Accra () est la capitale du Ghana. En plus d'être la plus grande ville du pays, en termes d'habitants ( en 2000http://unstats.un.org/unsd/demographic/products/dyb/dyb2008/Table08.pdf, en 2009http://unstats.un.org/unsd/demographic/products/dyb/dyb2009-2010/Table08.pdf et 2,721,000 en 2024), Accra est le centre politique, administratif, économique et financier du Ghana. Avec son aire métropolitaine, Accra compte aujourd'hui près de 5 millions d'habitants, ce qui en fait une des plus grandes villes d'Afrique de l'ouest.

Histoire

Origine et établissements côtiers () vignette|gauche|Un marché à Accra en 1903. À la fin du , les Gas s'installent dans la plaine herbeuse au sud des chaînes de l'Akwapim et fondent la ville d'Ayawaso (appelée « Great Accra » par les Européens). Le site s'est développé à partir des forts qui ont été bâtis par les Européens pour la traite négrière (Portugais, Britanniques, Néerlandais et Danois) au Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, p. 4.

La colonisation de la région côtière se déroule progressivement par une série de migrations, la tradition Ga situant l'installation côtière sous le règne d' (1610–1660). D'abord réticents à l'installation permanente des Européens, les Ga autorisent la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales à bâtir le fort Crèvecoeur en 1649 à « Little Accra ». En 1652, le marchand néerlandais Henry Caerlof obtient l'accord d'Okai Koi de commencer la construction du fort de Christiansborg pour le compte des danois à Osu, à trois kilomètres à l'est du fort néerlandais. En 1661, la construction est achevée. Onze ans plus tard, en 1672, la Royal African Company britannique commence la construction du fort James dans le village de Tsoco, à un kilomètre à l'ouest du fort Crèvecoeur.

En 1677, Accra devient la capitale d'un royaume côtier GaDavid Owusu-Ansah, Historical Dictionary of Ghana, Rowman & Littlefield, USA, 2014, p. 20. L'arrière-pays subit de profondes mutations politiques : entre 1680 et 1681, les Akwamus envahissent et détruisent Ayawaso. En 1730, les Akyems battent les Akwamus, avant d'être à leur tour conquis par les Ashantis en 1742, qui intègrent la région aux provinces méridionales de leur empire. Ces attaques brisent tôt le lien entre la capitale de l'intérieur et le littoral. En raison de la concurrence entre compagnies commerciales européennes, aucun État centralisé ne parvient à s'imposer sur la côte.

Période coloniale britannique () Au , Accra rest divisée en trois bourgs distincts : Ussher Town (Kinka), James Town (Nleshi) et Osu, eux-mêmes subdivisés en quartiers (akutsei). Les contacts avec les Européens renforcent le pouvoir des dirigeants locaux (mantses). Les invasions successives font d'Accra une zone très hétérogène sur le plan culturel. Aux Ga s'ajoutent des Adangme, Allada, Akwamu, Akyem, Fantis, Ashantis, ainsi que des populations originaires du futur Nigeria et des esclaves libérés venus du Brésil. L'influence akan y est majeure et entraîne une « akanisation » des institutions Ga, mariant notamment le système d'héritage patrilinéaire Ga au système matrilinéaire Akan.

En 1854, la tentative britannique d'imposer une taxe par tête suscite une vive opposition, que les Britanniques ne répriment qu'après deux bombardements navals. En 1867, le Royaume-Uni acquiert l'ensemble des forts côtiers et rassemble les bourgs sous une administration unique. En 1874, Accra remplace Cape Coast comme capitale de la colonie britannique de Côte-de-l'Or. À cette époque, Accra est déjà le plus grand centre commercial de la côte avec environ 20 000 habitants.

Modernisation et expansion (1894-1939) En 1894, Accra devient la première ville de la Côte-de-l'Or à se doter d'un conseil municipal. Rendu impopulaire par la taxe foncière et la faible représentativité des Africains, ce conseil peine à recruter : il faut attendre 1898 pour que trois Africains acceptent d'y siéger.

