Le boulevard Raspail est un boulevard des , et arrondissements de Paris.
Situation et accès Quasiment orienté nord-sud, il relie le boulevard Saint-Germain à la place Denfert-Rochereau en traversant successivement les 7 (quartier Saint-Thomas-d'Aquin), 6 (quartier Notre-Dame-des-Champs) et (quartier du Montparnasse). Il croise les axes de la rue de Sèvres, de la rue de Rennes et du boulevard du Montparnasse.
La voie est la plus longue de la Rive gauche, en ligne droite.
Sept stations du métro de Paris desservent le boulevard Raspail : Rue du Bac Sèvres - Babylone Rennes Notre-Dame-des-Champs Vavin Raspail Denfert-Rochereau
Origine du nom et dénominations antérieures vignette|redresse|François-Vincent Raspail. Son nom actuel lui a été attribué en 1887 en hommage au chimiste, et homme politique François-Vincent Raspail (1794-1878)« Décret du » dans Adolphe Alphand : Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décret et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, supplément (années 1270-1884 et 1885-1888, page 77, citant l'arrêté du précédent comme suit : Le préfet de la Seine, Vu la loi des 16-24 août 1790. titre XI, article 3, ; Vu les lois des (article 10), et (article 18); Vu la délibération du Conseil municipal en date du , portant que le nom de F.-V. Raspail sera attribué au « boulevard d'Enfer »; Vu le rapport et sur la proposition de l'inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux; Arrête: Article premier : Le « boulevard d'Enfer » prendra le nom de « boulevard Raspail », Article 2 — Le directeur des travaux est chargé d'assurer l'exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Recueil des actes administratifs. Fait à Paris. le . Signé : E. Poubelle..
Précédemment dénommée « boulevard d’Enfer » la section méridionale de l'actuel boulevard Raspail, comprise entre le boulevard du Montparnasse et la place Denfert-Rochereau, tirait ce nom de l'ancienne barrière d'Enfer qui tirait à son tour le sien de la rue d'Enfer.
Aujourd'hui, seul le passage d'Enfer, voie perpendiculaire au boulevard, au sein du , évoque l'ancien quartier d'Enfer.
Historique Ce boulevard résulte de la composition de plusieurs tronçons : la partie la plus ancienne est celle située entre les boulevards du Montparnasse et Saint-Jacques ouverte de 1760 à 1767, pour constituer l'un des boulevards du Midi. Il porta le nom de « boulevard d'Enfer » lié à la rue éponyme à proximité (actuelle avenue Denfert-Rochereau). thumb|left|Le boulevard d'Enfer en 1836, détail de latlas de Jacoubet. La partie comprise entre le boulevard Edgar-Quinet et le boulevard Saint-Jacques et la place Denfert-Rochereau fut incorporée dans le tracé du mur des Fermiers généraux (1784). La partie intérieure demeura sous le nom de boulevard d'Enfer, tandis que la partie extérieure prit le nom de « boulevard de Montrouge ». Après la démolition du « mur murant Paris », la voie reprit le nom de « boulevard d'Enfer ».
Les autres tronçons sont ouverts : en 1860, depuis un point situé à au-delà de la rue de Varenne jusqu'à la rue de Varenne ; en 1866, la section située entre le boulevard Saint-Germain et en un point situé à en de ça de la rue de Grenelle ; en 1873, la partie comprise entre les rues de Rennes et de Vaugirard prend le nom de « boulevard Philibert-Delorme »« Rapport Beudant sur les modifications à introduire dans la nomenclature des voies publiques à Paris », conseil municipal, 1873, gallica.bnf.fr..; en 1881, entre la rue Stanislas jusqu'à un point situé à au-delà de celle-ci ; en 1890, entre le point situé à jusqu'à la rue de Grenelle ; en 1891, depuis le point situé à de la rue Stanislas jusqu'à la rue Vavin ; en 1895, entre la rue de Varenne jusqu'à un point situé à au-delà de celle-ci ; en 1896, des du boulevard jusqu'à la rue de Vaugirard, lors de l'ouverture de la rue de Rennes en 1904, entre les rues de Vaugirard et Stanislas ; en 1904, entre la rue Vavin et le boulevard du Montparnasse ; en 1905, entre la rue de Grenelle et la rue de Varenne ; en 1906, de la rue de Sèvres aux du boulevard.
