Wallis Simpson, née Bessie Wallis Warfield le Philip Ziegler, « Windsor , (Bessie) Wallis, duchess of Windsor (1896–1986) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2011. à Blue Ridge Summit (Pennsylvanie), et morte le à Paris (France), épouse Spencer ( mari) puis Simpson ( mari), est une personnalité et socialite américaine. Elle reçoit le titre de duchesse de Windsor dès son mariage en avec l'ancien roi du Royaume-Uni Édouard VIII, devenu duc de Windsor après son abdication en 1936 pour l'épouser.

Biographie Jeunesse gauche|vignette|Wallis, âgée de six mois, dans les bras de sa mère, Alice Warfield (fin 1896) Wallis Simpson est issue de deux familles de notables du Sud des États-Unis.

Son père, Teackle Wallis Warfield, originaire du Maryland est le cadet d'une famille d'origine anglaise établie aux États-Unis depuis 1662. Elle compte en son sein un gouverneur du Maryland, Edwin Warfield ; sa mère Alice Montague, originaire de Virginie est la fille de William Latane Montague, un homme d'affaires et ancien agent de change., et de Sally Howard Love.

Lorsque les futurs parents de Wallis Simpson se rencontrent, leurs familles sont hostiles à leur relation car Teackle Wallis Warfield est tuberculeux depuis son plus jeune âge. Mais Alice se trouve enceinte et pour éviter un scandale, le couple est obligé de se marier discrètement le dans le salon du pasteur de la ville.

Wallis Simpson naît le à 22 h 30 à Squaw Cottage, un pavillon en bois de l'hôtel Monterey Inn situé à Blue Ridge Summit (Pennsylvanie) une station de montagne du comté de Franklin, en Pennsylvanie, près de la ville de Hagerstown. Selon la tradition sudiste, elle reçoit un double prénom.

Son père meurt quatre mois plus tard. Sa mère s'installe dans la demeure familiale des Warfield sous la tutelle de sa belle-mère Anna Warfield (née Emory) et de son beau-frère Solomon Davies Warfield (dit « oncle Sol »), le patriarche de la famille Warfield. Brillant et célibataire, il est receveur général des postes de Baltimore, directeur d'une compagnie de chemins de fer, de plusieurs manufactures, ainsi que le propriétaire de plusieurs dizaines de brevets, ce qui le place à la tête d'une fortune estimée à 3 millions de dollarsMeyer-Stabley p.14-15. Wallis vit grâce à sa protection et sous son toit, entourée de domestiques. vignette|Wallis, âgée de dix ans. En 1902, sa tante Bessie Merryman (née Montague), devenue veuve, accueille la mère et la fille dans sa maison de Baltimore que fréquente l'écrivain Upton Sinclair. La même année, la fillette fait ses débuts à l'école.

En 1906, « oncle Sol » lui finance les cours d'Arundel School. À cette école, elle fait la connaissance de Charlotte Noland, professeur de gymnastique qui organise des camps d'été dans sa propriété de Burland, où les enfants découvrent la vie en plein air. Elle garde cependant, durant cette période, un lien avec ses oncles et tantes, à qui elle rend visite, tantôt chez les Warfield tantôt chez les Montague.

En 1907, sa mère se lie avec John Freeman Rasin, le fils aîné du chef du parti démocrate de Baltimore et déménage. Ils se marient en 1908. La même année, sa mère sous-loue des chambres dans Preston Street et fait même table d'hôte pendant un moment.

En 1911, Wallis Simpson entre à Oldfield School, une école austère où les jeunes filles lisent surtout la Bible, et dont il n'est possible de sortir que deux week-ends dans l'année ; un pensionnat destiné à former de futures épouses d'hommes du grand monde, et qui est l'école de filles la plus chère de l’État. La scolarité est payée par l'oncle Sol. Wallis Simpson s'y fait deux bonnes amies : Renée Dupont de Nemours et Mary Kirk, et continue chaque été à se rendre au camp de Miss Noland.

En 1913, la mort de son beau-père John Rasin replace sa mère dans une situation précaire.

