alt=Guêpier d'Europe déféquant ses fientes|vignette|Guêpier d'Europe déféquant ses fientes vignette|redresse=1.5|Photographie d'un goéland argenté en train de déféquer ses fientes en plein volCes fientes résultant d'un mélange d'urine et de fèces au niveau du cloaque, sont liées à l'absence de vessie urinaire chez les oiseaux, laquelle peut être interprétée comme une (les organes les plus lourds étant rassemblés au centre du corps). Elles sont composées d'urine liquide très concentrée (économie d'eau, adaptation à la conquête des airs), d'acides uriques (précipitant sous forme d'urates, sels d'acide urique qui protègent les tubules rénaux de la cristallisation de ces acides) et de fèces. Les urates forment cet enduit blanchâtre qui recouvre les excréments aviaires et correspondent aux déchets azotés chez ces animaux (ces déchets formant une substance pâteuse blanchâtre plus importante chez les oiseaux marins dont le régime alimentaire est plus riche en protéines. Cf et .
La défécation (du latin , « purification », issu du latin , « hors de », et , « fèces »), parfois appelée déjection (du latin , « action de jeter à bas »), est l’expulsion des matières fécales au niveau de l'anus, ou des fèces et de l'urine au niveau du cloaque. La plupart des mammifères produisent des fèces cylindriques en morceaux dont la longueur moyenne est de 5 fois le diamètre du rectum. Le régime alimentaire et la santé affectent la densité des matières fécales. Chez les herbivores stricts, les fèces sont dénommées « bouses » et, formées de matières végétales, peuvent servir de combustibles ou d'enduits. Selon un articlePatricia J. Yang, Morgan LaMarca, Candice Kaminski, Daniel I. Chuc & David L. Hu (2017), Hydrodynamics of defecation Soft matter ; DOI: 10.1039/C6SM02795D, mis en ligne le 25 Avril 2017 résumé) paru dans Soft matter, revue consacrée aux matières molles, les grands animaux compensent la taille et le poids plus élevé de leurs excréments et un rectum plus longs par un mucus plus épais permettant de déféquer en environ 12 secondes, un temps de 8 secondes plus court que le temps également presque universel nécessaire à la plupart des mammifères pour uriner : 21 secondes (découverte qui a aussi valu aux auteurs de remporter un Prix Ig-Nobel en 2015).
Une hypothèse explicative à cette universalité serait qu'au moment de la défécation l'animal est en situation de vulnérabilité, et que de plus commente Patricia Yang, ingénieur en mécanique du Georgia Institute of Technology d'Atlanta.
Physiologie des mammifères Selon Patricia Yang, pour 23 mammifères étudiés, la défécation ne dure que 12 secondes en moyenne (± 7 secondes)Chelsea Whyte (2017) Most mammals big or small take about 12 seconds to defecate ; Short Sharp Science ; 26 April 2017 . Dans cet article sur l'hydrodynamique de la défécation, les auteurs révèlent que ces mammifères (du chat à l'éléphant, de 4 à 4 000 kilogrammes de poids corporel) terminent ce travail avec une pression identique, quelle que soit la hauteur ou le volume de leur corps, selon New Scientist. À titre d'exemple, la souris ou l'Homme appliquent à leurs excréments la même pression afin de les évacuer. Les auteurs ont produit un modèle tenant compte des temps de défécation plus courts et plus longs respectivement liés à la diarrhée et à la constipation. Ils estiment que les cliniciens pourraient utiliser le temps de défécation comme procédure non invasive dans les diagnostics de certaines maladies du système digestif.
Physiologie des oiseaux Chez les oiseaux, le temps d'excrétion est encore plus court et la pression faible mais il existe des exceptions, tel le manchot de terre Adélie qui - ne pouvant quitter son nid afin de ne pas exposer son œuf au froid polaire - expulse violemment ses fientes vers l'extérieur autour de son nid, en général jusqu'à environ 40 centimètres de distance. Compte tenu de la hauteur de l'oiseau, de son anatomie anale et de la vitesse et de la viscosité de la fiente, des chercheurs ont calculé que les pressions internes en amont du rectum atteignaient 10 à 60 kilopascals (0,1 à 0,6 atmosphère) bien plus que ce que les humains pourraient faire Hecht J (2005) Penguins’ pooping power scoops Ig Nobel prize ; Daily news ; 07 Octobre 2005.
Physiologie humaine Chez l'humain, dans de nombreuses cultures, la défécation est taboue et très intime. Elle s'effectue de différentes façons : en s'accroupissant ou s'asseyant, en utilisant ou non des toilettes. L'acte peut aussi s'avérer involontaire à la suite de dysfonctionnements intestinaux. thumb|upright=0.7|Diagramme du rectum et de l'anus chez Homo sapiens. 1- rectum, 2- sphincter extérieur, 3- sphincter intérieur.
En temps normal, la défécation est volontaire et nécessite une action consciente d’ouverture du sphincter anal. Cependant, une défécation involontaire peut se produire, par exemple en cas d’émotion forte, de troubles psychomoteurs, ou de certaines maladies.
Le contrôle de la défécation, donc des sphincters, marque un des stades de l’évolution de l’enfant : celui-ci devient « propre », il n’a plus besoin de couches, et peut être scolarisé. Du fait de la forte portée symbolique de cette étape d’accession à la maturité, les psychanalystes ont nommé cette étape le « stade anal ».
Fréquence La fréquence normale des selles est comprise entre 1 selle tous les deux jours et 2 selles par jour. Une fréquence normale est généralement associée à un microbiote intestinal de meilleure qualité par rapport aux fréquences inférieures. À l'inverse, une fréquence trop élevée peut être associée à un phénomène inflammatoire.
