Maurice Porra, né le à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et mort le dans la même ville, est un joueur de rugby à XV international français et de rugby à XIII international français évoluant au poste de talonneur dans les années 1920 et 1930.
Formé au rugby à XV au Stade athlétique Perpignanais, Maurice Porra rejoint par la suite le F.C. Auch puis le F.C. Lézignan et dispute la finale du championnat de France en 1929 perdue contre l'U.S. Quillan. Le F.C. Lézignan est suspendu une année à la suite de cette finale par la Fédération française de rugby à XV ce qui contraint M. Porra à rejoindre le F.C. Lyon. Il est alors une référence au poste de talonneur et finit par être sélectionné en équipe de France contre l'Irlande peu de temps avant la mise au ban de la France du Tournoi des Cinq Nations. Cette sélection est lourde de conséquences pour M. Porra alors obligé par la Fédération de quitter le F.C. Lyon ; ce dernier se déclare alors club dissident de la Fédération française en lançant l'Union française de rugby amateur. Après hésitations et propos contradictoires, il cède et rejoint le S.U. Agen juste après sa sélection mais sa licence de rugby lui est retirée. Il ne dispute ainsi aucune rencontre avec le S.U. Agen entre 1931 et 1933, date de son retour à Perpignan, car la Fédération maintient sa radiation.
En , il prend part à la première manifestation du rugby à XIII français sur l'invitation de Jean Galia pour la tournée des Pionniers. Il joue désormais au rugby à XIII. Il devient à l’orée de la saison 1934-1935 l'une des têtes d'affiche du championnat de France en signant pour le S.A. Villeneuve et en remportant la première édition du championnat de France de 1935 avec Galia, Max Rousié et Marius Guiral. Il rejoint par la suite le XIII Catalan de Perpignan et inscrit une nouvelle ligne à son palmarès avec le titre de la Coupe de France en 1939. Parallèlement, il devient également international français et prend part aux éditions de 1935, 1936 et 1937 de la Coupe d'Europe des nations.
Mobilisé par la Seconde Guerre mondiale qui met un terme à sa carrière sportive, Porra devient par la suite entraîneur, tout d'abord du RC Catalan (dénomination du XIII Catalan en version quinziste à la suite de l'interdiction du rugby à XIII) puis du Stade aurillacois avant de revenir sur Perpignan et le XIII Catalan à la sortie de guerre. Il entraîne ensuite le Céret sportif en rugby à XV. Biographie
Enfance, jeunesse et débuts en rugby à XV à Perpignan
Maurice Séverin Porra naît le à PerpignanActe de naissance de Maurice Séverin Porra, archives.cd66.fr, consulté le 14 avril 2023.. Son père, Simon Thomas Jean Porra (né le à Olette« Etat civil - Archives des Pyrénées-Orientales - Olette », aux Archives des Pyrénées-Orientales - consulté le 25 octobre 2023.), est routier, et sa mère, Marie Blondine Tichadou (née le à Puyvalador« Registre des mariages 1901 - Archives des Pyrénées-Orientales - Perpignan », aux Archives des Pyrénées-Orientales - consulté le 25 octobre 2023.), servante. Il a deux frères et une sœur Marie (1904-1978).. Il se marie le à Marie Jeanne Gasc, en la mairie de Perpignan, avec qui il a trois enfants (Jean, André et Roger). Son frère Jean a été joueur de rugby à XV dans les années 1920.. Il grandit près de la gare de Perpignan et joue dans le club de quartier au « Stade athlétique Perpignanais ».. Maurice Porra exerce dans la vie civile le métier de menuisier-ébéniste.. Il débute au F.C. Auch lors de son service militaire et joue quelques rencontres..
1927-1929 : départ au F.C. Lézignan et finale du championnat de France alt=Photo-portrait de son entraîneur et coéquipier Jean Sédébio en 1927|redresse=0.75|thumb|left|Jean Sébédio, son entraineur au F.C. Lézignan, l'emmène en finale du Championnat de France 1929.