En 1914, à sa sortie d'Oldfield School, sa préoccupation est désormais de se trouver un mari. Wallis Simpson va alors de mondanités en mondanités, parrainée par « oncle Sol » ainsi que par une tante, Lelia, qui réside à Washington. Elle enchaîne les bals, les soirées, et les déjeuners entre Baltimore, Washington et la Virginie, comme à l'université de Princeton ou à l'Académie navale d'Annapolis. Le riche Carter Osborne la courtise vainement.

Fin 1915, à la mort de sa grand-mère Anna Emory, Wallis Simpson est obligée d'observer le deuil, interrompant ainsi sa vie mondaine.

En , Sa tante Lelia Montague (née Sinclair) et sa cousine Corinne Mustin (née Montague) l'invitent à Pensacola en Floride. C'est là qu'elle rencontre son futur mari l'officier Earl Winfield SpencerPour ce paragraphe, lire Meyer-Stabley, p. 20-52.

C'est à partir de ce moment qu'elle cherche, comme elle le dira, à « prendre sa revanche sur la vie »Wallis Simpson (1895-1986) « Le cauchemar de l'Angleterre victorienne »..

Deux premiers mariages vignette|Wallis et son premier mari, Earl W. Spencer, Jr., 1918. Le , Wallis Warfield se marie avec , officier de marine alcoolique et violent, pionnier de l'aéronavale américaine, par ailleurs agent secret des États-Unis.

En 1922, il sert en tant que commandant du en Extrême Orient. Son épouse, qui l'a rejoint, en profite pour visiter la Chine de l'époque des Seigneurs de la guerre. Selon certains de ses biographesCharles Higham par exemple elle y aurait appris des techniques de massages érotiques par des professionnelles, ce qui lui aurait permis plus tard de s'attacher le prince de Galles (futur Édouard VIII) ; cette hypothèse est rejetée par d'autres biographesMeyer-Stabley par exemple.Franck Ferrand, « Édouard VIII, roi nazi ? », émission L'Ombre d'un doute sur France 3, 6 février 2013. Selon l'épouse de l'un des collègues d'Earl Winfield Spencer, Mme , Wallis Simpson aurait rencontré à Pékin le comte Galeazzo Ciano, futur gendre de Benito Mussolini et aurait eu une liaison avec lui. Enceinte de lui, elle se serait fait avorter, ce qui l'aurait rendue stérile. Cette rumeur se répand vite, bien qu'elle ait été toujours démentie par l'épouse de Ciano, Edda Mussolini..

De retour aux États-Unis, le couple Spencer y vit séparé, leur divorce étant prononcé le .

Le , après son divorce, Wallis ex-Spencer se remarie . avec , dirigeant d'une grande entreprise du transport maritime.

Le , elle rencontre pour la première fois Edward, prince de Galles et futur roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, puis le revoit au cours de nombreuses soirées entre 1931 et 1934.

À cette époque, le couple vivant au-dessus de ses moyens connaît des difficultés financières et doit renvoyer plusieurs membres de son personnel..

Relation avec Édouard VIII et crise d'abdication vignette|Wallis Simpson et le prince de Galles aux sports d'hiver à Kitzbühel (Autriche), en février 1935, avant leur mariage. C'est pendant son deuxième mariage, dit-on, en 1934, qu'elle devient la maîtresse d'Édouard, prince de Galles. Deux ans plus tard celui-ci, devenu Édouard VIII, roi d'Angleterre et empereur des Indes, lui propose le mariage. Cette intention d'épouser une Américaine deux fois divorcée, dont les deux ex-maris vivent encore et qui traîne une réputation d'intrigante, provoque au Royaume-Uni et dans les dominions une crise constitutionnelle qui débouche finalement sur l'abdication du roi en décembre 1936, laissant celui-ci libre de se marier avec celle qu'il appelait « la femme que j'aime ».