Pathologies Différentes affections peuvent perturber ou stopper le mécanisme de défécation. Les causes peuvent être soit d'origine organique, soit d'origine psychogène ou encore d'origine socioculturelle.
La constipation (souvent associée à une colopathie) est une des causes principales de difficulté à la défécation. La constipation peut être d'origine fonctionnelle et être causée par différents facteurs, tels une anomalie du contenu des selles (trop dures notamment), une diminution de la motricité digestive (péristaltisme intestinal), une anomalie ou un dysfonctionnement des sphincters anaux, ou encore une douleur locale ou un stress. La constipation peut également être d'origine organique et avoir comme étiologie une pathologie organique en amont comme dans le cadre d'un cancer (cancer du côlon ou du rectum), d'un trouble endocrinien (diabète ou trouble hormonal chez la femme), ou encore d'un trouble neurologique (destruction nerveuse dans le cadre de la paraplégie par exemple).
L'incontinence fécale désigne également une forme de trouble de la défécation. Elle caractérise le fait d'être incapable de maîtriser l'évacuation ou la retenue de déjections. L'étiologie est vaste, et est principalement liée au relâchement sphinctérien dû à l'âge. L'encoprésie, en particulier, est une forme d'incontinence fécale d'origine fonctionnelle touchant principalement l'enfant, dont l'étiologie peut faire référence à un stress, de l'agressivité ou autres troubles de nature psychiatrique.
La laxophobie représente une forme d'incontinence fécale. La laxophobie est considérée comme une affection inflammatoire nerveuse du tube digestif à double dominante : psychique et gastro-entérologique. Le laxophobe est toujours craintif d'avoir une diarrhée à un moment ou à un endroit public dépourvu de toilettes.
D'autres causes peuvent troubler ponctuellement ou de façon chronique la défécation humaine. Ces paramètres sont fonction des pratiques culturelles de chaque individu. Par exemple, la gêne ressentie par un individu de déféquer en présence d'autres personnes (peur que quelqu'un entende, peur de l'inconvenance — similaire à la parurésie), ou encore l'incapacité d'avoir accès à des moyens d'hygiène ou d'intimité dans l'immédiateté du besoin de défécation. Les troubles de la défécation peuvent être également vécus et perçus comme tels par une personne, sans cependant avoir de cause morbide, par exemple dans le cadre d'un changement de rythme ou d'abondance des selles par rapport aux habitudes de défécation.
La défécation dans la culture Selon les cultures et les disponibilités matérielles, il existe différentes habitudes et représentations liées à la défécation.
Lieux Les humains utilisent différents lieux pour la défécation, le principal étant les latrines. Cependant, une proportion importante de la population mondiale a toujours recours à la défécation en plein air.
L'Unicef et l'OMS ont créé le Joint Monitoring Programme (JMP) afin d'évaluer la situation mondiale de l'eau et de l'assainissement. Leur rapport de 2008, centré sur l'assainissement, évalue les pratiques de défécation quotidiennes sur une échelle comportant quatre niveaux : la défécation en plein air, l'utilisation de latrines dites « non améliorées », l'utilisation de latrines partagées, et enfin l'utilisation de toilettes privées et « améliorées »Unicef & WHO's Joint Monitoring Programme, Progress on Drinking Water and Sanitation, special focus on sanitation, New York & Genève, 2008 ..
Plein air thumb|« Toilettes volantes » (sous forme de sachets plastiques noirs) sur une pile d'ordures, dans la banlieue de Cap-Haïtien.
Dans la « défécation en plein air » sont regroupées différentes pratiques consistant à déféquer dans un endroit ouvert, sans que les excréments n'aillent dans un conteneur ou une fosse spéciale. Les personnes font ainsi leurs besoins derrière des buissons, dans une forêt, dans les champs (où les excréments constituent des engrais), dans un cours d'eau, sur la plage à marée basse, etc. Il s'agit historiquement des lieux de défécation les plus communs, notamment à la campagne, où la faible densité de population permet de changer régulièrement de lieu, évitant l'accumulation d'excréments.
Dans un climat chaud et sec, cette pratique ne pose pas de gros problèmes de santé : les excréments sont vite desséchés au soleil, empêchant la propagation de maladies. En revanche, dans un climat humide, ou lorsque les excréments finissent dans un cours d'eau, les risques de propagation de maladies sont bien plus élevés, selon la provenance de l'eau de boisson. Une pratique à risque est aussi celle consistant à utiliser un sac plastique pour faire ses besoins, et à déposer ensuite ce sac plastique sur un tas d'ordures. On retrouve cette pratique dans les milieux urbains pauvres, où l'absence de place et d'argent ne permet parfois pas d'autre possibilité. Dans ces mêmes milieux, l'évacuation des ordures est également problématique, et les excréments peuvent revenir contaminer le sol et l'eau. Dans certains bidonvilles, les sachets plastiques sont lancés au petit bonheur pendant la nuit, c'est le phénomène des « toilettes volantes »John Pickford, Low-cost Sanitation: a survey of practical experience, 1995, IT Publications..
Outre les risques sanitaires, qui peuvent facilement affecter d'autres communautés voisines même si elles disposent d'un assainissement amélioré, la défécation en plein air pose des problèmes de dignité et de respect de la vie privée ; selon les cultures, il peut être interdit ou extrêmement embarrassant pour les femmes de faire leurs besoins à la vue de tous. Elles doivent donc se soulager le matin avant le lever du soleil ou le soir après son coucher, et se retenir pendant la journée, ce qui n'est pas sans conséquences physiologiques et psychologiquesMaggie Black et Ben Fawcett, The Last Taboo: Opening the Door on the Global Sanitation Crisis, Earthscan, Londres, 2008 ..