vignette|droite|Madame reçoit, Rémy Cogghe (1908).
L'adultère (nom masculin) est Définition du Petit Larousse 2006... Couramment, on parle également d'infidélité et de tromperie.
L'adultère suppose donc non seulement une relation extraconjugale, mais aussi que la société et le contexte dans lesquels elle se déroule ait exigé l'exclusivité sexuelle des conjoints.
L'homme avec qui une personne, qui n'est pas son conjoint, a des relations amoureuses ou sexuelles est appelé amant. La femme avec qui une personne, qui n'est pas son conjoint, a des relations amoureuses ou sexuelles est appelée maîtresse ou amante.
Dans certains textes, le mot « adultère » désigne n'importe quelle relation sexuelle hors mariage (donc par exemple entre célibataires), cependant, en français, le terme consacré pour ceci fut fréquemment « fornication » (mot largement tombé en désuétude). La confusion est d'autant plus fréquente que dans les pays islamiques qui ont hérité de culture anglo-saxonne (Koweït, Arabie saoudite), les textes locaux en anglais utilisent le mot pour désigner à la fois adultère et fornication, et le terme français « adultère » est repris, par proximité, dans les textes français , information valide le .. .
Il est difficile d'avoir des statistiques précises sur le pourcentage d'hommes et de femmes adultères. En effet, lors des sondages, les hommes ont tendance à exagérer et les femmes à minimiser le nombre de leurs relations adultérines. Gérard Mermet indique. que, en France, en moyenne, les hommes revendiquent dans leur vie, et pour les femmes 3,4, mais ceci peut prendre en compte les liaisons avant mariage et ne rend donc pas compte strictement de la violation du serment conjugal. Un sondage réalisé en 2005 établissait que 39 % des hommes et 25 % des femmes avaient trompé leur partenaire. Le rapport Hite. indique qu'aux États-Unis, 70 % des femmes ayant plus de cinq ans de mariage déclarent avoir été infidèles au moins une fois. Ce chiffre est de 92 % pour les hommes.
Selon des études sur les groupes sanguins, confirmées par des tests de paternité résultant de l'étude de l'ADN, on estime qu'environ 4 % des enfants ne sont pas ceux du père de famille.. Évelyne SullerotQuels pères, quels fils ?, . Synopsis du livre sur le site des éditions Fayard. donne une estimation qui se monte au double.
vignette|droite|250px|Le supplice des adultères, de Jules-Arsène Garnier. L'adultère, en tant que violation du devoir de fidélité entre époux, a été et reste considéré, dans de nombreuses civilisations, comme répréhensible. vignette|250px|Couple adultère exposé en public, Japon 1860. vignette|250px| (« Tu ne commettras point d'adultère ») par Henry de Triqueti, église de la Madeleine : mort du premier fils de David et Bethsabée.
Ethnologie Si toutes codifient fortement les relations sexuelles licites et illicites, les différentes sociétés et civilisations traitent différemment les relations extraconjugales.
Il s'agit bien de relations extraconjugales : celles-ci ne sont constitutives d'adultère (violation du serment de fidélité) que dans les sociétés et les circonstances où elles sont condamnées. Les paragraphes qui suivent montrent que certaines sociétés, non seulement admettent, mais parfois codifient certaines relations extraconjugales.
Sanctions des infidélités
Pour la plupart des peuples, l'adultère est une faute grave. Ainsi, les Amérindiens Illinois punissaient sévèrement l'adultère féminin : la coupable avait le nez coupé, les cheveux arrachés ou subissait un viol collectifGilles Havard et Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, ..
Ailleurs, l'adultère pouvait être un signe de distinction. Dans le peuple Lobis, les jeunes filles étaient libres, voire recherchées si elles tombaient enceintes, puisqu'elles avaient ainsi démontré leur fécondité.
Autres relations extra-conjugales Mais certaines relations extra-conjugales, licites dans un peuple donné ou lors de cérémonies, ne peuvent être qualifiées d'adultérines.
