Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan (), ou simplement Borat, est un faux documentaire parodique américano-britannique réalisé par Larry Charles et sorti en 2006.

Distribué par la 20th Century Fox, il a été écrit, produit, et joué par l'acteur britannique Sacha Baron Cohen, qui avait développé le personnage principal, Borat Sagdiyev, au travers de ses sketches. C'est le deuxième film centré sur un des personnages créés par Cohen dans son émission de télévision Da Ali G Show après Ali G sorti en 2002.

Malgré une sortie d'ampleur réduite aux États-Unis, le film a été un franc succès commercial, mais aussi critique. Sacha Baron Cohen a remporté le Golden Globe 2007 du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie et était proposé dans la catégorie du meilleur film. Borat était aussi proposé à la des Oscars pour la meilleure adaptation.

Le film fut entouré de controverses dès le début de son tournage. Son personnage principal fut dénoncé pour son caractère homophobe, sexiste et antisémite (bien que Larry Charles, le réalisateur, de même que Sacha Baron Cohen, soient juifs). Certains ont également considéré ce film comme étant xénophobe, dépeignant le Kazakhstan comme arriéré et barbare. Le film créa presque un incident diplomatique avec Noursoultan Nazarbayev, président du Kazakhstan. Le film a également été censuré dans le monde arabe à l'exception notable du Liban. Le comité de censure russe n'a pas certifié le film, sans pouvoir le censurer, empêchant ainsi sa diffusion dans les salles de cinéma..

Synopsis vignette|gauche|Borat (Sacha Baron Cohen) lors de l'avant-première de Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan à Cologne.

Borat Sagdiyev est un reporter kazakh vivant dans la petite ville de Kuçzek. Le ministère de l'Information de son pays l'envoie aux États-Unis pour prendre des leçons et améliorer le niveau de vie du Kazakhstan. De fait, la plus grande partie du film est constituée d'entretiens entre Borat et des Américains. Il part avec son producteur, Azamat Bagatov, et son poulet domestique.

À son arrivée à New York, Borat tente tant bien que mal de nouer des contacts avec les passants, tout en satisfaisant ses besoins naturels en pleine rue et en voulant acheter les jeunes filles qui lui plaisent. Il rencontre tout d'abord un professeur d'humour, et a du mal à saisir le concept des blagues sur les belles-mères (qui, selon lui, impliquent forcément le sexe). Un soir dans sa chambre d'hôtel, il regarde un épisode de la série Alerte à Malibu et tombe amoureux de Pamela Anderson. Lors d'une rencontre avec des féministes (auxquelles il tente d'apprendre les récentes découvertes du savant d'État, le docteur Yamak, selon lesquelles la femme a un plus petit cerveau que l'homme), il apprend que l'actrice vit en Californie. Peu après, il reçoit un télégramme lui apprenant que son épouse a été tuée par un ours.

Délivré des vœux, il convainc Azamat de partir à Los Angeles, après lui avoir expliqué qu'on y trouvait « Pearl Harbor et le Texas ». Cependant, Azamat craignant un nouvel attentat (il croit que ceux du 11 septembre 2001 ont été organisés par les Juifs) refuse de prendre l'avion. Borat passe donc tant bien que mal son permis de conduire puis achète une camionnette de marchand de glaces (après avoir cherché en vain une voiture pourvue d'un « aimant à gonzesse »). La première étape de son périple est Washington DC, demeure du « grand chef de guerre Bush I ». Il rencontre la marche des fiertés et deux politiciens (Bob Barr et Alan Keyes).

Borat participe ensuite à une émission télévisée où il se fait particulièrement remarquer durant le bulletin météo, puis part chanter dans un rodéo. Après avoir excité la foule en soutenant la guerre d'Irak dans un discours enflammé, il se met à chanter l'hymne national kazakhIl s'agit d'un hymne fictif écrit par et repris en générique. sur l'air de l'hymne américain, créant une émeute.

