Jean Barreteau, né le à Lasserre (Lot-et-Garonne) et mort le à Agen (Lot-et-Garonne), est un joueur français de rugby à XV et international français de rugby à XIII, évoluant au poste d'arrière.

Il découvre le rugby à XV et s'y exerce dès son plus jeune âge à l'U.S. Nérac dont il intègre l'équipe première à quinze ans. Il est convoqué dans les Chantiers de jeunesse durant la Seconde Guerre mondiale et à son retour, il intègre le club de l'U.S. Fumel où il côtoie Pierre Taillantou et Gaston Combes. J. Barreteau connaît avec ce club des succès sportifs en cette fin de guerre et dispute la demi-finale du Championnat de France en 1945, perdue contre le S.U. Agen de Jean Matheu-Cambas et Guy Basquet.

Repéré par le dirigeant roannais Claude Devernois qui désire relancer le club de rugby à XIII du R.C. Roanne à la suite de l'interdiction du rugby à XIII en France par le régime de Vichy, J. Barreteau rejoint alors le rugby à XIII sur les bords de la Loire en compagnie de P. Taillantou. Durant quatre saisons, il devient l'un des joueurs les plus remarqués du Championnat de France, occupant le poste d'arrière en club et barré en équipe de France seulement par Puig-Aubert. Il y compte toutefois quatre sélections et remporte le titre de Coupe d'Europe des nations en 1949. Il remporte également deux titres de Championnat de France en 1947 et 1948. Au faîte de sa gloire sportive, le R.C. Roanne est mis en sommeil, il signe alors en 1949 au Toulouse olympique XIII mais après quelques mois, le club déclare forfait général. J. Barreteau, à 26 ans, renonce alors au rugby professionnel et signe en amateurs au Lavardac XIII où il est entraîneur-joueur avec succès (trois titres de seconde division en 1951, 1953 et 1955). Durant près de dix ans, il permet au club d'accumuler les titres amateurs de rugby à XIII avant que ce club fusionne avec l'U.S. Nérac et joue en rugby à XV.

En son honneur, le stade sportif de la ville de Lavardac porte son nom. Biographie

Enfance, jeunesse et débuts en rugby à XV avec succès à Nérac puis Fumel

Jean Ernest François Barreteau naît le à Lasserre (Lot-et-Garonne) au lieu-dit Quissac. Son père, Jean-Marie François Barreteau (né le à la Garnache. et décédé le à Nérac.) est cultivateur, et sa mère, Lucie-Marie-Rose Roué (née le à Herbignac et décédée le à Nérac.), cultivatrice., et sont domiciliés dans la commune de Nérac au lieu-dit Nazareth. Il a une sœur, Yvonne (1923-1939), décédée à seize ans..

Né à Lasserre, J. Barreteau s'adonne au rugby à XV dès son plus jeune âge dans la commune voisine Nérac où il grandit. Il intègre le club de l'U.S. Nérac et à tout juste quinze ans dispute déjà des rencontres avec l'équipe première. À vingt ans, il est contraint de rejoindre les Chantiers de jeunesse durant la Seconde Guerre mondiale et effectue un temps en Allemagne.

vignette|Gaston Combes, coéquipier à l'US Fumel et demi de mêlée de référence en sortie de guerre.|alt=Photographie noir et blanc : c'est un portait d'un homme en maillot de sport qui regarde devant lui.

À son retour, le club de l'U.S. Fumel, sous la houlette de Jean Vissol, s'est constitué une équipe de grande valeur durant la guerre et le recrute. J. Barreteau s'impose peu à peu et devient titulaire au poste d'arrière avec succès en comptant sur des coéquipiers de premier plan tels que Pierre Taillantou et Gaston Combes et permettant à l'U.S. Fumel de jouer les premiers rôles en Championnat de France de rugby à XV. Le club atteint les demi-finales de l'édition 1945 perdant contre le S.U. Agen de Jean Matheu-Cambas et Guy Basquet, futur champion, sur le score sévère de 16-0. Cette même année, il atteint également les quarts-de-finale de la Coupe de France, étant battu par l'Aviron bayonnais de Jean Dauger, André Alvarez et Maurice Celhay 8-7.