Ainsi, dans certaines ethnies (où sa virginité est requise jusqu'au mariage), la femme mariée est sexuellement libre (certains Peuls, par exemple les Wodaabes), alors que la virginité de la jeune fille est attentivement contrôlée. On dit que la coutume peule voulait que l'amant recouvre les babouches de l'épouse à la porte de sa case pour signifier sa présence, afin qu'ils ne soient pas dérangés.
Une naissance peut faire l'objet d'un conflit entre le mari et l'amant pour la paternité de l'enfant : le souci de l'homme est surtout de disposer du plus de bras possible pour assurer ses vieux jours..
Hospitalité sexuelle Les anciens Maninka., les Bassari encore , les Bédouins d'Arabie saoudite jusqu'au . pouvaient gratifier leurs hôtes de passage, outre du gîte et du couvert, d'une femme pour la durée de leur séjour, selon des règles strictes. Ainsi chez les Bédouins, il ne pouvait s'agir d'une fille vierge. L'hospitalité sexuelle pouvait selon le cas concerner une esclave ou une femme de la famille : fille, sœur ou plus rarement épouse du maître de maison.
Le hindou montre que l'hospitalité pouvait bien concerner l'épouse : le sage Sudarshana, qui encourageait son épouse à se montrer hospitalière, revient un jour alors que Dharma (la loi morale) a pris l'apparence d'un hôte qui fait l'amour avec elle. ..
Sexe rituel et prêt d'épouse Les Aborigènes d'Australie sanctionnaient en temps normal l'infidélité des époux, mais nombre de situations rituelles ne la prenaient pas en considération : Lors de l'initiation en vue du mariage, la femme était possédée par l'initiateur et par ses accompagnants, ceux-là mêmes qui feraient par la suite l'objet de l'interdit de l'inceste ; en cas de veuvage, cette cérémonie était renouvelée, mais l'époux pouvait aussi prêter sa femme à ses parents classificatoires ; Les femmes étaient utilisées comme messagères (deuil, offre d'accord…) dans d'autres groupes, et ceux-ci devaient sceller leur accord par la possession des messagères : ne pas les prendre était un affront fait au groupe demandeur.
Sans que la question du consentement de l'intéressé(e) se pose, sans que le conjoint soit autorisé à s'en offusquer quant à son épouse, le sexe était donc utilisé comme la matérialisation de l'accomplissement d'un l'accord ou d'un rite..
Le prêt d'épouse était également pratiqué à Rome à la fin de la République, pour assurer la survie d'une lignée menacée, pratique qu'on peut rapprocher de celles de la « maison » lévistraussienne.
Espaces de licence Certaines fêtes ou activités sont également l'occasion ou le prétexte d'une licence sexuelle ; les relations extra-conjugales y sont dès lors admises ou tolérées. Ainsi : Héritier notamment des bacchanales romaines, le carnaval chrétien, fête profondément religieuse dans son fondement, repose sur l'inversion des valeurs (diable, mort…), et offre une soupape de sécurité à une morale très rigide le reste de l'année, spécialement lors du Carême qui le suit. Il pouvait ainsi être l'occasion de rencontres entre des personnes masquées, ignorant ou non qui était leur partenaire, et n'ayant pas à se soucier d'une sanction sociale d'un écart. Pendant les errances des Tupinamba et des Guaranis en quête de la Terre sans mal, les normes sociales étaient suspendues, tant celles concernant les règles matrimoniales que celles prohibant l'inceste. Cette licence était paradoxalement au service d'une ascèse se traduisant également par des nuits entières de chants et de danses rituelles, ainsi que par l'interdiction de consommer de la viande. Les Guayaki du Paraguay se retrouvaient une fois l'an lors de grands rassemblements dans lesquels hommes et femmes des différents groupes se mêlaient volontiers, que ce soit avec la perspective de contracter un mariage ou sans se préoccuper d'un mariage déjà réalisé.
