Gland est une ville et une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Nyon. Elle fait partie de l'agglomération du Grand Genève. vignette|Gland, 1972.

Géographie Situation Gland se situe à mi-chemin entre Genève et Lausanne (à environ de chacune d'entre elles), à 5 km au nord-nord-est de Nyon, dans une plaine entre les hauteurs de La Côte et le Léman, sur une terrasse modérément inclinée vers le lac et aboutissant à un talus d'érosion d'environ 10 m de haut formé par l'ancien delta de la Promenthouse.

Le territoire de Gland s'étend sur . Lors du relevé de , les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient de sa superficie, les surfaces agricoles , les surfaces boisées et les surfaces improductives .

Transports La ville possède une gare ferroviaire depuis 1858, situé sur la ligne Lausanne – Genève via la gare de Gland et une ligne de bus interne, le transport urbain de Gland (TUG), exploitée par CarPostal où elle est désignée par le et où la tarification Mobilis Vaud s'applique.

La ville se trouve à la sortie 12 de l'autoroute A1.

Entre 1906 et 1954, un tramway reliait Gland à Begnins.

Toponymie Le nom de la commune, qui se prononce , a la même origine que la région fribourgeoise de la Glâne. Il remonte au mot gaulois glana qui signifie « la limpide ». Comme souvent, le nom de la localité a désigné d’abord celui de la rivière qui la traversait.. L'étymologie populaire explique le rapprochement orthographique avec le fruit du chêne.

Dans l'Antiquité, les Romains nomment l'endroit Villa Glanis. Glanis désigne en latin une espèce de poisson et une rivière de Campanie.

La première occurrence écrite du toponyme date de 994 à 1049, sous la forme de Glans. Dès le est utilisé le toponyme Glant. Glans et Glanez sont des erreurs orthographiques.

Histoire

Préhistoire et Antiquité Les premières traces humaines à Gland remontent à 3 000 ans avant Jésus-Christ, à l'époque préhistorique des lacustres. Vers 450 avant Jésus-Christ, des Helvètes s'établissent à Gland.

Quelques siècles plus tard, on y trouve les Romains, comme l'atteste la présence d'une douzaine de sites. Ces derniers nomment la région comprenant Gland Civitas Equestrium, c'est-à-dire le pays des Équestres. Pendant l'occupation romaine, les populations résidant à Gland se romanisent.

Au , les Romains offrent aux Burgondes la possibilité de s'installer à l'ouest du Léman, en terre allobroge, en échange de leur engagement à empêcher des incursions étrangères. Cependant, après l'assassinat de l'empereur Aitius, les Burgondes occupent les terres à l'est du Léman, dont Gland.

Moyen Âge La domination burgonde sur la région comprenant Gland prend fin en 534, quand les Francs envahissent ce territoire.

Au , la région de Gland se trouve à l'intérieur du comté des Équestres et dépend d'abord de l'archevêque de Besançon. Mais celui-ci décide, vers 1100, de la remettre à Humbert, fils d'Ulrich, de la maison de Cossonay. En 1230, Jean de Cossonay partage ses terres entre ses deux fils et Guillaume, le cadet, reçoit les terres de Prangins, qui comprennent le village de Gland. Gland se retrouve alors sous l'autorité des seigneurs de Prangins.

Toutefois, le fils de Guillaume de Prangins, Aymon, s'oppose à Amédée V de Savoie. Ce dernier réagit en s'emparant de ses terres, dont Gland, avec l'aide du baron de Vaud, Louis Ier. Le territoire de Gland est ensuite administré par des nobles, vassaux de la maison de Savoie : la maison de Gingins, la maison de Gland et la maison de Lucinge. Les habitants de Gland doivent leur verser une rente régulière et réaliser un certain nombre de corvées (fauche, moisson, charroi, etc.).

