La Défense est un quartier d'affaires situé dans la métropole du Grand Paris en Île-de-France, deuxième quartier d'affaires le plus attractif en Europe, après la Cité de Londres, et dans le monde. Le quartier abrite notamment les sièges de nombreuses entreprises françaises et étrangères ainsi que l'autorité bancaire européenne. Il est situé en banlieue nord-ouest de Paris, dans le département des Hauts-de-Seine, sur les territoires des communes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre et La Garenne-Colombes, à l'extrémité occidentale de l'axe historique qui commence au palais du Louvre et se poursuit par l'avenue des Champs-Élysées, l'arc de triomphe de l'Étoile et au-delà jusqu'au pont de Neuilly et l'Arche de la DéfensePlan du site de la Défense.
Érigée depuis les années 1960, la Défense est majoritairement constituée d'immeubles de grande hauteur (IGH), regroupant principalement des bureaux (environ trois millions de mètres carrés). La Défense est cependant un quartier mixte : elle accueille de logements et l'ouverture du centre commercial Les Quatre Temps en 1981 en a fait un pôle commercial majeur en Île-de-France. En 2025, le quartier compte , environ , et répartis notamment dans 61 immeubles de grande hauteur. Il abrite notamment les sièges de grandes multinationales françaises et étrangères.
Le quartier s'étire à l'intérieur et à l'extérieur d'un boulevard circulaire à sens unique. Il s'étend sur 160 hectares et a été divisé en 2011 en quatre grands secteurs (Arche Nord, Arche Sud, Esplanade Nord et Esplanade Sud) qui remplacent les douze anciens secteurs numérotés. Le quartier s'étend sur une vaste dalle piétonne de 31 hectares surélevée par rapport au sol naturel. L'espace public de la dalle, essentiellement minéral, est également composé de jardins suspendus et de bassins. Sur la dalle, une soixantaine d'œuvres d'art font de La Défense un musée en plein air.
La Défense n'est pas un centre d'affaires isolé, mais se situe dans une vaste zone de l'ouest parisien où l'activité tertiaire est particulièrement puissanteSelon la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), la Défense fait partie du pôle d'affaires de l'ouest parisien comprenant les arrondissements 1, 2, 8, 9, 16 et 17 de Paris et plusieurs communes des Hauts-de-Seine : Puteaux, Courbevoie, Nanterre, Colombes, La Garenne-Colombes, Levallois, Neuilly, Suresnes, Rueil-Malmaison CCIP.
L'aménagement du quartier de la Défense a été confié par l'État en 1958 à l'établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD), dont le périmètre d'intervention a été réduit en 2000, puis élargi en 2010, devenant l'Établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche (EPADESA) afin de mettre en œuvre un projet cohérent « de la Seine à la Seine », sur l'un des territoires majeurs du Grand ParisPascal Lelarge, , .. Le périmètre d'action de cette entité créée en 2010 dépasse largement le boulevard circulaire de la Défense et s'étend désormais sur les communes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre et La Garenne-Colombes. Le territoire est classé « opération d'intérêt national », ce qui met les autorisations d'urbanisme sous la responsabilité de l'État et non des maires. Depuis 2009, le quartier d'affaires est géré par Defacto qui entretient les espaces publics et qui assure la promotion et l'animation de La Défense (mission conduite jusqu'alors par l'EPAD).
En , la constitution au suivant d'un nouvel établissement public local destiné à remplacer l'EPADESA et Defacto est annoncée par Matignon, transférant vers les collectivités locales le pilotage et le financement de la gestion et de l'aménagement de la zone. La mise en œuvre de cette fusion et de la dévolution de la gestion au bénéfice des collectivités prend toutefois du retard, imputé, selon la directrice générale de Defacto, au blocage du ministère des Finances.
La création de l'établissement public Paris La Défense a lieu au . Georges Siffredi est le président du conseil d'administration de l'établissement public depuis le .
Origine du nom thumb|160px|Le groupe sculpté La Défense de Parisa donné son nom au quartier.
Le nom du quartier provient du groupe sculpté en bronze de Louis-Ernest Barrias nommé La Défense de Paris. Inauguré en 1883 au rond-point de Courbevoie, il rend hommage aux soldats qui ont défendu Paris durant la guerre franco-allemande de 1870. Remisé en 1964, il est installé sur un piédestal en 1983, devant l'actuelle Fontaine d'Agam, à une cinquantaine de mètres de son emplacement initial. En 2017, il est transféré sur le parvis, où il rejoint presque sa place d'origine, puis en 2022 sur l'esplanade sur la place de la Fontaine d'Agam.
En 1928, l'administration des PTT juge l'appellation « DÉFense » suffisamment représentative de Courbevoie pour en devenir l'indicatif téléphonique. Ce préfixe subsistera jusqu'en , avant d'être remplacé par sa combinaison chiffrée « 333 ». Aujourd'hui encore, beaucoup de commerces courbevoisiens conservent un numéro d'appel commençant par « 01 43 33 ».
Historique Avant 1958 La présence humaine sur cette petite colline de l'ouest parisien est très ancienne car on y a trouvé des traces d'habitation des hommes préhistorique de type levalloisien. Elle sera traversée plus tard par l'ancienne voie romaine, la chaussée Jules César, qui reliait Lutèce à Rotomagus et où elle forme un coude (ou curva via, qui donnera son nom à la ville de Courbevoie).
C'est avec l'aménagement du jardin des Tuileries, en 1664, puis la naissance des Champs-Élysées en 1667 que l'axe historique commence à prendre forme.