Maurice Porra intègre le club du F.C. Lézignan à l'orée de la saison 1927-1928 qui a pour capitaine et entraîneur Jean Sébédio, ancien international français, et y a pour partenaire Léopold Fabre.. Il y joue à son poste de prédilection : talonneur.. Le club dispute cette saison le Championnat de France et se trouve dans la poule G aux côtés du Racing C.F., Stade bordelais, U.S. Montauban et C.A. Brive. Le club fait bonne figure mais ne se qualifie pas pour la phase des poules de quatre à la suite de sa défaite dans le match de barrage qualificatif face au Stade bordelais 9-0..
La saison 1928-1929 est plus prometteuse, J. Sébédio n'est plus joueur mais il reste l'entraîneur de cette équipe audoise. Le club surprend et réalise une série de victoires stoppée une première fois par l'U.S. Quillan, dernier finaliste du Championnat de France, puis par l'A.S. Béziers en .. M. Porra démontre cette saison-là ses qualités à son poste de talonneur où petit à petit il s'affirme comme l'une des références françaises et fait déjà l'objet de rumeurs sur une possible destination l'année suivante vers un club plus huppé.. En , il est appelé une première fois en équipe de France dans un statut de remplaçant au talonnage en cas de défection de Fernand Camicas pour affronter le pays de Galles. puis l'Angleterre dans le cadre du Tournoi des Cinq Nations..
Au fil de la saison, le F.C. Lézignan postule comme un sérieux outsider dans le Championnat de France où M. Porra brille et sert de tête d'affiche des avants. Le club bat certains autres prétendants au cours de la saison tels S.C. Mazamet, Stadoceste tarbais, U.S. Perpignan, le Racing C.F. ou encore S.U. Agen. Ses moyens restreints limitent son effectif et il fait l'objet d'une réputation peu flatteuse infligée par les équipes vaincues dénonçant le chauvinisme de son public, la brutalité des joueurs ou la partialité des arbitres lors des rencontres à domicile au stade du Moulin.. L'équipe est en revanche saluée par de nombreux adversaires lorsqu'elle évolue sur terrain adverse où elle est appréciée pour son jeu ouvert, mobile et une assurance en mêlée.. Le F.C. Lézignan domine la poule de cinq puis celle de la poule de trois devant le F.C. Grenoble et Boucau stade pour se qualifier pour les quarts-de-finale du Championnat..
Le F.C. Lézignan affronte en quarts-de-finale le Stade bordelais au stade des Ponts-Jumeaux de Toulouse et revêt à ce stade de la compétition l'habit de grand prétendant au titre en raison de l'excellente préparation de l'équipe pour terminer la saison.. La rencontre tourne à l'avantage de Lézignan qui s'impose 27-5.. La prestation de M. Porra est remarquée et son nom est de nouveau cité pour intégrer le XV de l'équipe de France pour affronter l'Allemagne en cette fin de saison tout comme son coéquipier André Clady. mais il y reste remplaçant et Georges Vaills lui est préféré... En demi-finale du Championnat, le club audois affronte l'A.S. Béziers à Carcassonne, pendant que l'autre demi-finale oppose l'U.S. Quillan au S.U. Agen, permettant au comité du Languedoc d'avoir trois qualifiés en demi-finales.. La demi-finale, disputée sur le terrain de la Pépinière devant près de spectateurs, est serrée et ce n'est qu'au terme des prolongations (6-6 à la fin du temps réglementaire) que Lézignan s'impose 9-6 grâce à un ultime essai de Célestin Wisser pour se qualifier pour la première finale de son histoire et affronter l'U.S. Quillan dans une finale 100 % audoise.. La date de la finale fait l'objet d'un débat, les Quillanais souhaitant qu'elle se dispute le et les Lézignanais voulant qu'elle soit repoussée au pour permettre à ses joueurs de récupérer. C'est finalement la première option qui est retenue par la Fédération française.. La finale, disputée à Toulouse, contre l'U.S. Quillan de Jean Galia et Eugène Ribère est émaillée par de nombreuses bagarres hachant le jeu au grand dam des spectateurs.. Au cours de ce match, le F.C. Lézignan mène 8-0 après 45 minutes de jeu avant de s’effondrer en fin de rencontre et laisser les Quillanais gagner 11-8. Quelques semaines plus tard, en mi-, l'exclusion du F.C. Lézignan du Championnat de France pour un an est votée au conseil de la Fédération française de rugby à XV en raison des faits de matchs pointant la brutalité des joueurs du club lors de la finale.. Ces évènements précipitent le départ de M. Porra qui signe pour le F.C. Lyon..