Au début du , des épidémies de peste et de fièvre jaune incitent les autorités à étendre la ville hors de ses zones congestionnées. En 1908, les banlieues de Kole Gonno, Riponsville, Kaneshie et Adabraka sont créées. Après l'épidémie de fièvre jaune en 1910, le quartier résidentiel de Ridge est créé. Les infrastructures se développent également. En 1907 débute la construction d'un brise-lame pour le port. En 1909, c'est le chantier de liaison ferroviaire qui est initié afin d'atteindre Kumasi en 1923. En 1914, un système d'approvisionnement en eau courante est inaugurée. En 1916, la ville est électrifiée. Dans les années 1920, l'Hôpital universitaire de Korle-Bu (1923) ainsi que l'Achimota School (1927) sont construits.

La population passe de 38.000 habitants en 1921 à environ 100 000 dans les années 1930. Un puissant séisme survient en 1939, provoque d'importants dégâts matériels et pousse le gouvernement à bâtir de nouveaux quartiers d'habitation en banlieue.

Centre politique contemporain (1938-aujourd'hui) Dès les années 1930, Accra devient le cœur de la vie politique de la colonie. De nouvelles organisations politiques émergent, comme la Gold Coast Youth Conference de Joseph Boakye Danquah, le Central National Committee (1934) et la d'(1935). En 1934, sous la direction de Nnamdi Azikiwe, paraît le premier quotidien régulier, . Après la Seconde Guerre mondiale, Accra s'impose comme le foyer du nationalisme. En 1948, une campagne anti-inflation est lancée par le chef d'Accra, . Peu après, une marche d'anciens combattants dégénère en fusillade et en pillages généraux. En 1949, Kwame Nkrumah annonce la fondation du Parti de la convention du peuple, qui mènera le pays à l'indépendance huit ans plus tard, le .

À l'approche de l'indépendance, la croissance démographique s'accélère fortement : estimée à près de 200 000 habitants en 1954, la population enregistre un taux de croissance annuel proche de 10 %. Les anciennes banlieues comme Adabraka se raccordent directement au centre-ville.

En , la Conférence panafricaine des Peuples, réunissant l'Afrique subsaharienne ainsi que le Maghreb et l'Égypte à Accra, décide de soutenir les mouvements d'indépendance en Afrique. La commission de la Défense de l'Organisation de l'unité africaine est basée à Accra depuis.

En , alors que des pluies inondent la ville, l'explosion d'une station essence fait plus de ..

Géographie Situation et cadre physique Accra est une ville côtière sise sur le Golfe de Guinée. La ligne de la côte est faite de plages et de lagons dont l'un - le lagon de Korle - pénètre jusqu'aux abords du marché de Makola, au cœur de la ville.

Climat Accra est soumis à un climat semi-aride au borde d'un climat tropical de savane (Köppen: BSh/Aw, Trewartha: Bsha/Awha). La zone d'Accra est arrosée par une moyenne de 725 mm d'eau par an qui tombe principalement durant une première saison des pluies qui s'étend d'avril à juin et d'une seconde saison des pluies moins marquée de septembre à novembre. Les températures maximales sont en moyenne comprises entre et mais peuvent atteindre près de . Elles sont observées avant la saison des pluies, pendant les mois de février et mars. Les minimales sont en moyenne comprises entre et , pendant la période estivale située entre les deux saisons des pluies (juillet et août).

Districts limitrophes L'agglomération d'Accra est entourée par 3 districts de la Région du Grand Accra et est bordée par le Golfe de Guinée au Sud : Ga est Ga ouest Tema Golfe de Guinée

Quartiers et secteurs de la ville alt=Accra Financial center|vignette|Vue d'Accra Central. alt=Appartements a Accra|vignette|Appartements à Adabraka. vignette|Une rue à Asylum Down. vignette|Maison à étage en bois à Jamestown. vignette|Chantier de construction à Labadi.

