Léon Moussinac, né le à Migennes et mort le à Paris, est un écrivain, journaliste, historien du théâtre et metteur en scène, historien et critique de cinéma français.
Biographie Fils de Jean Moussinac, chef de gare aux chemins de fer départementaux, Léon Moussinac naît au domicile de celui-ci le : la gare de Laroche-Migennes. Il poursuit ses études jusqu'à la licence de droit, contraint de travailler par ailleurs après la mort de son père en 1907.
Appartenant à la classe 1910, il doit passer huit ans sous les drapeaux et fait la guerre en première ligne ; il épouse Jeanne Lods en 1916. Il écrit en 1919 son premier article pour la revue Le Film que dirige Louis Delluc, son ami d'enfance qu'il connut à Paris sur les bancs du lycée Charlemagne et avec lequel il a été l'un des premiers théoriciens et critiques indépendants en France. Rendu à la vie civile, il devient critique de films à la revue Mercure de France, puis au quotidien L'Humanité à partir de 1923 où il tient une rubrique hebdomadaire.
Il adhère au Parti communiste français (PCF) en 1924Nicole Racine, « L'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). La revue Commune et la lutte idéologique contre le fascisme (1935/1936) », dans Le mouvement social, janvier-mars 1966, , ..
Ses travaux théoriques et historiques, réunis pour la première fois en 1925 dans son essai Naissance du Cinéma, ont précédé, à l'exception des travaux de Louis Delluc, tous les ouvrages consacrés au cinéma ; il est possible qu'il ait ainsi influencé ses amis Eisenstein, Béla Balázs et Vsevolod Poudovkine.
Grâce à son action au sein du mouvement associatif Ciné-Club de France, le film Le Cuirassé Potemkine est projeté pour la première fois le à Paris, dans la salle de l’Artistic, louée pour un après-midi. Il fonde peu après avec son ami Jean Lods le — selon l'expression de Georges Sadoul — Les Amis de Spartacus, qui organise des projections au Casino de Grenelle avant d'être interdit après six mois d'existence par le préfet de police Jean Chiappe.
En , il reprend le magazine Regards, créé en 1932, avant d'en confier les rênes à son ami Pierre Unik.
Il est le fondateur, en 1932, avec Paul Vaillant-Couturier et Aragon, de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) créée en France, à la tête de laquelle figurent également Charles Vildrac et Francis Jourdain. Sous l'autorité tacite du Parti communiste français, l'association et son organe Commune ont alors pour mission de réunir les différents courants culturels qui, en France, se préoccupent à l'époque des rapports entre l'engagement révolutionnaire et la culture.
Léon Moussinac participa à la création de la F.T.O.F., Fédération du théâtre ouvrier de France. Avec Paul Vaillant-Couturier, il a appuyé le groupe Octobre, troupe de théâtre d'agitprop, à ses débuts. C'est d'ailleurs par l'entremise de ces deux personnages que le groupe Octobre a rencontré Jacques Prévert..
Arrêté en pour « propagande communiste », il est interné au camp de Gurs. En , il est transféré avec un groupe de 85 détenus à la prison militaire de Nontron ... Léon Moussinac est finalement jugé et acquitté en . Il entre ensuite au sein des mouvements de la Résistance.
Il est directeur de l'IDHEC de 1947 à 1949 et de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) de 1946 à 1959. En 1947, Les Statues de sel heurta le conformisme moral et esthétique de son parti et selon Pierre Daix, Jean Jérôme lui a reproché « sa complaisance pour les aventures scabreuses », en décidant de le boycotter par les organisations du parti.