Sur la route, il tombe sur une brocante qu'il croit être un camp de gitans à qui il veut prendre des larmes pour servir de porte-bonheur. Il y trouve un magazine consacré à Alerte à Malibu, qu'il vole et conserve comme une relique.

Borat et son producteur s'arrêtent également dans un bed and breakfast tenu par des Juifs, dont ils tentent de s'échapper par crainte d'être tués. Ils tentent alors sans succès d'acheter une arme, mais réussissent par contre à acheter une ourse qu'ils nomment Oksana (comme la femme de Borat).

Borat prend ensuite des leçons de savoir-vivre puis assiste à un dîner au cours duquel il choque à plusieurs reprises l'assistance en apportant à table un sachet contenant ses excréments, et en invitant une prostituée, Luenell, pour le dessert. En voulant acheter un cadeau pour Pamela, il détruit en grande partie un magasin d'antiquités et tente de les rembourser avec des poils pubiens.

Un soir alors qu'il sort de son bain, Borat surprend Azamat en train de se masturber devant une photographie de Pamela. Ils se lancent dans un combat acharné, puis se poursuivent complètement nus, Borat brandissant un poing en plastique, dans les couloirs de leur hôtel pour finir au milieu d'une conférence. Le lendemain, Azamat part en emportant le passeport de Borat. À court d'essence, celui-ci est pris en stop par le camping-car d'une fraternité étudiante de Caroline du Sud. Après avoir arrosé leur rencontre, ils regardent un film pornographique mettant en scène Pamela Anderson. Borat, qui la croyait vierge, est atterré.

Il finit par s'endormir devant une église pentecôtiste et se réveille durant une cérémonie au cours de laquelle Chip Pickering (représentant du Congrès des États-Unis) et James W. Smith Jr. (juge de la Cour suprême des États-Unis) lui apprennent à pardonner. Avec ces « amis de ce monsieur Jésus », il réussit à atteindre Los Angeles où il retrouve Azamat déguisé en Oliver Hardy (Borat croit qu'il est déguisé en Adolf Hitler). Ils se réconcilient, et Azamat montre à Borat le dossier qu'il a préparé au sujet de Pamela Anderson. Celle-ci doit signer des autographes dans un Virgin Megastore.

Borat s'y présente donc avec son « sac de mariage » et tente de l'enlever, mais il se fait maîtriser par les gardes du corps de la vedette. Il retrouve finalement Luenell et rentre au Kazakhstan.

Plusieurs mois plus tard, son village a bien évolué : il a converti ses habitants au christianisme (ils crucifient les Juifs au lieu de les poursuivre), et y a introduit les nouvelles technologies (lecteurs de DVD et télévisions LCD).

Fiche technique Sauf mention contraire, cette fiche technique est établie à partir d'IMDb Équipe complète du film, IMDb. Consulté le septembre 2009. Titre original : Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan Titre français : Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan Réalisation : Larry Charles Scénario : Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham et Dan Mazer, d'après une histoire originale de Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham et Todd Phillips Musique : Direction artistique : David Maturana Costumes : Jason Alper Photographie : Anthony Hardwick et Luke Geissbuhler Montage : Peter Teschner et Craig Alpert Production : Sacha Baron Cohen et Jay Roach ; Peter Baynham (coproduction) ; Monica Levinson et Dan Mazer (exécutive) Sociétés de production : 20th Century Fox Budget : Pays de production : / Langues originales : anglais, arménien, hébreu Genre : comédie, faux documentaire Durée : 80 minutes Dates de sortie : États-Unis : France :

Distribution Sauf mention contraire, cette fiche technique est établie à partir d'IMDb. Sacha Baron Cohen (VF : Cyrus Atory) : Borat Sagdiyev Ken Davitian : Azamat Bagatov Pamela Anderson (VF : Delphine Rich) : elle-même Luenell Campbell : Luenell, la prostituée

Production Borat est un « faux documentaire » de type parodique caricaturant le Kazakh lambda et son pays. Le Kazakhstan est ainsi dépeint comme un pays assoiffé d' et totalement sous-développé. À moins de cinquante ans, la mère de Borat est la doyenne de son village, le mécanicien automobile est aussi avorteur, les voitures sont tirées par des chevaux et Borat prend des bains de soleil près des égouts.