Abelempke Accra Central, Makola: Ce quartier est le cœur de la ville, le centre d'activité principal où de très nombreux ghanéens se rendent pour faire leurs affaires ou leurs achats, à tel point que la population locale désigne cette partie de la ville par le nom de la ville elle-même. Bâti le long de deux avenues orientées nord-sud (avenue Kwame Nkrumah et avenue Kojo Thompson), Accra Central abrite les marchés de Makola, Makola II (ou Agbogbloshie), Kantamanto ou June-4th ainsi que de nombreux bâtiments publics comme le siège de Cocobod. La ville abrite aussi certaines attractions comme le Mausolée de Kwame Nkrumah ou encore le Square de l'Indépendance. Adabraka : Situé juste au Nord d'Accra Central et s'étendant jusqu'à Ring Road, le quartier d'Adabraka est un ancien quartier résidentiel d'Accra dominé depuis les années 1990 par la tour Trust Tower. Ce quartier abrite à présent quelques industries, des bureaux de PME et des résidences populaires, logées dans d'anciennes maisons autrefois cossues. Adjiringanor Airport Hills Airport Residential : Ce quartier est un quartier résidentiel où on trouve également de nombreux bureaux d'organisations internationales et de sociétés privées. C'est un des quartiers les plus chics de la ville, bâti en vis-à-vis du site de l'Aéroport international de Kotoka par rapport à l'avenue de l'Indépendance. Ashongman Estates Asylum Down Burma Camp Cantonments : Ce quartier est une zone résidentielle relativement ancienne où se trouvent de nombreuses ambassades, notamment l'imposante ambassade des États-Unis. C'est un quartier très boisé. Christianborg : Ce quartier, situé au pied du château du même nom, est un des plus anciens de la ville. Il est peuplé par une population majoritairement Ga. Christian Village Dansoman Dome Dzorwulu : Dzorwulu est un quartier résidentiel situé au nord de Airport Residential et au sud de Achimota. East Legon Jamestown La Labadi Labone Kaneshie Kokomlemle Korle Bu Kotobabi Madina Mamprobi New Town Nima North Legon Nungua Nyaniba Ogbodjo vignette|L'une des plus anciennes maisons d'Osu. Osu : Quartier cosmopolite à la fois populaire et branché, Osu rassemble de nombreux restaurants, bars et boîtes de nuit, ainsi que des stylistes, comme Aisha Ayensu, des designers, des architectes, et autres artistes, ainsi que ses nombreux magasins notamment le long d'Oxford Street. Roman Ridge Ridge Sakumono Shiashie Spintex Tesano Teshie

Architecture thumb|La Cour Suprême thumb|L'Arc d'Indépendance L'architecture d'Accra est caractérisée par une faible concentration verticale, notamment en raison de l'espace disponible à la construction. Le centre de la ville recèle de nombreux bâtiments de l'époque coloniale, bâtis des années 1920 aux années 1950.

Démographie Depuis 1931, l'évolution démographique de Accra a été :

Histogramme de l'évolution démographique de Accra

Économie alt=Accra Mall|vignette|200x200px|Centre-ville d'Accra, marché de Makola L'économie d'Accra est riche et variée. Si les bureaux sont disséminés dans la ville (notamment les quartiers d'Accra Central, Adabraka, Cantonments et Airport Residential), l'activité manufacturière est elle concentrée dans la North Industrial Area du quartier de Kaneshie, et dans une moindre mesure dans le quartier d'Adabraka. Les activités industrielles principales sont la transformation alimentaire de produits agricoles, les industries du bois et la fabrication de contreplaqué, le textile, l'habillement et l'industrie chimique.

La ville dispose de nombreux marchés dont les plus importants sont ceux de Makola I et Makola II (Agbogbloshie), Kaneshie et dans une moindre mesure Nima et Dansoman. Accra possède une bourse.