Dominique-Louis-Antoine Klein, né le à Blâmont (Lorraine) et mort le à Paris, est un général et homme politique français de la Révolution et de l’Empire.
Biographie
Fils de Jacques Louis Klein, directeur des postes à Blâmont et de Thérèse Mayeur, Louis Klein sert dans les gardes de la Porte depuis le jusqu'au , époque du licenciement de ce corps.
Guerres révolutionnaires
gauche|vignette|Portrait du général Klein (représentation du ).
Il reprend du service le , comme premier lieutenant au d'infanterie, et le quitte le suivant pour passer au de chasseurs à cheval et dans la même année il se trouve aux affaires des environs de Givet et des bords de la Sambre, au combat du camp de la Lune et à la bataille de Jemmapes : il remplit, depuis octobre, les fonctions d'aide de camp du général Bouvet (ou Bouchet), et l'année suivante du général Champollon.
Nommé adjoint à l'adjudant-général Desbureaux le , et adjudant-général chef de brigade le 16 frimaire an II, il se distingue à la levée du blocus de Maubeuge, à la bataille de Fleurus, aux combats livrés sur la Meuse, l'Ourthe et l'Aywaille. Il commande ensuite l'avant-garde de l'aile droite de l'armée de Sambre-et-Meuse, sous les ordres de Marceau, et se signale de nouveau au passage de la Roer, à la prise de BonnGeorges Six, Dictionnaire biographique des Généraux et Amiraux Français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), Gaston Saffroy, Paris, 2003, d'Andernach et de Coblentz. Promu général de brigade le , il soutient en avant de Diest, le complémentaire, le choc de l'ennemi et, à la tête de la de dragons et de la d'infanterie de première formation, le bat et le met en fuite. Chargé pendant cette affaire de trouver un gué pour passer la Lahn, il est entraîné par le courant et il aurait infailliblement péri s'il n'avait été secouru par Pierre-Benoît Soult le frère du général Soult.
Au second passage de la même rivière, alors qu'il commande à l'armée de Sambre-et-Meuse l'avant-garde de la division Championnet, il culbute le 21 messidor an IV, à Butzbach, l'arrière-garde du général autrichien Werneck, s'empare le 6 thermidor de Wurtzbourg et, concurremment avec Ney, pénètre le 17 du même mois dans Bamberg où, suivi seulement de 50 dragons, il fait des prodiges de valeur pour se dégager d'un nombre considérable d'impériaux qui l'ont entouré. Il se fait remarquer encore aux attaques des villages de Langfeld, d'Abersmandost, de Voffsbach et au combat de Weilbourg en . En l'an V, pendant l'engagement qui a lieu le 7 brumaire à la droite de l'armée française depuis Creutznach jusqu'à Kaiserslautern, il fait, avec moins de , battre en retraite la cavalerie autrichienne forte de , et à la bataille de Neuwied, gagnée le 28 germinal, il enlève avec ses dragons la redoute d'Altenkirchen et détruit le régiment de hussards autrichiens de Barco. Le lendemain il repousse une seconde fois la cavalerie ennemie à .
En récompense de ces services et de ceux qu'il rend pendant la campagne de l'an VI, le Directoire, par son arrêté du 17 pluviose an VII, le nomme général de division le et l'envoie à Strasbourg, où le 11 prairial il met en fuite et poursuit dans les montagnes Noires, vers Kuiébis et Biberach, un parti qui s'est présenté devant le fort de Kehl. Chargé quelque temps après par Masséna des fonctions de chef d'état-major de l'armée du Danube, il contribue en messidor à la déroute du général russe Korsakow et au succès de la bataille de Zurich. Au mois de frimaire an VII il est appelé au commandement général de la cavalerie sur le Rhin, et seconde en occupant Kehl, les opérations de Moreau qui marche sur Vienne. Mis en non-activité le an X, employé dans la République italienne le an XI, inspecteur-général de cavalerie et des dragons les 10 frimaire et 6 fructidor de la même année, le général Klein commandait la de dragons dans le département de la Somme lorsque, le 19 frimaire et le 25 prairial an XII, il est fait membre et grand officier de la Légion d'honneur.
Guerres napoléoniennes
vignette|gauche|Le général Klein se distingue à la bataille d'Eylau en effectuant plusieurs charges avec sa cavalerie (peinture d'Antoine-Jean Gros).
Envoyé à la Grande Armée en l'an XIV, il se distingue principalement au passage du Danube, à Donauwörth, à Wertingen et à Albueck, force le major Werneck à rendre la ville de ; à Nuremberg, il fait mettre bas les armes à 6 bataillons. En 1806, après la bataille d'Iéna, l'Empereur l'ayant envoyé à la poursuite des débris de l'armée prussienne, il occupe le village de quand un corps de se présente pour le traverser. Le général prussien, qui ne s'attend pas à cette rencontre, voulant éviter un engagement, affirme sur son honneur au général français que vient d'accorder un armistice. Klein, qui croyait impossible qu'un officier pût faussement engager sa parole, laisse passer le détachement, et ce n'est que lorsque cette erreur devient irréparable qu'il reconnait avoir été dupé par le général Blücher. Il s'en venge le lendemain à Neresheim, en chassant de cette position l'ennemi auquel il enlève 2 drapeaux et fait dont un officier général.
