La bataille de Vercellæ ou de Verceil, dite aussi bataille des Champs Raudiens (Raudii Campi), a eu lieu le Ce combat décisif entre les Cimbres et les Romains se termine par la victoire décisive de Rome, mettant fin à la Guerre des Cimbres.

Emplacement La bataille est située, traditionnellement, à proximité de la ville de Verceil (Vercelli), en Italie.

Quelques historiensDont . pensent que, dans les sources, vercellæ ne doit pas être compris comme un nom propre, mais comme le nom commun des vercelli, terme très courant en Gaule cisalpine, désignant toute zone minière au confluent de deux rivières. Le nom de champs raudiens utilisé par certaines sources latines a le même sens. Le mot raudius est en effet un ancien terme technique de la métallurgie. L’expression « Tu vis Raudii » désigne un complexe minier et métallurgique utilisant du minerai alluvial concentré à la confluence de deux ou plusieurs cours d'eau. Les champs dont parlent les sources anciennes pourraient donc être situés sur la rive gauche du Pô, un peu plus au nord que Ferrare, compris entre le cours principal du fleuve et Rovigo.

Pour eux, les Cimbres ont suivi l’Adige après avoir franchi le col du Brenner, au lieu de choisir le chemin le plus aisé, vers l’ouest et Verceil. La bataille aurait alors eu lieu à Polésine, ou à proximité de Rovigo.

À Borgovercelli, près de la Sesia, à cinq kilomètres de Verceil, des et qu’il est possible de relier à la bataille renforcent cependant la thèse traditionnelle, encore préférée de la majorité des historiens.

Campagne précédant la bataille Des inondations auraient contraint le peuple des Cimbres, joint à ceux des Teutons et des Ambrons, à quitter leur patrie qui bordait la mer du Nord, à la recherche d'un nouvel espace où s'installer, cet épisode est connu sous le nom de guerre des Cimbres ; après avoir parcouru l'Europe en tout sens, ils pénétrèrent finalement en Italie du Nord. Les Cimbres commencèrent par battre les Romains dans plusieurs rencontres, entre autres la bataille de Noreia en et la bataille d'Arausio en .

Le général romain Quintus Lutatius Catulus avait pour tâche de protéger les cols des Alpes. Devant le déferlement des Cimbres, il préféra cependant se retirer derrière l'Adige pour que ses forces ne fussent pas écrasées. Les Cimbres attaquèrent les derniers défenseurs qui se trouvaient encore de l'autre côté de l'Adige et, par admiration pour leur courage, ils leur accordèrent le droit de repartir librement.

Au même moment le consul Marius, qui avait anéanti les Teutons l'année précédente à la bataille d'Aquæ Sextiæ, arriva avec son armée qu'il avait reformée en Italie du Nord, pour se joindre aux troupes de Catulus. Après qu'une proposition de paix eut échoué, le chef des Cimbres, Boiorix, demanda à Marius de choisir une place convenable pour la bataille, et Marius se décida pour les Champs Raudiens à Vercellæ (aujourd'hui Verceil).

Plusieurs peuples celtes se joignirent aux Cimbres, entre autres des SantonsLaurence Tranoy, « Mediolanum Santonum, Saintes : de la fondation à l’époque julio-claudienne », Roma. La época de la expansión exterior de Roma. Cartago. Alicante : Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes, 2007, , d’après Porphyrion..

Déroulement de la bataille Les Cimbres avaient pris pour se battre leurs plus belles armes. Ils portaient d'imposantes cuirasses de fer, des boucliers blancs et brillants et des casques qui représentaient des têtes d'animaux sauvages. Comme projectiles ils utilisaient des lances avec deux crochets, et pour le corps à corps, une épée de grande taille et impressionnante.

L'armée de Catulus se montait à , celle de Marius à . Devant lui se trouvait le peuple des Cimbres qui réunissait pêle-mêle environ , femmes et enfants, et qui pouvait compter sur une cavalerie forte de .

Marius choisit à dessein, apparemment, le milieu du jour pour combattre, car le soleil frappait en plein au visage les Cimbres qui venaient du nord, si bien qu'ils devaient tenir les boucliers devant leurs yeux et devaient aussi lutter contre la chaleur. Les Romains au contraire étaient aguerris par un entraînement de plusieurs années, et on ne voyait personne transpirer ou haleter. C'est ce qui fit que la plus grande partie des Cimbres tomba tout de suite dans la bataille. Ceux qui s'enfuyaient étaient repoussés vers leur camp où les soldats romains eurent sous leurs yeux quelque chose de monstrueux : les femmes cimbres, qui préféraient pour elles la mort à l'esclavage, tuaient leurs maris, leurs fils ou leurs frères, qui essayaient de s'enfuir, et elles massacraient leurs enfants avant de se tuer elles-mêmes en se pendant à leurs chariots ou en se jetant sous les chevaux des cavaliers.

Bien que beaucoup fussent morts de cette manière, on fit tout de même plus de qui furent vendus comme esclaves. Marius fut salué par le peuple comme le « troisième fondateur de Rome ».

Florus raconte :

Conséquences La victoire de Verceil, suivant de près l'écrasement des Teutons par Marius à la bataille d'Aquæ Sextiæ l'année précédente, mit fin à l'errance de ces peuples germaniques, après plusieurs actions militaires romaines infructueuses.

Politiquement, cette bataille eut également pour Rome des conséquences importantes car elle marqua pour la première fois l'essor des grands généraux romains. Marius avait été réélu consul plusieurs années de suite, en toute illégalité, et gagnait une popularité extrême. Comme récompense de leur courage, Marius accorda la citoyenneté romaine à ses soldats italiens, sans demander d'abord l'autorisation du Sénat romain ni même le consulter. Quand certains sénateurs l'interrogèrent sur sa décision, il s'écria que dans le vacarme de la bataille il ne pouvait pas distinguer la voix du Romain de la voix de l'allié. C'était aussi la première fois qu'un général victorieux défiait ouvertement le Sénat. C'était aussi une ouverture à l'accès à la citoyenneté romaine pour les Italiens. Le frein que mettra le Sénat à cette ouverture et la déception engendrée seront les principales causes de la montée des revendications des Alliés, et du déclenchement de la guerre sociale.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Guerre des Cimbres

Sources et bibliographie Nouveau dictionnaire des sièges et des batailles Tome 6 Florus, Epitome rerum Romanarum, III, IV, partim.

Verceil Verceil Verceil Catégorie:101 av. J.-C. Catégorie:Histoire de Verceil