Le Dictateur () est un film américain satirique réalisé par Charlie Chaplin, sorti en 1940. Il s'agit du premier film parlant du réalisateur..

Conçu avant la Seconde Guerre mondiale et sorti avant l'entrée en guerre des États-Unis, ce film est le plus grand succès commercial de Chaplin et contribue à mobiliser l'opinion publique nord-américaine ( aux États-Unis) en faveur des démocraties européennes, à une époque où seul le Royaume-Uni résistait à l'Allemagne nazie.

Il est ouvertement inspiré par le régime nazi progressivement installé à partir de par le chancelier Hitler. Avant-guerre, le gouvernement allemand proteste officiellement contre sa réalisation et demande l'abandon du projet, que Chaplin tient à terminer malgré ces pressionsMichel Faucheux, Chaplin, Gallimard, Folio biographies .

Dans le film, le dictateur Adenoïd Hynkel incarné par Chaplin est largement inspiré de Hitler, et le personnage de Benzino Napoleoni (interprété par Jack Oakie) du dictateur italien Benito Mussolini. Réalisé juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, ce film anticipe la possibilité d'une nouvelle guerre en Europe, en même temps qu'il rappelle la brutalité du régime nazi.

Le Dictateur présente le nazisme comme un danger mortel pour les communautés juives d'Europe, l'humanité entière et la démocratie. Cette première satire marque la satire anti-hitlérienne postérieure, laquelle se réfère toujours, plus ou moins directement, au film de Chaplin, de To be or not to be d'Ernst Lubitsch en 1942 à La vie est belle de Roberto Benigni en 1997François Genton, « Le Dictateur et les autres : satire première et satire seconde », Revue de Littérature comparée, octobre-décembre 2007, , ..

Synopsis vignette|thumbtime=87|redresse|Bande-annonce du film.

Lors de la Première Guerre mondiale, dans un pays imaginaire nommé TomainiaL'orthographe du nom du pays choisie par Chaplin (« Tomainia ») apparaît sur de nombreux journaux locaux montrés à l'écran entre les et 15 du film, édités à l'occasion de la fin de la Première Guerre mondiale, tels que The Tomainian Past, établissant ainsi l'orthographe appropriée. et ressemblant beaucoup à l'Allemagne, un soldat maladroit sauve la vie d'un pilote de chasse nommé Schultz. Tous deux réussissent à s'enfuir en avion, mais l'appareil s'écrase et le soldat est blessé. Devenu amnésique, le soldat passe de longues années à l'hôpital, coupé du monde. Entre-temps, la Tomainia est devenue un régime dictatorial et fasciste dirigé par Adenoïd Hynkel (une caricature d'Adolf Hitler), où les Juifs sont persécutés comme sous le régime nazi.

Vingt ans plus tard, le soldat amnésique s'enfuit de l'hôpital et reprend son métier de barbier dans sa boutique, qui fait désormais partie du ghetto juif. Le barbier est lui-même Juif et peu au courant de l'évolution politique et sociale de son pays, ni du fait qu'il est le parfait sosie du dictateur Hynkel. Mais, à peine arrivé chez lui, il voit des militaires du régime peindre le mot « Juif » sur la fenêtre de sa boutique. Quand le barbier commence à effacer l'inscription, l'un des soldats s'apprête à le punir brutalement. L'homme se défend, mais ne doit son salut qu'à sa voisine, Hanna, dont il tombe amoureux. Ensemble, ils essaient de résister à la persécution des forces militaires fascistes. Celles-ci finissent par capturer le barbier et s'apprêtent à le pendre. Mais le commandant Schultz, l'ayant reconnu, les en empêche. En lui rappelant la Première Guerre mondiale, Schultz aide le barbier à retrouver la mémoire.