1945 : départ au rugby à XIII et grand joueur du R.C. Roanne ainsi que de l'équipe de France

1945 : départ au XIII et au R.C. Roanne avec Pierre Taillantou

Jean Barreteau entame sa saison 1945-1946 au sein de l'U.S. Fumel avec l'espoir de rééditer les mêmes performances, toujours à son poste d'arrière où il excelle. Toutefois la saison débute pour l'U.S. Fumel par le départ en de l'un de ses joueurs clés puisque le demi de mêlée Gaston Combes rejoint le rugby à XIII et le club du R.C. Albigeois. Ce départ handicape alors grandement l'équipe sportivement. Les prestations de J. Barreteau sont également scrutées par les dirigeants de rugby à XIII qui le convainquent en de rejoindre le rugby à XIII alors ressuscité après avoir été interdit par le régime de VichyJean-Christophe Collin, « La grande spoliation », p.38, Le magazine L'Équipe, 11 mai 2013 malgré des offres du S.U. Agen et de l'A.S. Montferrand. Par l'intermédiaire du dirigeant roannais Claude Devernois qui désire relancer le club de rugby à XIII du R.C. Roanne, J. Barreteau rejoint ce dernier sur les bords de la Loire en compagnie de son coéquipier Pierre Taillantou, renforçant une équipe qui joue les premières places du Championnat de France de rugby à XIII.

J. Barreteau et P. Taillantou ne sont pas les seules recrues prestigieuses de cette équipe, qui s’impose rapidement comme l'un des grands acteurs du Championnat de France. Entraînée par Jean Duhau, elle compte notamment Robert Joly, les Catalans Henri Riu, Joseph Crespo, Élie Brousse et Gaston Comes, ainsi que les anciens joueurs revenus au club Robert Dauger (frère de Jean Dauger), Vincent Martimpé-Gallart et Henri Gibert.

L'équipe du R.C. Roanne atteint les demi-finales du Championnat de France et de la Coupe de France mais est vaincue à ce stade de la compétition respectivement par l'AS Carcassonne 15-3 et le XIII Catalan 8-7.

1946-1947 : premier titre de Championnat de France

Lors de la saison 1946-1947, l'équipe roannaise est renforcée par l'arrivée de René Duffort. L'entraîneur Jean Duhau, appelé à construire le R.C. Marseille de Paul Ricard, est remplacé par l'ancien joueur international et joueur de Roanne d'avant-guerre Robert Samatan, la confiance est laissée à J. Barreteau au poste d'arrière où il s'affirme comme l'un des meilleurs joueurs du Championnat à ce poste au point de susciter alors des débats sur une possible convocation en équipe de France dès pour affronter le pays de Galles à la place de l'habituel arrière Puig-Aubert dont les performances varient. Ce dernier conserve la confiance des sélectionneurs français en raison de sa réussite au rôle de buteur. De plus le style de ces deux joueurs est très différent avec un Puig-Aubert au style de jeu plus classique et défensif que celui de Barreteau considéré comme un arrière offensif par sa volonté de contre-attaque permanente.

Vainqueur de la saison régulière du Championnat, le R.C. Roanne se qualifie pour la finale et peut observer ses adversaires disputer des barrages. C'est l'A.S. Carcassonne de Puig-Aubert qui sort vainqueur de ces confrontations, éliminant le F.C. Lézignan puis Bordeaux-Bayonne. Bien qu’elle n'ait pas fini première de la saison régulière, l'A.S. Carcassonne, tenante du titre, est favorite contre le R.C. Roanne. La finale, disputée au stade municipal de Lyon, oppose les deux meilleures équipes de la saison comptant bon nombre d'internationaux français dans leurs rangs. Le R.C. Roanne réalise la rencontre parfaite face à une équipe carcassonnaise inefficace et en panne d'inspiration une semaine après leur titre en Coupe de France. Dans une rencontre achevée 19-0 avec treize points inscrits par Gaston Comes désigné homme du match, J. Barreteau à l'arrière est cité parmi les grands acteurs de ce succès roannais en s'adjugeant son premier titre de Championnat de France.