Les différentes ouvertures ont fait disparaître un grand nombre d'immeubles dont : l'hôtel des Conseils de guerre, situé à l'angle de la rue du Cherche-Midi ; la maison occupée par Victor Hugo d' à à l'angle de la rue Notre-Dame-des-Champs (27, ancien 11), démolie en 1904Lucien Lambeau, « La maison de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs », , , .Andrée Jacob, Vie et histoire du arrondissement, Éditions Hervas, 1986. ; l'hospice des Petits-Ménages, situé à l'angle de la rue de Sèvres et de la rue de la Chaise.. ; le couvent des Prémontrés, situé rue de Sèvres ; le couvent des Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, situé rue de Sèvres et démoli en 1906. Les religieuses se retirent à Neuilly-sur-Seine dans les bâtiments restants de l'ancien château du roi des Français Louis-Philippe , où elles sont toujours. Elles emportent avec elles la statue de Notre-Dame-de-Bonne-Délivrance.
En 1909, un trésor de 34 statères (classe V) est découvert à l'angle du boulevard Raspail et de la rue de Grenelle ; quelques exemplaires ont pu être conservésVente d'un exemplaire probablement de cette origine sur le site Cgb.fr.
Le 11 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, une bombe explose au carrefour rue du Bac-boulevard Saint-Germain-boulevard Raspail, sur le refuge central près de la statue de Chappe Monument à Claude Chappe – Paris (75007) (fondu). 1869 – Le Boulevard Raspail. lors d'un raid effectué par des avions allemands Exelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.. Durant le même conflit, un obus lancé par la Grosse Bertha explose le à l'angle de la rue de Rennes et du boulevard Raspail Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute..
En 1939 la statue du « Monument à Balzac » exécutée en bronze d'après un modèle achevé par Auguste Rodin en 1897 a été inaugurée sur le terre-plein central du boulevard, à proximité du boulevard du Montparnasse (voir ci-dessous).
De 2000 à 2018, les autres sections de ce terre-plein central — aménagées en une succession de voies piétonnières qui s'étire du boulevard Saint-Germain à la rue Vavin — ont été nommées, par décision du Conseil municipal, en hommage aux personnalités ayant vécu ou travaillé à proximité des différentes portions du boulevard.: l'allée Christian-Pineau (en 2000) ; l'allée Charlotte-Perriand (en 2009), l'allée Claude-Montal et l'allée Sonia-Rykiel (en 2017), l'allée Claude-Cahun-Marcel-Moore et l'allée Sœur-Emmanuelle (en 2018) et l'allée Jacques-Derrida (en 2019).
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Du boulevard Saint-Germain à la rue de Sèvres () Sur les terre-pleins, du nord au sud : allée Christian-Pineau, allée Charlotte-Perriand, allée Claude-Montal. Carrefour rue du Bac-boulevard Saint-Germain-boulevard Raspail : ancien « carrefour Chappe » où se trouvait la statue de Claude Chappe, en bronze, élevée en 1893 et fondue durant l'Occupation entre 1941 et 1943 sous le gouvernement de Vichy . Place René-Char : en 1950, la photographe Agnès Varda installe son premier atelier et laboratoire dans l’appartement familial, page 28.. : demeure de Marie Armand Patrice de Mac Mahon en 1924Qui êtes vous ? Annuaire des contemporains, notices biographiques, 1924.. : siège du parti centriste l'Union des démocrates et indépendants. : immeuble construit par l'architecte Pol Abraham. : QG d'Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016« Primaire à droite : Juppé inaugure son QG de campagne », leparisien.fr, 7 janvier 2016.. : immeuble du quotidien La Démocratie (1909), maison de Marc Sangnier, et Institut Marc-Sangnier ainsi que siège de la Ligue française pour les auberges de jeunesse. Le numéro 32 est un immeuble datant de 1909 (architecte Eugène Chastel Pss-archi.eu : ). : anciennement théâtre de Babylone. : le compositeur Maurice Desrez y vit de 1932 jusqu'à sa mort en 1969 ; une plaque lui rend hommage. : lŒuvre de guerre des colonies de vacances de la Chaussée du Maine avait ici ses bureaux en 1916, à partir desquels furent organisés les départs vers la Suisse d'enfants français réfugiesPhotographie de groupe de petits réfugiés français accueillis dans des familles suisses, à Lausanne, en 1916, grâce à l'Œuvre de guerre des colonies de vacances de la Chaussée du Maine qui avait alors ses bureaux au 41, boulevard Raspail cediasbibli.org.. Cet organisme était une branche de lŒuvre de la Chaussée du Maine, qui avait été fondée en 1871 par Élise de Pressensé (1826-1901). : l'universitaire mécanicien Henri Béghin y vécut de 1936 à 1969 ; une plaque lui rend hommage. : numérotation du Second Empire dotée d’un système lumineux..