Pendant ce temps, Hynkel, le dictateur ordonne de laisser les Juifs tranquilles, le temps de prouver sa bonne foi à une grande banque juive et, ainsi, d'en obtenir des crédits. Le ministre de l'Intérieur lui fait part de son rêve de le voir devenir dictateur du monde. Une fois seul, le dictateur joue avec un ballon en forme de globe terrestre, mais celui-ci explose. Lorsqu'il apprend que la banque lui refuse son crédit et que le commandant Schultz l'a trahi par amitié pour le barbier, le dictateur le fait arrêter et ordonne à nouveau la persécution des Juifs dans les ghettos, au moment où le barbier est sur le point de sortir avec Hanna. Les militaires, ayant appris l'arrestation de Schultz, décident de faire sauter la boutique du barbier, pendant que celui-ci s'est réfugié sur le toit avec Hanna. Cette dernière lui dit qu'elle va partir en Österlich avec les autres habitants, pour fuir le ghetto. Mais Schultz réussit à s'évader et se réfugie dans la maison du barbier, planifiant un éventuel attentat contre le dictateur (qui n'aura pas lieu, grâce à une astuce d'Hanna).

Le lendemain, le barbier et Schultz sont arrêtés lors d'une rafle pour complot contre le régime d'Hynkel, et se retrouvent en camp de concentration tandis que Hanna et les autres habitants du ghetto rejoignent l'Österlich, où ils trouvent la paix. Pendant ce temps, Hynkel prévoit d'envahir l'Österlich, mais la Bacteria, le pays dirigé par un autre dictateur, Napoleoni, s'apprête à faire de même. Fou de rage, Hynkel invite son homologue pour négocier un traité pour que celui-ci renonce à l'invasion. Mais Hynkel a fort à faire car Napoleoni tient à lui montrer sa supériorité. Finalement le soir, après beaucoup de tensions entre les deux dictateurs, Hynkel, sur les conseils de son ministre de l'Intérieur, signe le pacte de non-agression proposé par son homologue, qui n'est finalement qu'un bout de papier lui permettant ainsi d'envahir l'Österlich en toute tranquillité.

Au matin de l'invasion de l'Österlich, le barbier et Schultz réussissent à s'évader et dérobent des uniformes de gradés. Le plan de Schultz est de faire passer le barbier pour Hynkel, mais le barbier semble l'ignorer. C'est ainsi que les soldats confondent les deux personnages : Hynkel est arrêté en tant que fugitif alors qu'il chassait le canard tandis que le barbier, pris pour le dictateur, est contraint de prendre sa place et assiste à l'invasion éclair de l'Österlich. Une fois l'invasion terminée, le faux dictateur est invité à prononcer un discours officiel sur un podium devant le peuple, celui-ci étant retransmis à la radio.

Dans son discoursLe texte du discours du barbier à la fin du film (en version originale) :

Traduction :

Il adresse aussi un message d'espoir à Hannah, au cas où elle l'entendrait :

Traduction :

— Source (version originale) : Michael E. Eidenmuller, « The Great Dictator (1940) », American Rhetoric.com (consulté le 25 mai 2020)., le barbier défend la liberté de tous les humains et prône la tolérance, la démocratie et la paix. À la fin, il adresse un message d'espoir à Hannah, au cas où elle l'entendrait.

Hannah entend la voix du barbier à la radio. Elle tourne son visage, rayonnant de joie et d'espoir, vers la lumière du soleil et dit à ses semblables : « Écoutez ».

Fiche technique

Titre original : Titre français : Le Dictateur Réalisation : Charlie Chaplin Assistants à la réalisation : Wheeler Dryden, Dan James et Robert Meltzer Scénario : Charlie Chaplin (et Robert Meltzer, non crédité) Direction artistique : J. Russell Spencer Décors : Edward G. Boyle Costumes : Wyn Ritchie et Ted Tetrick (non crédités) Photographie : Karl Struss et Roland Totheroh Montage : Willard Nico et Harold Rice (non crédité) Musique : Charlie Chaplin, Meredith Willson, Richard Wagner et Johannes Brahms Direction musicale : Meredith Willson Son : Percy Townsend Production : Charles Chaplin et Carter DeHaven (producteur associé) non crédités Sociétés de production : Charles Chaplin Productions Sociétés de distribution : (États-Unis, Canada, Royaume-Uni) ; Les Artistes Associés (France, Belgique) ; Columbia Pictures (ressortie cinéma, États-Unis, 1972) ; TF1 (télévision, France, 1977) ; Théâtre du Temple (ressortie cinéma version restaurée, France, 2019) ; Arte (télévision, France, 2021) Affiche : Léo Kouper Budget : Pays de production : Langue originale : anglais Format : noir et blanc - 1,37:1 - mono - (Voir l'article Photophone (procédé sonore).) Genre : comédie burlesque Durée : 124 minutes Dates de sortie. : États-Unis : (première mondiale à New York) ; (sortie nationale) ; 1972 (ressortie) Canada : (Ottawa) ; (Montréal) Royaume-Uni : (première à Londres) ; (sortie nationale) France : ; (ressortie) ; (ressortie version restaurée) Belgique : Italie : Allemagne de l'Ouest : Classification : États-Unis : Certificat MPAAFilms Ratings : GInitialement sorti avec le certificat « Approved » (1940, pca #6611). À la suite du remplacement du code de production (ou Code Hays) par un système de classement volontaire des films, afin de limiter la censure des films hollywoodiens et de fournir aux parents des informations sur l'opportunité des films pour enfants en 1968, le film a obtenu le symbole G, qui signifie « tous publics ». (certificat délivré en 1972) France Mention CNCVisa CNC : tous publics (visa d'exploitation délivré le )

