Périllos (en occitan Perilhons [peɾi'ʎus], en catalan Perellós [pəɾi'ʎos], en s'ajustant à la prononciation locale Perillós [pəɾi'ʎus]) est une ancienne commune française des Pyrénées-Orientales, en région Occitanie.
La commune est rattachée le à Opoul pour former la commune d'Opoul-Périllos et la localité est actuellement un hameau abandonné.
Périllos était probablement de langue occitane avant son abandon. Le village voisin d'Opoul est quant à lui de langue catalane.
Géographie La commune avait une superficie de . Le village est dominé au nord par le Montoullié de Périllou.
vignette|Orage sur Périllos|centré|300px
Histoire
Le village de Périllos, était jadis le siège d'une seigneurie. Jean Ier d'Aragon l'érige en vicomté au en remerciement pour service rendus par Raymond de Périllos, qui en devient donc le premier vicomte.
Ramon I° de Perellós, modeste seigneur de Perellós, épouse Na Peronela, la dame de compagnie de la reine Esclarmunda, femme de Jaume II, le premier roi de Mallorca. En 1323, le deuxième roi Sanç I° lui demande de participer à la tête de quelques cavaliers à la conquête de la Sardaigne. Pendant la traversée, il retrouve les vicomtes de Castellnou, de Fenollet, d’Hortafà, d’Oms et de Llupià, tous de la noblesse du Royaume de Mallorca.
A Naples, le château (Castell Novo) avec ses tours rondes.
Ramon retourne en Sicile et laisse à Lluís, son frère, la charge de gouverneur du Rosselló ; toujours nommé par le roi Alfons, Ramon III de Perellós est vice-roi de Sicile en 1441, c’est-à-dire qu’il est l’homme de confiance qui gouverne la Sicile alors qu’Alfons réside à Naples. Il meurt en 1444.
Ramon de Perellós (1637-1720).
Autour de l’île de Malte, il participe aux batailles navales pour repousser les pirates berbères et turcs : il reçoit la Grand Croix des Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean.
En 1697 le pape Innocent XII le nomme 64ième Grand Maître des Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (qui deviendra l’Ordre de Malte). C’est un ordre religieux à vocation militaire.
Par arrêté préfectoral du , Périllos est rattachée à Opoul pour former la nouvelle commune d'Opoul-Périllos à partir du .
Étude démographique
1 - Milieu physique La commune de Périllos est située dans la partie la plus septentrionale du département des Pyrénées-Orientales, au sein du massif des Corbières. Son territoire, d'une superficie de 1 480 hectares, est caractérisé par un synclinal crétacé orienté Sud-Ouest/Nord-Est, encadrant le village de Périllos. Ce synclinal est délimité au Nord par la montagne de Périllos (708 m) et au Sud par une série de buttes culminant à 400 mètres d'altitude. Le drainage s'effectue au Nord-Est vers l'étang de la Palme via un ruisseau traversant une cluse, et au Sud-Ouest vers le Verdouble et l'Agly, qui rejoignent leur niveau de base par la cluse profonde d'Estagel. Périllos constitue le bassin de réception des eaux du Reboul, qui conflue avec l'Agly en traversant trois anticlinaux. Ce secteur des Corbières présente ainsi une section de synclinal crétacé relativement élevée (300 à 500 m), peu affectée par l'érosion superficielle.
Les sols calcaires crétacés favorisent naturellement la forêt de chênes verts, susceptible de se dégrader en garrigue sous l'effet d'un pâturage excessif. La culture est envisageable lorsque des bancs marneux retiennent l'humidité superficielle. La majeure partie du territoire de Périllos est constituée de calcaires urgo-aptiens (infracrétacés) reposant sur le Jurassique, formant des bancs compacts, plus ou moins gris et dolomitiques, d'une épaisseur de plus de 100 mètres et d'une perméabilité élevée. Néanmoins, le fond du synclinal a conservé une couche marneuse urgo-aptienne riche en fossiles, permettant une exploitation agricole sur environ 160 hectares, entre 300 et 375 mètres d'altitude. Des puits et des mares, à travers une fine couche de calcaire roux, retiennent une partie des eaux pluviales. Il convient de noter que cette surface agricole est limitée, tant en valeur absolue (160 ha pouvant être exploités par une seule entité de taille significative) qu'en valeur relative, le mode de vie pastoral demeurant prépondérant compte tenu de l'étendue des pâturages sur 90% du territoire.
L'orientation du synclinal confère également à Périllos une importance stratégique. Historiquement, le passage entre le Languedoc et la Catalogne a toujours été complexe en raison d'un littoral marécageux et d'une zone montagneuse aride. La surveillance de ces points stratégiques était facilitée par des sites comme le château de Salses, incitant les invasions septentrionales à contourner le Roussillon. Chaque synclinal des Corbières relie un étang (Sigean, La Palme, Leucate) au cours moyen de l'Agly. Le synclinal de Périllos est connecté à l'étang de Sigean par le col de Feuilla (250 m d'altitude) et le sentier de Feuilla, qui passe à 500 m d'altitude au pied de la montagne de Périllos.
Il est également accessible depuis l'étang de La Palme, via le col de Treille (300 m d'altitude), et il double le synclinal d'Opoul auquel il accède par un col à 300 m d'altitude, d'où il est possible de rejoindre soit l'étang de La Palme, soit l'étang de Leucate (col de Joué à 210 m d'altitude). Depuis Périllos, les infiltrations humaines rejoignent aisément l'Agly par le sentier d'Auriol, à 340 m d'altitude.
Une telle localisation dans une région frontalière pendant dix siècles, à l'origine de notre histoire nationale, explique que le nom de Périllos nous soit initialement connu par une famille féodale et un château. Ce sont les seigneurs de Périllos qui furent, jusqu'à la Révolution, les seuls propriétaires de la commune ; la chapelle du château fut, à l'origine, l'église paroissiale, et l'agglomération se limitait au château et à ses dépendances.