Le de la même année Klein et le général Nansouty remportent un avantage signalé en avant de Kursomb, en Pologne, sur les Cosaques et d'autres corps de cavalerie qui ont franchi l'Wkra. Deux jours après, à la bataille de Golymin, il se montre digne de sa réputation. Il la soutient non moins glorieusement le , veille de la bataille d'Eylau lors de l'attaque par le maréchal Soult du plateau en avant de cette ville. Deux régiments russes qui le défendent, ont été repoussés ; mais un bataillon du d'infanterie a été mis en désordre par une colonne de cavalerie. Le général Klein, s'apercevant de la situation critique de ce bataillon, livre pour le dégager un combat des plus meurtriers dans les rues d'Eylau, qui demeure en son pouvoir. Sa division, par les charges les plus heureuses, a une grande part à la déroute d'un corps de qui, dans sa fuite, abandonne son artillerie.
À la Chambre haute
Entré au Sénat conservateur, le , le général Klein, créé comte de l'Empire le , est nommé gouverneur du palais impérial en 1808, et obtient sa retraite le . Toutefois, appelé à l'armée le , la campagne d'Autriche terminée, Napoléon le récompense de ses services par une dotation de sur les domaines de Médingen et d'Oldestadt, situés en Hanovre. Il rentre au Sénat le de la même année, et ne figure plus sur la scène politique de l'Empire que pour remplir les fonctions de commissaire extraordinaire dans la militaire et pour adhérer en 1814, aux actes du Sénat qui rappellent au trône la maison de Bourbon.
Fait pair de France le et chevalier de Saint-Louis le , le comte Klein qui n'a pas été employé pendant les Cent-Jours, retrouve son siège à la seconde Restauration, vote, dans le procès du maréchal Ney, pour la déportation, et fait depuis constamment de l'opposition libérale au gouvernement jusqu'à la chute de la monarchie restaurée. Ayant acquiescé aux événements de 1830, il a conservé son siège au palais du Luxembourg, et a été promu le , grand-croix de la Légion d'honneur. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans la ).
États de service Lieutenant () ; Adjudant-général chef de brigade à titre provisoire () ; Général de brigade () ; Commandant d'une brigade de cavalerie de la division Marceau de l'armée de Sambre-et-Meuse ( - ) ; Commandant d’une brigade de cavalerie de la division Championnet de l'armée de Sambre-et-Meuse ( - ) ; Commandant d’une brigade de cavalerie de la division Marceau de l'armée de Sambre-et-Meuse ( - ) ; Commandant d’une brigade de cavalerie de la division Championnet de l'armée de Sambre-et-Meuse ( - ) ; Commandant des dragons de l'armée de Sambre-et-Meuse ( - ) ; Affecté à l'armée d'Angleterre ( - ) ; Commandant de la (dragons) de l'armée de Mayence ( - ) ; Général de division () ; Commandant de la réserve de cavalerie de l'armée du Danube ( - ) ; Chef d'état-major de l'armée d'Helvétie ( - ) ; Commandant de la cavalerie de l'armée d'Helvétie ( - ) ; Commandant d'une division de cavalerie légère de l'armée d'Helvétie ( - ) ; Commandant de la puis de la de l'armée d'Helvétie ( - ) ; Commandant de la réserve de cavalerie de l'armée d'Helvétie ( - ) ; Commandant en chef de la cavalerie de l'armée du Rhin ( - ) ; Commandant à Kehl ( - ) ; Mis en non-activité () ; Inspecteur général de cavalerie ( - ) ; Commandant de la de dragons ( - ) ; Commandant de la de dragons du corps de réserve de cavalerie de la Grande Armée ( - ) ; Admis en retraite () ; Affecté à l'armée du Nord ( - ) ; Commandant de la cavalerie de l'armée d'Anvers ( - ) ; Commissaire extraordinaire dans la militaire ( - 1814) ; Gouverneur de Trianon.
Postérité
Distinctions Titres right|thumb|180px|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, et . Comte Klein et de l'Empire (lettres patentes du (), Bayonne) ; Pair de France : Pair par l'ordonnance du , Titre de comte-pair héréditaire le , (lettres patentes du , sans majorat).
Décorations Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Grand officier (), puis, Grand-croix de la Légion d'honneur () ; Chevalier de Saint-Louis () ; Chevalier de l'Ordre du Lion Almanach impérial (1810)
Honneurs Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l’Arc de triomphe de l'Étoile. Il apparaît sur la (pilier Est).
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du comte Klein et de l'Empire
De gueules, au dextrochère d'argent, mouvant de senestre, portant une épée de même, au pal d'or chargé de trois chevrons de sable brochant sur le tout ; quartier de comte-sénateur. Livrées : jaune, blanc, bleu, sable. Armes du comte Klein, pair héréditaire
De gueules, au dextrochère armé de toutes pièces d'argent, tenant une épée du même ; au pal d'argent, chargé de 3 chevrons de sable, brochant sur le tout. Tenants Deux sauvages armés de massues. L'écu timbré D'un casque taré de front, grillé, orné de ses lambrequins et sommé de la couronne de comte. Devise
Notes et références
Annexes
Bibliographie
(lire en ligne) (lire en ligne) A. Dedenon, « Une illustration pour Blâmont: le général comte Klein », dans Le Pays lorrain, année, 1930, (lire en ligne)
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Articles connexes Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire Deuxième bataille de Zurich Bataille de Wertingen Ordre de bataille lors de la bataille de Wertingen Campagne de Prusse et de Pologne Ordre de bataille français lors de la campagne de Prusse et de Pologne Ordre de bataille lors de la bataille d'Iéna Liste des membres du Sénat conservateur Liste de titrés sous l'Empire Armorial des comtes sénateurs de l'Empire Liste de personnalités inhumées au cimetière du Père-Lachaise Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile
Liens externes
Cote S.H.A.T. : 7 Yd 302. . .
Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1794 Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Chevalier de l'ordre du Lion de Bavière Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Naissance en janvier 1761 Catégorie:Naissance à Blâmont Catégorie:Décès en novembre 1845 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 8)