprès du général Schauenburg, bien que Georges Six indique que .

Grenier n'en continue pas moins de prendre part aux opérations militaires, notamment aux batailles d'Hondschoote () et de Wattignies (), cette dernière s'étant déroulée le lendemain de sa nomination au grade de chef de bataillon. Transféré à l'armée de la Moselle un mois plus tard, il est blessé à la cuisse lors d'un affrontement à Lembach le . Son avancement s'accélère alors puisqu'il est nommé chef de brigade le et général de brigade le suivant. Grenier passe ensuite dans la division du général Championnet et participe avec lui à la bataille de Fleurus, le ; sa brigade comprend alors la et le de dragons. Deux jours plus tard, il est officiellement rattaché à l'armée de Sambre-et-Meuse.

En récompense de ses services, le Directoire l'élève au rang de général de division le . En 1795, l'armée française franchit le Rhin au début de septembre pour attaquer les Autrichiens, et Grenier supervise la traversée du fleuve par l'avant-garde. La division Grenier prend également part aux opérations militaires de 1796, en particulier à Wurtzbourg le . Elle se compose à cette époque de trois bataillons de la légère et des , et demi-brigades de ligne pour l'infanterie, des et et du à cheval pour la cavalerie et enfin de deux compagnies d'artillerie, l'une à pied et l'autre à cheval. Ces troupes sont engagées le au cours de la bataille de Neuwied, à la suite de laquelle le général Grenier est félicité pour la qualité de son commandement.

vignette|Le général Paul Grenier (gravure de 1889).

En 1798, Grenier est envoyé à l'armée d'Italie dans le cadre de la guerre de la Deuxième Coalition. Placé le à la tête d'une division, il prend une part active aux batailles de Vérone, Magnano et Cassano au printemps 1799 ; il remporte également plusieurs victoires contre les Russes, notamment à la bataille de Bassignana le . Les troupes sous les ordres de Grenier comprennent trois bataillons des , et demi-brigades de ligne, un bataillon de la polonaise et de la suisse, 450 cavaliers et une compagnie d'artillerie à pied. Quelque temps plus tard, il est affecté à l'armée des Alpes commandée par Championnet. Le , la division Grenier, forte de hommes, bat les soldats autrichiens du général à Fossano, qui perd 300 hommes et 700 prisonniers contre environ 200 tués ou blessés dans les rangs français. Un mois après, le , Grenier se heurte avec aux forces du général Melas à Centallo, mais cette fois-ci il est défait et doit battre en retraite après avoir laissé un millier de soldats et quatre canons sur le champ de bataille.

En 1800 il passe à l'armée d'Allemagne et sert à la bataille d'Höchstädt les 18 et . La trêve estivale entre Français et Autrichiens ayant pris fin en novembre, Moreau place Grenier à la tête des trois divisions de son aile gauche. Le , alors qu'il est aux commandes de l'arrière-garde, le général est attaqué à Ampfing par l'archiduc Jean. L'affrontement dure plusieurs heures et coûte hommes aux Autrichiens, mais en infériorité numérique, Grenier ordonne la retraite. L'historien James Arnold remarque que . Deux jours plus tard, il supervise le commandement des divisions Ney, Bastoul et Legrand à la bataille de Hohenlinden, qui se termine par une victoire décisive de Moreau. Dans son rapport rédigé après la bataille, le général Dessolles écrit à propos de Grenier qu'il a et qu'il a . Cette défaite et les succès de Napoléon en Italie contraignent les Autrichiens à signer le traité de Lunéville le . Le général Grenier est fait, le de la même année, inspecteur général d'infanterie en Piémont et Ligurie. Il est toutefois, pendant une longue période, tenu à l'écart de toute responsabilité importante par Napoléon Bonaparte, possiblement du fait de sa proximité avec le général Moreau, rival du Premier consul.

Général de l'Empire Guerres d'Italie et d'Autriche, 1805-1809 Après plusieurs années d'inactivité, le général Grenier reprend du service sous le Premier Empire en étant fait commandant de la division militaire à titre provisoire le , puis gouverneur de Mantoue en Lombardie le . Il devient par ailleurs grand officier de la Légion d'honneur le .

En , alors que s'ouvre la campagne d'Allemagne et d'Autriche, Grenier prend le commandement de la division de l'armée française d'Italie, sous les ordres du vice-roi Eugène de Beauharnais. En face d'eux, les troupes autrichiennes de l'archiduc Jean prennent l'offensive et affrontent Eugène lors de la bataille de Sacile, les 15 et . La division Grenier, placée au centre du dispositif français, occupe Fontanafredda avec la division Barbou. Les combats sur le flanc droit tournant à l'avantage d'Eugène, celui-ci ordonne à Grenier de gagner Porcia afin de soutenir les Italiens du général Seras en difficulté. Cependant, le autrichien attaque au centre les divisions de Broussier et de Sahuc tandis que la brigade Gajoli assaille le village de Ronche et prend de flanc la division Grenier. Alors que la situation des Français est critique, Grenier ramène rapidement ses troupes sur le centre et fait sa jonction avec Broussier et Sahuc, privant de son soutien le flanc droit qui recule. Les localités de Porcia et Palse tombent aux mains des Autrichiens, ce qui contraint Eugène à battre en retraite. Peu après cette défaite française, le , Grenier remporte un succès à Soave.