Temps modernes En 1536, les troupes bernoises conquièrent le territoire glandois, comme le reste du canton de Vaud, alors qu'elles se rendent au secours de Genève, menacée par les armées savoyardes. Durant le règne bernois, les habitants de Gland se convertissent à la foi réformée. Dès 1550, Gland possède un premier pasteur, Pierre Chaubert. La même année, l'autorité bernoise lève un impôt extraordinaire sur la fortune des chefs de famille glandois et vaudois appelé taille. Durant cette période, et pendant deux siècles, il existe à Gland un consistoire, composé du pasteur et de personnalités de la paroisse, chargé d'enquêter et de juger les comportements non conformes aux bonnes mœurs (blasphème, paillardise, abus de danse ou d'alcool, problèmes matrimoniaux, etc.).

Au , la commune est dirigée par un conseil de neuf membres, appelés « honorables conseillers et communiers », issus de la bourgeoisie aisée locale, et par deux gouverneurs élus par ce conseil parmi eux. Durant ce siècle, la population de Gland, d'environ 200 habitants, connaît une grande pauvreté et la paroisse assume alors un rôle d'assistance auprès des plus pauvres avec l'aide de la bourse des pauvres. Dès 1700, Gland accueille des réfugiés français huguenots fuyant la répression suivant la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Enfin, en 1789, les autorités communales créent les armoiries actuelles de Gland.

Héraldique

Ère contemporaine En 1798, après l'invasion de la Suisse par les troupes françaises et la fin de la dominion bernoise sur le canton de Vaud, les Glandois, à présent plus de 300, célèbrent, avec le soutien des communiers, l'indépendance du canton. Le gouverneur de Gland, Louis Cristin, fait retirer le drapeau bernois et hisser celui de Gland, tandis que la population plante un tilleul de la liberté. Le de la même année, la commune de Gland est intégrée au canton du Léman, lui-même rattaché à la République helvétique. Cependant, ce sont plus ou moins les mêmes personnes qui continuent de gouverner Gland après les élections d'. L'année suivante, en 1799, le conseil des communiers est toutefois remplacé par une Régie, tandis que la population glandoise élit sa première Municipalité. Entre 1799 et 1803, il existe en outre un agent national.

Cinq ans plus tard, en 1803, après l'Acte de Médiation, Gland élit son premier syndic, Jean-Marc Caboussat, arrière-petit-fils d'un réfugié huguenot. Seuls les propriétaires ou les bourgeois sont alors éligibles au sein de la Municipalité et la Régie est supprimée. Et ce alors qu'en ce début du , les habitants de Gland vivent toujours dans un état de grande pauvreté. À partir de 1813, les Glandois commencent à utiliser le droit de pétitionCaboussat, 2000, p. 80-81.. En 1815, un Conseil général est créé. Il se compose des 43 citoyens les plus aisés du villageCaboussat, 2000, p. 81..

En 1870, l'éclairage public à pétrole est installéCaboussat 2000, p. 86.. En 1907, le village de Gland atteint le seuil de 800 habitants. Ce faisant, le Conseil général est remplacé par un Conseil communal.

Au , jusque dans les années 1960, Gland est un village d'agriculteurs et de viticulteurs. Dès la construction de l'autoroute A1 Genève-Lausanne, la population à la recherche d'un endroit tranquille, mais tout de même pas trop éloigné des centres urbains que sont Genève et Lausanne, commence à affluer. En 1962, Gland voit apparaître sa première agence bancaireWürgler 2000, p. 70.. Dès le milieu des années 1980, Gland commence à construire des centres commerciaux et à développer le commerce local.

Population et société

Gentilé et surnom Les habitants de la commune se nomment les Glandois (Glandoises au féminin).

Ils sont surnommés les Croque-Raves (les raves étant cultivées dans la région).

Démographie Évolution de la population

Pyramide des âges

En 2015, Gland était la ville de Suisse comptant le moins d'habitants de plus de 64 ans.

En 2023, 31% de la population a moins de 25 ans, tandis que des ressortissants de 105 nationalités différentes résident sur le territoire communal..