1947-1948 : second titre de Championnat de France et premières capes internationales

Pour la saison 1947-1948, Robert Samatan est reconduit dans ses fonctions d'entraîneur, mais Gaston Comes et Élie Brousse ont quitté le club. Jean Barreteau reste, quant à lui, un des éléments incontournables au R.C. Roanne, titulaire indiscutable au poste d'arrière, après quelques semaines d'absence en début de saison en raison d'une blessure au genou, et est toujours pressenti pour être appelé en équipe de France. En , J. Barreteau dispute, dans le cadre de la tournée de l'équipe de Nouvelle-Zélande en Europe, des matchs de sélections dont une avec la sélection du Lyonnais battant 20-10 la Nouvelle-Zélande où J. Barreteau inscrit un essai. En Championnat, le club roannais est prétendant à son propre titre avec pour principale concurrence l'A.S. Carcassonne et le R.C. Marseille.

Mi-, Puig-Aubert annonce son forfait pour la rencontre contre le pays de Galles pour le compte de la Coupe d'Europe en raison d'une rechute à la suite d'une jaunisse. Plusieurs noms sont alors annoncés dont celui de J. Barreteau au côté de José Audignon, André Melet ou de Louis Llari avant que le choix final valide la titularisation au poste d'arrière de J. Barreteau qui connaît sa première cape internationale. Victorieuse 20-12, J. Barreteau participe grandement au succès, inscrivant huit points en prenant le rôle de botteur avec trois transformations et une pénalité, et tenant un rôle défensif efficace où il épaule notamment Paul Dejean. Il enchaîne avec une seconde sélection en contre l’Angleterre en prenant la place de Puig-Aubert toujours souffrant. Cette rencontre se solde par une défaite française 25-10 où J. Barreteau commet peu d'erreurs mais pèche par sa performance au pied. Puig-Aubert, assistant au match, ne le blâme pas et déclare qu'il n'aurait pas fait mieux que lui hormis inscrire deux buts soit quatre points ce qui n'aurait pas changé la physionomie du match.

En club toutefois, J. Barreteau aligne les belles performances en cette fin de saison en Championnat, la seule contre-performance étant l'élimination du R.C. Roanne en quart de finale de la Coupe de France par l'A.S. Carcassonne. En Championnat de France, le R.C. Roanne termine second de la saison régulière derrière l'A.S. Carcassonne. Il affronte en demi-finale le R.C. Marseille une semaine après la rencontre contre l'Angleterre. La victoire sur les Marseillais est obtenue sur le score de 16-11, et pour la deuxième année consécutive la finale du Championnat de France oppose l'A.S. Carcassonne au R.C. Roanne..

La finale se déroule au stade Vélodrome de Marseille. J. Barreteau joue à son poste habituel d'arrière. Face au vent en première période, le R.C. Roanne subit les assauts carcassonnais qui maîtrisent le match mais ne parviennent pas à scorer. L'A.S. Carcassonne mène seulement 2-0 à la mi-temps grâce à un drop de Puig-Aubert puis joue contre le vent en seconde période. Cet élément permet au R.C. Roanne d'inverser le cours de la rencontre par un essai de Taillantou, scellant le score définitivement à la .. Le R.C. Roanne et J. Barreteau célèbrent leur deuxième titre d'affilée en Championnat de France, ce dernier étant cité parmi les meilleurs joueurs de cette finale avec la paire de demis Pierre Taillantou-René Duffort et les avants Henri Riu et Lucien Barris.

1948-1949 : ultime saison à Roanne et dernières sélections françaises

La saison 1948-1949 du R.C. Roanne se déroule avec plus de difficultés en raison des blessures qui affectent plusieurs joueurs, notamment celles de Robert Dauger, René Duffort et Roger Pouy, contraignant l'entraîneur Robert Samatan à modifier constamment son treize titulaire., ainsi que par le départ de joueurs de qualité tels Raymond Contrastin, Henri Gibert et Lucien Barris..