Le vice-roi réorganise ses forces et, le , se heurte de nouveau à l'archiduc Jean sur les bords du fleuve Piave. Grenier, sur l'aile droite, occupe le village de San Nichol avec la cavalerie de Grouchy. Il a sous ses ordres deux divisions d'infanterie, pour un total de hommes. Les Français, supérieurs en nombre, attaquent les lignes autrichiennes. Pendant que le prince Eugène dirige les opérations au centre et à gauche, le général Grenier lance la division Abbé sur Cimadolmo et repousse la brigade Kalnássy sur Tezze, où celle-ci résiste aux assauts de Grenier jusqu'à la tombée de la nuit. Vaincue, l'armée autrichienne se retire, poursuivie par les Franco-Italiens. Quelques jours plus tard, à Tarvisio, les divisions Durutte et Pacthod, du corps de Grenier, s'emparent du fort de Malborghetto après trente minutes de combat, infligeant 400 victimes aux défenseurs. À la suite de ce succès, Grenier accroche les troupes du général Gyulay et les oblige à se replier avec l'aide des Italiens de Fontanelli.

vignette|gauche|Prise de la ferme de Kis-Megyer par les troupes du général Grenier lors de la bataille de Raab, le 14 juin 1809 (par Victor Huen).

La poursuite française reprend. Le , à Sankt Michael, Grenier intercepte la division Jelačić qu'il écrase avec le renfort de Durutte, dans une bataille où il fait la démonstration de ses talents de tacticien. Les Autrichiens perdent hommes contre seulement 670 victimes du côté français. Les restes de la division Jelačić parviennent à rejoindre le gros des forces de l'archiduc Jean, qui est rattrapé le à la bataille de Raab. Dans un premier temps, les Autrichiens reculent sous la pression des colonnes françaises, mais une contre-attaque de la brigade Gajoli sème la panique chez les fantassins de Grenier et Baraguey d'Hilliers qui repassent le ruisseau Pándzsa en désordre. L'intervention de la cavalerie de Grouchy, puis des divisions Pacthod et Lechi, décide cependant de la victoire française. Ce succès permet au prince Eugène de faire sa jonction avec la Grande Armée de Napoléon peu avant la bataille de Wagram, à laquelle Grenier participe à la tête de trois divisions d'infanterie. Blessé d'une balle à la main gauche le premier jour des combats, le , il est fait grand aigle de la Légion d'honneur le et est nommé, le de l'année suivante, inspecteur général d'infanterie à l'armée d'Italie ; en outre, Napoléon l'anoblit en le faisant comte de l'Empire par lettres patentes du .

L'historien britannique Frederick Schneid considère les aptitudes militaires de Grenier comme supérieures à celles des généraux Marmont et Macdonald, nommés maréchaux d'Empire en 1809. Il écrit que les chefs de corps d'Eugène .

Commandement en Allemagne et en Italie, 1810-1814 vignette|alt=Des généraux et des officiers autrichiens à cheval, avec des soldats au second plan et une scène de bataille à l'arrière plan.|Le feld-maréchal de Bellegarde et son état-major à la bataille du Mincio, . Huile sur toile d'Albrecht Adam, 1815, Nassau County Museum of Art, New York.

Détaché auprès de Joachim Murat en tant que chef d'état-major de l'armée de Naples le , il s'oppose la même année à la tentative de débarquement franco-napolitain en Sicile, s'attirant les foudres de Murat.. Il commande ensuite, à partir du , le corps d'observation d'Italie méridionale. Le , il prend la tête de la d'infanterie de la Grande Armée qu'il conduit de Vérone jusqu'en Prusse pour y servir, à compter du mois de novembre, sous les ordres du maréchal Augereau. Il protège la retraite du prince Eugène dans les derniers jours de la campagne de Russie.

Il occupe Berlin le avant que sa division ne soit transférée, le suivant, au corps d'armée du maréchal Gouvion-Saint-Cyr ; il est toutefois contraint d'abandonner la capitale prussienne le et se replie dans la région de Wittemberg. Du au , Grenier commande par intérim le corps en l'absence de son chef, le maréchal Macdonald. Il sert alors sous Eugène en Allemagne et participe à la bataille de Möckern, le , où il est blessé d'une balle à la mâchoire. Après l'armistice de Pleiswitz, Eugène et Grenier retournent en Italie pour préparer l'armée italienne à la guerre contre l'Autriche. Schneid note que Grenier était à ce moment. Il est désigné pour mener le corps, avec lequel il bat les forces autrichiennes de Hiller près de Villach au mois d'août. Peu après, le , alors que Hiller établit une tête de pont sur les bords de la rivière Drave à Feistritz, Grenier l'attaque à nouveau et lui inflige une sévère défaite.