Politique Partis politiques Sur les six principaux partis politiques suisses, quatre sont présents à Gland : le Parti socialiste (PS) depuis 1956Caboussat, 2000, p. 118., Les Verts, le Parti libéral-radical (PLR) et l'Union démocratique du centre (UDC). Les deux principaux partis politiques suisses absents sont le Centre et les Vert'libéraux, tout comme l'extrême gauche. Gland possède par contre un parti communal, la Gens de Gland (GdG) fondé en 1973. En 1981, Gland a aussi compté un Groupe des démocrates de Gland et un Parti socialiste autonomeCaboussat 2000, p. 125..

Conseil communal Depuis 1907, le pouvoir législatif est incarné à Gland par un conseil communal composé de 75 membres, élus tous les cinq ans lors d'un scrutin proportionnel. Le scrutin de 2021 a donné une majorité relative au GdG, suivi du PS et des Verts avec 19 sièges, du PLR avec 17 sièges et de l'UDC avec 7 sièges. Le président du Conseil communal est Sébastien Bertherin (GdG).

Le conseil communal se réunit généralement en plénière huit fois dans l'année et ses membres se réunissent régulièrement au sein de commissions. L'ancêtre du conseil communal était, entre 1815 et 1907, le conseil général.

Municipalité Le pouvoir exécutif est exercé par la Municipalité, un conseil de sept membres élu lui aussi tous les cinq ans.

Sur les sept membres de l'exécutif, cinq sont des représentants de la Gens de Gland et deux du Parti libéral-radical lors de la législature 2021-2026. Lors de la précédente législature, la gauche détenait un siège au sein de l'exécutif, par le biais du socialiste Michael Rohrer.

Dans le détail, Christine Girod-Baumgartner (PLR) est syndique et responsable du développement durable, Gérald Cretegny (GdG) est à la tête de la sécurité publique et des transports publics, Isabelle Monney (GdG) dirige les affaires sociales, la culture, la politique sanitaire et la politique de soutien aux personnes âgées, Gilles Davoine (GdG) administre les finances et le sport, Yves Froidevaux (PS Les Verts) s'occupe de la gestion des bâtiments et de l'urbanisme, Jeannette Weber (PLR) de l'accueil de l'enfance et de la jeunesse et des écoles, et Christelle Giraud-Nydegger (GdG) des espaces verts, de la voirie, des équipements et des forêts.

Économie

Administration L'administration communale est composée de six services : le service des bâtiments et de l'urbanisme, le service des infrastructures et de l'environnement, le service des finances et de l'économie, le service de la population, le service de la culture et des affaires sociales et le service de l'enfance et de la jeunesse. Elle possède en outre un secrétariat divisé en quatre offices : l'office de la communication, l'office informatique, l'office des ressources humaines et l'office du développement durable. Entreprises Gland héberge environ 1 000 entreprises, pour un total d'approximativement 5 500 emplois, et notamment le siège de la banque Swissquote, de l'entreprise de biotechnologie Vivent et de l'usine électrique des Avouillons, propriété de la Société électrique intercommunale de la Côte depuis 1983. Il existe par ailleurs une Association Économique de Gland et Région qui regroupe 150 membres. Cette association a vu le jour en 1981 sous le nom Groupement d'animation de Gland, avant d'être renommée Association Commercial de Gland en 1992Würgler 2000, p. 68., puis Association Économique de Gland et Région (AEGR).

Organisations internationales et organisations non gouvernementales vignette|Le Centre de la conservation de l'UICN à Gland.Depuis 2010, plusieurs organisations internationales et organisations non gouvernementales partagent des locaux dans le Centre de la conservation de l'Union internationale pour la conservation de la nature.. Il s'agit du Fonds mondial pour la nature (WWF) de la convention de Ramsar, traité international pour la conservation et l'utilisation durable des zones humides, de l'African Wildlife Foundation, de l'Association mondiale des zoos et des aquariums, de l'Association internationale des éducateurs de zoo et du réseau chrétien international de défense de l'environnement A Rocha.

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