Le , pour le anniversaire de Maurice Thorez, il écrit la chanson Fils du peuple, sur une musique de Roger Désormière, enregistrée au Chant du Monde et publiée dans L'Humanité-Dimanche.. Dans ses mémoires de 1976, Pierre Daix a prétendu qu’il aurait "tenté de se suicider" huit mois après., ce que "les éditeurs ne confirment pas", après avoir été critiqué en deux lignes dans L'Humanité pour avoir « composé avec la ligne du parti ». Il avait publié dans le numéro du de ce journal un article exaltant l’œuvre et l’engagement de Picasso qui exposait alors à la Maison de la Pensée française un choix personnel de ses sculptures. Au même moment, Auguste Lecœur a publié deux articles dans L'Humanité, le et le , intitulés « Le peintre à son créneau », titre emprunté au peintre André Fougeron, en préparation de l'exposition itinérante "Au pays des mines". Le deuxième reproche en deux lignes à Moussinac d'avoir écrit qu’il ne faut pas confondre le sujet d’un tableau et son contenu . et Moussinac s'en est ému dans son journal le . vignette
Quatorze ans plus tard, Léon Moussinac est victime d'une crise cardiaque à son domicile dans son bureau particulier, au 1 rue Leclerc dans le alors qu'il préparait un livre sur Louis Delluc. Il est transféré à l'Hôpital Lariboisière () où il meurt le qui confirme le lieu de décès mentionné sur son acte de naissance et infirme celui de la plaque commémorative apposée sur l'immeuble du 1, rue Leclerc.Annonce de sa mort dans Théâtre populaire , trimestre 1963, ..
Boris Taslitzky lui rend un hommage dans La Nouvelle critique ..
Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise ( division). Ses archives sont conservées au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France.
Écrits vignette|Couverture de Naissance du cinéma, 1925.
Dernière heure, poème, Ed. Librairie de France, 1923 Naissance du cinéma, Paris, Éd. J. Povolozky, 1925, et Éditions d’Aujourd’hui, 1983 Le Père Juillet - Tragi-farce en deux parties et un intermède, Léon Moussinac et Paul Vaillant-Couturier, Paris, 1927 Le cinéma soviétique, Gallimard, 1928 Panoramique du cinéma, Paris, Au sans pareil, 1929 La Tête la première, roman, Flammarion, 1931 Mallet-Stevens, éditions G. Crès & Cie, Collection les artistes nouveaux, Paris, 1931 Manifestation interdite, roman, Éditions Sociales Internationales, 1935 Tendances nouvelles du théâtre, A. Levy, 1931 Les Champs-de-Moë, roman, La Bibliothèque Française, Paris, 1945 Poèmes impurs : 1934-1944, Préface d'Aragon, Sagittaire, 1945 Aubes clandestines, recueil de poèmes, [ca 1945] Le Radeau de la Méduse (Journal d'un prisonnier politique, 1940-1941), Paris, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1945 - rééd. Aden Éditions, Bruxelles, 2009 Les Statues de sel, nouvelles, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1947 Traité de la mise en scène, Massin et Cie, 1948 Le théâtre, des origines à nos jours, Amiot-Dumont, 1957 S.M. Eisenstein, Seghers, 1963 L'Âge ingrat du cinéma, Éditions du Sagittaire, 1946 ; Éditeurs français réunis, 1967, préface de Georges Sadoul
Filmographie
Léon Moussinac a joué dans quelques films : 1921 : Fièvre de Louis Delluc : César 1921 : Prométhée... banquier de Marcel L'Herbier 1929 : The Storming of La Sarraz de Sergueï Eisenstein, Ivor Montagu et Hans Richter : D'Artagnan 1933 : Ciboulette de Claude Autant-Lara 1937 : La Vie d'un homme (documentaire) de Jean-Paul Le Chanois : commentateur
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Ouvrages et études sur Léon Moussinac . Marie-Cécile Bouju, « Léon Moussinac, éditeur engagé (1935-1939) », Annales des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, 2007, . Christophe Gauthier, La passion du cinéma : cinéphiles, ciné-clubs et salles spécialisées à Paris de 1920 à 1929, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma : École des chartes, 1999. Nicole Racine, notice « Léon Moussinac », Le Maitron en ligne Georges Sadoul, préface à L'âge ingrat du cinéma, Paris, Éditeurs français réunis, 1967. Jacky Tronel, « Léon Moussinac, l'ami d'Aragon », Arkheia, Montauban, 2009, (Lire en ligne) Valérie Vignaux avec la collaboration de François Albera, Un intellectuel communiste et Léon Moussinac, critique et théoricien des arts, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma, 2 volumes (études et anthologie), 2014
Ouvrages et études en relation avec l'AEAR Nicole Racine, "L'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). La revue Commune et la lutte idéologique contre le fascisme (1935/1936)", Le mouvement social, janvier-, , .
Articles connexes Prix du Syndicat français de la critique de cinéma et des films de télévision Prix Léon Moussinac du meilleur film étranger
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