Distribution Note : Le film est sorti en France en 1945, accompagné d'un premier doublage, avec André Rigaud à l'adaptation des textes.. Cependant, cette première version ayant disparu, un second doublage a été réalisé en 1972. C'est à cette seconde version que se réfère la distribution des comédiens indiquée ci-dessous. vignette|redresse|Charlie Chaplin dans la scène du discours d'Hynkel. vignette|redresse|Paulette Goddard en 1936Photographie promotionnelle pour le film Les Temps modernes..

Charlie Chaplin (VF : Roger Carel) : le soldat, barbier juif dans le civil / Adenoïd Hynkel, dictateur de la Tomainia Paulette Goddard (VF : Ginette Pigeon) : Hannah , blanchisseuse , sa voisine Jack Oakie (VF : Jean-Louis Maury) : Benzino NapoleoniSon nom est la contraction de Napoléon et Mussolini ; son prénom est inspiré du prénom de Mussolini (Benito) et du mot (« essence » en italien)., dictateur de la Bacteria Reginald Gardiner (VF : Raymond Gérôme) : le commandant Schultz , ancien pilote sauvé par le barbier Henry Daniell (VF : Bernard Dhéran) : le ministre de l'Intérieur GarbitschContraction de et , ce nom rappelle vaguement celui de Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande du Reich qui inspira ce personnage ; l'acteur choisi a surtout une forte ressemblance physique avec son modèle. Billy Gilbert (VF : William Sabatier) : le maréchal Bismarck HerringContraction des prénom et nom de Hermann Göring, le dignitaire du régime nazi qui inspira ce personnage ; l'acteur choisi a en outre un embonpoint qui fait penser à celui de Göring., « le hareng » , ministre de la Guerre Grace Hayle : Carter DeHaven : l'ambassadeur de la Bacteria Maurice Moscovitch (VF : Jean Martinelli) : , le logeur Emma Dunn (VF : Lita Recio) : , sa femme Bernard Gorcey (VF : Philippe Dumat) : , un ami du logeur Paul Weigel (VF : Pierre Leproux) : , un ami du logeur Chester Conklin : un client du barbier , sur la musique de Brahms Esther Michelson : une femme juive Hank Mann (VF : Roger Crouzet) : un soldat des troupes de choc saisissant les tomates Wheeler Dryden (VF : Jacques Ciron) : Heinrich Schtick, le traducteur des discours d'Hynkel Robert O. Davis : le commandant tomainien en Österlich Nita Pike : la secrétaire du dictateur

et, parmi les acteurs non crédités : Joe Bordeaux : un habitant du ghetto juif Gino Corrado : le sculpteur John Davidson (VF : Jacques Thébault) : le directeur de l'hôpital psychiatrique Nellie V. Nichols : une femme juive Lucien Prival : l'officier tomainien des troupes de choc Gaspard Zaccaron : un habitant du ghetto

Production Tournage Le tournage du film débute le , soit huit jours après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne le et six jours après la déclaration de guerre du Royaume-Uni et de la France à l'Allemagne le ..

Style vignette|redresse|Image tirée du film où Hynkel (Chaplin) joue avec un globe terrestre.