La grande majorité des scènes n'ont pas été écrites, et les personnages filmés ne sont pas des acteurs, à l'exception de Borat, Azamat Adam Gonshor, « Meet Actor Ken Davitian, the Real Azamat from Borat », And Pop, consulté le 28 mai 2009., Luenell la prostituée Luenell sur l'IMDb., et Pamela Anderson « Pam was in on Borat joke », nypost.com, consulté le 28 mai 2009. « What's real in Borat? », Salon, consulté le 28 mai 2009.. La scène de l'antiquaire a été écrite avant, Cohen redoutant de casser des objets de valeur historique. Le générique cite également un (chorégraphe du combat nu). Le tournage est presque terminé en quand Cohen crée une émeute durant la scène du rodéo Laurence Hammack, « Rodeo in Salem gets unexpected song rendition », The Roanoke Times, consulté le 28 mai 2009.. Au total, la police a été appelée 91 fois au cours du tournage « Borat trivia » sur l'IMDb.. Dans une interview, Sacha Baron Cohen a déclaré que 400 heures de film ont été tournées Neil Strauss, « The Man Behind the Mustache », Rolling Stone, consulté le 28 mai 2009.. Les participants non professionnels dans le film ont dû signer un contrat stipulant qu'ils ne poursuivraient pas la production en justice Daniel Engber, « Borat Tricked Me! Can't I sue him or something? », Slate, consulté le 28 mai 2009..

Aucun personnage du film ne parle kazakh. Sacha Baron Cohen parle hébreu « Secret of Borat's fluent Kazakh - it's Hebrew », The Guardian, consulté le 28 mai 2009., et l'acteur américain d'origine arménienne Ken Davitian parle en arménien tout au long du film. Les textes du film utilisent l'alphabet cyrillique russe, mais les mots écrits ne veulent rien dire. Les noms de certains lieux sont même écrits en lettres latines inversées. En revanche, les expressions utilisées par Borat sont un mélange de diverses langues slaves existantes. Ainsi, « yakshemash » peut être du Tchèque « jak se máš? » (« Comment vas-tu ? »). Ou du Polonais "jak się masz?". Avant l'interview des féministes, il dit ainsi "dzień dobry" (pl) et non "dobrý den" (cz). Les remerciements quant à eux se prononcent quasiment à l'identique dans les deux langues. Enfin, lorsqu'il tente de calmer sa vache et sa poule, il dit « tysché », très proche de l'expression russe « тихий » signifiant « calme ! » « English – Russian Associative Dictionary (Словарь) », Mert Sahinoglu, consulté le 29 octobre 2009..

Pour ce qui est du générique, si l'hymne national kazakh est en réalité une parodie composée par Erran Baron Cohen (le frère de Sacha), les images sont des publicités estoniennes des années 1980. On y voit également Ilham Aliev, président en exercice de l'Azerbaïdjan. Le thème censé être un chant traditionnel kazakh qu'on entend fréquemment dans le film, est en réalité le début a cappella du thème Ederlezi écrit par Goran Bregović pour le film Le Temps des Gitans. La bande originale réutilise également des thèmes composés par Bregović pour Arizona Dream et La Reine Margot, et par Gabriel Yared pour Le Patient anglais.

Accueil Sortie vignette|Sacha Baron Cohen au Comic Con 2006 Borat a été pour la première fois présenté durant le Comic-Con de San Diego le « Comic-Con 2006: Fox Unveils Eragon, Reno 911 Miami, Borat and Pathfinder », Movie Web, consulté le 28 mai 2009.. La première projection payante a eu lieu durant le Festival du Film de Transverse City de 2006 « 2006 Traverse City Film Festival Awards », Traverse City Record Eagle, consulté le 28 mai 2009. et le film y a remporté une récompense.