Les services de renseignement britannique et le FBI enquêtent sur elle, notamment sur sa pratique des salons de massage en Chine soupçonnés d'être des officines d'espions. Ces services secrets montrent aussi que Wallis noue des relations avec de nombreux hauts dignitaires nazis qui arrivent au pouvoir en Allemagne en 1933, notamment avec Joachim von Ribbentrop, ambassadeur d'Allemagne à Londres. À cette époque se développe dans de nombreux cercles dirigeants britanniques un double sentiment germanophile et hitlérophile., et le couple fait partie de ces aristocrates conservateurs britanniques qui voient d'un bon œil le régime nazi considéré comme un rempart contre la Russie communiste. vignette|Édouard VIII et Wallis Simpson en vacances en Yougoslavie, 1936. Le gouvernement britannique craint alors que la maîtresse du roi puisse envoyer des documents confidentiels, détenus par le souverain, à Berlin ou être payée par les services secrets allemands pour influencer encore plus le roi en faveur de l'Allemagne. Ainsi, la mythographie romantique qui donne comme cause à la crise d'abdication d'Édouard VIII l'amour de ce dernier pour sa maîtresse et son obstination à vouloir épouser une divorcée, cacherait une manœuvre du gouvernement britannique pour écarter un couple qui avait beaucoup trop de sympathie pour l’Allemagne nazie.. En effet, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, dans les sphères dirigeantes et dans le public, le duc et la duchesse de Windsor sont suspectés d'avoir des sympathies nazies, ce qui aurait donc incité le gouvernement britannique et le Premier ministre à encourager Édouard VIII à abdiquer. Le biographe officiel des Windsor, Philip Ziegler, réfute cette thèse, expliquant que la duchesse ne s'intéressait pas à la politique et que le duc, germanophile et anticommuniste, parent du tsar Nicolas II, avait noué des contacts avec Hitler parce qu'il s'opposait, à l'époque, au communisme soviétique.

Duchesse de Windsor vignette|Le duc et la duchesse de Windsor avec Adolt Hitler en 1937. Après l'abdication d'Édouard, son frère Albert, devenu roi sous le nom de George VI, lui accorde le titre de duc de Windsor. L'ancien roi et nouveau duc épouse Wallis Simpson six mois plus tard, le , au château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, propriété de l'industriel franco-américain Charles Bedaux, affairiste sulfureux, pro-allemand (décrit par Charles Higham comme un « agent d'espionnage industriel pour le gouvernement nazi ».), possédant une villa à BerchtesgadenMeyer-Stabley p. 218-219. (village où Adolf Hitler avait sa résidence secondaire). Après ce mariage, auquel n'assiste aucun membre de la famille royale, Wallis reçoit officiellement le titre de duchesse de Windsor, mais sans le prédicat d'altesse royale, ce qui est un véritable camouflet.vignette|Herman et Katherine Rogers (à gauche) avec Wallis et Lord Brownlow en France, 1936.Selon des informations transmises par Carl Alexander de Wurtemberg — devenu moine bénédictin sous le nom de « père Odo » — à un agent du FBI, au cours de la Seconde Guerre mondiale, Wallis Simpson aurait été la maîtresse de Joachim von Ribbentrop quand celui-ci était ambassadeur en Grande-Bretagne en 1936, ce dernier lui envoyant tous les jours dix-sept œillets, « le nombre de fois où ils avaient couché ensemble » . ..

De 1937 à 1940, le duc et la duchesse vivent surtout en France.

En , avec l'avancée des troupes allemandes sur le sol français, le couple quitte son domicile parisien pour Biarritz d'abord, pour l'Espagne en juin puis à Lisbonne au Portugal. Elle faillit se faire enlever avec son mari par une équipe de la SD commandée par Walter SchellenbergHHhH de Laurent Binet page 98.Pierre Accoce et Pierre Quet : La guerre a été gagnée en Suisse, l'affaire Roessler page 27, édité par la librairie académique Perrin. Après la guerre, le couple s'installe de nouveau en France. Dans les années 1940, il habite l'hôtel particulier du 24 boulevard Suchet ( arrondissement), près du Bois de BoulogneTilar Mazzeo, 15, place Vendôme. Au Ritz pendant l'Occupation, Éditions Vuibert, 2014, ..

Dans les années 1950 et 1960, le couple vit entre Europe et États-Unis, menant la vie oisive et mondaine que leur offrait leur célébrité.

À partir de 1953, le couple habite une villa au route du Champ-d'Entraînement, dans le arrondissement de Paris, à proximité de Neuilly-sur-Seine et toujours longeant le bois de Boulogne..