Idéalement situé pour surveiller les voies d'infiltration du Languedoc vers le Roussillon, Périllos reste néanmoins à l'écart des grands axes jalonnés par l'étape millénaire de Salses ou s'étendant dans la vallée de l'Agly et de ses affluents. Dans ces régions méditerranéennes, où la vie sociale supporte difficilement l'isolement, le domaine de Périllos n'était pas suffisamment vaste pour soutenir une agglomération importante. L'abus de l'endogamie et la surpopulation auraient pu y causer de graves préjudices.
Enfin, à l'altitude de Périllos, sur les versants méridionaux des Corbières qui atteignent à peine 700 mètres, tous les inconvénients du climat méditerranéen se manifestent, accentués par la nature même du sous-sol. Pour que cette altitude soit viable, il est nécessaire de s'enfoncer dans le Conflent ou dans le Vallespir, qui bénéficient des réservoirs hydrographiques de la haute montagne. À Périllos, le synclinal des Corbières est trop élevé pour bénéficier de l'humidité des marnes aptiennes et trop bas pour qu'une boutonnière analogue à celle de Feuilla puisse mettre à jour les marnes du lias.
Le climat n'a fait qu'aggraver les conditions imposées aux hommes par la tectonique et l'érosion. Les précipitations varient considérablement d'une année à l'autre, et les orages y occupent une place qui fausse les chiffres moyens. Un orage de quelques heures, en août par exemple, peut apporter jusqu'à 100 mm d'eau et compenser, pour les statistiques, 3 années de mois d'août absolument secs. Or, un tel orage n'a d'autre résultat que de raviner dangereusement les jardins, d'endommager les vignes et de transformer en torrent, pendant 24 heures, le Reboul, habituellement à sec. Les saisons orageuses, le printemps et l'automne, sont celles qui apparaissent sur les statistiques comme les plus humides (60 mm en moyenne mensuelle de printemps, et 70 en moyenne d'automne). Les orages de printemps ne sont pas défavorables aux pâturages et aux récoltes ; ceux d'automne permettent au sol, absolument sec, de faire quelques réserves d'humidité dans la partie marneuse de la commune.
En ce qui concerne les formations calcaires, elles absorbent instantanément les précipitations à travers un réseau complexe de fissures, vraisemblablement interconnectées par un système souterrain dont l'exploration est actuellement initiée par les spéléologues. Les moyennes mensuelles hivernales s'élèvent à 50 unités, tandis que celles estivales atteignent 30 unités, pour une moyenne annuelle de 630 unités. Ce volume serait amplement suffisant si la distribution était uniforme.
Ces épisodes pluvieux de nature orageuse sont fréquemment générés par un vent du Sud-Est, localement appelé la « marinade », qui impacte directement les falaises surchauffées des Corbières, entraînant une condensation de la vapeur d'eau due à une dilatation rapide de l'air. Occasionnellement, le vent du Nord-Est, le « Gargal », provenant du Golfe du Lion, provoque la condensation du brouillard ; ce vent relativement froid peut occasionner des gelées ou des chutes de neige sur les pâturages d'altitude. À l'opposé, la Tramontane, un vent froid, sec et violent du Nord-Ouest, est déviée vers l'Ouest par l'orientation des anticlinaux de l'Agly et se révèle particulièrement redoutable le long des sentiers reliant Auriol à Périllos et de Périllos à Feuilla. Il est manifeste que le village de Périllos lui-même est édifié à l'abri de la Tramontane.
La température revêt une importance moindre en raison de sa distribution plus homogène. La moyenne thermique annuelle s'établit à 14°C (avec une moyenne de 5°C en janvier et 23°C en juillet). Bien que le thermomètre puisse exceptionnellement descendre à 10°C, les épisodes de gel sont très rares et la commune bénéficie d'une protection efficace contre l'influence directe du Nord. L'ensoleillement est, en revanche, accentué par la réverbération des formations calcaires qui prédominent et affleurent sur l'ensemble du territoire. Les moyennes thermiques de juin, juillet et août correspondent, en réalité, à des températures diurnes dépassant les 30°C à l'ombre. Ces conditions de chaleur sont plus propices aux activités agricoles telles que la moisson et les vendanges qu'à la sylviculture et au pâturage.
2 - Milieu historique Antérieurement à l'établissement humain, le territoire, dont les caractéristiques physiques ont été précédemment décrites, était probablement couvert de maquis, dominé par des chênes verts et des cistes. Cependant, sa proximité avec les axes migratoires majeurs suggère une occupation précoce. Par ailleurs, le territoire de Périllos jouxte au sud une butte témoin significative, qui a donné son nom au village d'Opoul (Oped, Oppidum). Ce refuge en altitude aurait pu servir, dès l'époque celtibérique, aux populations résidant sur les rives inférieures de l'Agly. Il est fort probable qu'à cette même période, des bergers fréquentaient déjà les synclinaux des Corbières. De surcroît, le synclinal d'Opoul est idéalement situé sur un axe majeur de transhumance reliant le Languedoc à la Cerdagne. Les troupeaux de la Narbonnaise rejoignaient en effet le haut Conflent en empruntant un itinéraire passant par Feuilla, Vingrau, Tautavel, Estagel, le col de la Bataille et Ille. Ils traversaient donc naturellement le synclinal de Périllos, où les terres incultes, propices au pâturage du petit bétail, étaient abondantes. L'importance de la transhumance en Cerdagne est corroborée par la prévalence du patronyme Sarda (ou Cerda, Serda, etc.) dans l'ensemble de la région des Corbières méridionales.