Square Boucicaut
De la rue de Sèvres au boulevard du Montparnasse () Sur les terre-pleins aménagés en rambla, du nord au sud : allée Sonia-Rykiel, allée Jacques-Derrida, allée Claude-Cahun-Marcel-Moore, allée Sœur-Emmanuelle, et allée Claude-et-Catherine-Rich. thumb|Le boulevard Raspail, à l'intersection avec la rue de Sèvres, en 2010. vignette|Maison des sciences de l'homme au 54. vignette|Bâtiment de l'EHESS au 105.
(angle rue de Sèvres) : hôtel Lutetia, unique palace de la rive gauche, à la longue histoire, qui accueillit l'Abwehr de 1940 à 1944, puis les déportés, en 1945, à leur retour des camps de concentration nazis (article détaillé : hôtel Lutetia en 1945). L'établissement change de nom en 2025 et devient le Mandarin Oriental LutetiaYan Bernard-Guilbaud, « Le Lutetia entre dans le cercle très fermé de Mandarin Oriental », Le Figaro, 3 avril 2025.. : à l'angle de la rue de Sèvres, une annexe de la Banque de France. : intersection avec la rue du Cherche-Midi, à l'emplacement de l'ancienne prison du Cherche-Midi, l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Maison des sciences de l'homme) y a ses locaux ; ancien emplacement de la prison du Cherche-Midi) (l'École occupe aussi les de ce même boulevard). Un jardin adjacent accueille des sculptures de Shamaï HaberJacky Tronel, « Shamaï Haber et les « menhirs » de la Maison des Sciences de l’Homme, rue du Cherche-Midi », prisons-cherche-midi-mauzac.com, 17 septembre 2010.. 65-67 : immeuble de style Art déco construit par l’architecte Léon Tissier en 1913. Les sculptures sont l’œuvre de Henri Bouchard« 65-67, boulevard Raspail », sur pss-archi.eu.. En , le marchand d’art et collectionneur d’origine hongroise Joseph Brummer ouvre à cette adresse le magasin d’antiquités La maison Brummer, qui déménage en 1911 pour un espace plus grand au du boulevardBrigitte Léal, Dictionnaire du cubisme, 2018.. En 1933, Charles Dudouyt ouvre La Gentihommière, une galerie de meubles design, qui ferme en 1960. : maison néo-gothique du , avec un bestiaire fantastique sur la balustrade du dernier étage. (angle de la rue de Rennes) : une école de filles, dont le Conseil municipal confie au peintre Paul Baudoüin, en 1920, la réalisation d'une fresque au fond du mur du préau. Cette décoration a disparuArchives de Paris VR 573, dossier « École du boulevard Raspail ». La délibération a été publiée dans le Bulletin municipal officiel du juin 1920, .. (angle rue de Fleurus) : immeuble de logements édifié en 1907 par l'architecte Eugène ChifflotPss-archi.eu : , signé en façade. Il est primé au Concours de façades de la Ville de Paris.. À son achèvement, il porte le « 90, boulevard Raspail », sur pss-archi.eu..
: dans cet immeuble se trouvent des locaux relevant du patrimoine immobilier affecté au Sénat pour son usage ou pour celui de la chaîne parlementaire Public Sénat« Règlement du Sénat et instruction générale du bureau », Sénat, 2021.. : bâtiments de l'École des hautes études en sciences sociales. : galerie d'art Le Portique.