Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville, dit Deshays et « le Romain », né le à Rouen et mort à Paris le est un peintre d’histoire français.

Biographie D’abord formé par son père, il alla à Paris pour y continuer l’étude de son art. Après avoir eu Collin de Vermont pour maître, il entra dans l’atelier de son compatriote Jean II Restout dont il devint l’un des meilleurs élèves. Il étudia ensuite avec Boucher dont il devait devenir le gendre en épousant sa fille aînée, le même jour que Pierre-Antoine Baudouin (1723-1769), qui épousa lui, la fille cadette du maître : Marie-Émilie Boucher, le .

S’étant fait connaître en 1750 avec un tableau représentant la Femme de Putiphar accusant Joseph, il obtient l’année suivante le premier prix à l’Académie de peinture. Il intègre l’École royale des élèves protégés que dirige alors Carle Van Loo, il compose sous la direction de ce maître trois tableaux qui, présentés au roi, lui valent les plus vifs éloges de la part de ce dernier.

Il est à peine plus âgé que Fragonard, et ils partagèrent leurs premières années de carrière à Paris, puis à Rome. Il séjourne, à l'Académie de France à Rome de 1754 à 1757, ce qui lui valut le surnom de « Romain ». Il y exécuta trois de ses meilleurs tableaux représentant le Martyre de Saint André destinés à l'église Saint-André-la-Ville de Rouen.

Il fut reçu, en 1758, à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Son tableau de réception représentait Vénus versant sur le corps d’Hector une essence divine pour la garantir de la corruption. Ce peintre, comme le dit un biographe, « savait réunir la vigueur de l’expression à l’enthousiasme du génie » mourut prématurément des suites d’une chute dans son atelier. Il avait un frère cadet, François Bruno Deshays de Colleville, portraitiste.

Œuvre vignette|266x266px|La Délivrance de saint Pierre, vers 1761, Amiens, musée de Picardie La majorité de ses œuvres appartient aux collections du musée des Beaux-Arts de Rouen et du musée du Louvre.

La Femme de Putiphar accusant Joseph Le Martyre de saint André Saint André conduit par ses bourreaux pour être flagellé Saint André mis au tombeau Jeanne de France La Charité romaine Visitation de la Sainte-Vierge Le mariage de la Sainte-Vierge Saint Benoît mourant Saint Pierre guérissant un boiteux Une prédication de saint Jean Le Martyre de saint Jean Jupiter et Antiope, 1765 (perdu). La Conversion de saint Paul, 1765. Saint Jérôme écrivant sur la mort, 1765. Artemise au tombeau de Mausole, 1765. Achille luttant Le Repos pendant la fuite en Égypte, esquisse à l'huile sur papier, , musée du Louvre, ParisFuite en Égypte, Louvre

vignette|upright|Hector exposé sur les rives du Scamandre, 1759, musée Fabre de Montpellier.Amiens, musée de Picardie : La Délivrance de saint Pierre, vers 1761.

Réception contemporaine Grimm a écrit dans sa Correspondance littéraire au sujet de ce peintre mort très jeune que « c’était le seul qui aurait pu nous consoler de la perte de Carle van Loo. »

L’écrivain et encyclopédiste Denis Diderot rendait compte des expositions organisées par l’Académie de peinture où Deshays exposa en 1761, 1763 et 1765. En 1761, Diderot note à son propos : (Salon de 1761)vignette|upright|Scène du martyre de saint André, 1758, musée d’Art du comté de Los Angeles.

À sa mort, Diderot le loue en les termes suivants : « Ce peintre n’est plus. C’est celui-là qui avait du feu, de l’imagination et de la verve ; c’est celui-là qui savait montrer une scène tragique et y jeter de ces incidents qui font frissonner, et faire sortir l’atrocité des caractères par l’opposition naturelle et bien ménagée des natures innocentes et douces ; c’est celui-là qui était vraiment poèteDenis Diderot, Salon de 1765, paru d’abord dans la Correspondance littéraire de Grimm en 1767, cité d’après l’édition de Else Marie Bukdahl et Annette Lorenceau, Paris, Hermann, « Collection Savoir : Lettres », 1984, .. »

Notes et références

Annexes

Bibliographie

André Bancel, Jean-Baptiste Deshays, 1729-1765, Paris, Arthena, 2008, 360, . Marc Sandoz, Jean-Baptiste Deshays, 1729-1765, Tours, 1977, éd. Editart-Quatre Chemins.

Théodore-Éloi Lebreton, Biographie rouennaise, Rouen, Le Brument, 1865.

Joseph-François Michaud, Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, Paris, Michaud, 1813.

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Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture

Liens externes

Jean-Baptiste Deshays dans la base Joconde.

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