1929-1934 : arrivée au F.C. Lyon, international français puis radiation du rugby à XV
Maurice Porra rejoint le F.C. Lyon pour la saison 1929-1930 dans une équipe qui ne joue pas les premiers rôles en Championnat de France. Malgré son apport, le club lyonnais se fait éliminer en poule de cinq, devancé par le C.A. Bègles, l'A.S. Béziers et la Section paloise.. Enfin, son nom n'est plus non plus cité comme potentiel sélectionnable en équipe de France, mais est convoqué dans la sélection du Lyonnais au cours de la saison où il y côtoie Charles Mathon, Henri Dechavanne et Vincent Graule..
M. Porra entame la saison 1930-1931 avec le F.C. Lyon avec les mêmes contraintes mais son nom est de nouveau évoqué pour les sélectionneurs français. Seul joueur du F.C. Lyon cité, il reçoit une convocation pour un match de sélection en qui se déroule à Dax où il se trouve dans l'équipe des titulaires potentiels en vue de la rencontre du Tournoi des Cinq Nations face à l'Irlande programmée le .. Mais, malgré lui, il se trouve en ce mois de pris indirectement dans le scandale agitant le rugby à XV français avec la scission de douze clubs du Championnat de France pour créer un Championnat parallèle nommé et former l'Union française de rugby amateur pour dénoncer la violence et l'amateurisme marron en France. Parmi ces douze clubs se trouve le F.C. Lyon de M. Porra, club ayant envoyé sa démission à la F.F.R. ce mois-là.. Malgré cela, le , M. Porra est confirmé au poste de talonneur pour affronter l'Irlande. mais à l'unique condition imposée par la F.F.R. de quitter son club du F.C. Lyon.. Après des tergiversations de M. Porra, la F.F.R. annonce qu'il a bien démissionné de son club et jouera contre l'Irlande..
Disputé au Stade Yves-du-Manoir, le match est remporté par la France qui s'impose 3-0 par un essai d'Eugène Ribère. La performance au talonnage de M. Porra, qui fête sa première sélection, est saluée par ses coéquipiers.. Dans les jours suivants, le , M. Porra dispute une rencontre avec le F.C. Lyon qui amène une grosse polémique au sein de la Fédération française qui exige des explications du joueur.. M. Porra confirme qu'il reste au F.C. Lyon tout en se mettant à disposition de l'équipe de France, mais se voit opposer une fin de non-recevoir de la Fédération qui désormais ne l’appellera plus en sélection tant qu'il se trouve au F.C. Lyon..
Finalement en , M. Porra fait le choix de quitter le F.C. Lyon pour s'engager au S.U. Agen. Il ne peut cependant pas disputer de rencontres en équipe 1 en Championnat de France en raison d'une décision fédérale interdisant à un joueur issu d'un club dissident lié à l'UFRA d'intégrer un club fédéral en cours de saison... Il attend donc la période estivale et le début de la saison 1931-1932 pour solliciter sa nouvelle licence, mais l'examen de cette demande est refusé par la Fédération française de rugby à XV.. Il se voit ainsi faire une saison blanche 1931-1932 puis une seconde 1932-1933. L'été 1933, il décide de revenir dans sa ville de Perpignan et demande une licence à l'U.S.A. Perpignan. Il reste dans l'attente de la validation de sa licence qui ne viendra jamais.. et ne dispute aucune rencontre officiellement, entraînant tout juste le S.O. Perpignan.
Au début de l'année 1934, il est finalement contacté par Jean Galia, ancien international français et radié de la Fédération française de rugby à XV pour faits de professionnalisme, pour importer le code du rugby à XIII en France.. M. Porra répond positivement à cette invitation et prend part en la tournée d'une sélection française nommée les Pionniers..
1934 : pionnier du rugby à XIII en France Tournée des Pionniers