En 1766, Jean-Rodolphe Perronet s'adonne à son tour au tracé de la voie dans la continuité des Champs-Élysées et dessine sur ses plans une perspective : depuis la colline du Roule (future place Charles-de-Gaulle) et les premières maisons de Neuilly, qui porte alors le nom de chemin du Cours, il la prolonge jusqu'à la colline de Chantecoq. À cet endroit, il dessine une place ronde sur le même modèle que la place de l'Étoile, qu'il nomme place de l'Étoile-de-Chantecoq, sur laquelle il implante un obélisque de de haut.
Sur proposition de l'inspecteur des bâtiments du roi, Ange Gabriel, la colline du Roule est écrêtée de Jacques Hillairet : Dictionnaire historique des rues de Paris. L'aplanissement est effectué par Perronet de 1768 à 1774 qui employa tous les pauvres valides de ParisAndré Castellot : Le grand siècle de Paris. La butte est abaissée de et les terres enlevées sont employées à remblayer les Champs-Élysées et à former les pentes des actuelles rues Balzac et Washington ; le pont de bois de Neuilly est reconstruit en pierre.
Ainsi est aménagée la future Nationale 13 jusqu'à la Seine.
Durant le Second Empire, il était envisagé de prolonger cette voie vers la plaine de Montesson et Saint-Germain. En 1863, la statue de installée sur la colonne Vendôme est déplacée sur la place de la Demi-Lune qui est à cette occasion rebaptisée rond-point de l'Empereur.... Elle y restera jusqu'au siège de Paris en 1870, où elle sera déboulonnée et mise en sécuritéCarte postale montrant la statue surmontant autrefois la colonne Vendôme dressé sur un piédestal au rond-point de Courbevoie.
Durant le siège de Paris de 1870-1871, le rond-point de Courbevoie est fortifié par la construction de la redoute de Courbevoie. Le lieu sera mis en défense, le par le de marche après l’apparition des Prussiens à la Malmaison. Le rond-point sera un point de passage obligatoire pour les troupes françaises lors de la préparation des batailles de Buzenval de 1870 puis de 1871.
Après la bataille de Courbevoie, le , durant la Commune de Paris, les troupes versaillaises installèrent au rond-point de Courbevoie une batterie qui mitraillait le pont de Neuilly tenu par les fédérés.
En 1878, le Conseil général de la Seine organise un concours pour le choix d'une sculpture rendant hommage aux défenseurs de la capitale lors du siège de 1870-1871. Le , la statue La Défense de Paris de Louis Ernest Barrias est inaugurée. Le rond-point de Courbevoie devient alors le rond-point de La Défense-de-Paris, qui deviendra au fil du temps plus simplement le rond-point de La Défense.
Au début du , avec l'explosion de l'industrialisation, les prairies et les fermes disparaissent laissant la place à une multitude d'usines en tout genre : blanchisseries, maroquineries, aviation, automobile (usine De Dion-Bouton), métallurgie, textiles, tandis que l'avenue de La Défense, qui relie le rond-point au pont de Neuilly, se couvre de brasseries, guinguettes et ateliers d'artistes. La ligne de la Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine dessert le lieu.
En 1956, les architectes Robert Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zehrfuss conçoivent le CNIT (Centre national des industries et des techniques), un bâtiment de forme triangulaire qui est construit sur l'emplacement de l'usine Zodiac à CourbevoieLe CNIT sur structurae.info....
De 1958 aux années 1970 : la première phase du centre d'affaires En , l'Établissement public pour l'aménagement de la Défense (EPAD) est créé par l'État pour construire, gérer et animer le quartier. La Défense commence à se dessiner.
En 1962, le directeur juridique de l'EPAD, Jean Cumenge, et le notaire Claude Thibierge ont inventé le système de la division en volumes pour pallier les insuffisances du régime de la copropriété pour les immeubles de grande hauteurLa Défense : un dictionnaire, P. Chabard et V. Picon-Lefebvre, ed. Parenthèse, 2013, voir Division en volumes. C'est dans ce cadre novateur qu'a pu se développer le nouveau quartier d'affaires.
Un premier plan d'aménagement est approuvé par l'État en 1964. Les premiers immeubles dont la tour Esso et la tour Nobel sont construits et viennent remplacer petit à petit les usines (liées à la mécanique et à l'automobile), les bidonvilles voisins et quelques fermes. Le Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT) dessiné par les architectes Robert Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zehrfuss, prévu dès 1956 avant l'EPAD, est inauguré en 1958 par le général de Gaulle à l'occasion de l'exposition Les Floralies. Les tours obéissant à ce premier plan, dites de première génération, sont toutes d'un gabarit identique : une base de 42 mètres sur 24, limitées à une hauteur de et d'une surface de . En 1966, la tour Nobel (architecte Jean de Mailly) est la deuxième tour à se dresser à la Défense.
Au début des années 1970, les tours de deuxième génération font leur apparition pour répondre à une forte demande. Le plan de 1964 est modifié pour augmenter la surface des immeubles. Des tours de plus de voient le jour comme la tour Fiat (aujourd'hui Areva), culminant à 184 m avec ses 44 étages. En 1970, la gare de la Défense est inaugurée et un projet de liaison par Aérotrain devant transporter 160 passagers à entre la Défense et la ville nouvelle de Cergy-Pontoise dans le Val-d'Oise est dévoiléHistoire et histoires de La Défense. Ce projet sera finalement abandonné le Cette ligne fut remplacée par la liaison Gare de Paris-Saint-Lazare-Cergy, mise en service en en correspondance à Nanterre-Université avec le RER A vers La Défense, puis intégrée en 1988 au niveau de Nanterre-Préfecture comme branche A3 du RER A., et la ligne du RER A entre pleinement en service en 1977. À partir de 1973, la crise économique ralentit fortement le développement de ce quartier qui est au plus mal : pas un mètre carré de bureau ne se vend pendant quatre ans.
Les années 1980 et 1990 : reprise de l'expansion