Cocu vignette|Image satirique de 1815 : La fête de l'Ordre des Cocus devant le trône de Sa Majesté, Infidélité. Un cocu, ou une cocue, désigne le ou la victime de l'adultère., thème souvent utilisé dans le théâtre de vaudeville. L'origine du mot est le coucou, un parasite de couvée.. Brantôme s'étonne d'ailleurs de cette appellation, puisque le cocu est au contraire celui dans le nid duquel on vient pondre..
Plusieurs clichés permettent de représenter un cocu. Les cornes sont un attribut récurrent en France., ainsi que dans nombre de pays en Europe : en Italie (où « cocu » se dit cornuto, c'est-à-dire « cornu »), Espagne, au Portugal, en Roumanie, Grèce, Turquie, Hongrie, Serbie, Croatie, Bulgarie, Pologne, République tchèque ou aux Pays-Bas.. Il est également fréquent de dire que le cocu est le dernier au courant de son état..
En Chine, une casquette verte ou un chapeau vert, en raison d'une histoire traditionnelle d'un commerçant cocu.., ainsi qu'une écharpe, en raison d'une ancienne loi qui obligeait les époux et membres masculins des familles de prostituées à s'enrouler la tête dans une écharpe verte, couleur bleu-vert (), symbolisent cet état.
Dans le langage des fleurs, une rose jaune peut signifier l'infidélité..
Histoire vignette|redresse=1.1|Le Christ et la femme adultère, Lucas Cranach l'Ancien.
Jusqu'en 1810, très peu de sociétés civiles semblent avoir criminalisé l'adultère masculin, la femme étant traditionnellement considérée comme une ressource et le mariage, un échange de propriété contracté entre hommes . Sur le plan religieux en revanche, l'adultère est condamné dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.
Antiquité Les Athéniens de l'époque classique () quant à eux, punissaient non seulement le couple adultère mais également tous ceux qui, au courant, n'avaient rien fait pour les dénoncer.
Le Code de Hammurabi condamne la femme infidèle à la noyade, comme c'était plus généralement le cas des femmes condamnées par la justice pour non-respect de l'union matrimoniale ou fraude sur les poids des marchandises.
Moyen Âge Au , dans une société pourtant très religieuse, se développe dans la noblesse la tradition de l'amour courtois. Or, les romans et lais courtois ne portent jamais sur l'amour conjugal, mais presque toujours sur une relation entre amants ; on y apprend souvent par hasard que ceux-ci sont par ailleurs mariés et père ou mère de famille.. Mieux, un jugement célèbre de la Cour d'amour de Marie de Champagne, à qui on demandait en 1174 , concluait par la négative. Au mariage, l'institution sociale et la procréation, à l'adultère le sentiment amoureux et la passion charnelle.. alt=Eau-forte représentant une scène de repas entre quatre hommes que quatre femmes viennent interrompre sous le coup de la révélation d'adultères. L'une tire sur la nappe, faisant tomber la vaisselle tandis que les autres pourchassent les maris infidèles. Lettre en haut sur le manteau de la cheminée : BACCVS. Lettre dans la marge inférieure le commentaire : Cocus que vostre joye est de courte duree ! / A peine donnez vous sur les premiers morceaux / Que voicy vos dragons qui font des leur entrée / Renuerser pots et plats nappe table et treteaux.|vignette|« Cocus que vostre joye est de courte duree ! », gravure, Recueil des plus illustres proverbes, édité par Jacques Lagniet, 1657-1663, gravure à l'eau forte, 14,1 x 20,4 cm, Nancy, Musée des beaux-arts.
Temps modernes En France, depuis la fin du Moyen Âge, l'État royal récupère à son profit toutes les causes matrimoniales et impose une législation inégalitaire pour la femme adultère (jusqu'à la loi Naquet qui rétablit le divorce pour faute le et la dépénalisation totale par la loi du réformant le divorce en France.) : la peine de L'Authentique Sed Hodie est un texte romain repris dans le Code Justinien. qui consiste à enfermer la femme adultère dans un couvent après lui avoir fait subir certains châtiments (crâne rasé, fouet jusqu'au ).